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Culture de mort : Avortement

Témoignage sur l’interruption médicale de grossesse

Jean Thévenot, gynécologue obstétricien à la clinique A. Paré de Toulouse raconte dans le magazine du Syngof (Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France), l’histoire de Paul et Marie, qui tout à la joie d’attendre leur premier enfant, découvrent qu’il s’agit d’un bébé trisomique.

Son témoignage poignant revient sur le fameux coup de fil qu’il doit passer au jeune couple  pour lui apprendre les résultats de l’amniocentèse, sur les explications médicales qu’il doit donner sur le déroulement d’une IMG et sur les interrogations du couple par rapport à cette intervention : "Docteur, il va souffrir mon bébé ?". A cette question, le gynécologue reconnaît qu’il fait partie des rares citoyens à pouvoir délivrer la peine de mort. "Ce n’est pas la peine de mort parce que, comme le foetus n’est pas légalement une personne, il ne vit pas ; on peut donc faire des foeticides tranquilles ; la loi est avec nous". A ses yeux, seuls les législateurs ont la conscience en paix car "au moment où je fais le foeticide, moi, je ne suis pas tranquille".

Il regrette ses années de jeune médecin où il n’avait pas d’états d’âme. Aujourd’hui, ces états d’âme le poursuivent quotidiennement. Il se met aussi à la place de l’enfant trisomique : "Si c’était moi, le petit trisomique, accepterais-je que d’autres choisissent pour moi que je ne devais pas vivre ?". Enfin, il raconte d’une manière bouleversante l’interruption de grossesse et l’arrivée de ce petit bonhomme de 150 à 200 grammes "mais qui reste un modèle réduit de l’humain que je suis". Il décrit alors l’émotion ressentie en salle de naissance.

Il regrette que l’on protège davantage les palombes dans le sud de la France que l’enfant trisomique dans le ventre de sa mère. Il s’interroge enfin : "Y a-t-il des sous-hommes, qu’il faut éliminer ou qu’il ne faut pas laisser vivre ? Quelle voie faut-il choisir entre le respect de la vie, de toute vie, et des choix humains de famille, des choix techniques ou économiques de société ?" .

A toutes ces questions, il estime qu’il n’existe pas de réponse toute faite. Il regrette simplement "aujourd’hui que dans notre société les réponses soient implicitement imposées, sans que les questions n’aient été réellement posées". Pour conclure, il ajoute : "les lois qu’elles soient humaines ou divines, je ne fais que les subir, mais avec le temps, je les accepte de moins en moins. Mais comment en secouer le joug ?".

Oui, comment ?

Michel Janva

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2 commentaires

  1. “Comment en secouer le joug?”
    On peut proposer à Jean Thévenot de commencer par ne plus accepter de faire une seule IMG.
    Et puis continuer à témoigner comme il le fait.

  2. Il peut aussi rejoindre une association de médecins objecteurs de conscience, aller témoigner dans les lycées et les écoles de sage-femmes, laisser enfin parler son coeur d’homme et de soignant.

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