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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Savoir “discriminer” est une vertu

Mgr Julian Porteous, évêque auxiliaire de Sydney (Australie) vient de publier un article contre un projet gouvernemental, visant à réprimer la «discrimination». Le prélat pose la question :

"Les Eglises contreviennent-elles à la loi anti-discrimination ? Ou bien la loi elle-même est-elle mal formulée ? Toute discrimination est-elle mauvaise ?"

Et il répond :

M "La discrimination constitue une qualité importante pour un être humain mature. Nous discriminons chaque jour, en faisant des choix. C'est un compliment que d'être qualifié de personne pleine de discernement (discriminating). Ou du moins, ce l'était. Savoir “discriminer ” était considéré comme une vertu. On y voyait le reflet de la sagesse et de la prudence. Poser des jugements réfléchis sur toutes sortes de choses a été traditionnellement considéré comme la tâche d'une personne responsable. Mais il semblerait que le sens en ait aujourd'hui changé. Dans notre société actuelle, la discrimination n'est vue que sous un jour négatif. Aujourd'hui, une nouvelle définition de la discrimination étend son emprise. Quiconque projette des jugements sur des situations est considérée comme s'érigeant en juge par rapport à autrui. Plutôt que d'être considérée comme discriminante, une telle personne sera considérée coupable de discrimination. Comment cela s'est-il produit ? […]

Aujourd'hui, la question n'est pas de savoir ce qui est bien ou mal, mais ce qui reflète une attitude de tolérance. Sans quoi on accusera l'intéressé de s'ériger en juge, d'avoir des préjugés, ou de faire de la discrimination qui porte du tort. Ce qui naguère était vertu, est devenu vice. Il y a eu un retournement complet de sens. Aujourd'hui, la vertu s'appelle tolérance et le péché est la discrimination. […] Faute d'un bien et d'un mal de base, alors tout jugement porté sur autrui devient une discrimination. […]

Il est bon et juste de discriminer entre le bien et le mal pour faire des choix sains et sages. Nous discriminons sagement lorsque nous appelons un médecin plutôt qu'un garagiste pour obtenir un avis médical. C'est de la discrimination appropriée et nous en faisons tous les jours. […] Lorsque l'anti-discrimination est proposée comme un bien en soi, alors n'importe quel groupe qui recherche une quelconque forme de discrimination est considérée comme s'opposant au bien commun de la société."

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9 commentaires

  1. Bravo Monseigneur !
    La Révolution est toujours pleinement à l’œuvre : sa force ? La puissance de la manipulation du sens des mots…
    Le Malin n’est pas le Prince du mensonge pour rien !

  2. sauf que la discrimination sur des critères qui ne sont pas de l’ordre du bon et du mal, est mauvaise, il convient de le rappeler.
    Celle qui est fondée sur une couleur de peau, par exemple, est mauvaise.

  3. @ Bien sûr Marie. Mais vouloir faire des procès d’intention à ceux dont on soupçonne une forme de discrimination raciale relève du totalitarisme. Une de mes amies, cadre en recrutement dans une grande entreprise, me disait que sa société a peur de refuser d’embaucher des personnes issues de l’immigration, par crainte de représailles judiciaires. On en est là. Est-ce que ce climat délétère instillé par nos élites antiracistes est de l’ordre du bon et du juste ?

  4. Manifestement il y a une erreur de traduction.
    Cet évêque parle de “discerner” qui est bien une vertu et absolument pas de “discriminer” qui est tout autre chose !
    Attention aux “faux amis” messieurs les traducteurs !

  5. Satan donne parfois a son imposture le masque de la bienfaisance. Il s`accroche a la discorde, et toute la cohorte des vices s`enchaine sans difficulté. C`est que la ruse du serpent dépasse en astuce celle des autres monstres. C`est ce que désignent les différentes teintes du serpent.
    Hildegarde de Bingen
    Premiere vision – 12 eme siecle

  6. “Accorde donc à Ton serviteur un cœur intelligent pour juger Ton peuple, pour discerner le bien du mal(venathata le’avdekha lev shome’a lishpot eth-‘amekha leavein bein-tov ler’a)” [1R III-9a].
    La discrimination n’est rien d’autre que la mise en œuvre, en pratique, de cette grande vertu qu’est le discernement : ce n’est en rien la grossièreté que certains imaginent. (Je n’avais pas pris connaissance du commentaire de Jean de Bon-Sens, non encore publié)
    @ PK : Le prince de ce monde est le père du mensonge (la faute est vénielle, tous avions bien compris).

  7. A-t-on encore le droit de prendre part à un vote?
    Choisir un bulletin de vote ne relève-t-il pas d’une discrimination?
    Apporter sa voix à un candidat, dans le secret de l’isoloir, n’est-ce pas porter un jugement sur la valeur qu’on accorde à tel ou tel individu?

  8. Entièrement d’accord avec cet article. La notion de bien et de mal est totalement reléguée au rang de balivernes. Porter un jugement de nos jours relève de l’apostasie. Cette notion relève de la féminisation des esprits qui laisse la part belle à l’émotionnel comme valeur absolue, niant en toute incohérence les faits eux mêmes. Pour en trouver une illustration, il suffit de lire les posts ci-joint pour s’en apercevoir..

  9. Quand je prépare les étudiants aux examens, je leur dis quels seront “les critères de discrimination” (= d’évaluation) et j’observe discrètement leurs réactions. Ca ne manque pas de sel!

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