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Bioéthique / Culture de mort : Avortement / Non classé

Si une clause de conscience existe dans la loi, c’est bien que des vies sont en jeu

Si une clause de conscience existe dans la loi, c’est bien que des vies sont en jeu

Caroline Roux, Déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, répond à Valeurs Actuelles sur la clause de conscience et sur l’interview du docteur Rochambeau. Extraits :

“(…) La question de l’avortement est prise en otage par des militants idéologiques qui ne cessent de revendiquer toujours plus de « droit ». A Alliance VITA, avec notre service d’écoute dédié aux questions liées à la grossesse et la maternité, nous sommes témoins quotidiennement des interrogations complexes de femmes confrontées à une grossesse inattendue et des souffrances de certaines après un avortement. Les pressions, souvent masculines, qu’elles subissent pour avorter sont niées ou méconnues et les femmes n’en sont pas protégées. Beaucoup pensent à avorter par devoir, dans la fatalité. Aucune des dispositions de prévention promises par la loi de 1975 n’a été mise en œuvre ou a subsisté. C’est un échec total en matière de santé publique (…)

La polémique qui s’en est suivie constitue une véritable atteinte à la liberté d’expression et à la loi elle-même qui régit la pratique de l’avortement assortie d’une clause de conscience explicite pour les professionnels de santé. La suppression de la clause de conscience spécifique à l’avortement est un des chevaux de bataille des partisans idéologiques de l’avortement. Leur dialectique victimaire s’est une nouvelle fois déployée. Elle consiste à jeter l’opprobre sur toute personne qui émet une pensée critique sur l’avortement, immédiatement accusée de remettre en cause un « droit à l’IVG ». Ce médecin en réalité ne remet pas en cause la loi dans ses propos mais explique que, personnellement, il ne faisait plus d’avortement, car, pour lui, cela suppose de « retirer des vies ». C’est sur cette expression que la polémique s’est cristallisée alors que la journaliste lui demandait s’il s’agissait d’un homicide. Cet homme a exprimé sa liberté de conscience et de pensée qui est garantie par la loi.

Dans un communiqué commun, la ministre de la Santé Agnès Buzyn et la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa ont affirmé que « L’IVG est un droit trop souvent menacé pour lequel il convient de ne relâcher aucun effort », mais ont dû reconnaître que les médecins avaient le droit d’exercer leur clause de conscience en matière d’avortement (…)  Ces propos de la ministre de la Santé révèlent un enfermement dans une posture idéologique et un déni de la réalité. C’est l’absence patente d’une réelle politique de prévention de l’avortement qui doit être dénoncée, plutôt que de rallier ceux qui fustigent les médecins qui osent encore agir selon leur conscience (…)

Si une clause de conscience spécifique à l’IVG a été reconnue légalement, c’est justement du fait que des vies étaient en jeu. Le premier article de la loi relative à l’avortement est explicite : “la loi assure le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi » (…) Cette clause de conscience n’est pas aujourd’hui facile à exercer, facteur de discrimination à l’embauche comme nous en témoignent des médecins mais aussi des sages-femmes et des infirmières (…)

La clause de conscience en matière d’IVG est le dernier fragile rempart pour les professionnels de santé face à la banalisation de l’avortement, pour assurer leur liberté de pensée et d’exercer leur profession en conscience. C’est la raison de l’acharnement des idéologues contre son existence, car la possibilité d’objection de conscience rappelle que ce n’est pas un acte médical comme un autre (…)”

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