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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Un évêque blessé par la communion dans la main

Mgr Athanasius Schneider est secrétaire général de la Conférence épiscopale du Kazakhstan. Il répond à Zénit :

"Vous avez écrit un ouvrage : « Dominus Est. It is the Lord: Reflections from a Bishop in Central Asia on Holy Communion » [Dominus est. C’est le Seigneur. Réflexions d’un évêque d’Asie centrale sur la sainte communion], où vous soutenez l'opportunité de reconsidérer la modalité de recevoir la communion avec les mains et s'il ne serait pas mieux de la recevoir directement dans la bouche et agenouillés. Qu'est-ce qui vous a amené à penser cela?

Pour moi ce n'est pas une nouveauté. Je l'ai vécue comme ça toute ma vie. Je recevais la communion durant la persécution, et cette dévotion était tout à fait naturelle pour moi. On me disait que Dieu y était vraiment présent. Donc s'agenouiller devant le « Très saint sacrement » était totalement naturel. […]

Ce sentiment était si profond et si naturel pour nous, que lorsque nous sommes arrivés et avons vu les églises occidentales, plus que surpris, nous avons été blessé dans notre âme. Je ne juge pas la personne qui reçoit la communion dans les mains. C'est une autre question, car elle peut de toute façon la recevoir ainsi, avec la même déférence et le même amour. Mais je juge par contre la situation objective de distribuer ainsi la sainte communion. Il est indéniable qu'il y a eu une banalisation ; comme distribuer une tranche de gâteau. Il s'agit du Seigneur! Quand le Seigneur ressuscité est apparu aux femmes et qu'elles le virent, celles-ci s'agenouillèrent.

Q : Elle tombèrent à genoux… 

Elle tombèrent à genoux et l'adorèrent. Mais les apôtres aussi se sont comportés de la sorte quand le Seigneur est monté au ciel. Pourquoi ne devrions-nous pas faire la même chose? Il s'agit du Seigneur réellement présent comme l'a été l'Église catholique pendant des millénaires. Pourquoi devrions-nous changer cela ?"

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13 commentaires

  1. Comme chaque jour,la lumière vient de l’Est…Merci

  2. Merci Monseigneur de cette mise au point lumineuse.
    Ceux qui font du prosélytisme pour la communion dans la main, pour la communion debout violent les droits de la conscience humaine et les droits des consciences catholiques. C’est en raison du respect des consciences que l’Eglise condamne le prosélytisme.
    Il en est de même d’ailleurs de tous ceux qui ont violemment imposé le nouveau rite de la messe, sans aucun titre ni naturel, ni surnaturel.
    Je regrette que dans son motu proprio du 7/7/7 notre pape actuellement glorieusement régnant ait affirmé que la “nouvelle messe” avait été acceptée “volontiers”, (alors qu’elle l’a été, dans de nombreux cas, en raison des insulte proférées par les médias et sous la menace de “schisme”, de luthérianisme, d’apartheid, de relégation sociologique etc. Souvenons-nous aussi des objurgations terrorisantes, voire des contrevérités de Paul VI dans son discours du 26 mai 1976).
    http://www.salve-regina.com/Liturgie/regard_sur_quarante_ans_crise_liturgique.htm
    Benoît XVII s’est constitué ainsi un titre bizarre (en prétendant que le peuple avait accepté “volontiers” le nouveau rite), et à mon avis contestable, voire inexistant, à INTERDIRE le rite antique pour les messes paroissiales en créant un “rite extraordinaire” réservé aux croyants originaux (du sens de “original” dans l’expression : “c’est un original”).
    Encore un viol des consciences et de la liberté religieuse ! Et il est de taille ! Je dis cela alors que j’ai tout appris de la hiérarchie, des encycliques et de Vatican II et que j’ai une immense reconnaissance pour les papes et la papauté.
    Quoiqu’il en soit, merci Monseigneur, vous rappelez les droits de la conscience catholique de s’agenouiller devant son Seigneur, né de la Vierge Marie.
    ” Ave,Ave verum Corpus natum
    De Maria Virgine!
    Vere passum immolatum
    In cruce pro homine!
    Cujus latus perforatum
    Unda fluxit cum sanguine!
    Esto, nobis, praegustatum,
    In mortis examine.”
    C’est ma liberté de le croire et c’est ma liberté de m’agenouiller ! Et je défends la liberté de mes frères de le croire et d’adorer en s’agenouillant.

  3. Pourquoi ne veut-on plus reconnaître l’évidence ?

  4. Extrèmement touchant de vérité dans la charité !
    merci pour ce saint post.

  5. Dans un très grand nombre d’églises, la table de communion a été suprimée, détruite et une sorte de podium placé devant le choeur, banalisant ainsi le sanctuaire d’où le tabernacle a souvent été déplacé.
    C’est ainsi qu’on a imité les réformés, empêchant de fait aux fidèles de communier en appui sur l’agenouilloir et abrégeant les paroles prononcées par le prêtre distribuant les hosties consacrées.Pire encore, on a permis aux laïcs de procéder comme l’officiant, il s’agit de femmes le plus souvent ! A noter qu’on a donné une traduction oeucuménique ( c’est à dire protestante) au Pater, on peut trouver par exemple (St Matthieu ch6) la phrase “Car c’est à toi qu’appartiennent …” dans les Bibles protestantes ( version Louis Segond) alors qu’elle est absente dans les Bibles catholiques, même publiées après le Concile
    (Matthieu VI, 13, Bible de Jérusalem).
    Ces changements ont été rejetés par un très grand nombre de baptisés lorsqu’ils ont été appliqués (1969 ou même avant)qui ont cessé de pratiquer, d’autres continuant à réciter le Ntre Père comme avant, à tendre non les mains mais la bouche et, actuellement, l’Eglise s’aperçoit enfin de ses erreurs de forme préjudiciables aux fondements de la foi.

  6. Très beau témoignage de cet évêque, qui illustre sa dévotion à la très sainte communion.
    Personnellement, je suis attaché à la messe Paul VI mais je reçois la communion dans la bouche et à genoux, sauf lorsqu’il s’agit d’un laïc qui la distribue, ce qui me gène toujours un peu (et d’ailleurs je remarque que dans ce cas les fidèles votent avec leurs pieds et vont la recevoir du prêtre).
    Ceci dit, je ne suis pas sur qu’il soit opportun de condamner la communion dans la main. Saint Cyrille de Jérusalem, au IVe siècle, écrivait ce texte bien connu sur la Communion : “Lorsque tu t’avances, ne t’approche pas les mains grandes ouvertes, ni les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fait un trône pour la droite qui va recevoir le Roi. Reçois le corps du Christ dans le creux de ta main et répond « amen ».
    Je suppose donc, à cette lecture (mais je ne suis pas théologien) que la pratique de la communion dans la main fait partie de la tradition la plus ancienne dans l’Eglise, celle des premiers siècles.
    Elle ne me semble pas condamnable, pas plus d’ailleurs que la messe Paul VI à laquelle beaucoup de catholiques sont attachés.

  7. Parait-il qu’on a déjà refusé la communion à des fidèles qui s’agenouillaient.
    Maintenant qu’il n’y a plus la barrière (table de communion) où on pouvait s’appuyer surtout pour se relever, les personnes âgées ou malades sont bien obligées de communier debout. Rien n’est défendu, certes, mais les choses sont rendues impossibles. En 2010.

  8. C’est tellement évident…
    Mais à notre époque où l’idéologie remplace l’intelligence et même le simple bon sens…

  9. La communion dans la main est devenue un symbole de fidélité à l'”herméneutique de la rupture”. C’est l’arrière-garde révolutionnaire qui la défend encore, au nom d’un bolchevisme théologique depuis longtemps déboulonné.

  10. La communion à la main ou sans, à genoux ou debout, seul le seigneur connaît le coeur de la personne qui communie. C’est cette question de fond qui compte. La question de la forme n’importe que peu au seigneur. Communier assis debout à genoux ou couché, tant que c’est fait avec respect, amour et en pleine conscience de ce qui se passe, de ce qui est vécu, là est l’essentiel. À mes yeux et à ceux du seigneur. Amen !

  11. à Bertrand :
    Il est bien entendu que seul le Seigneur connaît les coeurs et voir la façon dont une personne reçoit la communion ne nous permet pas de juger l’âme de cette personne. Je ne crois pas que les commentaires précédents s’attaquent aux personnes qui communient debout. Car les fidèles ne sont pas vraiment responsables de cette banalisation.
    Ce qui n’est pas normal, c’est que l’on empêche ceux qui désirent communier à genoux de le faire ! La seule chose qu’on est encore le droit de faire c’est effectivement de “choisir la file” où c’est bien le prêtre et non pas monsieur XY qui distribue l’eucharistie.
    Ce qui n’est pas normal, ce sont ces prêtres qui vous assassinent du regard parce que vous avez juste posé un genou à terre juste avant de recevoir la communion. Ce qui n’est pas normal, c’est de devoir ensuite affronter les dizaines de regards absolument choqués ou méprisants qui vous suivent jusqu’à ce que vous retourniez à votre place.
    Ce qui n’est pas normal, c’est de se sentir gêné au moment de la communion parce qu’on ne fait pas comme les autres. Et je dirais même de se sentir jugé.
    Et encore, je ne communie pas à genoux, c’est impossible, le temps de se relever, on sent bien que tout le monde s’impatiente.
    Le commentaire de Jean Theis est tout à fait juste, rien n’est défendu mais c’est rendu impossible.
    Aujourd’hui c’est ce que souhaiteraient quelques catholiques en France, non pas supprimer la communion dans la main debout mais avoir le droit de communier à genoux à une messe Paul VI.

  12. On oublie aussi les parcelles d’Hostie qui restent sur les mains et qui sont elles aussi le Corps du Christ.Dans le rituel traditionnel le prêtre ne sépare pas les doigts qui ont touché l’Hostie consacrée et les vases sacrés sont purifiés très soigneusement après usage.On ne jette pas Dieu à l’égout..
    Des enfants jouent avec la “rondelle”comme ils disent en rigolant.(sic vêcu)On les retrouve s dans leurs poches…ETC
    Le fond sera bien respecté si la forme est bien observée.L’habit ne fait pas le moine, mais ça aide beaucoup..!quand on va voir un roi, il y a un protocole, alors quand on reçoit le Roi des rois,il ne faut pas faire n’importe quoi…debout
    assis ou couché…!Il est vrai que s’agenouiller “humilie” L’HOMME,crime de lèse-majesté inexpiable…!

  13. @ Bertrand :
    vous oubliez une chose importante, nous ne sommes pas des anges. Dans la main ou sur la langue, à genoux ou debout, assis ou couché (vous faites allusion au chemin néo-catéchuménal?), ce sont des attitudes corporelles propres à l’homme.
    Est-ce que, si cela est exercé avec respect, cela n’a aucune incidence? Sur l’individu pratiquant dans sa relation à Dieu qui Seul sonde les coeurs, non. Mais l’Eglise, l’ekklesia, l’assemblée des croyants a besoin d’un exemple visible et physique. Et c’est en cela que l’enseignement de cet évêque est enrichissant. Non, le geste, même provoqué par un mouvement du coeur, n’est pas anodin et neutre. Nous vivons en communauté chrétienne, en paroisse, en chrétienté (certes restreinte aujourd’hui dans notre société) et nos gestes ont une importance sur l’exemple que nous donnons à nos prochains. Communier assis, attablé, n’est donc pas similaire à une communion à genoux, près de la sainte table dans le choeur d’une église, même si le respect intérieur de l’individu est identique. Dieu nous amène à ne pas vivre en individualistes.

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