Témoignage d'une personne homosexuelle : "c’est dans l’Eglise que j’ai trouvé la liberté"

Je reçois ce matin ce courriel de remerciements, que l'auteur m'a autorié à publier :

"Je voudrais commencer ce mail par un
simple « merci », « merci » à toutes les personnes qui prennent position
depuis des mois, dans le cadre du projet de loi concernant le « mariage
pour tous » et qui s’en prennent plein la figure de tous côtés.

J’ai
26 ans et je porte en moi cette inclination homosexuelle (je refuse,
consciemment de dire « je suis » homosexuel parce-que je refuse d’être
réduit à ça)

Je n’exposerai pas ici
d’argumentaire contre le « mariage » ou l’adoption par les couples de
même sexe, parce-que d’autres l’ont déjà fait, et le font, très
certainement bien mieux que moi. Ce qui m’intéresse dans ce courrier,
c’est d’aller à l’encontre de ce que l’on dit souvent de l’Eglise, ou
des personnes contre ce projet de loi.

Bien
que ne partageant pas nécessairement toutes les prises de position de
certaines personnes, dont les propos manquant parfois un peu de charité
peuvent objectivement blesser des personnes, mais c’est probablement le
travers du monde virtuel, dans lequel on tend parfois à oublier que des
personnes réelles se cachent derrière les pseudos.

Je
voudrais témoigner de l’accueil qui m’a été fait dans l’Eglise
. Avant
ma conversion, lorsque je parlais de mon homosexualité, j’étais content
lorsque mes interlocuteurs n’y trouvaient rien à redire, ou
m’encourageaient dans cette voie (avec un désir sincère de m’aider, j’en
suis convaincu), mais je n’étais pas entièrement satisfait, la
satisfaction passagère d’avoir l’illusion d’être « accepté » s’en allait
bien vite, et je me retrouvais à nouveau seul, avec ce grand désir
d’être reconnu et aimé
. Ces personnes avaient beau m’accepter comme ça,
ça ne suffisait pas. Parce-que quelque chose en moi, n’acceptait pas la
vie que je menais
. Il fallait toujours plus, toujours plus de preuves de
l’acceptation et de la reconnaissance des autres. Aujourd’hui, je sais
que cela était dû à l’impossibilité de la vie que je menais, à me
satisfaire.

Cette acceptation, je
l’ai trouvé à l’Eglise. Jamais, je n’avais été accueilli avec autant de
gentillesse et de compassion
. C’est par « la charité dans la vérité »
dont témoignaient ces personnes, que j’ai enfin trouvé la véritable
compassion, qui ne consiste pas à dire à quelqu’un « fais ce que tu
veux, tant que tu ne fais de mal à personne, c’est pas grave 
» mais de
s’intéresser en vérité à la vraie dignité de la personne
. Ne plus être
réduit à l’homosexualité, mais avoir été regardé comme une personne à
part entière, dont la dignité dépasse cette étiquette d’homosexuel,  m’a
libéré.

J’ai lu, hier ou
avant-hier, une personne en faveur du mariage gay dire que l’Eglise et
les personnes contre le projet de loi allaient contre la liberté des
personnes homosexuelles. Moi je veux dire que c’est dans l’Eglise que
j’ai trouvé la liberté
. J’ai mis du temps à accepter l’enseignement de
l’Eglise, mais je l’ai fait librement, jamais personne ne m’a incité, ou
forcé à ne plus vivre l’homosexualité, on me donnait l’enseignement de
l’Eglise et on me l’expliquait, mais on me laissait libre de le suivre
ou non… Pas comme la pensée unique dominante ou là, vous n’avez pas
d’autre choix que d’y croire… C’est dans l’Eglise que j’ai trouvé la
liberté, parce-que c’est l’Eglise, par son enseignement, qui m’a fait
comprendre que mon mal être, et ma recherche effrénée de reconnaissance
étaient simplement dus au fait que je n’étais pas libre, mais enchainé
par mes pulsions et mes désirs impossibles.

Tout
ce développement un peu long pour témoigner, et dire que non, l’Eglise
n’est pas homophobe, non, les opposants au projet de loi ne sont pas des
affreux homophobes, mais qu’au contraire, beaucoup d’entre eux
témoignent d’un plus grand respect et d’une véritable considération pour
les personnes homosexuelles, qu’elles ne les réduisent pas à cette
étiquette
, mais voient en elles, des enfants Aimés de Dieu dont la
dignité se trouve justement là. Beaucoup de personnes en faveur du
projet de loin font, consciemment ou non, de l’homosexualité un facteur
excluant, quelque-chose qui vous rend à part
. Dans l’Eglise, rien de
tout cela… vous êtes appelé, comme n’importe qu’elle autre personne à
vous détacher de vous-même pour suivre Celui qui est le Chemin, la
Vérité, et la Vie. Chaque personne a ses difficultés qui lui sont
propres. Est-ce que le chemin est plus facile pour une personne
célibataire ?  Une personne mariée ?  Je ne le crois pas, nous avons
tous nos difficultés et nos impossibilités et je ne crois pas qu’il est
bon de créer une hiérarchie dans tout cela, mais qu’au contraire,
lorsque le Seigneur permet une difficulté, je crois qu’Il nous donne
toujours une grâce particulière pour pouvoir faire de cette difficulté
une force. Est-ce que, si j’en avais la possibilité, je demanderais à
Dieu de me « rendre » hétéro pour me marier, avoir une famille… ? Non,
parce-que je crois que, dans ce qu’Il a permis pour moi, Il m’a donné
une grande chance, celle de pouvoir me consacrer totalement à Lui, ce
qui, au final, est le seul chemin de vie possible, pour chaque personne,
quelle que soit la vie à laquelle elle est appelée.

Je
pense aujourd’hui à ceux qui s’engagent médiatiquement pour dire leur
opposition à ce projet et qui sont la cible de toutes les critiques et
du lynchage médiatique et politicien. Je pense à toutes ces personnes
dont j’ai vu les comptes twitter envahis d’insultes et de mépris, au nom
de la tolérance, et je voudrais très sincèrement, et du fond du cœur,
vous remercier, pour votre engagement. Sans des personnes comme vous,
sans l’Eglise, j’en serais encore à rechercher la reconnaissance dans un
mode de vie qui jamais ne m’aurait apporté ce que je cherchais
réellement
. «La Vérité vous rendra libre», parfois on ne veut pas
l’accepter, on met souvent du temps, mais quand on finit par n’en plus
pouvoir, et qu’on se laisse aller à la confiance… on découvre un trésor
que l’on ne soupçonnait pas, la vie avec le Christ, le Seul qui peut
réellement combler tous nos vides et nous relever, si on veut seulement
Le laisser faire."

14 réflexions au sujet de « Témoignage d'une personne homosexuelle : "c’est dans l’Eglise que j’ai trouvé la liberté" »

  1. loras MT

    Personnellement, j’ai beaucoup d’ admiration pour les homos qui cherchent la lumière. Si j’avais eu un enfant comme cela, je l’aurais écouté encore plus pour le comprendre, mais j’imagine qu’il m’invite à son mariage: je n’aurais pas pu, cela aurait voulu dire qu’il serait rentré dans le jeu des lois de l’état en opposition à la loi naturelle, inacceptable, comme l’avortement, l’euthanasie….l’état serait donc responsable du diffèrent qui s’établirait entre moi et lui, alors qu’au départ il n’y aurait qu’amour.

  2. beij

    Merci à vous, Monsieur.
    Et je rumine, en vous lisant, d’autres paroles et d’autres textes.
    Parmi ceux-ci, un passage de la seconde épître de saint Paul aux Corinthiens : “(…) il m’a déclaré : ” Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse.” C’est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. C’est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ ; car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.”
    Par ces mots maladroits, ma gratitude, par vous, Monsieur, à Notre Seigneur.

  3. beij

    Et puis il y a aussi cette phrase de Gustave Thibond, je crois, pour faire suite à mon commentaire précédent :
    “L’âme, à la différence du corps, se nourrit de sa faim”.
    Elle fait écho à votre : “Chaque personne a ses difficultés qui lui sont propres. Est-ce que le chemin est plus facile pour une personne célibataire ? Une personne mariée ? Je ne le crois pas, nous avons tous nos difficultés et nos impossibilités et je ne crois pas qu’il est bon de créer une hiérarchie dans tout cela, mais qu’au contraire, lorsque le Seigneur permet une difficulté, je crois qu’Il nous donne toujours une grâce particulière pour pouvoir faire de cette difficulté une force.”

  4. NARCORMANEILLE

    Merci monsieur et à Dieu Trinité de vous avoir pris sous son aile de bonté dans la vérité.
    Le problème de fond du projet de loi du gouvernement est qu’il est fondé sur un mensonge incroyable qui est un véritable déni d’humanité, déni de la réalité humaine ratifiée par des millénaires : prétendre que les duo d’hommes ou de femmes s’est la même réalité que le couple homme, femme – que l’impasse de la stérilité des deux premières formes seraient similaire à l’union jusqu’à l’unité féconde du couple d’où la société tire sa perpétuation – est le mensonge du projet.
    Le problème est l’exploitation des gens comme vous, qui sont des personnes pourtant et à qui bizarrement les médias complices de la propagande en cours ne donnent pas la parole. Elles qui ont si peu besoin de démagogie, d’être poussées sur la pente savonneuse sur laquelle glisser est si facile, toujours si tentant alors que leur vrai besoin vital est de rencontrer des personnes en vérité, dans la vérité salutaire portée, proclamée par l’Eglise catholique et ses fidèles fussent-ils imparfaits ; ils le savent, ils s’en confessent et s’y attachent plus encore tels les Bergers à la lumière de Noël qui nous fait nous agenouiller devant l’Enfant-Dieu qui, venant nous trouver, nous fait nous retrouver nous-même en conscience dans la réalité de notre humanité : homme et femme, Il les créa…
    Le problème de fond est le mensonge de type totalitaire à la base du projet qui le rend de facto irrecevable. On ne peut concevoir un droit basé sur un mensonge anthropologique.
    Au 13 janvier 2013 pour la défense de la famille, du couple et des droits irréductibles des enfants à grandir entre papa et maman, de la vie humaine fruit de la rencontre entre l’homme et la femme réunis par les liens du mariage tels que Dieu, notre créateur, les a voulus et institués, et tel que le droit français encore aujourd’hui en a conservé sagement l’empreinte.

  5. baroud

    J’ai pleuré de joie et d’émotion en lisant ce magnifique témoignage et cette sincérité modeste et émerveillée de cette foi toute neuve qu’il a découverte dans sa solitude. Il n’est plus seul désormais Le Seigneur est là pour l’accompagner. La foi est le plus beau des cadeaux.

  6. richard

    Merci de votre témoignage qui nous élève tous, car homosexuel ou hétérosexuel… l’important est de se savoir aimé et attendu par Dieu en vérité de ce que l’on est et si on répond à son attente et à son amour, on est purifié et comblé, on sait pour Qui on se donne, c’est toujours une épreuve mais on ne gagne rien sans effort.

  7. de Lestrange

    Cher Monsieur, je suis prêtre, et je me rapppelle, il y a bien des années, avoir fait de l’évangélisation dans la rue. J’ai eu une longue conversation avec un alcoolique qui, sous cette dépendance, cachait son désespoir d’être homosexuel. Je lui ai dit: “tu n’es pas homosexuel, tu es fils de Dieu. Confesse-le dans les jours qui suivent”. J’ai rencontré cet homme dans les semaines qui ont suivi, transformé. Je ne sais ce qu’il est devenu, mais, ce qui est vrai, c’est qu’on ne peut réduire une personne en disant d’elle: “tu es homosexuelle”. Amicalement. Père Geoffroy.

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