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L'Eglise : L'Eglise en France

Un dossier plein d’enseignements sur une crise profonde de l’Église

Un dossier plein d’enseignements sur une crise profonde de l’Église

Cyril Farret d’Astiès (auteur de « Un heureux anniversaire? Essai sur les cinquante ans du missel de Paul VI ») réagit au dossier de la Conférence épiscopale sur l’application du Motu proprio Summorum pontificum :

La synthèse des résultats de la consultation sur l’application du Motu proprio Summorum pontificum que la conférence des évêques de France (CEF) a adressée, à sa demande, à la Congrégation pour la doctrine de la foi est, malheureusement, pleine d’enseignements sur une crise profonde de l’Église qui n’en finit plus et dont l’aspect liturgique est, et demeure, le révélateur le plus criant.

La tonalité générale de cette consultation se veut bienveillante en parlant de « situation apaisée » et en constatant que seulement quatre diocèses français ignorent encore l’application du motu proprio (un de ces diocèses a depuis accordé une messe régulière).

Mais c’est pour mieux juger, condamner et donner des leçons avec cet aplomb, cette condescendance, cette morgue si typique de la CEF dont on ne dira jamais assez combien elle n’est qu’un organe administratif, centralisateur, technocratique et bureaucratique qui ne remplace aucunement la charge de chaque pasteur, de chaque évêque, de paître le troupeau que nous sommes et envers qui nous ne négocions pas notre piété filiale.

Et quel fourre-tout indescriptible ! Ce document mêle sentiments, avis personnels, chiffres, hypothèses sans que l’on puisse démêler et identifier les réponses brutes des évêques.

Aucune méthode n’est clairement définie quand bien même de pseudo-synthèses sont censées donner à la Congrégation pour la doctrine de la foi les réponses collectives pour la France. On assène ainsi sans aucun début de commencement de preuve que dans les messes célébrées en forme extraordinaire les « prédications sont médiocres », que les communautés ecclésiales font preuve d’une « faible dimension missionnaire », qu’on y manque « d’union des cœurs », qu’on se désintéresse de l’Esprit-Saint ; que l’on y manque de vertus théologales ; qu’on y fait preuve de « subjectivisme et d’individualisme » ; que ces groupes sont « marqués sociologiquement » ; qu’il s’agit d’une jeunesse « fragile et identitaire » ; que pour beaucoup de fidèles la vie chrétienne « se résume à la pratique dominicale » ; on juge la formation théologique des prêtres des communautés traditionnelles et on se méfie a priori de leur obéissance (mais à qui ou à quoi on ne le précise pas)… Et puis ces vieilles lunes sans cesse répétées dans l’espoir qu’elle deviennent vérité : l’accès limité à la parole de Dieu (on invitera à consulter la lettre n°38 « A nos frères prêtres » de la FSSPX) et l’adoption nécessaire du nouveau calendrier !

N’en jetez plus ! On croit rêver devant tant de mauvaise foi, de procès d’intention, de sentences de la part de ceux qui ont fait de la fameuse réflexion du pape François en début de son pontificat « Qui suis-je pour juger ? » un nouveau commandement ! Ce n’est pas avec de telles analyses que les catholiques attachés à la messe ancienne vont se sentir accueillis et compris ! Comment s’étonner de notre méfiance à l’endroit de cette instance bureaucratique alors que depuis 50 ans les mêmes procès de Moscou sont intentés à tous ceux qui veulent simplement vivre leur foi en catholiques fidèles ?

Le poussif plumitif qui a commis ce document fait mine de regretter un manque de dialogue. Mais nous ne demandons que cela ! Débattons ! Discutons sur le fond des choses, sur la foi catholique, sur ce à quoi nous croyons ! Quand vous voulez, où vous voulez ! Chiche ?

Car nous pourrions à bon droit inverser l’enquête !

Dans un article remarqué du 22 novembre, Jean-Marie Guénois faisait le constat amer aux catholiques, que sur la réalité de la messe et de l’eucharistie, « une partie des théologiens, prêtres, évêques et certains cardinaux, a épousé les thèses du protestantisme ». Il parlait également à ce sujet d’un tabou au sein de l’Église catholique. Cette accusation, longtemps considérée comme un fantasme dialectique des milieux traditionalistes, trouve aujourd’hui un écho angoissé dans tout ce que l’Église catholique compte « d’observants » pour reprendre une classification parlante de Yann Raison du Cleuziou. Un certain nombre d’évêques et de cardinaux a publiquement fait part de son inquiétude devant les profondes failles tectoniques qui parcourent le monde catholique. Le cardinal Sarah s’inquiète d’une Église qui s’apparente à celle du Vendredi Saint, quand doute, trahison, fuite et mort s’abattaient sur la petite communauté. D’où vient cette tempête ? Ce cataclysme ? Cette déchristianisation ? Mais d’où vient donc ce relativisme qui parcourt l’institution bi-millénaire ? Pourquoi tant de troubles dans la formulation de la foi en l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne ?

Benoît XVI dans un texte poignant d’avril 2019 consacré aux abus sexuels dans l’Église constatait que notre rapport à l’eucharistie ne peut que susciter l’inquiétude. Et si le pape émérite dédouanait le concile Vatican II qui avait selon lui pour objectif de replacer ce sacrement au centre de la vie chrétienne, Benoît XVI constatait que ce n’est pas un respect renouvelé qui prévaut, mais un comportement qui détruit la grandeur de ce mystère.

Que s’est-il donc passé entre l’objectif fixé par le concile et la pratique actuelle pour aboutir à cette apostasie silencieuse ? Ne peut-on, alors que l’année 2020 a marqué le cinquantenaire de l’adoption du nouveau missel en France (et pas seulement les 13 ans de Summorum pontificum), se demander précisément si la pratique liturgique n’est pas responsable de cet affadissement et de ce long déclin de la foi en la présence réelle et sacramentelle ?

La volonté des réformateurs des années 60 de transformer le missel pour rendre plus manifestes les aspects — bien réels en soi mais non essentiels — communautaire et participatif n’a-t-elle pas conduit à une célébration autocentrée et horizontale qui, perdant de vue le caractère essentiel de la présence réelle sous les apparences du pain et du vin, finit de nos jours par ne plus voir qu’une présence spirituelle promise à ceux qui se réunissent au nom du Christ et partagent en mémoire de la Cène les symboles du pain et du vin ?

Dans le n°122 de la Pensée Catholique, revue aujourd’hui disparue, des religieux et théologiens considéraient en 1969 que l’on « est fondé à craindre que, ne mettant plus en évidence le Sacrifice de Jésus, l’Ordo Missæ ne le voue en fait à l’oubli ; car ce Sacrifice est une réalité trop surnaturelle pour que l’homme puisse, sans signe, s’en souvenir et en vivre. »

Cinquante ans après, nous y sommes bel et bien.

Que l’on ne se méprenne pas cependant. Il ne s’agit pas de disqualifier tous ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui utilisent le nouveau missel et mettent tout en œuvre pour célébrer dignement, ni de mépriser les fidèles qui, là où ils se trouvent essaient de faire évoluer les paroisses vers davantage d’intériorité et de respect. Il s’agit cependant de réaliser un devoir d’inventaire et de prendre conscience des travers natifs et structurels du nouveau missel qui, par ses permissions et ses omissions, devra toujours lutter contre sa tendance innée à l’horizontalité. Depuis 2007, l’ancienne messe est à nouveau offerte à la piété des fidèles et des prêtres de toute l’Église latine. Il est peut-être temps pour tout un chacun de redécouvrir ce patrimoine spirituel commun, à l’image de monseigneur Joseph Strickland évêque de Tyler, au Texas, qui a été profondément ému et bouleversé lors de sa première célébration de l’ancien missel en juin 2020 en découvrant les trésors de l’antique liturgie.

Le document de la CEF essaie de créer une lutte des classes pour contenir indéfiniment les communautés bénéficiant de l’ancienne messe dans des réserves d’Indiens. Mais le roi est nu ! La jeunesse de l’Église de France est dans nos églises, dans nos séminaires, dans nos cloîtres et, plus généralement, dans ceux des « observants » ! Tremblez pour votre petite rente de boutiquier, fonctionnaires du culte, à force de vous ouvrir au monde il vous aura bientôt digéré !

Yann Raison du Cleuziou dans une très roborative tribune s’interrogeait en plein débat sur l’interdiction du culte dominical :

« L’opposition entre foi et religion, qui fut abondamment mobilisée à l’époque pour jeter la suspicion sur l’attachement aux rites, est encore utilisée aujourd’hui contre les manifestants du dimanche. L’Évangile et tout particulièrement Matthieu 25, est utilisé avec condescendance pour expliquer à ces jeunes que leur attachement à la messe achève de démontrer la superficialité de leur foi. La prudence compassée de certains évêques n’équivaut pas moins à un coup de crosse contre les zélés. Un cardinal [Mgr Grech, le nouveau patron du Synode des évêques] n’hésite pas à qualifier leur impatience « d’analphabétisme spirituel ». Qui peut prouver que ceux qui désirent la reprise des messes ne font rien pour les pauvres ? Ou que ceux qui sont moins pressés en font plus pour ces derniers ? Peut-être ne font-ils rien ? Les préjugés sont nombreux mais ce que montre l’enquête Bayard-Ipsos de juin 2016, c’est que les plus pratiquants sont aussi ceux qui ont le plus d’engagements différents. (…) Dans une institution comme l’Église, le mépris affiché pour les ultimes pratiquants est suicidaire. (…) Aujourd’hui la conclusion des enquêtes sur la pratique catholique est implacable. Si rien n’est fait pour redonner du sens, ou une charge sacrale, à la pratique de la messe, d’une génération à une autre, les pratiquants font des non-pratiquants, et ces derniers enfantent des non-chrétiens. »

La crise religieuse actuelle que subit l’Occident est d’une gravité telle que seul un remède à la hauteur du mal permettra de refonder le catholicisme. Monseigneur Thomas Gullickson, alors nonce apostolique en Suisse, indiquait que, selon lui, « l’ancienne messe est l’avenir de l’Église ».

Voilà le message que j’adresserais à la Congrégation de la doctrine de la foi si elle me demandait mon avis au sujet de l’application du Motu proprio Summorum pontificum !

Cyril Farret d’Astiès

Post Scriptum : il est plus que cocasse de constater dans ce document qui nous accuse de méconnaître le nouveau missel, que son rédacteur semble ignorer lui-même (question 5) que les ornements noirs, les clochettes, l’usage du latin et du plateau de communion, le voilage des statues au temps de la Passion, tout en étant facultatifs, demeurent possibles dans le nouvel ordo…

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25 commentaires

  1. Merci à … pour ce vigoureux article.

  2. Daoudal aussi a réagi à ce document – et ce n’est pas piqué des hannetons…

    « Ce que l’on doit donc dire d’emblée sur ce document, c’est qu’il est clairement hérétique. Car le soviet CEF, en rejetant la demande de Rome, nie ou renie la constitution divine de l’Eglise. Lorsque Rome demande un rapport à un évêque, l’évêque doit rendre à Rome son rapport, et non à un soviet national qui le mixera avec les autres (ou fera semblant), et qui fait donc écran entre Rome et les évêques. »

    http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2021/01/19/le-soviet-cef-et-la-messe-6291888.html

  3. Le politburo, pardon la CEF est aveugle et a besoin d’une canne blanche, il me semble.
    En effet, les sermons médiocres sont du côté des prêtres modernistes qui commentent les journaux et transforment la Sainte Adoration de la messe en folklore.
    Les jeunes issus de la tradition ont reçu un vrai enseignement religieux avec un vrai catéchisme. ils sont donc beaucoup mieux formés et s’engagent souvent dans des oeuvres. De toute façon, la sélection naturelle sera sans appel. Ces vieux chrétiens progressistes disparaîtront comme les dinosaures. Les jeunes catholiques les remplaceront. Ils sont plein de Foi et ont envie d’aller évangéliser contrairement à ce qu’affirme l’Ephad de la CEF (voir le pèlerinage de Chartres notamment).

  4. Le document semble avoir 24 pages et s’arrête à la dixième (il est noté 10/24 en bas de la dernière page). Est-il possible de l’avoir au complet (s’il ne l’est pas) ?

    Il manque dans cette synthèse des données chiffrées indiquant combien d’évêques ont évoqués tel ou tel point, il est parfois difficile de savoir ce qui est cité par quelques un ou par beaucoup.C’est regrettable.

    Il n’est par ailleurs pas étonnant de savoir que beaucoup restent méfiant quant aux communautés attachés à la forme extraordinaire du rite (je ne suis pas sur qu’il faille le « reprocher » au CEF plutôt qu’aux évêques eux même). Cette méfiance est une des sources du manque de participation à la vie diocésaine de ces communautés (mais pas la seule !) déplorée apparemment par la quasi totalité des évêques.

    L’influence de la forme extraordinaire sur les séminaristes est mentionnées, mais pas le fait qu’ils sont nombreux, y compris dans les séminaires diocésains, à venir de familles dites « tradi ».

    Il est étonnant aussi que l’on parle dans ce document du faible nombre de mariages, obsèques, etc, sans le lier au fait qu’aujourd’hui, on ne demande pas aux communautés célébrant dans la forme extraordinaire de faire de célébrations pour tous les catholiques « culturels » dont la pratique se limite aujourd’hui à ces célébrations (et éventuellement la messe des rameaux…). Il est sur qu’aujourd’hui un curé « classique » est curé de milliers de catholiques non pratiquant quand le curé d’une paroisse personnelle « tradi » est curé des personnes fréquentant sa paroisse uniquement.

    Il est par ailleurs regrettable (et étonnant) que le diocèse de Vannes, qui semble avoir largement favorisé la célébration de la forme extraordinaire par des prêtres diocésains plutôt que faire appel à des sociétés de prêtre, n’est pas répondu à ce questionnaire.

    • La suite est constituée des annexes : questions de Rome, Motu proprio

    • Cette méfiance est une des sources du manque de participation à la vie diocésaine de ces communautés (mais pas la seule !) déplorée apparemment par la quasi totalité des évêques. Ecrivez-vous,

      Manque de participation justifié et conséquence des « cercles réducteurs et noyaux dirigeants » dont le but est de contraindre au compromis. Je l’ai vécu à l’époque, simple civil bien sûr. Nous rencontrions, à sa demande, le vicaire général et son premier réflexe fut de nous inviter au fameux débat où le relativisme règne en maître, tout modernisme valant tradition et l’opinion du gamin celle du sage. Ainsi, millimètre après millimètre, on se retrouvait à quitter nos convictions pour migrer vers celles que nous ne voulions pas. Conclusion, fin des palabres et chacun chez soi ! Nous voyions alors que la bienveillance initiale n’avait pour but que de nous faire baisser la garde, la menace succédant derechef à la main tendue.

  5. Tout à fait d’accord avec M.Farret d’Astiès. J’apprécie que soient reconnus les efforts des fidèles qui oeuvrent dans les paroisses à préserver la vraie foi (la situation en zone rurale est absolument terrible). En voilà des missionnaires !
    J’ai découvert à l’occasion d’un précédent article du SB l’excellent travail sur la réforme liturgique de M. Daoudal. J’y ai appris et compris beaucoup de choses et en particulier l’état de l’Eglise qui était en France avant le concile V2. A cette époque j’étais trop jeune pour analyser mais je suis sûre que, déjà, ce qui est aujourd’hui nommé par ‘deep church’ était à l’oeuvre car j’ai maintes fois entendu affirmer par d’anciens combattants, résistants, ou civils déportés, que « c’est les évêques qui nous ont fichus dans la guerre » (propos plein d’amertume à nuancer évidemment mais ‘la main tendue aux communistes’ ne date pas d’après la guerre de 1939).
    Et si V2 avait été instrumentalisé, détourné, comme certain vote récent ? .. Oh ! On n’oserait ….
    Gardons pure et droite notre foi, Dieu Sauve !

  6. Bravo pour ce coup de gueule que je partage à propos de ce faux grossier pondu par la CEF.
    Un torchon qui ne mérite même pas d’être démonté point par point ni qu’on perde son temps dessus.

    Ce serait intéressant par contre de savoir ce que la Congrégation pour la doctrine de la foi pense de cette phrase…
    “Certes, le vrai culte, le véritable sacrifice, est le sacrifice spirituel,
    par lequel chacun fait de tout lui-même une offrande à la gloire du Père (Rm12, 1)”

    • Ah, tu crois que la CDF va remettre les pendules à l’heure ? Elle (et la Liturgie idem) entérine tout tout tout !!!

      Ca dure depuis 1962/5. On vous explique que ce sont des processus évolutifs; c’est normal, c’est la vie de l’ ‘Esprit’ comme ils disent en croyant à une gnose. L’être, la substance ont été remplacés par l’action, le discours… Tout celà est expliqué noir sur blanc depuis le nominalisme intégral de Michel Foucault, dans les mêmes années. Le processus avance, il détruit tout… Néantisation est un excellent mot.

      Il n’y a que quelques  »irréductibles » qui tiennent à leur Eglise, leur Messe, leurs sacrements !

      Ils sont fous ces irréductibles ! On va dire à Bergoglio qu’on a presque réussi à les éradiquer, sinon on va finir aux lions !

      Bref, le Christ est tout pour nous, c’est notre Vie, il nous anime; pas pour eux…

  7. Excellente analyse.
    Au fond, ces deux églises, incompatibles l’une de l’autre, ne peuvent que diverger. L’une devient peu à peu une ONG comme les autres, à genoux devant l’ONU et les progressismes, l’autre reste fidèle à la Tradition et l’assume fièrement.
    Mais la première présente une pyramide des âges en forme de toupie ! C’est dans la seconde que l’on voit majoritairement fleurir la jeunesse, les familles, l’avenir. Voilà notre vraie force et, partant, notre capacité missionnaire. La Tradition se répandra sans relâche pendant que V II finira son « Itinéraire » dans les Ehpads.

  8. « Prédications médiocres » ???? Mais c’est une plaisanterie ou quoi ?. Je rêve.
    Il m’arrive de me demander s’il n’y a pas un petit soupçon de jalousie chez certains Évêques, quand je vois tout ces jeunes, garçons et filles, toutes ces jeunes familles, à la sortie de la Messe (Tridentine ) et ces paroisses et Prêtres dynamiques (Lyon, entre autres ).
    Bravo la CEF, grand merci de votre bonne foi !

  9. Franchement ce rapport est à mourir de rire… ou mourir tout court…
    Eux qui se revendiquent comme les seuls vrais théologiens, les seuls vrais scientifique; les seuls détenteur de la vraie foi, sont incapable de pondre un document, une synthèse, sérieuse digne de ce nom. Ce qui ressort de ce document de la CEF une fois de plus est rempli de renouer, de haine fratricide, d’un cordial mépris envers leurs « frères »… pardon… je crois avoir oublié qu’ils sont moins frères avec les « radis » qu’avec les protestants et les musulmans?
    Ils se plaignent d’un manque de « communion » à qui la faute? Combien de religieuses ou de prêtres pensent tout bas et disent tout haut « pas de messe plutôt que des messes comme ça. Pas de prêtres plutôt que des prêtres comme ça ».
    Ne voulant pas avouer leur échec, ils préfèrent stigmatiser et coller des étiquettes en disant que les fidèles de la FERR (encore un acronyme). Les prédicateurs de la tolérance seraient-ils racistes à ce point?
    Combien de vocations sont déglinguées des les séminaires diocésains, combien de jeunes prêtres sont mis à l’index ou envoyés en recyclage s’ils montrent un quelconque intérêt pour le rite tridentin?
    Combien de jeunes séminaristes à qui l’on a refusé l’ordination? Et bien oui, ils ont rejoint alors des séminaires digne de ce nom.

    Il n’y a pas deux églises, deux foi et pourtant… qui s’est séparé? Qui a emboîté le pas du sacro-saint Concile? Qui a devancé même les décrets du concile? Qui les a interprété à sa sauce? Les vilains radis ou les saints progressistes?
    Benoît XBVI parle d’herméneutique de la continuité. Qui donc est dans la continuité de la Tradition qui a provoqué une rupture tant théologique que liturgique? Car l’un ne va pas sans l’autre.
    On le constate il ne s’agit pas seulement de sensibilité ! Le nouveau rite est tellement dépouillé de l’essentiel que chacun est obligé d’en rajouter des caisses (procession des offrandes, brouhaha de guitares et de tamtam, Ginette et ses intentions de prières etc) histoire de rallongé la sauce car le rite stricto sensu dure…15 minutes… Alors il faut bien meubler pour sauver les meubles et garder la face.
    Les diocèses ont la bêtise (ou la volonté) de faire la politique de l’autruche… c’est leur problème et ils verront bien.
    Est-ce une raison de quitter le bateau? Certainement pas ! Mais quand la barque sera près de couler complètement on verra bien quels seront les canaux de sauvetage disponible…
    Alors prions, laissons les morts enterrer leurs morts et que la volonté de Dieu s’accomplisse. Soyons fidèles.

  10. pardons pour ces fautes de frappes …

  11. Mis à part les commentaires très justes de Quentin Renaud,cet article,comme celui d’Yves Daoudal et tous les commentaires ci-dessus me paraissent totalement justifier en creux la méfiance des évêques français et de leurs différents presbyteria.Arrogance, mépris ,suffisance s’expriment à chaque ligne tout comme l’irrespect pour les évêques. On va même jusqu’à l’absurde accusation d’hérésie portée par Daoudal aux auteurs du document de la CEF. Bref du genre « Je te rends grâce ,Seigneur, de n’être pas comme ce publicain …moi qui ai les familles nombreuses et jeunes avec moi,etc… ».
    Cela dit, le document de la CEF ne contient pas que du négatif quand on le lit bien comme la reconnaissance de la paix(relative au moins) obtenue grâce aux possibilités ouvertes par le motu proprio. Restent des formulations pour le moins malheureuses: par exemple le point d’exclamation après la mention d’un évêque émérite célébrant selon le rite ancien -on a envie de répondre: »et alors? »- ou l’accusation un peu rapide de sermons sans substance(les a -t-on tous entendu pour affirmer cela ? Et que dire de la faiblesse de beaucoup de sermons des messes FORM?…)ou encore l’accusation assez gratuite faite aux fidèles FERM de ne vivre leur foi que par la pratique eucharistique dominicale(beaucoup de fidèles FORM ne font pas mieux ).Plus généralement le parti-pris (et la recommandation ) de confiner au maximum la demande de messe en rite extraordinaire est plus que discutable et non conforme à l’esprit du motu proprio.
    Un point fort tout de même:le rappel qu’un enrichissement réciproque devrait aller dans les deux sens et viser à un rapprochement effectif afin que la formule ratzinguérienne « un même rite en deux formes » ne cache pas en fait qu’il s’agit aujourd’hui de deux rites bien différents .Le spectateur engagé et concerné(au sens d’inquiet) par toute cette histoire que je suis ne manque pas d’avoir repéré bien des points où l’enrichissement pourrait être mutuel.Ce que refuse en bloc le monde « tradi » jusqu’ici ,qui pense que lui seul détient la vérité et que les autres n’ont qu’à se soumettre ou… disparaitre, ce qu’il semble souhaiter en s’en délectant d’avance.
    En ces jours où l’on prie (les « tradis aussi ?) pour l’unité des Chrétiens,puisse Notre Seigneur nous accorder une marche plus sereine vers notre propre unité catholique.

    • Eh bien je ne suis pas trop de votre avis, cher gaudebo. C’est un grand défaitisme de n’en sauver qu’un et de renvoyer les 99 autres à la ‘marche plus sereine… ‘ Votre introduction est fallacieuse : vous êtes en guerre !

      Moi, je veux bien tout entendre, mais ce que je n’entends JAMAIS, je dis bien jamais, ce sont les enrichissements (nouveaux et réellement nouveaux) de l’ordo de 1969. Dites m’en plus, je vous en supplie. Dans cet ordo d’une rare épuration – volontairement revendiquée ! – vous allez me dire que c’est le choix des multiples formules à chaque instant qui conduit à l’unité ? Bon, indiquez-nous ce que vous en pensez, s’il vous plait. Vous l’avez revendiqué, allez-y, ne vous génez pas, nous sommes prêts à entendre ‘bien des points’…

      Autre sujet qui demande quelque éclaircissement, s’il vous plait. Pourquoi rentrez-vous dans cette herméneutique de l’herméneutique ? On s’en va vers des discussions sans fin: oui, le texte dit ça; mais l’esprit du texte est ailleurs; et d’ailleurs une fois j’ai entendu que; oui mais cette (formule’ ne s’applique pas là; et cette autre mériterait que l’on s’y attarde; oui mais c’était pcque, etc… etc… Vous ne croyez pas que vous emboitez le pas à ceux qui empilent des pagailles ? Moi, depuis 45 ans, j’en ai entendu des histoires dans tous les sens. Ca va durer encore longtemps ?

      Donc, merci d’exercer votre pastoralité en nous disant qui met la pagaille ici ? Moi, je m’interroge sur le rôle des pasteurs. Chacun d’entre eux avaient une bonne occasion de parler, non ? Chacun est maître de la liturgie de son diocèse selon instructions reçues et données,non ? Alors chacun n’assume pas sa responsabilité propre, et ensuite ce sont les fidèles qui mettent la pagaille ! Bravo pour le raisonnement, il faudra repasser… On leur a demandé leur avis et ils répondent d’un seul coeur – ou choeur, c’est ça ?

      Je vais vous dire bien simplement que je m’en contrefiche que vous soyez ‘concerné’ ! Et pas les autres ? pas nous ? N’y aurait-il pas là un abus de pouvoir ? du cléricalisme, par exemple ? Les fidèles dans le rang ! Vous prendrez ce qu’il y a !

      Je prierai pour vous et pour nous tous l’Immaculée que nous chantons ‘gaudens gaudebo’ !

  12. En réalité je crois que l’on confond encore unité et uniformité.
    En effet il est important de prier avant toute chose pour l’unité des catholiques mais cette unité ne doit pas être à sens unique…
    Dans le concret réel des échanges ecclésiaux, on s’aperçoit que malheureusement les échanges entre radis et non radis relèvent de l’oecuménisme…

    • Le coup des radis et des carottes m’a beaucoup fait rire !

      Par contre ‘l’unité … à sens unique’ me laisse perplexe !

      Ce début de phrase est magique : ‘Dans le concret réel des échanges ecclésiaux, on s’aperçoit que malheureusement…’ Vous êtes belge ? ou bègue ?

      • Premièrement, le correcteur a corrigé automatiquement le Tradis… merci
        Deuxièmement si j’étais bègue ou belge… votre volonté d’insulter ne démontre que ce qui caractérise l’ouverture d’esprit d’une certaine Église…

  13. @ Gaudens, je ne comprends pas très bien vos arguties, ce que j’ai vécu depuis les années 70, c’est la mise sur la touche des pratiquants par bcp de prêtres qui préféraient surtout pavaner en public et même aller se montrer dans les bals, ça faisait peuple . Et le cléricalisme aidant, tous ceux qui n’avaient pas les idées socialistes pour ne pas dire cocos étaient renvoyés dans leur filets. Et comme disait mon brave curé que les vaticanistes ont achevé, et tu verras quand les laïcs vont prendre le pouvoir ça sera pire . Et oui les grenouilles de bénitier ont envahi le choeur et plus personne n’a le droit à la parole. Alors qu’est-ce qu’on fait là, et bien soit on dégage soit on va chez les tradis où on est acueilli les bras ouverts, où on reçoit une formation alors que jusque là quand il y avait quelque chose c’était plutôt une déformation, on a des Messes priantes, on peut se confesser et pas des ersatz de confessions en groupe, et les prêtres sont au service des âmes.

  14. Et tant qu’on verra des évêques confirmer des gamins qui ne pratiquent jamais, pareil pour la première communion, où est le sérieux là-dedans. C’est vraiment du n’importe quoi sur toute la ligne. On ne voit pas ça chez les tradis parce que la Foi c’est du sérieux!

  15. Je voudrais tant que notre ‘gaudens gaudebo’ se penche sur un témoignage bien précis tiré d’un livre du P. Henri Caffarel sur ‘Camille C ou l’emprise de Dieu’ ! Vous auriez là un beau témoignage d’une vie d’oraison dans le monde, une vie réellement mystique d’une femme mariée. Sur les pas de la Madre et du Padre, bien sûr de la Petite Thérèse, et aussi, d’après ce que je comprends sans la connaître ! , dans le sillage tout à fait surnaturel d’Elisabeth de la Trinité. Du beau monde !

    C’est pas beau ça ? 1900/1971, celà fait un beau témoignage sur la vie de l’Eglise en Belgique/France qui va vous expliquer pourquoi en 2 coups de cueiller à pot (Vatican II et Novus Ordo) on vous a vidé des dégonflés. Juste un exemple: dans la fin des années 1940 Camille C se battait avec son curé qui niait la présence réelle ! Elle a bien vu que peu à peu, clercs et fidèles s’applatissaient dans leur ‘horizontalité’…

    Voilà, je voulais juste compléter mon intervention en vous disant de bien rester confiné. Ne vous échappez pas, restez-y !

    Mais je vous en prie, ‘gaudens gaudebo’, laissez-nous vivre en Dieu dans notre liturgie multi-séculaire, allez-y avec vos servantes d’autel et les cendres ‘sans contact’, vivez votre vie jusqu’à la mort, mais laissez-nous vivre ! Nous voulons être dans la Vérité, la Beauté et l’Amour de la Sainte Trinité ! Allez ailleurs, laissez-nous nous défendre : nous voulons Dieu ! Je ressens une profonde injustice de vos agressions.

    Je voulais dire tout mon soutien à Gaudete (omnes in Domino semper !) c’est très exact ce qu’il dit. D’ailleurs Camille C témoigne sur sa participation au conseil paroissial qui est petit à petit devenu la prise de pouvoir par les laïcs et les prêtres (années 60…) leur disant que les laïcs pourraient ainsi remplacer les prêtres quant il n’y en aurait plus ! Ces conseils étaient scéances bla bla de rééducation anti-contemplatives !

    Excusez-moi pour la verdeur, mais on n’en peut plus de ces Conférences épiscopales, Bergoglio etc… STOP ! Nous sommes Vigano !

  16. @Gaudete entièrement d’accord… en tant que convertie, je valide vos propos, j’ai rapidement changé de paroisse…

  17. A Pierre Montamat :je ne cherche pas à polémiquer ,d’où mon absence de répnse à vous et quelques autres.J’ai simplement dit,en une seule contribution, ce que tout cela m’inspirait .Désolé que vous ayez pris cela,bien à tort,comme une agression.Il faudrait peut-être que vous vous interrogiez vous même sur une telle perception injustifiée.

  18. fuite de ce rapport peut-être intentionnelle pour diviser ? attention à la mauvaise polémique et les querelles qui desservent 2 Ti 2,23. Offrons indignation incompréhension au Seigneur, prions pour les coeurs enténébrés, endurcis surtout manipulés depuis des décennies.

    parler parler … ou cause toujours

    mais gardons le souci d’instruire et la salut des âmes, 2 Ti 4,2
    – peuple de Dieu ou fidèle de Notre Seigneur Jéus Christ ?
    – « lex credendi lex orandi » et on juge l’arbre à ses fruits
    – confondre Dieu et la Sainte Église, et l’église des hommes, vouloir faire passer le mauvais côté du concile : non surnaturalité, phrases ambiguës, la chose et son contraire 2 lignes plus loin, l’homme au centre qui construit le monde … qui fait perdre la foi, et les sacrements dénaturés, pour arriver jusqu’à la … pachamama, c’est à dire l’idolâtrie, le 1er commandement.
    – Il y a de larges extraits de la parole de Dieu mais souvent tronqués sur les choses importantes dans les lectionnaires conciliaires, sans expliquer précisément le salut alors que dans la messe de toujours, il a moins de bible mais bien expliquée et plus d’exemples des Saints et des martyrs pour fortifier la foi et entrer dans la sainteté.

    moralité : laissez les causer, l’oeuvre de Dieu est éternelle, l’oeuvre de l’homme est éphémère.

    Dieu 1er servi Ac 4,19
    le combat des modernistes est perdu d’avance Ac 5,39

    Grand remède : le saint rosaire, il y a toute la doctrine, l’essentiel des mystères du salut contenus dans la Sainte Ecriture, l’école de prière et de la sainteté, même si on n’a pas de missel et si on ne comprend pas le latin on se retrouve au Golgotha à chaque Saint Sacrifice de la messe et non pas à la table du festin, banquet pascal, parfois de la ker messe, alors qu’à Lourdes on refuse toujours la prière de Fatima à la fin de la 10aine…

    cherchez l’erreur, ou plutôt que de perdre du temps et de la salive, restons fidèles et prions pour nous même, notre conversion et pour la Sainte Eglise et grâce à la crise qui fait le trie, réjouissons nous pour tant de fidèles égarés reviennent au bercail.

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