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France : Politique en France

Travail dominical : de pressions en compromis

Nicolas Sarkozy devrait recevoir ce soir les députés UMP hostiles à la proposition de loi sur le travail le dimanche afin de trouver un compromis. Jean-François Copé en propose un, pour que l'UMP ne perde pas la face :

"pour les quatre grandes agglomérations (Paris, Lyon, Marseille, Lille), plutôt qu’un système qui permet l’ouverture tous les dimanches de l’année, on pourrait imaginer l’ouverture un dimanche par mois, plus les quatre dimanches du mois de décembre. […] Naturellement, on garde l’idée que les surfaces alimentaires ne pourront ouvrir que jusqu’à 13 heures le dimanche."

Pour l'abbé Guillaume de Tanoüarn :

"il faut bien reconnaître que pour la plupart des gens, le dimanche d'aujourd'hui est une plage de farniente […]. C’est sans doute de cette morosité dominicale que les technocrates de l’UMP prennent argument. […] Si nos dimanches étaient un peu plus festifs, on ne parlerait pas de les supprimer. […] Mais savons-nous encore faire la fête ? Il me semble que c’est la vraie question que pose la réforme du dimanche. Qu’est-ce que la fête ? Dies festus, disent les Romains. Jour faste. Jour éclairé d’une lumière particulière. Jour de joie collective et pas jour de sinistrose collective. Pour nous, aujourd’hui, la fête, c’est la nuit, à la lumière artificielle des spots de la boîte la plus proche. Triste fête ! Défoulement plutôt. […]

Pour un chrétien, chaque dimanche devrait être un jour de fête. […] Alors qu’approche Noël, promu grande fête du foie gras et des huîtres, il faut nous redire qu’il n’y a pas de fête véritable qui ne commence (Apoc. 2, 17) à l’intérieur du cœur, dans le balbutiement d’une prière qui dise au Ciel et à la terre notre espérance d’homme debout, notre désir de triompher de la vanité ou de la vacuité du monde. On ne décrète pas la joie en promulguant un jour chômé. La véritable joie, celle qui doit marquer nos dimanche, est une conquête. […] Alors que notre vie croupit dans le marécage de la banalité, nos dimanches, illuminés par la messe qui en est le cœur, doivent redevenir des jours fastes, où nous oublions un instant les pesanteurs de l’existence et où le temps qui nous est donné, au lieu d’être bêtement tué devant le poste de télévision, devrait être l’occasion d’ouvrir notre esprit et notre cœur, avec notre entourage, dans un échange non pas commercial mais vraiment enrichissant.

Si nous perdons le dimanche, c’est parce qu’en perdant la messe du dimanche, nous avons perdu l’esprit du dimanche. Si nous gardons le dimanche, c’est parce que nous aurons su le rhabiller aux couleurs de la vraie vie."

Michel Janva

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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