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France : Société

Travailler dans un bunker en Seine-Saint-Denis

Eloquent :

"Quand la SNCF a décidé de déménager son siège à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), il a fallu rassurer ses salariés. Un court instant, la question s’est posée de relier directement les stations de RER aux bureaux par une passerelle, pour leur éviter de traverser « la jungle du 9-3 ». […] L’entrée principale, initialement prévue rue des Cheminots, a quand même été déplacée sur le parvis du RER D, place aux Etoiles. […] L’entreprise ferroviaire a mis les bouchées doubles pour sécuriser la ligne du RER D, ce qui lui vaut le surnom de « train de Pepy ». […] Dans le flot de costumes cravates qui traversent cette place aux Etoiles, quelques imperméables rouges détonnent. Ce sont ceux des médiateurs de l’association « Partenaires pour la ville ». Ils assurent la sécurité des cols blancs qui passent en coups de vent, entre l’open space et le train. Une présence qui coûte 500 000 euros par an, financée pour moitié par les entreprises implantées sur le territoire, 35% par la ville de Saint-Denis et 15% par l’Etat. Godjorma Kone vadrouille entre les stations de métro et de RER de La Plaine depuis deux ans.

« Quand quelqu’un passe avec une tablette ou un smartphone apparent, nous lui conseillons de le ranger pour éviter d’attirer l’attention. Il arrive que des jeunes partent en courant après avoir dérobé un téléphone. Mais de moins en moins souvent depuis que notre présence s’est accentuée. » […]

Pour se protéger, les entreprises créent des mini-villages des temps modernes en leur sein : salle de sports collectifs chez SFR, tisaneries avec boissons à volonté à la SNCF, terrasses ensoleillées chez Orange business… Le paternalisme du XXIe siècle fait de son mieux pour que les salariés ne sortent pas de leur prison de verre. De toutes façons, aux alentours, aucune attraction en vue. […] La ville et l’agglo ont beau avoir placardé le quartier de promesses de commerces de proximité, pour l’heure, seul un mini supermarché et quelques restaurants de chaîne se battent en duel pour offrir une alternative au self. Dehors, aucune boulangerie à plus de deux kilomètres à la ronde dans ce quartier d’affaires où l’on compte seulement un habitant pour trois salariés."

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6 commentaires

  1. Un habitant pour 3 salariés?
    Ce lieu est l’exemple type poussé à l’extrême des lieux où la démocratie équitable préconisée par l’Alliance Royale dans ses propositions institutionnelles pour la France seraiy hautement bénéfique.
    Voir la plateforme sur http://www.allianceroyale.fr

  2. Les Identitaires avaient donc bien raison de se muer en agents de sécurité.

  3. De toute façon, il s’agit probablement d’entreprises qui promeuvent la fameuse “charte de la diversité”. Les salariés desdites entreprises doivent évidemment (devoir de réserve oblige) acquiescer et approuver les choix politiques stratégiques de leur entreprise.
    Tous, salariés et employeurs, seront sans aucun doute enchantés d’être immergés au coeur même de la diversité, loin des clichés et des stéréotypes si éloignés de la réalité.

  4. C’est sans doute ce que l’on appelle le (“sur)vivre ensemble”…

  5. Je ne vois pas pourquoi il y a de la sécurisation et pourquoi il y a des médiateurs et pourquoi on “enferme” les salariés dans l’entreprise…
    Est ce que ces entreprises, chantres de la diversité, ne croiraient pas dans ce qu’elles disent et promeuvent ????
    Elles voudraient se mettre à l’abri de ce qu’elles appellent de leurs vœux ???

  6. Est ce que cet article parle bien d’une politique d’apartheid pratiquée par des entreprises en France ????

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