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France : Politique en France

Sortir du tout électoral

Lu dans Monde & Vie, à propos des Identitaires :

I "la voie du « tout électoral » est une impasse: «Il y a une vie avant, pendant et après les élections.» Et axer son énergie, mobiliser les forces militantes sur les seuls scrutins est une faute lourde, dans la mesure où le pouvoir se prend d’abord sur le terrain et dans les esprits, dans la mesure aussi où attendre un Grand Soir hypothétique – et l’émergence d’un « chef » – est sclérosant, dans la mesure enfin où il paraît établi que tout combat politique mené au service quasi exclusif d’un homme voit ses fruits se flétrir dès lors que celui-ci n’est plus en position d’accéder au pouvoir. Si le Bloc identitaire ne refuse pas le combat électoral […] les élections sont pour lui un « moyen supplémentaire » et non une fin. Un moyen de propager ses idées, un moyen d’accéder à l’information, un moyen d’avoir une tribune. […]

Concrètement, ce dont on entend parler depuis quelque temps, c’est souvent eux. La soupe au cochon? Les Identitaires. Le lobbying jusqu’à faire interdire des concerts de groupes rap anti-Blancs et sexistes? Les Identitaires. L’intrusion (pacifique) dans un restaurant de la chaîne « Chez Papa » pour dénoncer l’emploi de main-d’oeuvre immigrée clandestine ? Les Identitaires. La perturbation des « cercles du silence » […] en soutien aux clandestins, en expliquant, textes de loi à l’appui, que les participants à ce type d’opération risquent dix ans de prison et 750 000 € d’amende? Encore les Identitaires. La diffusion d’un « appel du muezzin » à six heures du matin dans un quartier de Bordeaux où doit être édifiée une « mosquée cathédrale », opération qui a contraint le maire de la ville, Alain Juppé, et le recteur de la mosquée, Tarek Oubrou, à se prononcer enfin publiquement sur le projet ? Toujours les Identitaires, ceux d’Aquitaine, à l’engagement catholique affirmé.

De l’activisme ? Pas seulement. «Le pouvoir se prend autant par l’influence que l’on exerce sur les esprits que par l’exemple que l’on donne et l’espoir que l’on offre», explique Fabrice Robert, pour qui chaque action de ce type a aussi pour but de montrer à tous ceux qui croient que tout est perdu, ou qui attendent en se lamentant, que tout est possible dès lors que l’on prend conscience que «l’on n’a plus le temps de continuer à perdre tous les combats»… D’où, aussi, la plus large médiatisation possible des actions".

MJ

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4 commentaires

  1. Ne gardons que les élections utiles qui nous intéressent au quotidien, c’est à dire les élections locales et supprimons les élections présidentielles qui coûtent un prix fou, rétablissons le Roi avec ses pouvoirs régaliens (diplomatie, justice, défense, intérieur)lesquels ne doivent pas faire l’objet d’enjeux partisans et assurent une pérennité et une cohérence dans le temps.

  2. Il est de fait que certains des groupes Identitaires montent des opérations dont le retentissement et la résonance médiatique permet la diffusion indirecte de thèmes vitaux. On pourrait leur reprocher de se focaliser uniquement sur l’immigration et l’Islam, et de négliger la culture, la vie et la famille. Mais d’autres associations ont pris ces thèmes en charge.
    Par contre, il est dangereux de croire qu’en démocratie on puisse négliger les élections. Même MAURRAS, alors que les Camelots du Roi menaient des actions aussi spectaculaires que les Identitaires ou les militants de la Vie, même lui l’anti démocrate et l’anti républicain, présentait des candidats, ou faisait voter et donnait des conseil de vote, selon une logique qui s’apparentait déjà aux critères du moindre mal.
    Si les catholiques sont inaudibles sur la scène publique politique, c’est en grande partie parce que dans le catholicisme français, du progressisme au traditionnalisme, il existe un regard négatif sur la politique, et une réelle tentation du ghetto. Certains vont même jusqu’à revendiquer leur non-inscription sur les listes électorales, alors qu’ils manifestent avec les alter mondialistes d’un côté ou devant les avortoirs de l’autre : comment penser que manifester suffise à faire changer la loi et évoluer les partis ? On ne peut demander la supression de la loi VEIL et ne pas voter pour le moindre mal : c’est illogique. Seule l’arithmétique électorale et l’engagement au sein des partis, y compris ceux de la droite nationale, permettra de concrétiser le travail de diffusion des idées, en ce qui concerne la politique institutionnelle.
    D’une certaine manière se réfugier dans l’ “action de terrain”, jugée la seule efficace, ne pas voter par principe, refuser les partis, sous le prétexte que les partis sont des structures inutiles et l’élection est une illusion, un piège à c….., etc….., et bien cela revient aussi à attendre un homme providentiel et le soir du Grand Soir. Car si nous ne votons pas, d’autres minorités agissantes elles aussi le font, influencent les partis de l’intérieur (y compris ceux de la droite nationale) et décident pour nous.
    [Je n’ai pas mis tout l’article, mais les Identitaires ne méprisent pas les élections. Ils s’y sont même présentés pour être plus audibles :
    “Si le Bloc identitaire ne refuse pas le combat électoral – il l’a prouvé à Nice en faisant presque jeu égal avec le FN et devrait être présent dans plusieurs régions lors des prochaines élections régionales –, les élections sont pour lui un « moyen supplémentaire » et non une fin. Un moyen de propager ses idées, un moyen d’accéder à l’information, un moyen d’avoir une tribune. « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie », aime à dire Jean-Marie Le Pen en citant Montaigne. Le Bloc identitaire le sait bien :
    chaque responsable régional ou national est informé, dès sa prise de fonction, qu’il sera amené à céder sa place si les résultats ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés…”
    Il est évident que les catholiques ne doivent pas non plus ignorer les élections. Mais on ne doit pas non plus ne rien faire entre chaque élection. Abstention ni pendant, ni hors période électorale.
    MJ]

  3. Une précision: la perturbation des cercles du silence n’est pas le fait des Identitaires mais des mouvements nationalistes divers (les Identitaires sont tout sauf nationalistes) tels que convergences nationales, le renouveau français, etc.
    Quant au combat électoral, c’est le seul combat légal à l’heure actuel, il serait vain de l’ignorer et bien fou de s’imaginer le contraire. La politique a toujours été, est et sera toujours le prolongement légitime du combat des armes.
    Aujourd’hui, la guerre approche; s’y préparer passe aussi par le combat politique.

  4. @ M. JANVA
    Cela pose la question de la méthode : peut-on être un mouvement de nébuleuses associatives -les Identitaires- et être un parti politique ?
    Le parti Radical italien ou les altermondialistes ou le mouvement écologiste, etc…. ont fait la preuve que les partis demeurent le passage nécessaire obligé de tout mouvement d’opinion important, quel qu’il soit. Il n’est pas possible de faire l’économie de partis politiques organisés et structurés, qui permettent le débat dans une famille d’idée.
    Les difficultés actuelles de la droite nationale proviennent de ce que ce débat n’a plus lieu nulle part : d’où les tentatives de créer des lieux de ”rassemblement” et d’ “action militantes” qui participent finalement au fractionnement des forces, alors que leur but est de réunir. L’exemple de Nice est emblématique : la liste des identitaires a été un feu de paille politique.
    La phrase souvent reprise par J-M Le PEN :« Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie », a beaucoup servi à éluder cette question du débat entre tous.

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