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Europe : politique / Pays : International

UE : contre la Hongrie, tous les moyens sont bons

Yves Daoudal rend compte des pressions européennes sur la Hongrie :

"Les eurocrates ne supportent pas le gouvernement de Viktor Orban, ils ne supportent pas la nouvelle Constitution hongroise, ils ne supportent pas qu’on invoque Dieu, qu’on honore la patrie, qu’on défende la vie et la famille. Mais tout cela ne contrevient à aucun traité européen. Il faut donc trouver un prétexte. Et le prétexte est tout trouvé: c’est la nouvelle loi sur la Banque centrale hongroise. Diverses dispositions de cette loi portent plus ou moins atteinte au principe de « l'indépendance totale de la banque centrale » consacré par l’article 130 du traité européen. La Commission ajoute, pour faire bonne mesure, une procédure sur « l’indépendance du système judicaire » (Toujours aussi ubuesque, la Commission conteste la loi qui aligne l’âge de départ en retraite des magistrats sur le régime général, ce qui le fait passer de 70 à 62 ans. Selon la Commission, il s’agit d’une discrimination selon l’âge, « si un gouvernement décide de n'abaisser l'âge de la retraite que pour une catégorie de personnes donnée, à l'exclusion des autres ». Sic.), et une procédure sur « l’indépendance de l’autorité de contrôle de la protection des données », mais c’est la Banque centrale qui est le morceau de choix. Et très symbolique : la Hongrie a besoin de prêts, et on lui fait savoir qu’elle ne les aura pas si elle ne revient pas en arrière sur sa banque centrale… Normalement, les gouvernements visés par une telle procédure ont deux mois pour répondre. Mais l’affaire hongroise est tellement gravissime que la procédure est accélérée : on ne donne qu’un mois à la Hongrie. En fait, Viktor Orban a immédiatement répondu qu’il rencontrerait la Commission dès le 24 janvier, pour étudier les points qui la fâchent, assurant qu’il ne s’agissait que de problèmes techniques qui pouvaient être facilement résolus. Toutefois, il a affirmé qu’il ne reviendrait pas sur une des dispositions contestées : le serment de fidélité au pays que doivent prêter le gouverneur de la banque centrale et les membres du conseil monétaire. Pour la Commission, ce serment « pose problème du fait que le gouverneur de la MNB siège aussi au Conseil général de la BCE ». Quand on est à la Banque centrale européenne on ne peut pas être fidèle à son pays et à ses intérêts…

Le lendemain de cet ultimatum, le 18 janvier, le Parlement européen organisait un « débat sur la Hongrie ». C’est-à-dire un lynchage en règle du gouvernement hongrois. Viktor Orban a osé se rendre lui-même dans l’hémicycle pour défendre ses réformes et tenter de calmer le jeu. […] Martin Schulz, le tout nouveau président socialiste du Parlement, s’est montré plutôt modéré. Sans doute ne voulaitil pas trop attirer l’attention sur l’incongruité d’une dénonciation de prétendues atteintes à la démocratie en Hongrie quand le président du Parlement européen est alternativement désigné par les deux principaux partis… Toutefois, quand Viktor Orban a déclaré : « Nous avons des sentiments chrétiens, nous pensons que le sentiment de faire partie d'une nation est important et que la famille est importante », et a constaté que « ces principes ne sont pas soutenus dans cette maison », Martin Schulz n’a pu s’empêcher de répliquer: « Je suis aussi catholique, mais soit l'Europe est pluraliste soit ce sera un échec. » Manque de chance, Orban n’est pas catholique, il est calviniste. Et entendre le laïcard Schulz se proclamer catholique ne manque pas de piquant… […]"

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3 commentaires

  1. Nul ne peut servir deux maitres, s’il aime l’un il detestera l’autre…

  2. “soit l’Europe est pluraliste soit ce sera un échec”
    Pluraliste, donc admettant, tout autant que le laïcisme, d’autres options.
    Pluraliste, donc admettant, tout autant que des républiques, d’autres types de gouvernements (et si d’aventure la Hongrie voulait redevenir une monarchie, “l’Europe” aurait la décence de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures d’un état souverain).
    Pluraliste, donc admettant, tout autant que le “tout IVG”, d’autres options démographiques.
    Pluraliste, donc admettant, tout autant qu’une monnaie unique, le retour à un système mixte d’unités de compte européennes (facilitant les transactions internationales) associées à des monnaies locales héritières de l’histoire de chaque nation.

  3. L’Europe pluraliste : un calendrier des fêtes religieuses pluraliste, le christianisme en moins…

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