Sarkozy a abandonné son projet de politique de civilisation

D'Ivan Rioufol :

C "Il y a un an, Nicolas Sarkozy annonçait une "politique de civilisation" à ceux qui s'inquiètent de la fragilité de la France et de sa cohésion. Or, depuis, son intuition a évité les questions liées à la culture, à l'éducation, au socle permettant de poursuivre un destin collectif. Autant de sujets dépassant l'horizon du seul pouvoir d'achat. La réforme du lycée, lancée à la volée, s'est heurtée à cette impréparation qui oblige le pouvoir à reculer, comme il le fait aussi sur le travail dominical. Lors de ses vœux, le président a annoncé les réformes de l'hôpital, de la formation professionnelle, de la procédure pénale. Mais l'État ne peut plus se permettre de gérer ainsi les affaires du pays, sans s'arrêter au plus grave : la déculturation à marche forcée (à leur tour, les épreuves de recrutement des enseignants, le Capes, vont être revues à la baisse), qui accompagne l'extension d'une contre-société, dans des cités connaissant un phénomène de néocolonisation.

Voir médias et politiques se féliciter que le pays ait gagné trois millions d'habitants en sept ans (plus de 400 000 personnes par an) montre l'absence de réflexion sur cette nouvelle immigration de peuplement, qui explique en grande partie l'essor de la démographie. Or, n'est-il pas temps de s'interroger sur les risques de déchirure, quand le président hausse le ton, mardi, devant de possibles "violences communautaristes" liées à la guerre entre Israël et le Hamas ou quand il morigène les incendiaires de voitures (1 147) du premier de l'An ?

L'avenir de la nation reste un impensé. Alors que la crise remet en question un modèle de société construit sur le matérialisme et le consumérisme et que se devine le besoin de revenir à des valeurs fondamentales et protectrices, il est temps d'ouvrir les débats attendus."

MJ

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