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L'Eglise : L'Eglise en France

Trois pères de famille honorent Saint Joseph

Trois pères de famille honorent Saint Joseph

Ce 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, des pères de famille, qui ont pris l’habitude de se transformer en pèlerin le temps d’un week-end pour marcher sur les pas de Saint Joseph, prennent la parole. En ces temps confinés, ils reviennent sur l’année écoulée, plutôt sombre à la suite des confinements successifs, et, de l’atteinte à la liberté de culte. Ce 8 décembre est bien particulier pour eux, car avec l’Eglise, ils honorent, aussi, Saint Joseph, Patron de l’Eglise Universelle.

Messieurs, pouvez-vous vous présenter, personnellement et professionnellement ? De quelle région de France venez-vous ?

Loïc Calamel :  J’ai 46 ans. Je suis marié avec Sara, et nous avons 4 enfants. Je suis technicien de maintenance et nous vivons dans le Var, au Cannet-des-Maures.

Dominique Chevillard : Je suis marié depuis 27 ans, avec Isabelle, et père de 3 garçons. Je suis tombé dans la foi lors de mon baptême, à moins d’un mois. Puis, j’ai eu la chance d’être toujours nourri. Je suis resté fidèle à la pratique, et, au Christ en allant à la Messe. Des rencontres et des invitations m’ont fait grandir, à commencer par la présence fidèle, motivée et permanente de mon épouse. Nous vivons en région parisienne.

Nicolas Lacroix : J’habite dans le sud-ouest près de Lourdes. Je suis père de famille et nous avons 3 enfants entre 28 et 19 ans. Mon épouse travaille pour aider les enfants en difficulté scolaire, et, moi dans l’agro-alimentaire en Europe.

Vous êtes aussi responsables d’un pèlerinage de pères de famille. Pourquoi avoir lancé un tel pèlerinage ? Pouvez-vous le présenter brièvement ?

Nicolas : Il y a 10 ans, un militaire du régiment de Tarbes à fait le premier pèlerinage vers Lourdes. Ils étaient 3 ! A son départ, en raison d’un déménagement, habitué aux pèlerinages en Normandie, à Rocamadour, à Vézelay et à Cotignac, j’ai souhaité reprendre le flambeau. Nous sommes un minuscule pèlerinage de pères : entre 10 et 25 pèlerins au maximum. Les âges vont de 30 ans à plus de 70 ans ! Nous cheminons vers Lourdes par plusieurs routes selon le nombre d’inscrits et le niveau physique des participants. Nous marchons pour nous mettre à l’école de Saint Joseph.

Loïc : J’ai fait mon 1er pèlerinage des pères de famille en participant à celui de Cotignac, il y a 16 ans avec mon papa. J’en suis encore tout ému, car c’était un très grand moment de partage. En 2010, j’ai tracé une route à partir de chez moi jusqu’à Cotignac, avec un ami. Puis, nous avons lancé un nouveau pèlerinage. J’avais l’impression d’être en mission. Aujourd’hui, le groupe est composé d’une quarantaine de pèlerins, qui viennent d’horizons différentes. La spiritualité est aussi diverse que variée. Notre priorité : marcher ensemble, avec d’autres hommes pour partager nos soucis d’hommes, de pères et de maris.

Dominique : En 2015, en tant que co-organisateur d’un parcours Zachée, j’ai été invité à une retraite à Trosly-Breuil dans la communauté de l’Arche. J’y ai rencontré l’un des fondateurs du pèlerinage des Pères de Famille de Montligeon, qui m’a convaincu de le rejoindre. Déjà, plus de 200 pères participaient à ce pèlerinage. J’y ai trouvé un accueil extraordinaire, bienveillant et chaleureux. Lorsque les 3 créateurs ont annoncé en juillet 2018 qu’ils passaient la main, avec un ami, Franck, nous avons repris le flambeau. Nous avons souhaité, également, poursuivre la première intuition, d’un pèlerinage très fraternel, à la fois bon vivant, et respectueux de toutes les spiritualités. La marche est propice à l’abandon, au dénuement et à la réflexion.
Le parcours du pèlerin n’est pas une épreuve de force, avec 50 kms parcourus en 2 jours, mais un moment de détachement des choses matérielles qui polluent notre quotidien. Les motivations des pères de famille sont variées : une simple curiosité, un questionnement sur sa vie, une situation personnelle difficile, une action de grâces, un besoin de silence et de convivialité.

Cette année 2020 est une année de crise sanitaire. Avez-vous été touchés personnellement par la pandémie ?

Dominique : Je garderai en mémoire toute ma vie le souvenir du Vendredi Saint 10 avril 2020 au matin, lorsque ma sœur m’a appelé pour m’annoncer que notre père venait d’être testé positif au Coronavirus. Il était hospitalisé depuis plus d’un mois, et a donc été contaminé dans l’hôpital. Nous étions très inquiets, car cela faisait quelques jours que les soignants nous le disaient apathique, et, nous n’avions pas le droit de le voir, pas plus notre maman que nous. Depuis, papa ne marche plus. Il a 87 ans, et c’est la vie. Je prie pour lui, et, pour toutes les personnes malades chaque jour.

Nicolas : Heureusement actuellement nous n’avons pas été touchés mais globalement nous avons été prudents et respectueux des règles d’hygiène. Mon métier m’aide aussi à bien connaître les règles d’hygiène. J’en profite pour dire que c’est à la fois simple mais rigoureux : surtout de se laver les mains très régulièrement !

Loïc : Non, nous n’avons pas été touchés, personnellement. Et, grâce à Dieu, nous avons pu passer de bons moments en famille

Ce 8 décembre l’Eglise fête l’Immaculée Conception, et, Saint Joseph, Patron de l’Eglise Universelle. Cette déclaration a eu lieu le 8 décembre 1870. Joseph était-il le grand oublié de l’Eglise ? Que vous apporte-t-il au quotidien ?

Loïc : Non, je ne pense pas qu’il soit le grand oublié. Il est vrai que Saint Joseph est une personne de l’ombre. Mais, il intervient quand c’est vraiment une nécessité. Il y a peu de paroles de lui dans la Bible, mais quand il parle tout le monde l’écoute et lui obéit : Marie et Jésus lors de la fuite en Egypte, par exemple. Il en est de même de Gaspard Ricard lorsque Saint Joseph lui est apparu, au Mont Bessillon, à Cotignac, en 1660. Oui, c’est un modèle pour tous les hommes, et, tous les pères, car c’est un homme solide dans la foi, et, c’est un mari aimant. Enfin, c’est un papa doux et humble, éducateur et protecteur. Il est très patient.

Dominique : Saint Joseph est pour moi l’image du Père, dans son abnégation et sa discrétion. Il a une véritable autorité, qui fait grandir par son exemple. Dans l’Evangile, Luc parlant du Christ dit : « Il leur était soumis en toute chose » (Lc 2, 51). Ce sont les lettres de noblesse de la paternité, du père tant décrié aujourd’hui : il élève son enfant, dans le sens habituel, mais aussi dans le sens littéral, pour le faire grandir. Puis, il s’efface, et, il est tout à fait significatif qu’ensuite on n’entende plus parler de Saint Joseph. Il disparait lorsque son Fils s’accomplit.

Nicolas : Saint Joseph est à la fois un modèle et un saint exceptionnel qu’on ne peut égaler. Il a, peut-être, été oublié, car, il était si discret que même les Evangiles en parlent peu ! Il a été vraiment un homme fondamental dans la vie du Christ et de Marie. Pour s’en persuader il faut lire « l’Evangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta. On découvre alors un père aimant, attentif, courageux, délicat, décidé, doux, humble, et, travailleur… Bref, un modèle de vertu.

Au sujet de la Covid-19, et, de votre pèlerinage, comment vous êtes-vous organisés cette année ? Avez-vous dû annuler ou repousser ?

Nicolas : En 2020 nous avons décidé de ne pas cheminer ensemble, comme d’habitude, le premier week-end de juillet. En raison des reports des fêtes de familles, et, le nombre de participants était trop réduit. Ensuite, plusieurs pèlerins ont été malades, heureusement sans trop de gravité. Nous repartirons en 2021 !

Loïc : J’habite à 30 km de Cotignac, et, il était hors de question que je ne fasse pas ce pèlerinage, car Marie nous a dit : “Venez ici en procession !” J’ai donc organisé ce pèlerinage comme chaque année.

Dominique : Montligeon, c’est en général une dizaine de chapitres. Cette année, au mois de juillet, un seul chapitre manquait, chaque chapitre marchant vers la destination de son choix. Nous avons eu une très belle veillée en visioconférence, animée le samedi soir par le recteur de la Basilique, Don Paul Denizot.

Vous avez, peut-être, souffert de l’atteinte à la liberté de culte. Qu’en pensez-vous ? Comment Saint Joseph aurait-il réagi ?

Dominique : Je ne souhaite pas parler d’atteinte à la liberté de culte, mais plutôt de mépris sur l’importance de la foi et de la pratique religieuse. Le gouvernement considère la pratique comme un quelconque loisir. Pire, croire, se rendre dans une Eglise pour prier est moins important que de faire ses courses. Comment Joseph aurait-il réagi ? Je garde en mémoire les paroles de Mgr Matthieu Rougé (NDLR : évêque de Nanterre) à ce sujet : il aurait été calme et serein. Avec détermination, il aurait réclamé et obtenu très rapidement, le retour à la liberté de culte.

Nicolas : Oui et non (je suis Normand) ! Oui, parce que la vie de prière communautaire est essentielle, et, non car l’obligation du confinement fait que la Semaine Sainte a été suivie par la famille de façon intensive ! Je pense que Saint Joseph aurait respecté les règles au mieux, sans négliger la loi de Dieu posée comme socle fondamental : prière, amitié et fraternité, respect des autres et charité. A Noël, Saint Joseph est parti sur la route pour le recensement demandé par les gouvernants sans chercher une excuse pourtant légitime compte tenue de la grossesse de la Vierge Marie !

Loïc : Moi, j’étais très révolté. Tous les grands lieux saints, et, les églises ont été fermés. Nous sommes dans un monde où les élites mettent Dieu et les croyants de côté. Ça ne peut pas marcher ! Il faut remettre Dieu à Sa place : Dieu premier servi, disait sainte Jeanne d’Arc ! Il faut respecter les chrétiens. Saint Joseph ? Il aurait obéi à Dieu et non à l’Etat, comme il a fait avec Marie quand l’ange du Seigneur lui a dit : “Prends Marie chez toi”. Il n’a pas répudié Marie comme la loi le lui disait !

Pour conclure, parlons des fêtes de fin d’année et de vos raisons d’espérer. Noël, c’est la fête de la Sainte Famille. Comment allez-vous fêter Noël ? Est-ce que vous allez avoir une pensée particulière pour Saint Joseph ?

Loïc : Nous allons fêter Noël dans la famille de mon épouse, aller à la Messe et espérer. Bien sûr que Saint Joseph sera présent dans mon cœur et dans mes prières, comme à chaque moment important de ma vie. Il est le Gardien de la Sainte Famille. IL EST LE GARDIEN DE MA FAMILLE ! Et, c’est notre Patron, le Patron de l’Eglise Universelle.

Dominique : Nous resterons en petit comité, et, nous passerons probablement voir ma maman après. Peut-être aurons-nous, aussi, la possibilité de voir papa à l’hôpital. Nous devons, cependant, penser à nous relayer auprès de maman avec mes frères et ma sœur. Je garderai en tête qu’après la naissance du Christ, Saint Joseph et la Vierge Marie, avec le Christ nouveau-né, ont vu les bergers, puis, les rois mages arriver. Dans la précipitation, ensuite, ils ont dû fuir en Egypte. Cela nous renvoie à notre vocation de père, de protéger la famille.

Nicolas : Nous allons rester proche de notre paroisse dans laquelle nous avons des activités jusqu’à la Messe du jour de Noël. Puis, nous allons partir pour rejoindre notre famille en Bretagne sans avoir omis de nous faire tous tester pour vivre en autarcie sans trop de contraintes, et, visiter notre maman de 95 ans en minimisant la prise de risque. Honnêtement à Noël, je ne pense pas particulièrement à Joseph mais plutôt à Marie qui est partie enceinte sur les routes, à dos d’âne en hiver ! Cela dit, c’est une erreur car sans Saint Joseph rien n’aurait pu être possible ! Je vais, donc, essayer de progresser cette année !

Interview croisée réalisée par Antoine BORDIER

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