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Bioéthique / Institutions internationales

UNESCO : l’autre déclaration

La large couverture accordée à l’adoption de la convention sur la diversité culturelle a occulté l’adoption par la conférence générale de l’UNESCO le 19 octobre, par acclamation, d’un autre texte important : une Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme. Il ne s’agit pas d’une déclaration impromptue ou précipitée, mais de l’aboutissement de dix ans de négociations et de deux ans de rédaction.

Cette adoption est un événement très positif. Le texte reste parfois vague, mais il énonce deux principes importants :

– Dans le domaine bioéthique, la dignité humaine et l’intérêt de l’individu doivent l’emporter sur l’intérêt de la science ou de la société (art. 3 à 8).

– La "diversité culturelle" ne doit pas servir d’excuse à un relativisme en matière de dignité humaine (art. 12).

Le Vatican a été actif dans l’élaboration de ce texte, et d’après son représentant "de nombreuses modifications" qu’il a proposées "ont été accueillies, signe de la nouvelle ouverture de différents pays de l’UNESCO et d’écoute vis-à-vis de l’Eglise catholique."

Quel impact aura ce texte – pratiquement ignoré par la presse française ? Le Dr Cameron, universitaire évangélique et conseiller sur les questions de bioéthique auprès de la délégation américaine, est optimiste :

Certes, le détail du document est dans l’ensemble peu palpitant […] mais le fait même qu’il a été adopté montre que chaque nation prend maintenant en considération les questions biopolitiques. Et si aux Etats-Unis des déclarations de ce genre n’ont sans doute pas beaucoup d’influence […], pour de nombreux petits pays et pour la plupart des pays en voie de développement elles ont une énorme importance. Beaucoup de pays se serviront de la déclaration comme base pour leur politiques nationales.

L’adoption de cette déclaration montre aussi qu’on ne peut pas porter de jugement global, positif ou négatif, sur l’ONU et ses organisations dérivées (parmi lesquelles l’UNESCO) : le Secrétariat général, le Conseil de Sécurité, l’Assemblée générale et chacune des organisations dérivées sont des lieux répondant à des dynamiques différentes, et variant dans le temps. Certaines instances, comme le Secrétariat général ou la FNUAP, sont gangrénées par la culture de mort, tandis que d’autres réservent de bonnes surprises – la déclaration de l’Assemblée générale contre le clonage reproductif en début d’année, par exemple.

Henri Védas

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