Archives par étiquette : défense

Budget de défense : l’Armée doit-elle combattre avec les mains ?

I3323-11Emmanuel Macron a sorti cette phrase incroyable à l'encontre du général Pierre de Villiers :

"Moi j’ai des soldats sur des théâtres d’opérations, des gens qui attendent beaucoup, je les respecte, je leur dois, la protection : l’intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels".

En effet, ce sont les industriels qui vont pâtir des 850M€ en moins dans le budget des Armées, dans la mesure où il semble impossible de ne plus verser les soldes aux militaires ni d’arrêter les opérations en cours, comme Barkhane, Chammal ou Sentinelle. Le plus simple est donc de reporter des commandes, soit en matière d’acquisitions, soit pour le maintien en condition opérationnelle. Le potentiel des armées va donc en souffrir.

Or, cela fait des décennies que les armées souffrent du report de commandes de matériel. Prenons le cas de l'Armée de Terre. C’est en 1976 que le 1er Régiment d’Infanterie accueillait le premier VAB, fruit d’un programme lancé en 1970 par Robert Galley, alors ministre de la Défense. Le ministère de la Défense en commanda 4000 exemplaires. Plus de 40 ans plus tard, les VAB sont encore en service au sein de l’armée de TerreEn mai 2016, de retour du Sahel, NKM avait constaté la vétusté des matériels français :

"Il y a effectivement un problème de matériel. C’est d’abord un problème de quantité. Il n’y a, par exemple, pas assez d’hélicoptères. Lors de mon passage à Madama, dans l’extrême nord du Niger, il n’y en

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Le président LREM de la commission de la défense de l’Assemblée défend le chef d’Etat-major des Armées

Unknown-5Après le chef d'état-major Pierre de Villiers, c'est au tour de Jean-Jacques Bridey de faire connaître son profond désaccord avec les coupes budgétaires imposées aux armées en 2017. Le président LREM de la commission de la défense de l'Assemblée, et conseiller défense d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, "regrette" le "choix" d'imposer 850 millions d'euros d'économies au ministère de la Défense en 2017.

"C'est un choix. Personnellement, je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire 4 et quelques milliards d'économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva."

La veille, Emmanuel Macron avait tenté de trancher le débat dans une déclaration sèche devant les militaires :

"Je considère qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique. J'ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire".

De nombreux militaires ont jugé le moment de remontrances du président de la République "douloureux" et le propos "excessif" voire "humiliant".

Jean-Jacques Bridey avait déjà pris la défense du général de Villiers, à l'issue de l'audition du général par la commission de la défense :

"Quand le chef d'état-major dit qu'il faut des moyens, ce n'est pas du chantage. Si

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Budget de la défense : qui croyait qu’Emmanuel Macron respecterait sa promesse ?

Tentative de synthèse d'un spécialiste des questions de défense :

  • tel que voté à l’automne 2016, [le budget de défense] était en hausse de 600 millions par rapport à celui de l’année précédente.
  • en début d’année, 2,7 milliards ont été « gelés » et non annulés.
  • aujourd’hui on annonce 850 millions en moins. Ces 850 millions ne font pas partie du budget initial de 2017, mais ils devaient venir financer les opérations extérieures et intérieures de l’année en cours, pour lesquels seuls 450 millions étaient inscrits au budget initial – sachant que les opex et opint devraient s’élever à 1,3 milliards cette année. Traditionnellement, cette complément provenait d’un financement interministériel (dont la défense prenait une part d’environ 18%) – cette année, il devrait donc être entièrement supporté par la Défense.
  • le ministère des Armées compte toujours sur les dégels des 2,7 milliards, desquels il faudra donc retirer ces 850 millions.
  • Résultat, en l’était actuel des choses : le budget 2017 ne devrait pas augmenter par rapport à celui 2016 et pourrait même légèrement baisser.

Cela change de la campagne :

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La France sans défense ?

Comme cela n’aura échappé à personne, le premier gouvernement, Macron regnante, voit le ministère de la défense remplacé par le ministère des armées. On ignore encore les conséquences en terme d’organisation que produira ce changement d’appellation, mais dores et déjà se posent des questions relatives aux relations de subordination futures entre le Chef d’état-major des armées et le Président de la République, chef des armées, dans la planification et la conduite des opérations, et la place d’une ministre désormais en charge des seules armées.

De façon plus globale, et plus grave, cette évolution pose la question de l’avenir de la Défense de la France, et de la dévolution de l’ensemble des questions qui y ont trait au sein du gouvernement.

En soi, dans un pays qui serait guidé par une vision régalienne du Bien Commun, un tel changement de nom, non seulement ne serait pas une hérésie, mais serait une évolution positive s’il était accompagné d’une vision stratégique claire de la dimension interministérielle permanente de la défense nationale, et du rôle de direction, de commandement et de contrôle, au sens régalien du terme, attribué au premier ministre en la matière, dans l’esprit de l’Ordonnance de 1959, abrogée au début des années 2000. Rappelons au passage que le Premier ministre, selon les termes de l’article 21 de  la constitution de la Vè République, est « responsable de la défense nationale », et que l'appellation "nouvelle" avait cours jusqu'en 1974.

Or à ce stade de la communication gouvernementale, rien ne semble avoir

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En défense de Sens commun

Unknown-19Il fallait s’y attendre. Certains caciques LR, anxieux de laisser passer des prébendes, cherchent à donner toujours plus de gages au successeur de M. Hollande, le sémillant M. Macron. Et il n’était pas difficile de deviner quels gages il leur faudrait apporter dans la corbeille de la mariée : la tête de ceux qui, vaille que vaille, avaient défendu les convictions de droite durant cette campagne surréaliste – et tout particulièrement celle de Sens commun. Comme la plupart des lecteurs du Salon beige le savent, j’ai fait, pour ma part, un choix différent de Sens commun aux primaires, préférant soutenir Jean-Frédéric Poisson qui me semblait plus cohérent et plus proche de nos convictions que tout autre candidat. Mais ces choix différents ne m’empêchent pas d’admirer l’engagement de nos amis de Sens commun et d’être écœuré par les attaques des Estrosi, des Chatel, des Lagarde, des Juppé ou des Bussereau.

C’est très largement grâce à la mobilisation du peuple de droite, déçu par le quinquennat de Nicolas Sarkozy et inquiet des dérives soixante-huitardes du programme d’Alain Juppé, que François Fillon a remporté la primaire.

C’est encore ce peuple de droite qui a sauvé la tête du candidat quand tous les caciques appelaient à le remplacer et qu’en trois jours, fut organisé un rassemblement monstre au Trocadéro pour s’opposer aux manipulations du clan Hollande et au diktat des juges et des médias « bien-pensants ».

Ce peuple de droite ne demandait rien en échange. C’est sans doute cela qui a troublé les hiérarques. D’habitude, il y

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Le Pen et Macron face aux enjeux principaux de la défense de la famille et de la filiation

Capture d’écran 2017-04-24 à 21.01.01Le site Boomerang animé par La Manif Pour Tous a été actualisé : les positions des 2 finalistes sur les questions familiales sont en ligne. Extraits

Mariage :

  • Marine Le Pen : Créer une union civile (PACS amélioré) qui viendra remplacer les dispositions de la loi Taubira, sans effet rétroactif.
  • Emmanuel Macron : Nous défendrons le mariage pour tous, qui est un acquis fondamental du quinquennat

Location d'utérus (GPA) : 

  • Marine Le Pen : Face aux pressions d’autorités supranationales, maintenir l’interdiction de la GPA
  • Emmanuel Macron : je m’engage à ce que les enfants issus de la GPA nés à l’étranger voient leur filiation reconnue à l’état-civil français.

Genre :

  • Marine Le Pen : vous avez quelque part, comme les socialistes d’ailleurs, toujours une petite tendance, une petite dérive totalitaire.
  • Emmanuel Macron :  Oui, il convient de mener une réflexion prospective sur l’enregistrement à l’état civil des personnes intersexuées

Natalité :

  • Marine Le Pen : Mettre en œuvre une vraie politique nataliste réservée aux familles françaises, en rétablissant l’universalité des allocations familiales et en maintenant leur indexation sur le coût de la vie.
  • Emmanuel Macron : nous défendrons le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). 

Ecole :

  • Marine Le Pen : Garantir la liberté de scolariser ses enfants selon ses choix
  • Emmanuel Macron : la lutte contre la haine anti-LGBT doit être abordée dans le cadre de l’enseignement moral et civique

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Donald Trump choisi un chrétien pro-vie pour la Défense

Capture d’écran 2017-04-06 à 19.47.17Le président Trump a choisi un membre du Tea Party, un chrétien conservateur pro-vie et un ancien chirurgien de l'armée américaine, comme secrétaire à la Défense. S'il est approuvé par le Sénat, le sénateur de l'État du Tennessee, Mark Green, comblerait le poste occupé par Eric Fanning, nommé en 2016 par l'ancien président Obama surtout pour son homosexualité revendiquée.

Green, qui est devenu sénateur en 2012, pro-Reagan, est un conservateur chrétien, un vétéran, un père de 2 enfants, un mari et un homme d'affaires, ancien officier de l'armée et diplômé de West Point, populaire parmi les républicains du Tea Party.

La sélection de Green vient après celle de l'homme d'affaire Vincent Viola, qui a renoncé à sa nomination le mois dernier, ne pouvant pas abandonner ses affaires suffisamment.

Le lobby LGBTQ craignent que Green ait parrainé le projet de loi SB 127 qui cherchait à protéger les chefs d'entreprises pour qu'ils ne violent pas leur conscience religieuse et morale en participant à des cérémonies homosexuelles.

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Laurent Dandrieu : faire de l’amour et la défense de la patrie un principe non négociable 1/2

Suite à la lecture de son ouvrage sur l'Eglise et l'immigration, le grand malaise, nous avons interrogé Laurent Dandrieu. Nous le remercions pour ses réponses, publiées en deux parties. Voici la première :

Vous évoquez cet épisode de la fuite de la Sainte Famille en Egypte, comme l'un des arguments récurrents de la hiérarchie catholique actuelle pour justifier l'accueil des immigrés. Mais cet argument ne se retourne-t-il pas contre cette idée d'un droit illimité à l'immigration puisque la Sainte Famille, qui fuyait la sanglante persécution d'Hérode, est retourné ensuite vivre à Nazareth ?

Couv defC’est en effet une référence récurrente dans le discours ecclésial sur l’immigration. Le premier texte magistériel sur la question, la Constitution apostolique Exsul Familia que publie Pie XII en 1952, s’ouvre d’ailleurs par cette phrase : « La famille de Nazareth, Jésus, Marie, Joseph en exil, émigrant en Égypte et s’y réfugiant, pour échapper à la fureur d’un roi impie, telle est l’image, le modèle et le soutien de tous les émigrants et pèlerins de tous les temps et tous les lieux, de tous les exilés de quelque condition qu’ils soient, qui, chassés par la crainte des persécutions ou par la misère, se voient contraints d’abandonner leur patrie, de quitter leurs chers parents, leurs proches, leurs amis, et de gagner une terre étrangère. » Dans son message pour la Journée mondiale des migrants, en 1988, Jean-Paul II écrit pour sa part : « La Sainte Vierge, en vérité, par la façon dont elle vécut son histoire humaine,

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Laurent Dandrieu : faire de l’amour et la défense de la patrie un principe non négociable 2/2

La première partie de cet entretien est à retrouver ici.

Au sein de l'Eglise, le débat sur l'immigration doit-il en rester uniquement au niveau théologique, philosophique et/ou moral ? Serait-il possible d'avoir un débat sur le plan démographique ? Autrement dit, en refusant d'aborder les chiffres concrets, n'y a-t-il pas un déni du réel ?

Dandrieu © Bruno KleinLe fait est que le discours de l’Église, sur ces questions, n’aborde quasiment jamais la dimension collective du problème. Elle parle d’individus, de familles, jamais de masse considérables. Quand le pape François, qui reconnaît que nous faisons face à une « invasion », mentionne cette dimension collective, c’est toujours pour inviter à ne considérer malgré tout les migrants que sous l’angle personnel : « Nous ne devons pas reculer devant leur nombre, mais plutôt les voir comme des personnes, en les regardant en face et en écoutant leurs histoires », déclare-t-il ainsi, en septembre 2015, devant le Congrès des États-Unis. L’Église, par ailleurs, parle toujours du migrant avec un grand “M” : c’est un migrant abstrait, sans origine déterminée, qu’il faut accueillir quoiqu’il arrive, en respectant sa culture et sa religion d’origine, quelle qu’elles soient, puisque l’Église condamne de manière répétée toute politique d’assimilation (« On doit en effet exclure aussi bien les modèles fondés sur l’assimilation, qui tendent à faire de celui qui est différent une copie de soi-même, que les modèles de marginalisation des immigrés, comportant des attitudes qui peuvent aller jusqu’aux choix de l’apartheid », écrit ainsi Jean-Paul II dans son message 2005).

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