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Pays : Turquie

Tensions avec la Turquie : la France devrait sortir rapidement de l’OTAN

Tensions avec la Turquie : la France devrait sortir rapidement de l’OTAN

Un navire français participant à une mission de l’Otan en Méditerranée a récemment fait l’objet d’une manœuvre extrêmement agressive de la part de frégates turques, selon le ministère français des Armées. Alors que la frégate française cherchait à identifier un cargo suspecté de transporter des armes vers la Libye, « les frégates turques interviennent et illuminent le Courbet à trois reprises avec leur radar de conduite de tir », ce qui constitue « un acte extrêmement agressif », a décrit le ministère des Armées.

« Cette affaire est à nos yeux très grave. (…) On ne peut pas accepter qu’un allié se comporte comme cela, fasse cela contre un navire de l’Otan sous commandement Otan menant une mission Otan ».

Le ministère a dénoncé par ailleurs le fait que les bâtiments turcs « utilisent des indicatifs Otan » pour s’identifier lors de ces missions d’escorte.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a condamné « le soutien militaire croissant » de la Turquie au GNA en « violation directe de l’embargo des Nations unies ». En Libye, Ankara soutient militairement le Gouvernement d’union libyen (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par les Nations unies, face aux forces dissidentes du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est soutenu notamment par la Russie, l’Égypte et les Émirats arabes unis. La France, bien qu’elle s’en défende publiquement, est également accusée de soutenir Haftar.

La tension est vive entre Paris et Ankara. Le Quai d’Orsay envisage des sanctions à l’encontre de son allié de l’Otan: les ministres des Affaires étrangères européens vont en débattre le 13 juillet.

Le chef de la diplomatie turque a osé déclarer :

«Nous attendons de la France qu’elle s’excuse, qu’elle s’excuse inconditionnellement». «Il n’est pas acceptable que la France se prête à de fausses affirmations et agisse contre la Turquie.»

En raison de l’hostilité turque en Méditerranée, la France a suspendu le 1er juillet sa participation à «Sea Guardian», l’opération navale de l’Otan dans cette région.

Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron, qui parle d’«une responsabilité historique et criminelle» de la Turquie en Libye n’ont pas apaisé ces tensions. La Turquie n’a pas tardé à rétorquer:

«La France, que Macron dirige –ou plutôt qu’il n’arrive pas à diriger en ce moment –, ne se trouve [en Libye, ndlr] que pour poursuivre ses intérêts avec une mentalité destructrice».

L’amiral Alain Coldefy, ancien inspecteur général des armées et directeur de la revue Défense nationale, explique au micro de Sputnik :

«Si la France choisit de passer par l’UE et non l’Otan pour mettre au pas la Turquie, c’est parce qu’au sein de l’Otan, un grand pays l’en empêche».

Une référence aux États-Unis?

«C’est vous qui le dites».

La question des sanctions à l’égard de la Turquie sera donc le point principal à l’ordre du jour lors de la réunion interministérielle du 13 juillet. Il appartient désormais à la France de convaincre ses partenaires européens pour que ceux-ci s’engagent avec elle dans cet effort. Une mission qui s’annonce compliquée, car la France est bien seule en Europe quand il s’agit de critiquer publiquement les actions d’Ankara en Méditerranée orientale, au Proche-Orient ou en Afrique du Nord. De fait, Ankara a pris en otage les Européens en contrôlant le robinet des migrants syriens.

Si les Européens sont désarmés et frileux, l’OTAN apparaît complètement tétanisée par la posture d’Ankara. À l’intérieur de l’alliance, les débats sont très durs entre la Grèce et de la Turquie, qui sont au bord de l’affrontement armé.

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3 commentaires

  1. Le Général avait quitté le commandement intégré de l’OTAN en 1966.
    Sarkozy nous y a réintégré en 2007.
    JUPITER aura-t-il les c*****es de retirer complètement la France de cette alliance qui n’a plus lieu d’être ?

  2. J’ai traversé la Turquie à pieds en 2006/2007, pendant 3 mois. J’ai mesuré à quel degré est portée la dévotion pour le fondateur de la république turque, Mustapha Kemal “Ataturk”.
    Je mesure depuis 13 ans ce que cette dévotion populaire peut inspirer à Recep Tayyip Erdoğan. L’envie de devenir un nouvel Ataturk. A 66 ans maintenant, il doit accélérer s’il veut laisser une trace visible dans l’histoire de son pays, car pour le moment il n’a obtenu aucun résultat concret et durable (Syrie, Libye, Arménie, Kurdes). Sa seule victoire peut avoir été d’imposer un état indépendant au Kosovo (mis est-ce durable ?). Nous allons donc voir un jeu militaire et diplomatique turc s’intensifier pour asseoir le césarisme du prince président (Libye, église Sainte Sophie, Sahel, Kosovo). Face à lui, il a un boulevard ; et le long du boulevard, les chefs politiques européens saluent avec des petits drapeaux turcs. Cà s’appelle l’esprit munichois.

  3. C’est le “en même temps” à la turque. Ils sont en même temps membre de l’OTAN et proches de la Russie, en même temps postulants à l’entrée dans l’UE et totalement indépendants, en même temps un Etat laïc avec un islamiste à sa tête, en même temps alliés de la coalition contre Daesh et client de son pétrole…
    Pour ceux qui l’ignoreraient, illuminer une cible au radar de conduite de tir est un acte de guerre, le dernier avant de tirer un missile, lequel tuerait potentiellement environ 300 hommes en quelques instants.
    Ce n’est pas la première fois qu’une frégate turque agit de la sorte, elle l’a déjà fait contre un bâtiment grec (auquel on a ordonner de se retirer et qui s’est exécuté) et c’était déjà pour escorter le même cargo, lequel effectue des navettes et a déjà livré des chars T60 et des missiles sol-air.
    L’esprit de Lépante est loin de nous. Pourtant en 1571 c’était la France qui câlinait la Sublime Porte…

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