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Suspension du chantier à Saint-Pierre de Colombier : “Leur combat idéologique s’est habillé de prétextes écologiques”

Suspension du chantier à Saint-Pierre de Colombier : “Leur combat idéologique s’est habillé de prétextes écologiques”

Dans son dernier numéro de février 2021, l’Homme Nouveau donne la parole au père Bernard, supérieur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame. Cet interview lui permet de présenter cette communauté dynamique et de faire le point sur le projet de construction d’un site dédiée à la Vierge Marie auquel s’opposent depuis plusieurs années des écolo-gauchistes. Extraits :

Vous avez commencé des travaux en 2019.Quel est l’objectif du site Notre-Dame des Neiges ?

L’objectif est double : accueil des pèlerins de plus en plus nombreux et service liturgique de la communauté qui grandit. Le village de Saint-Pierre-de-Colombier dans lequel se construit le site est le centre spirituel de la Famille missionnaire Notre-Dame (FMND). Le Père Lucien-Marie Dorne, notre fondateur, y a été nommé curé par Mgr Couderc, l’évêque de Viviers, le 11 février 1946. Le 15 décembre de la même année, l’évêque a béni la statue de Notre-Dame des Neiges, érigée au-dessus du village et il a accepté la fondation de la première « équipe » de Notre-Dame des Neiges – à l’origine des apôtres de l’Amour – sous la responsabilité de Mère Marie-Augusta. Nos fondateurs, dès 1947, ont eu le projet de construire un sanctuaire dédié à Notre-Dame des Neiges à proximité de la statue. Ils n’ont pas pu réaliser ce projet, parce que pèlerinage et communauté n’étaient pas assez développés.

Quelles ont été les étapes pour arriver au permis de construire ?

Le 8 mai 2015, il nous a été proposé un terrain suffisamment grand pour construire le sanctuaire et ses annexes. J’ai fait part de notre projet, le 26 septembre 2015, à notre nouvel évêque, Mgr Jean-Louis Balsa. Il m’a dit de lui présenter les plans dès qu’ils seraient prêts et qu’il serait heureux de bénir notre sanctuaire. Le 6 janvier 2016, en présence de soixante-dix membres de la communauté, il a renouvelé explicitement son soutien. Forts du soutien oral de notre évêque, nous avons rencontré Mme le sous préfet et le secrétaire général de la sous-préfecture pour monter notre projet. Nous avons rencontré tous les responsables de l’administration dont l’architecte des bâtiments de France, qui l’a validé, considérant qu’il s’inscrivait bien dans le site naturel du lieu-dit « Les Chambons ». Fin juin 2018, j’ai annoncé aux membres du conseil presbytéral de Viviers et à notre évêque, que nous allions déposer le permis de construire. Celui-ci nous a été délivré le 12 décembre 2018. Personne ne l’a contesté dans les deux mois légaux.

 Les travaux sont à l’arrêt. Pourquoi ?

Le groupe d’opposants « historiques » du village ne pouvait pas contester le permis de construire, qui était, selon les mots de Mme le préfet de l’Ardèche, « irréprochable ». Après le début des travaux, acceptés par la préfecture, ce groupe s’est allié avec des membres de l’extrême-gauche pour empêcher la construction du site. Leur combat idéologique s’est habillé de prétextes écologiques. La presse locale, régionale, puis nationale, a été alertée par eux et s’est emparée du sujet. Notre projet a été jugé pharaonique, gigantesque. On a parlé de « méga-église » qui aurait trois fois la capacité de la basilique Notre-Dame de Fourvière. Tout ce bruit pour dénigrer le projet et le rendre inacceptable. Le 13 juin 2020, des zadistes ont occupé le site. Mme le préfet les a faits évacuer. Le 16 juin, une réunion de conciliation avait lieu en préfecture de Privas avec nos opposants, des élus locaux, des membres de l’administration et nous. Un conseiller régional communiste et une députée européenne EELV étaient là pour soutenir nos opposants. Ils ont ensuite fait appel à Mme le ministre de l’Écologie pour lui demander de suspendre les travaux. Mme le préfet a pris un arrêté le 29 septembre pour interrompre tous les travaux sur le site. Nous attendons une décision cet été pour les reprendre.

D’où vient le pèlerinage à Notre-Dame des Neiges ?

La statue de Notre-Dame des Neiges est le fruit d’un vœu, formulé par quelques femmes de l’Action catholique, le 23 juillet 1944, si le village était protégé. Notre Père fondateur a encouragé les paroissiens à réaliser le vœu. Il a proposé le nom de Notre-Dame des Neiges pour la statue, parce que cette dévotion lui venait du scoutisme. L’évêque a béni la statue, le 15 décembre 1946. Le grand
pèlerinage se faisait chaque année autour du 15 décembre. Nous ne dépassions pas 400 pèlerins jusqu’en 1996, l’année du cinquantenaire. Nous nous sommes mobilisés pour inviter des pèlerins en chacun de nos foyers. 800 pèlerins ont répondu à notre appel. En l’an 2000, ils étaient 1 000 présents. Depuis quatre ou cinq ans, ce sont 2 000 pèlerins et dans dix ans, nous espérons en voir plus de 3 000 (…) Tous nos foyers organisent des cars ou des voitures. La dévotion au Cœur immaculé de Marie ne cesse de grandir (…)

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Pour soutenir la construction du site Notre-Dame des Neiges, vous pouvez vous rendre sur cette page dédiée ou visiter le blog du collectif “Pour notre vallée, la Bourges” créé par des laïcs et des entrepreneurs locaux impliqués par le chantier.

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8 commentaires

  1. Bien que ne partageant pas les idées des opposants, on est en droit de s’interroger sur la pertinence d’un projet aussi coûteux alors que la France compte bon nombre d’anciens monastères, prieurés et sanctuaires mariaux, qui n’attendent qu’une communauté pour en refaire un centre de rayonnement.

    • Si wnotre Dame a jusqu’ici beni ce sanctuaire, c’est qu’il doit continuer a grandir doucement.peut etre les catholiques du lieu veulent t’ils aller trop vitre.
      Il y a un moyen d’aller a la vitesse du bon Dieu c’est par l’amenagement de l’endroit pour recevoir les pelerins sous la tente.
      Les 2 grands pelerinages de Chartres montrent que il est possible d ‘organiser simplement l’Apport de l’eau et de toilettes camping et une possibilite de parking,
      La technologie des tentes montrent que des structures tres frandes sont possibles depuis fort longtemps(prendre ex sur les tres grands cirques.
      Si le nôbre de pelerins par jour est tres eleve et reste stable, des petites structures de demarrage en dur sont possibles et , la pauvreté des moyens et la debrouillardise plaisent a notre famille celeste.ne perdons jamais cela de vue.
      Tous les lieux de pelerinages multi-seculaires ont démarré tres lentement d’abod pendant de longues années, meme Lourdes.

      • @Chantal de Thoury
        Votre idée d’accueillir les pélerins sous des tentes est plaisante. Mais l’exemple du pèlerinage de Chartres, 1 fois par an à Pentecôte est parfaitement inadapté. À St Pierre, c’est plusieurs fois par an que des fétes y rassemblent de nombreux pélerins. Et le plus important rassemblement a lieu en décembre. En Ardèche, au mois de décembre, la météo est bien moins clémente qu’en Beauce au mois de juin.
        Allez passer une nuit sous la tente à St Pierre au début du mois de décembre et tirez-en vous-même les conclusions…

    • Parce que toute l’histoire spirituelle de cette communauté se trouve à Saint-Pierre de Colombier en Ardèche.
      Le jour où le sanctuaire de Lourdes veut s’agrandir, vous ne lui proposerez pas une église ou des bâtiments en Normandie…

      • Mettre sur le même plan les apparitions de Lourdes et l’histoire de cette communauté… La dévotion au Cœur Immaculée de Marie et le charisme de cette communauté n’a pas besoin d’un lieu précis. Ce n’est absolument pas le cas de Lourdes.

    • Votre observation cale sur la mauvaise volonté des institutions en général, judiciaire y compris, comme en témoigne l’attribution de l’Abbaye de Pontigny à un consortium hôtelier de luxe (Schneider) contre la Fraternité Saint Pierre qui voulait en faire un séminaire avec messe publique et proposait un prix plus élevé. Soyez conscient que les loges maçonniques veillent au grain plus que jamais pour extirper la foi catholique de France. Existe-t-il des bâtiments religieux à reprendre, certes mais laisse-t-on les religieux les acquérir, la réponse est non.
      Au surplus, le coût est supporté par le privé alors, où est le problème ?

      • Les diocèses Français possèdent encore un patrimoine immobilier et des sanctuaires mariaux, des basiliques inconnues dans des petites communes (Notre Dame des Enfants, Notre Dame de l’Epine par exemple). Des communautés sur le déclin cherchent peut-être des repreneurs. Partir de ce qui existe et a besoin d’être sauvé…

    • S’Il est bon que des rénovations de monastères, bâtiments religieux plus ou moins laissées à l’abandon aient lieu, cela arrive d’ailleurs, même en ce moment, il est bon aussi que chaque époque puisse voir la construction de nouveaux édifices religieux, et ce projet semble pertinent, réaliste, que ce soit spirituellement ou matériellement.

      Il est souhaitable de laisser à chaque communauté la liberté de ces choix, fonction de leur charisme, leur histoire, et aussi des fidèles qui y viennent…

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