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Médias : Nouveaux médias

Temps de parole des candidats : les nouveaux médias ont remis en cause la suprématie télévisuelle

Jean-Marie Charon, sociologue et chercheur au CNRS, répond au Figarovox suite au vote d'une loi modifiant les règles de l'élection présidentielle. Les rédactions audiovisuelles ne sont plus obligées d'appliquer une stricte égalité de parole entre «petits» et «gros» candidats avant la campagne officielle :

Unknown-37"[…] Qu'est-ce que signifie comptabiliser le temps de parole à l'heure de la télévision délinéarisée, à l'heure aussi du 2ème, voire 3ème écran de l'ordinateur, du Smartphone, etc. Va-t-on compter le nombre de retweet ou de partage de vidéos sur Facebook durant une émission qui reçoit un candidat? Rappelons que selon l'étude 24/7 de Médiamétrie, 88% des personnes qui se voient recommander une vidéo, vont la consulter…

La polarisation sur une télévision dont les chaînes se sont démultipliées relève du contresens, alors même que, toujours selon la même étude de Médiamétrie, 38% des personnes interrogées disent s'informer par les médias numériques et que 77% des 18-24 ans déclarent utiliser en priorité les médias digitaux pour s'informer. […]

Le déni de démocratie c'était d'abord ce carcans horaire qui faisait que se polarisant sur le temps consacré à une dizaine de candidats, les journalistes pouvaient plus réellement nous informer. Qu'est-ce qu'une information où la hiérarchisation de l'information, la mise en perspective, l'analyse s'effacent derrière le comptage du temps consacré à chaque candidat? Comme si par ailleurs la presse écrite ne comptait pas ou plus. Comme si surtout petits et grands candidats ignoraient les réseaux sociaux, les sites d'information ou les blogs. […]

Le principe de l'équité désormais appliqué, n'est-il pas un peu flou?

Dans un paysage médiatique aussi diversifié que le nôtre, avec notamment la place que prend le numérique et tout particulièrement les réseaux sociaux, la véritable équité devra reposer sur le professionnalisme des rédactions et la vigilance d'électeurs disposant d'outils aussi réactifs que les plateformes d'échanges de vidéos ou les réseaux sociaux. […]

Nous sommes en plein bouleversement du paysage des médias et de l'information et ce bouleversement est appelé à se prolonger. La télévision d'aujourd'hui n'est pas celle qui avait justifié les règles appliquées jusqu'à ces derniers temps en France. La télévision des futures présidentielles aura encore changé, comme la place de ce média dans les pratiques d'information. […]"

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8 commentaires

  1. On rappelle qu’en français de France et de Navarre, que l’adjectif digital se rapporte au doigt…
    Donc un média digital est un média qui se rapporte au doigt… Les gens qui s’informent auprès de médias digitaux s’informent donc de la vie des doigts…
    Alors, le rapport avec la politique ? Les mauvaises langues pourraient parler de doigts d’honneur peut-être ?
    Le bon terme est donc le numérique (et son associé la numérisation) qui est l’action de rendre (binaire aujourd’hui mais sans doute sous une forme plus évoluée dans l’avenir avec le passage au « bit » quantique) accessible l’information sur un média informatisé.
    Quant à cette « loi », je ne suis pas d’accord… La chaîne n’avait qu’à s’occuper que de son temps à elle et donc appliquer l’équité sur son temps : cela parait a priori normal et le bon sens. Mais comme les médias roulaient pour le système, cela permettait un temps de parole égal entre les petits et les grands (qui ont les moyens de faire le « buz » autrement de toute façon…).
    Dans tous les cas, le système était déjà dévoyé : les petits candidats étant systématiquement caricaturés par une « interview » orientée des « journalistes » de la chaîne : le temps de paroles imparti était en fait un temps de défense pour le petit (si ce dernier était contre le système sinon évidemment, c’était une tribune publicitaire…).
    Il est vrai que l’avenir est dans le média alternatif (et donc numérique aujourd’hui) : pas ou peu cher, accessible à tous (enfin, pour ceux qui s’en donne la peine). Le truc est d’arriver à faire le buz pour être visible… Pas évident quand même…
    On est dans un monde où – toujours – le paraître est plus important que la Vérité… Hélas !
    Quant au média alternatif, il vit hélas ses ultimes heures de liberté… Le système va les mettre au pas incessamment… Les Américains ont déjà brisé un tabou entre détournant les serveurs racines d’internet pour casser des serveurs « pirates » de téléchargement… Le reste suivra.

  2. Les grands médias restent faiseurs d’opinion car sont regardés par les masses de façon passive et pour se détendre (infos avant le film, émissions de détente même si elle traité de sujet importants…). Les messages s’imposent de façon subliminal.
    Aller regarder sur internet est une démarche active avec l’activation de son sens critique.
    Enfin, il devient clair que le taux de présence sur les grands média est égal au résultats aux élections.

  3. La télévision d’état n’aura même plus cette ressource électorale égalitaire pour sauvegarder une audience minimale, en particulier dans les jeunes générations: qui écoutera un débat de “gros” donc archirebattu en dehors de nostalgiques de la TV d’avant internet?

  4. Tout cela est finalement plutôt réconfortant, même si cela peut légitimement choquer au premier coup d’œil…
    Plus de 60% des sondés ont estimé que “les journalistes ne disaient pas la vérité en matière d’actualité” pourquoi le feraient-ils en matière électorale quand c’est leur soussoupe, pardon leur pactole, qui est en jeu?
    Il est clair que la très grande majorité des moins de tente ans ne marche plus dans la combine…
    Et c’est tant mieux!
    Le peuple (quel mot odieux pour un “politique”!) est techniquement en passe de pouvoir se réapproprier l’information et de faire éclater la vérité en matière d’opinion publique…
    Les “candidats” savent que désormais il ne leur suffira plus de bavasser dans un micro en répondant à des journalistes serviles appointés pour poser les questions ad hoc prévues largement à l’avance…
    La plupart des élections ont aujourd’hui un taux de participation qui frise les 50%…Espérons que les “débats télévisés” connaissent un manque de succès aussi flagrant…
    Le système est à bout de souffle et toute tentative de manipulations espérée de l’opinion ne fera qu’en accroitre le pathétique effondrement…
    Voir que le plus grand danger pour la “démencrassie” est aujourd’hui la défense de l’exercice de la démocratie me comble de joie…

  5. Cette tempête dans un verre d’eau n’a aucun intérêt.
    Plus personne ne suit, n’écoute ni ne lit toutes cette pourriture merdiatique à part peut être et ce n’est même pas sûr les personnes âgées habituées au petit écran.

  6. ” Vu à la Télé ” est un slogan qui autorise la préférence pour vendre un objet quelconque comme étant inestimable …..l’adapter aux élections nous promets encore de belles découvertes (et dire que je pensais ,grand benêt , avoir tout vu) …de surcroit on peut avoir aussi ..”deux ou trois en un ” !!!!

  7. Ok, mais alors on revisite aussi la répartition de la redevance télévisuelle… !

  8. Les médias SONT et CONSTITUENT une armée d’occupation au service d’un régime totalitaire faussement démocratique.
    Leur mission est de tromper et de faire croire à une alternance qui n’existe pas.
    ILS SONT LE BRAS ARMÉ DE L’ENNEMI
    Le reste n’est que littérature

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