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France : Politique en France

Vote : aucune attitude prudentielle ne s’impose plus qu’une autre

L'abbé Philippe Toulza, prêtre de la Fraternité Saint Pie X, réagit dans Présent à l'analyse de Jean-Pierre Maugendre et estime avoir été mal compris :

T"Il y a en tout cas contresens total : je ne préconisais absolument pas de voter pour M. Sarkozy, M. Dupont-Aignan ou Mme Le Pen ; j’y disais au contraire qu’il ne faut rien préconiser dogmatiquement. L’objet de mon étude est d’expliquer à quel point la prise en compte de toutes les circonstances politiques, sociales et religieuses dans lesquelles nous vivons empêche qui que ce soit de prôner une attitude (par exemple ne pas voter, ou voter pour Mme Le Pen) avec certitude et de façon péremptoire. M. Maugendre me range dans les soutiens de la théorie du « moindre mal » ; or je ne soutiens rien du tout dans mon étude, si ce n’est que, précisément, il ne faut rien soutenir de façon catégorique en la matière !

D’aucuns pensent qu’il faut s’écarter de l’élection, et qu’en ne votant pas on forcera certains hommes politiques à s’amender, peut-être même à remettre en cause le système. D’autres pensent qu’il faut voter pour un tel, ou pour une telle. On trouvera peut-être que c’est une « réponse de Normand », mais il faut reconnaître que toutes ces attitudes ont de sérieux arguments en leur faveur. Aucune n’est indéfendable. Dans mon étude j’établis, en m’appuyant sur l’autorité des théologiens que, moralement, on peut voter, dans certains cas, pour un candidat, même s’il est favorable à l’avortement ou envisage une légalisation de l’euthanasie ; mais je ne soutiens pas qu’il faut voter pour lui ! De même, je montre qu’il y a de sérieux arguments en faveur de l’abstention, mais je ne la recommande pas pour autant.

[…] Il y a certainement des votes interdits ; mais il y a pour le reste une certaine latitude, attendu que la situation est complexe. Aucune attitude prudentielle ne s’impose avec des arguments suffisamment probants."

Les légitimes appels à voter Nicolas Sarkozy, à faire barrage à François Hollande ou à s'abstenir le 6 mai prochain ne doivent pas être une source de division pour les catholiques. La défense du bien commun doit primer, surtout en ces temps de confusion.

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14 commentaires

  1. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à la Royauté Capétienne ce qui est à elle !

  2. Je suis tout à fait d’accord, mais cela ne nous dispense pas de chercher la vérité. Nous devons respecter le jugement des autres, mais nous devons avoir notre vérité.

  3. On parle, on réfléchi, mais cela ne change rien.
    De toute manière se sera Sarko ou Hollande.
    Dans l’ensemble c’est bonnet blanc, blanc bonnet.
    Mais dans le programme de l’un il y a l’euthanasie et (curieusement) pas dans celui de l’autre.
    Au final Dimanche 6 mai nous disposerons d’un moyen légal d’empêcher cette horreur.
    Si l’euthanasie passe se sera sans doute comme pour l’avortement : on ne reviendra pas dessus et cela ne fera qu’empirer.
    C’est ainsi que je vous les choses : je ne soutiens aucun des candidats, j’utilise simplement l’unique moyen légal à ma disposition pour empêcher, ou tout le moins retarder, la légalisation de l’euthanasie.
    Je comprend ceux qui souhaitent voter blanc ou s’abstenir. Simplement je ne vois pas en quoi cela va améliorer les choses ou tout le moins empecher qu’elles empirent.

  4. Si tout se vaut, alors en effet, pourquoi manifester contre la loi VEIL ? On ne peut exiger des politiques qu’ils n’oppressent plus les corps sociaux naturels, et qu’ils respectent la loi naturelle, tout en proclament que tous méritent également nos suffrages, y compris ceux qui votent l’euthanasie et l’avortement…..
    Ce genre de raisonnement traduit une impuissance conceptuelle dramatique.
    Ou alors un retour à la morale de circonstance : sur le mode, quel est celui qui accordera la plus grande déductibilité fiscale pour nos écoles et facilitera au mieux nos dons et legs. En qq sorte, les oeuvres, sans la foi.
    Mais ceci posé, j’exprime cela sans esprit de division : je cherche à comprendre, car je suis effaré.
    [Ce n’est pas ce qui est écrit ici. Les catholiques confondent l’esprit partisan et la vérité. La vertu de prudence n’a jamais été aussi mal en point.
    MJ]

  5. Je crois que le titre (“aucune attitude prudentielle ne s’impose plus qu’une autre”) est en leger decalage avec le propos de l’Abbe: je ne pense pas qu’il renvoie dos-a-dos toutes les attitudes, mais qu’il dit (tres sagement) qu’aucune ne s’impose de maniere suffisamment manifeste pour que les autres soient indefendables.
    [C’est bien ce que j’ai voulu dire. MJ]

  6. En novembre 1963, dans L’Esprit Public, l’écrivain et journaliste Jacques Perret (« Le Caporal Epinglé ») s’adresse à certains patriotes de droite « Algérie française » qui deviennent partisans d’un bout de chemin avec le gaullisme pour éviter le péril socialo-communiste :
    « Ils se trouvent une sagesse facile à s’interdire une condamnation globale, réputée passionnelle. (…) On a le nez dans la crotte, mais mieux vaut continuer dans la crotte qu’affronter les inconnus de l’après-crotte : oui-oui pour la crotte stabilisée. La cause commune a ses raisons vicieuses, c’est la peur ; et les peureux une fois de plus auront précipité les fléaux qu’ils redoutaient. (…) Pour envisager quelque chose qui nous fasse regretter le gaullisme, il faut avoir l’esprit singulièrement inventif, imaginer le pire du pire. De toute manière consentir à un mal de cette espèce dans l’appréhension du pire, c’est faire le lit du pire car la nature du mal c’est d’aller au pire ».

  7. Enfin quelqu’un de sage…
    On aimerait que les pères la morale qui nous conscientisent ici joyeusement depuis quelques jours en prennent de la graine…

  8. L’Abbé est un bon normand, quoi qu’il en soit tout le monde prend un ton dramatique.
    Pour se dérider il faut écouter les radios – par exemple entre 19 h et 20 h – au hasard RTL et Europe1 – parler des votants du Front National.
    Il faut les entendre ces bons apôtres qui les détestent, se faire tout gentils pour les appâter dans leur camp, réprimer quelque remarque qui leur échappe sur les xénophobes-qui-rêvent-de-vivre-comme-grand-papa-et-préparent-la-guerre-civile, se pencher avec commisération sur toute la souffrance de ces gagne-petits qu’on n’écoute pas.
    Pourquoi cette souffrance ? Tous les arguments sont bons:cela va du pavillon nouveau d’où on ne peut évidemment se faire des amis, au manque de repères d’une technologie qui va trop vite, etc.
    Et la TV n’est pas en reste: on les voit ces gagne-petits qui ne savent pas s’exprimer, ont peur des journalistes et ne veulent parler que du mal à joindre les deux bouts, dire avec force qu’ils ont voté Marine, c’est vrai, mais qu’au 2e tour ce sera Hollande, bien sûr.
    Pourtant le fond du fond c’est, comme l’écrit Renaud Camus – “…aucun épisode depuis quinze siècles n’a constitué pour la patrie une menace aussi grave, aussi fatale, aussi virtuellement définitive en ses conséquences que le changement de peuple”.
    Et c’est pour cela qu’ils ont voté pour MLP, même si on choisit ceux qui ne savent pas le dire.

  9. Honnêtement, je crois que cette histoire nous dépasse tous. Tous les points de vue sur la question, aussi pertinents, mûris, différents et respectables soient-ils, atteignent leur limite, en même temps que les éclairages qu’ils sont supposés apporter. Devant le doute pesant et la souffrance promise, il nous reste en refuge la prière, sans limite, elle, pour que la Vérité rejaillisse et illumine le monde.

  10. L’abbé Toulza est à la Fraternité Saint Pierre et non à la fraternité Saint pie X
    [Ils sont deux frères, chacun dans une fraternité. Celui-ci est bien de la FSSPX. MJ]

  11. “La cause commune a ses raisons vicieuses, c’est la peur ; et les peureux une fois de plus auront précipité les fléaux qu’ils redoutaient”.
    Admirable Jacques Perret, merci mille fois à Yann pour ce morceau choisi qui est une merveille de réalisme et de bon sens.

  12. @ M. JANVA
    Certes je comprends votre appel à la prudence, et nous en aurons besoin pour recoller les morceaux après le 6 mai. L’esprit partisan que vous rejetez comme néfaste l’est en effet, mais je ne comprends pourquoi il serait plus noble quand il justifie l’UMP au second tour que quand il soutient ou pas M LE PEN au premier, convenez-en.
    [Votre militantisme exclusif pro-FN vous aveugle. Le SB n’a jamais écrit qu’il était interdit de voter MLP au 1er tour. MJ]
    @ Antoine VAUDEY
    Le bon sens tient compte du réel : le moralisme ignore la morale.

  13. @ MJ
    Non le SB ne l’a pas écrit, il a simplement donné une très forte proportion de ses colonnes consacrés à ces sujets à ceux qui le préconisaient.
    J’ai été souvent censuré pour avoir contredit Mme J. SMITS dans des commentaires, ce qui est de votre liberté, mais est un fait ; j’utilisais alors des textes pontificaux qui contredisaient l’interprétation de certains sur les PNN, que je retrouve maintenant dans un article d’ICHTUS.
    Je n’ai pas de militantisme exclusif pro FN, et en quoi en soi serait-il une perte de sens quand je présente des arguments sur le fonds : je ne supporte pas de voir flingué en permanence par des catholiques anti avortement le seul parti qui souhaite encore lutter contre. N. SARKOZY ce matin sur France Inter pour bien se démarquer du FN a précisément évoqué l’avortement…..
    Surtout pour ensuite que soit préconisé par les mêmes un vote SARKo afin d’éviter l’aggravation de la situation qu’il n’a pas améliorée et a déjà aggravée.
    Pourquoi tenter de dévaloriser un de vos lecteurs en lui disant selon une vieille méthode : ”D’où tu parles ?”
    Examinons ce qui est dit avant tout, même si nous avons tous une histoire personnelle.
    Vous n’êtes pas vous-même sans un parcours, même si vos lecteurs ne le connaissant pas.
    Il est plus simple que tout soit transparent. Je signe de mon nom souvent.
    Soyez moins agacé d’être contredit : vous ne connaissez pas l’avenir.
    [Le SB a longuement regretté en effet le recul du FN sur le sujet de l’avortement. Recul que vous avez toujours voulu nier. De même sur le Pacs ou sur le chèque scolaire.
    Cela ne signifie pas que MLP ne soit pas plus proche des PNN que ses adversaires.
    Mais on ne peut pas, comme vous le faites, nier ce recul. Et ce sont ces contre-vérités qui ont été censurées.
    Car si, comme moi, vous ne connaissez pas l’avenir, vous connaissez le passé. Le RPR de la fin des années 70 et début 80, qui avait alors une ligne comparable au FN sur ce sujet, a reculé. Et vous savez où cela a abouti. Il est donc normal de s’en inquiéter quand on constate un recul.
    MJ]

  14. à MJ
    Cher M. J. , je ne souhaite pas une mauvaise polémique ici, en ce moment : le RPR et l’UDF ont tout se suite abandonné la défense de la Vie dès 1974.
    Pour ce qui est de M LP pourquoi me censurer : si je dis faux, on le prouve, on ne me fait pas taire.
    Je n’ai jamais nié que M LE PEN ait une position différente de son père : j’ai simplement écrit que sa position est catho compatible, selon le contenu des PNN et de la gradualité du mal, ce que J. SMITS a refusé de considérer, parce qu’elle raisonnait sur ce que je pense être une caricature de ce que disait M LP, niant que celle-ci remette en cause les lois AUBRY et Roudy.
    Si ce sujet avait été traité sur le fond cette année écoulée, et non escamoté à demi, nous n’en serions pas là en ce moment, à réfléchir encore sur ce qui aurait été, si ce n’est tranché, tout au moins clarifié depuis longtemps.
    [Non : le RPR, contrairement à l’UDF, n’a pas abandonné le combat pro-vie en 74, mais bien plus tard… sous Mitterrand.
    Quant à MLP, désolé, mais vous avez toujours nié qu’elle défendait le droit à l’avortement, ce qui constitue tout de même un recul idéologique. Dès le début nous avions d’ailleurs fait la comparaison avec le recul fait par le RPR au début des années 80.
    D’ailleurs, MLP ne remet pas en cause la loi Aubry (qui a permis l’avortement jusqu’à 12 semaines), ni la loi Roudy (qui permet le remboursement de tous les avortements, pas seulement ceux de confort – ce qui n’est d’ailleurs pas du tout écrit dans le projet de MLP).
    Le sujet a été traité, mais l’obstination de certains à vouloir prouver que rien n’avait changé au FN ont pourri le débat.
    Désolé, mais parfois, il faut sortir du militantisme et regarder la réalité.
    MJ]

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