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Bioéthique / Homosexualité : revendication du lobby gay

Une tribune de gauche contre la location d’utérus

Parmi les si­gna­taires : Mi­chel On­fray Phi­lo­sophe, Yvette Roudy Ex-mi­nistre des Droits des femmes, Ni­cole Péry Ex-se­cré­taire d'Etat aux droits des femmes, Syl­viane Aga­cinski Phi­lo­sophe, Eliette Abé­cas­sis Ecri­vain, José Bové Dé­puté eu­ro­péen, Anne-Yvonne Le Dain Dé­pu­té, Mar­tine Se­ga­len Pro­fes­seur émé­rite en an­thro­po­lo­gie, Na­tha­lie Hei­nich So­cio­logue, Ge­ne­viève Cou­raud Pré­si­dente d'Elu-e-s contre les vio­lences faites aux femmes (ECVF), Mo­nette Vac­quin Psy­cha­na­lyste, Irène Ta­bel­lion Pré­si­dente de la Lune, as­so­cia­tion stras­bour­geoise de femmes ho­mo­sexuelles, Ma­rie-Jo­sèphe Bon­net His­to­rienne des femmes, Nora Te­nen­baum et Maya Sur­duts Co­or­di­na­tion des as­so­cia­tions pour le droit à l'avor­te­ment et à la contra­cep­tion (Cadac)… Elle est publiée dans Libération :

"Nous sommes des femmes et des hommes d’origines ethniques, religieuses, culturelles et socio-économiques différentes venant de toutes les régions du monde. Ensemble, nous tenons ici à exprimer notre inquiétude concernant les femmes et les enfants exploités au travers des conventions de la gestation pour autrui (GPA).

Tous, nous reconnaissons la force du désir de parentalité. Toutefois, comme s’agissant de la plupart des désirs, des limites doivent être posées. Les droits humains nous fournissent un marqueur significatif à qui veut savoir identifier ces limites et déterminer leur champ d’application. Nous pensons que la GPA doit être interdite en ce qu'elle consti­tue une vio­la­tion des droits hu­mains des femmes et des en­fants.

La GPA re­pose sou­vent sur l'ex­ploi­ta­tion des femmes les plus dé­mu­nies. Dans de nom­breux cas, ce sont les pauvres qui sont contraints de vendre et les riches qui peuvent se per­mettre d'ache­ter. Ces tran­sac­tions iniques im­pliquent un consen­te­ment de la part de femmes sous-in­for­mées, voire pas du tout in­for­mées, une ré­mu­né­ra­tion faible, une coer­ci­tion, une in­suf­fi­sance de suivi mé­di­cal et des risques sé­vères pour la santé, à court et à long terme, des femmes qui ac­ceptent la GPA. Le pro­ces­sus mé­di­cal de la GPA en­traîne des risques pour la mère de sub­sti­tu­tion, pour les jeunes femmes qui vendent leurs ovo­cytes et pour les en­fants nés grâce aux tech­niques d'as­sis­tance mé­di­cale à la pro­créa­tion. Parmi les risques en­cou­rus par les femmes : le syn­drome d'hy­per­sti­mu­la­tion ova­rienne (SHSO), la tor­sion ova­rienne, le kyste ova­rien, une dou­leur pel­vienne chro­nique, une mé­no­pause pré­coce, une perte de fer­ti­lité, une tu­meur can­cé­reuse du sys­tème re­pro­duc­tif, des caillots san­guins, une in­suf­fi­sance ré­nale, un arrêt car­diaque et, dans un cer­tain nombre de cas, la mort. Les femmes fai­sant une gros­sesse à par­tir d'ovo­cytes pro­ve­nant d'autres femmes pré­sentent un risque plus élevé de pré-éclamp­sie et d'hy­per­ten­sion.

Les en­fants nés grâce aux tech­niques d'as­sis­tance mé­di­cale à la pro­créa­tion qui sont gé­né­ra­le­ment mises en œuvre dans la ges­ta­tion pour au­trui pré­sentent aussi des risques de pa­tho­lo­gies parmi les­quelles : une nais­sance avant terme, un décès à la nais­sance, un poids in­suf­fi­sant à la nais­sance, des mal­for­ma­tions du fœtus et une pres­sion ar­té­rielle éle­vée. La GPA rompt le lien ma­ter­nel na­tu­rel qui s'éta­blit pen­dant la gros­sesse – un lien que les pro­fes­sion­nels de la mé­de­cine en­cou­ragent et cherchent à ren­for­cer sans re­lâche. Le lien bio­lo­gique entre la mère et l'en­fant est in­dé­nia­ble­ment de na­ture in­time et, lors­qu'il est rompu, les consé­quences en sont du­rables pour les deux par­ties. Dans les pays où la GPA est au­to­ri­sée, cette souf­france po­ten­tielle est ins­ti­tu­tion­na­li­sée.

Nous sommes convain­cus qu'il n'y a pas de dif­fé­rence entre la pra­tique com­mer­ciale de la GPA et la vente et l'achat d'en­fants. Même s'il n'y a pas échange d'ar­gent (c'est-à-dire la ver­sion non ré­mu­né­rée, ou « al­truiste »), toute pra­tique qui ex­pose des femmes et des en­fants à de tels risques doit être in­ter­dite.

Per­sonne n'a droit à un en­fant, pas plus les hé­té­ro­sexuels que les ho­mo­sexuels ou les in­di­vi­dus ayant fait le choix de res­ter cé­li­ba­taire. Nous sommes unis pour de­man­der aux gou­ver­ne­ments des na­tions du monde ainsi qu'aux lea­ders de la com­mu­nauté in­ter­na­tio­nale de tra­vailler en­semble à l'ar­rêt im­mé­diat de la GPA."

Ils ont lancé une pétition, en anglais.

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7 commentaires

  1. Bravo. Mille fois bravo!!!!
    Voilà une belle et généreuse initiative qui dépasse les clivages politiciens et qui montrent que l’Homme peut- être capable du meilleur quand il réfléchit en se mettant à l’écoute de sa conscience.

  2. Mollasson nous a fait tout un cirque sur l’esclavage mais n’est-ce pas de l’esclavage que de faire faire la GPA par des femmes pauvres qui louent leur ventre pour une misère et par contre les bébés sont revendus bien cher. Alors la Taupira serait bien inspiré elle qui « lutte » contre l’esclavage de lutter contre cette traite des femmes. Mais un socialiste est-il un homme normal?

  3. « Per­sonne n’a droit à un en­fant, pas plus les hé­té­ro­sexuels que les ho­mo­sexuels ou les in­di­vi­dus ayant fait le choix de res­ter cé­li­ba­taire. Nous sommes unis pour de­man­der aux gou­ver­ne­ments des na­tions du monde ainsi qu’aux lea­ders de la com­mu­nauté in­ter­na­tio­nale de tra­vailler en­semble à l’ar­rêt im­mé­diat de la GPA. » Voilà un texte que tous ceux qui ont manifesté avec La Manif Pour Tous pourraient signer. Les signataires sont tous de Gauche et parmi eux on trouve plusieurs lesbiennes. Ils s’insurgent contre la GPA même gratuite et ça c’est essentiel, car l’argument misérabiliste et « droits des femmes » se retournent facilement en proposant des GPA prises en charge par l’Assurance – Maladie au nom de l’Egalité!
    Les lesbiennes sont contre la GPA des hétéros et des « machos gays », au nom du « Droit des femmes » …mais « Pour » la PMA pour Toutes, c’est à dire « le droit à l’enfant sans père,avec une ou deux mamans »! Beaucoup sont « Pour » la Loi Taubira qui institue le droit à l’enfant pour tous. Si ces gens veulent être cohérents ils doivent se joindrent à LMPT pour réclamer l’abrogation de la Loi TAUBIRA… ce que Juppé, NKM,Apparu, Lagarde, Jego, etc…refusent de faire!

  4. Ces gens là ont-ils signé l’Appel International pour l’Abolition de la GPA?
    http://www.nomaternitytraffic.eu/wordpress/?page_id=8 …peu importe! Nous devons tous signez leur pétition
    http://www.stopsurrogacynow.com/#sthash.PAJxfU88.dpbs ainsi c’est nous-mêmes qui seront à l’initiative de la jonction, puisqu’ils n’ont jamais eu le courage de nous rejoindre! Or c’est la coagulation de citoyens de Droite et de Gauche qui fait peur aux Pouvoirs!

  5. « Nous sommes des femmes et des hommes d’origines ethniques, religieuses, culturelles et socio-économiques différentes venant de toutes les régions du monde. »
    Oui mais de gauche, hein, faut pas déconner non plus.

  6. Il faut signer massivement à la fois la pétition « No Maternity traffic » lancée par LMPT (pour ceux qui ne l’ont pas encore fait http://www.nomaternitytraffic.eu/wordpress/?page_id=8 ) et leur pétition « Stop surrogacy now! »…ils nous pas voulu venir vers nous, mais rien ne peut nous empêcher d’aller vers eux et de venir grossir les rangs de leurs signataires, il faut que cette pétition soit un succès sinon le Gouvernement cèdera aux lobbies qui veulent commencer par autoriser la GPA altruiste remboursée par la Caisse d’assurance-maladie!

  7. Lorsqu’une digue cède à la pression des eaux, les obstacles suivants sont généralement balayés. Il en est ainsi actuellement de maintes règles morales et de savoir-vivre.
    Merci et honneur à ceux et celles qui clament que  » cela suffit maintenant ! ».
    On a déjà été bien trop loin dans les droits pour les uns au détriment des droits fondamentaux des autres. Ici, les « autres » sont des enfants à naître que l’on peut vendre et acheter comme une quelconque marchandise. Et de femmes qui se prêtent à ce jeu fort dangereux, y compris pour elles-mêmes.
    Et ce n’est évidemment pas parce que cela se pratique ailleurs qu’il faut l’accepter chez nous.

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