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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Un évêque parle… (2)

Un évêque parle… (2)

A l’occasion de la sortie du livre “Pour l’amour de l’Eglise” qui consiste en une série d’entretiens avec Mgr Bernard Fellay réalisés avec Robert Landers de 2016 jusqu’au début de l’année 2019, le Salon Beige a obtenu l’autorisation des éditions Via Romana d’en publier quelques extraits.

Quelle boussole spirituelle faut-il suivre pour ne pas se perdre et s’égarer dans notre monde aujourd’hui ?

Comme boussole, je mettrais d’abord la dévotion à la sainte Vierge. Elle est accessible à tous. Le cœur d’une mère se laisse toujours toucher. Le chapelet, même s’il est décrié dans certains milieux, constitue une magnifique prière pour notre époque troublée. La sainte Vierge elle-même s’est donné la peine d’intervenir plusieurs fois à l’intime des âmes pour la faire connaître. Elle a donné cette prière à saint Dominique. Elle l’a recommandée jusqu’à notre époque, à La Salette, Lourdes, Fatima. Le rosaire est indissociable de la pénitence. En outre, dans les apparitions de Fatima, il y a une note particulière qui me frappe : c’est la dévotion au Cœur Immaculé. Cette phrase est essentielle : « Notre Seigneur veut établir la dévotion à mon Cœur Immaculé ». Je considère que cette dévotion est comme le remède donné aux hommes en vue de les préparer à la tempête effroyable dans laquelle nous nous trouvons encore. Ce remède est accessible à tous et il est très efficace. À la pratique des cinq premiers samedis du mois est attachée la promesse d’avoir les grâces nécessaires pour se sauver. N’est-ce pas merveilleux ? La sainte Vierge est vraiment une boussole spirituelle pour notre époque. Ceux qui ont perdu la foi, ceux qui sont dans des situations morales effroyables, tous peuvent implorer la sainte Vierge et la supplier à genoux de leur venir en aide.

Ensuite, notre boussole, c’est la foi qui est un don de Dieu. L’Église a la mission de présenter, proposer et enseigner cette foi. Le phénomène peut-être le plus révé­lateur de la crise profonde dans laquelle nous sommes est l’absence de transmission de la foi…

Vous avez dit que le problème dans les épiscopats dans le monde était la transmission de la foi. Mais il y a quand même un nombre certain d’évêques qui proclament publiquement qu’ils veulent préserver la foi. En convenez-vous ?

Oui. Je ne dis pas que tout le monde a perdu la foi. Dieu merci, il y a des évêques qui restent fidèles à leur mission. Cependant, les catéchismes et les méthodes catéchétiques qui sont imposés sont souvent un désastre.

Comment intégrer la découverte des Saintes Écritures avec celle de la foi ?

L’Évangile est tout à fait accessible aux enfants. Il relate la vie de Jésus et réunit en un seul livre les enseignements et la pratique de la foi. Il met en contact les âmes avec Notre Seigneur, avec sa Personne, et il transmet la grâce. Ce contact personnel avec Jésus nous fait recevoir sa grâce. Il y a dans la Sainte Écriture une puissance qui n’appartient qu’à ce livre. Pourquoi ? Parce que l’Écri­ture est la Parole de Dieu. Elle dépasse infiniment toutes les paroles humaines. Si vous lisez une, deux, trois, cinq, dix fois le même passage de l’Écriture sainte, vous trouvez à chaque fois quelque chose de nouveau. L’Écriture possède une richesse extraordinaire…

Mais ne pensez-vous pas qu’il a pu exister une certaine lassitude d’une foi uniquement transmise sans âme, peut-être un certain jansénisme desséchant, sans oublier le contexte des deux guerres mondiales du vingtième siècle, si violentes, et qui ont énormément fragilisé les psychologies humaines ?

Il n’y a aucun doute… Le problème est malheureusement ancien. Depuis les Lumières, les hommes se détournent de Dieu. Ils refusent son autorité qu’ils voient comme un frein à leur liberté. Ils rejettent sa loi, qu’ils perçoivent comme un carcan et un joug insupportable. Refusant toute contrainte, ils se détournent de l’Église et de l’État catholique. Cette recherche de liberté absolue constitue l’erreur du libéralisme. Que peut faire l’Église dans une telle situation pour ramener les hommes à Dieu ? C’est la question à laquelle les Pères du concile Vatican II ont tenté de répondre. Que faire, comment agir pour faire accepter les exigences de l’Évan­gile aux hommes qui les refusent ? Certains ont estimé qu’il fallait revoir les formules de la foi et les préceptes de la morale qui n’étaient plus acceptés. En réalité, la foi chrétienne n’était plus suffisamment expliquée, comprise et vécue. Elle faisait l’objet d’une répétition un peu mécanique. Dès lors, il aurait été vraiment nécessaire de montrer la beauté, la sagesse et la cohérence de cette foi. La lettre tue, mais l’esprit vivifie. La juste réponse n’est pas de renoncer aux formules, mais de leur donner toujours plus de vie. Il importe de combattre la routine qui transforme peu à peu les bonnes habitudes en contraintes insupportables.

Aujourd’hui, nous voyons les conséquences ultimes du libéralisme : nous arrivons au chaos. Les gens ignorent les vérités essentielles et perdent tout repère. Ceux qui cherchent une référence morale ne la trouvent plus. Que faire ? Il est indispensable de garder les préceptes de l’Évangile dans leur intégralité. Mais il faut redonner toute sa place à l’amour dans l’exposé de la loi. Sans l’amour, la loi est insupportable. La doctrine catholique l’expose magnifiquement. Sans la foi, il n’y a pas de monde surnaturel. Cependant, si cette foi n’est pas informée par la charité, elle est morte. Or, la mort n’attire pas, elle fait fuir. Seule la charité peut faire aimer la loi et ses contraintes.

Vous savez le rôle que le Salon Beige joue chaque jour dans la lutte contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme; vous connaissez notre pugnacité à combattre chaque jour contre l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, la PMA, la GPA et toutes les dérives libertaires.

Le Salon Beige ne remplace pas votre rôle dans ces combats, il les facilite, les accompagne et les stimule<;

S'il vous plaît, faites un don aujourd'hui. Merci

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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