Archives par étiquette : l’Iran

Le Liban toujours plus sous la coupe de l’Iran

De Bernard Antony :

"Il y a quinze jours, à Beyrouth, au siège du parti Kataëb, notre ami Samy Gemayel [photo], son président, nous recevait longuement, bien qu’il fût en en pleine campagne électorale. Il nous disait :

Unknown-29« L’Iran n’a plus besoin d’ambassade au Liban ; avec le général Aoun, plus que soutenu, complètement tenu par le Hezbollah, il est à la présidence de la République ; il est à la présidence de l’Assemblée nationale avec le chiite Nabi Berry ; il y dispose de la majorité avec ses alliés aounistes. 

Enfin, avec le Hezbollah, qui n’est pas seulement un parti mais est devenu plus qu’une milice, une armée qu’il a puissamment équipée, qu’il encadre et commande, l’Iran domine de fait, insupportablement, notre pays. Face à cela, nous maintenons et défendons coûte que coûte ce qui reste de liberté au Liban dont nous voulons réaffirmer le droit à la souveraineté ».

Car, après le départ des occupants syriens en avril 2005, leur allié du Hezbollah libanais ne s’était pas volatilisé, au contraire, maintenant fortement ses positions dans la Bekaa et surtout au sud, le long de la frontière avec Israël. La guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah ne fut pas décisive, marquée plutôt par un échec pour l’armée hébreue, laissant sur le terrain beaucoup de ses excellente chars d’assaut Merkava.

Depuis, le Hezbollah s’est fortement renforcé, recevant notamment des pasdarans iraniens (« gardiens de la révolution ») une dotation de plusieurs milliers de missiles balistiques constituant un danger pour Israël malgré, jusqu’ici, le très

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L’Algérie et le Maroc dans les mailles du conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran

Analyse de Bernard Lugan :

"La rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Iran intervenue au mois d’avril 2018 constitue un des derniers épisodes du conflit opposant l’Arabie saoudite à l’Iran. Elle complique encore davantage les relations entre un Maroc aligné sur Ryad et une Algérie veillant à conserver son autonomie par rapport au système d’alliance saoudien. Constitué autour des monarchies du golfe (sauf le Qatar), ce dernier est soutenu directement par les Etats-Unis et indirectement par Israël.

Le contexte est clair : l’Arabie saoudite connaît ses faiblesses face à l’Iran. Elle sait que, seule, elle serait militairement balayée. Elle a conscience que sa famille royale est haïe par des populations qu’elle méprise depuis des décennies. Elle n’ignore pas que sa légitimité historique et religieuse est discutable et que, si elle a pu s’emparer des lieux saints de l’Islam, ce fut grâce aux anglo-saxons. Pour assurer sa survie, elle doit rassembler autour d’elle tous les « Arabes » (lire les sunnites), contre l’ennemi séculaire perse (lire les chiites). En même temps, elle cherche à donner une nouvelle image d’elle en finançant de colossales campagnes de publicité dans la presse occidentale vantant l’aggiornamento qui en ferait désormais un pays ouvert, moderne et tolérant…

Avec la guerre en Syrie, Ryad a amorcé la constitution d’une alliance offensive contre le « terrorisme iranien ». La manœuvre est cousue de fil blanc car le terrorisme islamiste n’est pas chiite, mais sunnite. Nulle marque de chiisme en effet dans les attentats de septembre 2001, dans ceux qui ont frappé

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Comprendre l’Iran avec Thomas Flichy de Neuville

Le 9 mai sur Radio Notre-Dame, Louis Daufresne a reçu Thomas Flichy de Neuville, spécialiste de l’Iran et professeur à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Il a publié « Le Retournement Trump » (Cerf). Il explique ce qu’est l’Iran en dehors des représentations qu’en font les diplomaties américaine et israélienne.

Donald Trump a annoncé mardi 8 mai le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions économiques. Mais la société iranienne n’est pas forcément comme celle décrite parles USA : dangereuse et extrémiste. « Il faut se balader dans Téhéran pour en voir la diversité », révèle Thomas Flichy de Neuville. Pour lui, l’Iran est singulière, car c’est un endroit source de créativité. « C’est le laboratoire de l’innovation du monde musulman », explique-t-il. C’est le cas pour la technique mais aussi la poésie. Certains leaders réformistes venaient de cercles poétiques. Il y a aussi une habitude du débat, non pas sur les fondements religieux, mais sur les mœurs ou la pratique. « L’Iran est à la fois enracinée dans une identité religieuse et culturelle et ouvert sur le monde ».

Pour mieux cerner l’Iran, il faut étudier la religion majoritaire : l’islam chiite. Sur trois points différents, il existe une proximité avec le catholicisme.

  • C’est d’abord une religion messianique avec l’attente de l’imam caché qui doit revenir sauvé les chiites.
  • Le deuxième point, c’est le rôle d’intercession des imams, entre les vivants et les morts. Quand les imams meurent, ils deviennent des

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Le Liban, de nouveau au centre du conflit entre l’Iran et l’Arabie

Unknown-37La démission surprise du Premier ministre libanais Saad Hariri, proche de l'Arabie saoudite et critique du Hezbollah pro-iranien, fait craindre que le Liban ne plonge dans de nouvelles violences. C'est depuis l'Arabie Saoudite, pays dont il a la nationalité, que l'annonce a été faite. En ligne de mire : l'omnipotence du Hezbollah. En démissionnant, Saad Hariri a dénoncé la "mainmise" et "l'ingérence" de l'Iran dans les affaires libanaises à travers son allié le Hezbollah. Ce parti politique armé est membre du gouvernement de Saad Hariri formé il y a moins d'un an.

Le Liban est depuis plus d'une décennie profondément divisé entre le camp emmené par M. Hariri, un sunnite soutenu par l'Arabie saoudite, et celui dirigée par le Hezbollah chiite, appuyé par le régime syrien et l'Iran. Son départ intervient dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre Ryad et Téhéran.

Les analystes n'écartent pas la possibilité d'une offensive contre le Hezbollah, que ce soit de la part de l'Arabie saoudite ou, plus probable, d'Israël.

Le patriarche d’Antioche des maronites, le cardinal Boutros Bechara Raï, va se rendre ces prochains jours en Arabie saoudite et y rencontrer le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane. Sa visite à Riyad suit celles de Samir Geagea (Forces libanaises) et de Sami Gemayel (Kataeb) en septembre, et du Premier ministre Saad Hariri fin octobre. L’Arabie saoudite est en train de s’assurer de ses alliés libanais chrétiens et sunnites contre les chiites du Hezbollah.

D’autre part il y a le contexte interne à

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Risque d’escalade entre l’Arabie saoudite et l’Iran ?

Romain Caillet, spécialiste du Proche et du Moyen-Orient, décrypte sur Europe 1 la crise diplomatique entre Ryad et Téhéran suscitée par l’exécution de 47 "terroristes", dont le chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr.

Images-3"Je ne pense pas qu'il y aura un conflit armé entre Arabie Saoudite et l'Iran". "La preuve : quand l'Arabie saoudite était intervenue militairement au Yémen pour frapper la rebellion chiite qui était soutenue par l'Iran, l'Iran n'est pas intervenu. Ce que peut par contre faire l'Iran, c'est instrumentaliser les populations chiites en Arabie saoudite et apparaître finalement comme le protecteur d'une minorité chiite saoudienne".

Les 47 personnes exécutées samedi par l'Arabie saoudite sont présentées comme des terroristes. L'étaient-elles réellement ?

"Pour la quarantaine de militants d'Al Qaeda qui ont été exécutés, on peut les considérer comme des terroristes au regard des critères occidentaux". "En revanche pour le dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, c'est un peu plus compliqué, même si les Saoudiens lui reprochent surtout d'avoir appelé à l'insurrection, et d'appeler à tirer sur les forces de l'ordre. En revanche, c'est factuel, il n'a pas été impliqué dans des attentats contre des civils ou des occidentaux."

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Une lutte entre l’Arabie saoudite et l’Iran pour la suprématie régionale

Marc Fromager, directeur de l'Aide à l'Eglise en détresse, écrit dans Le Figarovox :

P"Je rentre de Syrie. Ce pays, qui fut merveilleux, le demeure un peu en dépit de plus de quatre années de guerre acharnée. Cette guerre, que l'on persiste à nous décrire comme étant civile, oppose l'Etat syrien à un conglomérat de milices djihadistes, pour la plupart composées d'étrangers (tchétchènes, soudanais, algériens, français, …) et largement financées par des pays étrangers.

[…] Sur place, certains s'attendent à une amélioration de la situation avant la fin de l'année. Les cartes sont en train d'être redistribuées, les Russes et les Américains se seraient mis d'accord et le pays, peut-être, parviendrait à survivre à une destruction programmée. Pragmatiques, les Américains se rendent compte que l'opération est en train d'échouer et comme ils souhaitent maintenant se rapprocher de l'Iran, soutien de la Syrie, le panorama moyen-oriental est brusquement en train d'évoluer.

Dans ce contexte, seule la France persiste ouvertement à réclamer l'élimination de Bachar el-Assad, ce qui démontre soit un entêtement totalement déconnecté de la réalité du terrain, soit une capitulation effective devant les intérêts de la péninsule arabique qui, elle, poursuit son rêve de renverser le régime syrien pour des raisons à la fois politiques et énergétiques.

Nous sommes aujourd'hui plongés dans une guerre entre sunnites et chiites qui n'est pas réellement une dispute doctrinale mais bien plus une lutte entre l'Arabie saoudite et l'Iran pour la suprématie régionale. Pour briser l'arc chiite (Iran, Irak –

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Contre Daesh, il faut aider la Syrie, l’Iran et l’Irak

Le général Jean-Bernard Pinatel (II° section) tient le blog Géopolitique et géostratégie. Il répond au Figarovox :

Jean-Bernard-PINATEL"La France ne doit pas intervenir au sol en Syrie. Nous devons en revanche fournir un appui logistique, technique et financier à ceux qui combattent déjà Daech sur le terrain, comme le font les Russes. Il faut aider les trois pays en première ligne: l'armée syrienne loyaliste, l'Iran et l'Irak. Oui, il s'agit de dictateurs ou de milices mais ils représentent un moindre mal par rapport au mal absolu qu'incarne Daech. D'ailleurs, en laissant entendre qu'il veut combattre Daech en Syrie, c'est le revirement politique auquel Hollande s'est résolu.

Jusqu'alors la France avait choisi de déstabiliser Assad tout en combattant Daech via des frappes aériennes en Irak. Or on ne peut pas jouer sur ces deux tableaux. Il est temps d'abandonner le rêve du Printemps arabe, le rêve d'imposer la démocratie par les armes en faisant tomber Assad. Il doit être notre ami provisoire car il est aussi l'ennemi de notre ennemi absolu. Sur le terrain, les militaires connaissent leur travail. La France doit aider les Etats syriens et irakiens en leur fournissant les systèmes d'armes, le renseignement, la logistique et la formation dont ils ont besoin. Il faut également améliorer l'efficacité des frappes aériennes en envoyant en première ligne des forces spéciales pour guider les tirs et éviter autant que faire se peut de tuer les civils dont Daech se sert comme bouclier. Evidemment cette action doit être coordonnée avec tous les acteurs intervenant sur

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Si l’Iran a la bombe, Israël voudra la bombe…

François Hollande avait promis ne pas donner d'entretien à l'Elysée. Quitte à ne plus être crédible, autant passer pour un idiot jusqu'au bout.

Lors de son entretien du 14 juillet, François Hollande est revenu sur l’accord sur le nucléaire iranien. Voulant justifier l’interdiction faite à l’Iran de posséder la bombe nucléaire, il a pointé le risque de prolifération :

« Si l’Iran a la bombe, l’Arabie saoudite et Israël voudront la bombe… » 

Israël est déjà une puissance nucléaire.

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