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Pays : Italie

Surpopulation carcérale : l’amnistie est-elle une solution ?

Italyflag Le nouveau gouvernement italien a adopté une large amnistie, qui est entrée en vigueur la semaine dernière, libérant les prisonniers condamnés à des peines de moins de 3 ans (sauf exceptions : terrorisme, mafia, pédophilie, usure…).

Le Ministre de la Justice s’est réclamé de Jean-Paul II lors du vote de la mesure : en 2002, le Pape avait en effet appelé à une large amnistie pour désengorger des prisons surpeuplées (62.000 prisonniers pour 42.000 places aujourd’hui).

Le cardinal Martino, du Conseil pontifical Justice et Paix, a affirmé que l’amnistie "couronne le rêve de Jean-Paul II et aussi celui de Benoît XVI, qui est très sensible à la situation des prisons dans le monde."

Mais quelques jours seulement après les premières libérations, la mesure semble tourner au fiasco. The Independent de Londres raconte :

[L]es choses ont commencé à déraper dès le début, quand un prisonnier quiquagénnaire d’Udine s’est rendu directement de la prison chez son ex-femme et a tenté de la tuer. D’autres ont été rapidement arrêtés à nouveau […].

Antonio Mazzochi, député du parti de droite Alliance Nationale, a proposé que les 700 premiers prisonniers ré-arrêtés soient assignés à résidence au domicile des députés qui avaient voté en faveur de la mesure. […]

Si [le Ministre de la Justice] avait jeté une regard sur l’amnistie précédente [en 1990], il aurait su à quoi s’attendre. A l’époque, 8.451 prisonniers avaient été libérés sur une population carcérale totale d’environ 26.000. En six mois, le nombre de prisonniers était remonté à 30.000.

Alors, Jean-Paul II avait-il forcément tort ? Non.

Prison_bars2 L’échec semble d’abord dû à la précipitation et à l’impéritie du gouvernement italien : il y a dix jours, l’aumonier général des prisons rappelait, en vain, que si les détenus libérés n’étaient pas accompagnés, personne n’y gagnerait. (source)

Ensuite, le Pape appelait justement l’attention des responsables politiques sur le respect de la personne humaine dans des prisons surpeuplées, et demanda logiquement une amnistie. Il ne s’est pas engagé sur d’autres mesures relevant du seul politique : cela, c’est aux laïcs de le faire. En constatant par exemple que pour résoudre le problème de surpopulation carcérale et rétablir la dignité de la personne, en France comme en Italie, il faut d’abord construire (beaucoup) de nouvelles prisons.

Henri Védas

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5 commentaires

  1. Il faut quand même se rappeler que le Pape n’est infaillible que dans des circonstances très précises, et sur 2 sujets seulement : la foi et les moeurs (je ne suis pas sûre pour ce dernier point).
    En ce qui concerne la politique, il peut se tromper – comme tout le monde.

  2. “Sans Jésus, vous ne pouvez rien faire…”
    Dieu seul suffit pour nous sauver. L’eglise est en surabondance, charité fraternelle.
    La vie solitaire est très attaquée par le démon.
    St Jean « vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libres ».
    Le démon veut détruire la vie spirituelle des enfants de Dieu.
    Les responsables politiques , Ministres de la Justice ne cherchent pas la Verité ce qui se passe chez les condamné(e)s,les prisonniers sont-ils possédés? obssessions?

    CHERCHER LE BIEN ET LA VERITE.
    « fuyez le mal » dit Jésus

  3. Les victimes n’ont qu’à bien se tenir…!!!

  4. [Paraclet, pourriez-vous faire un effort de limpidité et de pertinence dans vos commentaires ? Et envisageriez-vous de changer de pseudo ? – nous trouvons un peu gênant celui que vous avez choisi. Merci ! HV]

  5. Ce qui se passe en Italie est une bonne préfiguration de ce que nous réserve la gauche si par malheur Mme Ségo venait à être élue:
    – Régularisation en masse des sans-papiers, créant un appel d’air supplémentaire à travers les frontières-passoires de l’Europe.
    On parle d’un million et demi de personnes.
    – Libération anticipée de dizaines de milliers de prisonniers, manière simpliste et néanmoins efficace de régler (provisoirement) le problème de la surpopulation carcérale.
    Sans vouloir salir la mémoire de notre regretté Saint-Père, il faut bien dire que certaines initiatives hors du champ de compétence de son infaillibilité n’étaient pas des plus heureuses.
    – Opposition à la peine de mort. Bcp de fidèles croient maintenant que la peine de mort est contraire à la foi Catholique.
    – Demande de pardon sur des sujets où (pardonnez-moi) l’Eglise n’a pas à demander pardon, confortant ainsi beaucoup d’ anti-Catho dans leur certitude d’une “culpabilité” sur les sujets les plus divers.
    – Libération de prisonniers sans souci des conséquences.
    etc…

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