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France : Politique en France

Subprimes : La Seine-Saint-Denis au bord de la faillite

S La dette de la Seine-Saint-Denis est composée à "plus de 96% d’emprunts toxiques", à taux variables, a révélé aujourd’hui Claude Bartolone, président PS du Conseil général. La dette du département s’élève à 808,26 millions d’euros. Ces emprunts à la mode subprimes

"pourraient dans le pire scénario augmenter de 60% les annuités de remboursement".

La charge annuelle de la dette, 47,5 millions d’euros en 2007, pourrait ainsi atteindre 75,7 millions si les banques révisaient les taux des emprunts. La Direction générale des collectivités locales, "garant de la sincérité budgétaire", n’aurait pas dû autoriser ce type d’emprunts, souligne-t-il en accablant ses prédécesseurs (communistes jusqu’en 2008 mais qui co-dirigeaient le département avec les socialistes). Les subprimes ne sont pas une spécificité américaine. A propos, je vous fais part d’une explication de ces crédit-pourris, fournie par un lecteur (merci à BL) :

B_2 "Mme. Georgette a une buvette. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients,tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée. Vu qu’elle vend à crédit, Mme Georgette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge. Le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Georgette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie. Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n’est capable de comprendre. Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d. les ardoises des ivrognes de Mme. Georgette). Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s’il s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays. Jusqu’au jour où quelqu’un se rend compte que les alcoolos du troquet n’ont pas un rond pour payer leurs dettes. La buvette de Mme Georgette fait faillite. Et le monde entier aussi."

Plus sérieusement, on lira avec intérêt cette analyse sur la cause étatique de cette crise, ou comment la déresponsabilisation du système bancaire par l’Etat est à la source des folies commises par ce système. Et ce n’est pas fini : si l’Etat couvre (ou assure) les dettes de la Seine-Saint-Denis, il est à craindre que la folie croisse. Injecter massivement l’argent du contribuable dans les banques, n’est-ce pas déresponsabiliser ces dernières et les inciter à prendre des risques ?

Michel Janva

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5 commentaires

  1. Oui, injecter déresponsabilise un peu les banquiers et créée, comme on dit dans le jargon, de l’aléa moral. Mais laisser tomber les banques, c’est s’exposer à plusieurs années de récession car c’est le coeur du système capitaliste.
    Il ne faut pas oublier que l’accélération de la crise est venu du refus de la réserve fédérale américaine de sauver un mauvais élève (Lehman Brothers).

  2. Ce n’est même pas ce qui s’appelle de l’économie de comptoir !
    c’est juste le mécanisme de titrisation. ( conversion d’une créance en un titre échangeable sur une bourse)qui est décrit.
    Dans le cas de la cuite décrite plus haut, l’équivalent de la crise des subprimes ce serait un type qui se fait passer pour un garçon de café et qui soûle toute la soirée un régiment de poivrots, leur présente une note inférieure à l’addition, encaisse une partie dans sa poche, inscrit le reste sur l’ardoise, et part en courant avant que ne revienne la patronne.
    Lorsque celle-ci apparaît,il n’y a plus que des poivrots endettés, une caisse vide, et…des centaines de bouteilles à régler au producteur du coin. ( On est en Bourgogne). Vient après le jeune banquier qui pensait que les ardoises étaient titrisables etc…
    sinon le cheminement de l’imagination est assez déroutant, mais presque cohérent : comparer un ménage américain perdant son toit à un poivrot c’est plutôt hardi, à moins qu’on trouve quelqu’un pour me dire
    que de manière générale,les poivrots sont sdf.

  3. Suffit de taxer les revenus de la drogue, ça va devenir la région la plus prospère de France.

  4. Ce qui est effrayant, c’est que nous dansons sur un volcan, qu’il n’y a plus moyen d’acheter la paix sociale à coup de subventions bidon et de grandes réalisations inutiles, que tous le voient, que la crise était annoncée, et qu’on continue dans le mur, comme la Noblesse d’Ancien Régime. “Encore, une minute Mr Le Bourreau”. Faudra-t-il, pour retrouver un semblant de stabilité: 70 ans de Stalinisme comme pour la Russie, 2 millions de morts comme avec Pol Pot, 4 invasions du territoire comme après 1789,un Franco ou un Pinochet pour calmer une expérience Bezancenot ? ou 8 siècles de “nuit” moyen-âgeuse, après la fin de l’empire romain.

  5. Ce qui manque à l’anecdote sur les dettes de comptoirs, c’est le fait que pour les clients insolvables, on a créé aux USA, au nom d’utopies socialisantes ( égalitarisme théorique et anti-racisme avec discrimation positive) un droit à la consommation. Obligeant par la loi la patronne du bistrot à vendre à crédit à une clientèle en marge du monde économique et vivant d’aides sociales.
    En ce sens, l’article de POLEMIA que vous proposez est excellent : http://www.polemia.com/contenu.php?cat_id=37&iddoc=1734.
    Mais si nous réfléchissons à la situation française, et c’est ce que souligne @ Monrose, l’Etat républicain et social a créé ses propres subprime républicaines au nom des mêmes utopies : nous aidons avec nos impôts des millions d’oisifs, en finançant à perte de l’aide sociale et du logement social, en faveur de gens essentiellement étrangers, qui ne rendront rien à la France et ne paieront ni leur dette financière, ni leur dette morale envers la France et les Français.
    Empêchant ainsi les Français les plus pauvres, et ceux expulsés du système, de pouvoir recevoir une aide ciblée et une vraie formation, ainsi que d’accéder au marché du travail, et pénalisant les TPE et les PME créatrices d’emploi : car plus on fait de l’aide sociale, plus on renchérit le côut du travail et on crée du chômage. Nos subprime d’Etat sont en ce sens bien plus toxiques pour notre avenir que celles des USA.

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