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Un bac au rabais ?

Comme le soulignait Henri, le taux de réussite du Bac 2006 est suspect. Selon Le Figaro de ce matin, les épreuves étaient plus faciles et des consignes de clémence pourraient faire grimper le taux de réussite au-delà des 80%. C’est-à-dire que le cru 2006 pourrait s’approcher de celui de 1968, année où l’examen avait été bradé (81% de réussite).

Gilles de Robien dément toute clémence particulière due au CPE : le bac n’a pas été bradé, assure-t-il. Les correcteurs, eux, ne sont pas tous du même avis. L’orthographe n’est pénalisée qu’au-delà de 10 erreurs. Pour les correcteurs, les sujets étaient ridiculement faciles, quand ce n’est pas carrément «du recopiage», des consignes pour fermer les yeux sur les fautes : cet enseignant en sciences économiques de l’académie de Grenoble, qui a passé de longues heures à corriger des copies du bac, est accablé : «On en est à demander quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV…»La facilité est «plus marquée cette année que l’an dernier, et bien pire qu’il y a 15 ans», dit ce professeur pour qui «le bac est donné». Et d’ajouter d’une voix découragée : «Cette année, un tiers de mes élèves n’avait rien à faire en terminale.»

Michel Janva

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9 commentaires

  1. Bonjour,
    Je ne veux pas paraître fataliste, pessimiste, rabat-joie ou autre mais il me semble, pour avoir passé mon bac il y a quelques années déjà, que j’entend chaque année des personnes dire que le bac est plus facile, que les programmes sont allégés, etc., etc.
    Cela fait déjà quelques temps que les notes du bac sont retravaillées afin d’obtenir un taux de réussite compris entre 75 et 80%. En gros rien ne change, si ce n’est que l’on va être dans le haut de la tranche cette année.
    J’ai aussi entendu, de source très sûre et non pas d’un ministre en période pré-électorale, que le niveau du bac baisse, mais le niveau de certains concours reste stable voire augmente. Les enseignant dans les universités se plaignent par exemple de devoir compbler toujours plus de lacunes en 3 ou 4 ans, le temps compris entre le Bac et le CAPES par exemple.
    Sachant que le Bac est un diplôme qui seul ne sert pas à grand chose (c’est juste un sésame pour la suite des études), tant que les vrais diplômes, les vrais concours restent d’un bon niveau, le danger de former des bons à rien reste faible. C’est juste le symbole du Bac (Napoléonien si je ne m’abuse) qui est écorné. Et comme tous les symboles, ça déclenche les passions et la mauvaise fois.
    Que tous les nouveaux bacheliers profitent du moment et préparent bien leurs longues années d’études qui vont suivre. Par expérience, ces années paraissent bien plus enrichissantes que toutes celles passées.

  2. Petit témoignage.
    L’épreuve de maths du Bac S ne comprenaient cette année que des exercices et aucun problème.
    Par ailleurs, la première question sur cinq points, était un QCM, avec instruction de ne pas justifier ses réponses (seules les bonnes réponses étant prises en compte).
    Voilà voilà, le niveau monte.

  3. Facile, ce bac… je ne suis pas de votre avis : j’ai échoué dans toutes les epreuves non scientifiques (je met mes notes au bac et entre parenthese celle du bac blanc) : allemand LV1 : 8 (11); anglais LV2 : 13 (15); philo 10 (13); français : 11 (15); histoire-geographie : 13 (15).
    J’estime à environ 40 points les pertes là dessus.
    Par contre, j’ai bétonné en scientifique : 19-20-20 :p
    En maths, le QCM était indigent (2 choix et pas de retrait de points si erreur) et les probas tres facile (faire calculer des fréquences en terminale S…), 3 point ont été ainsi offert (soit 20 points avec les coefficients); en bio, surnoté comme toutes les années (donc pas plus facile que d’habitude); en physique, ridicule : avec les TPE modifiés + la spé que tout le monde a pris, les 3,5 points offerts font bien 35 points d’offerts à tous : ainsi, une quinzaine de points étaient offert, ce qui revient à 0,5pt de moyenne.
    Enfin, j’ai plutot été lésé car les cadeaux étaient sur mes points forts : j’aurais préféré des cadeaux en allemand, français, philo et histoire-géo.
    Je suis quand meme content, j’ai ma mention tres bien :p
    (j’ai aussi posté cela sur Vox Galliae)
    Pour détailler :
    en maths, le premier exercice était ridicule : les QCM, normalement le choix est entre 3 réponse et on met 1 point par bonne réponse, -0,5 par mauvaise réponse : ainsi, qulequ’un qui répond au hasard a 0 statistiquement (disons 1/5 avec la variance); là, le choix entre 2 réponse et pas de pénalités en cas d’erreur : ainsi, en répondant “logiquement” vrai partout, on avait 3/5.
    Le second exercice était coorect, des question faciles au début mais une intégration par partie tres difficile (j’ai mis 50mn et je suis le meilleur en maths de mon lycée).
    Le troisième en spé était classique (rien de bien méchant, mais pas de cadeaux).
    Le dernier était facile, calculer des fréquences, des moyennes et des écarts type, ce n’est pas tres difficile.
    En physique chimie, c’était affligeant.
    Il y avait 3 questions où il fallait recopier l’énoncé (on avait un texte sur la radioactivité puis des questions pour l’exercice 1). Les formules étaient données (en chimie, l’équation de l’oxydation du zinc était dans l’énoncé) et aucun calcul pour la chimie (il fallait juste dire “réaction plus/moins rapide”). Bref, les deux premeirs exercices (valant 12 points) étaient on ne peut plus facile. Le dernier, à 4 points, était assez difficile (volonté de “lisser les notes”?). Les TP étaient normaux. Sur les deux premiers exercice, il y avait bien 4 points d’offerts (et 0,5 repris sur le dernier).
    J’ai l’impression que les correcteurs se sont vengés sur les matieres molles.

  4. Ce que dit Jean-Baptiste du niveau du Bac est très intéressant. Pour autant, je ne partage pas tout à fait son analyse concernant les diplômes supérieurs : l’Université est elle aussi atteinte par cette médiocrité.
    La réforme LMD, avec son système de crédits complétement commercial et dégoûtant (on choisit une matière plus pour ce qu’elle rapporte comme points que pour ce qu’elle intéresse), permet par exemple en Histoire d’obtenir la licence sans jamais avoir eu une seule fois la moyenne en Histoire. Il suffit de compenser avec l’Anglais, l’informatique, le sport etc…
    Cette réforme, qui est un véritable désastre, arrive cependant (ou “de surcroît” !)alors que le mal est fait depuis bien longtemps : comme le bac est de plus en plus facile, les étudiants qui s’inscrivent en fac sont de plus en plus nombreux, mais avec un niveau de culture générale (et un niveau tout court) toujours plus bas. Le résultat est que les profs sont obligés de tenir compte de cela et de noter en conséquence. La qualité des travaux universitaires de premier cycle s’en ressent… Ajoutez à cela la “maîtrise Bayrou” (trois semaines de stage où vous voulez et vous avez une maîtrise, pardon, un “master 1”) et le tableau est complet !
    Il faut lire et faire lire l’excellent livre du médiéviste Jacques Heers “L’Histoire assassinée”, aux éditions de Paris (2005): un vrai moment de bonheur… Ecoutez aussi le libre journal de Bernard Lugan, africaniste réputé et dérangeant, sur Radio-Courtoisie : certaines analyses sur ces questions sont délicieusement réalistes et …criantes de vérité !

  5. … pardon, je conclue : les derniers repères d’excellence restent les grandes écoles et les classes prépa.
    Pour combien de temps ?

  6. Il me semble que l’info importante donnée par Jean-baptiste dans le premier commentaire est qu’il faut toujours amener les bacheliers au même niveau final (diplôme d’études sup.) mais en partant de plus bas.
    A quand la transformation des Bac+5 en Bac+6 ?
    Car la question n’est pas tant la baisse du niveau du bac que ses conséquences sur les formations qui suivent et qui doivent alourdir leurs programmes suite à l’allègement du bac.
    Sommes-nous sur du niveau des diplômes français ? N’ont-ils pas pris un coup dans la figure avec l’affaissement de leur socle (le bac) ?
    Ou bien sommes-nous en train de créer des diplômes super élitistes (car seuls ceux qui peuvent rattrapper le retard dans le temps imparti “survivent”) ? Dans ce cas que deviennent ceux qui ne rattrappent pas ce retard ? des chomeurs non-diplômés ?
    Je crois qu’il faut voir les diplômes au cas par cas pour avoir les réponses à ces questions.
    Je sais que dans mon école d’ingénieur, le niveau a été relevé. Mais je connais d’autres écoles où le diplôme est donné d’office à ceux qui participent à la vie scolaire (BDE), ce qui ne reflète pas (et de loin) leur compétences professionnelles.
    UdP,
    Boris

  7. cet enseignant en sciences économiques de l’académie de Grenoble, qui a passé de longues heures à corriger des copies du bac, est accablé : «On en est à demander quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV…»
    Bon. Savez la différence entre un boudin blanc et un camion citerne ?
    Ben c’est que le camion citerne n’a rien à voir avec Henry IV, alors que le boudin blanc est célèbre pour être à l’origine de la question qui était de savoir quelle était la couleur du boudin blanc d’Henry IV.
    Je pense quand même qu’on pourrait aller jusque là pour une question de baccalauréat.
    D’autant que la question se prête à d’infinies variations.

  8. Un autre cas de médiocrité et d’endocrinement marxiste dans ce sujet de BEPC http://zekii.blogspot.com/
    (note du 27 juin 2006)
    J’ai fait lire ce sujet à une agrégée d’histoire, qui l’a qualifié “d’infect”

  9. j’arrive un peu tard, mais j’ai trouvé des questions provenant du certificat d’études de 1900 pour noter l'”évolution” du niveau:
    Bon courage!
    http://www.hattemer.fr/vie_du_cours/certificat_primaire_1900.htm

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