Sa renonciation est aussi un renoncement

De Jeanne Smits dans Présent :

"[…] Benoît XVI n’a pas quitté la chaire de
Pierre pour une retraite bien méritée
, la tranquillité d’un repos en sa
terre bavaroise, à laquelle il aspirait avant d’être élu pape. Il a
fait, définitivement, une croix sur tout cela
. « Serviteur des
serviteurs », sa vie ne lui appartient plus, comme il l’a expliqué. Sa
vocation ne semblait pas être celle d’un ermite, c’est pourtant ce
statut qu’il a choisi et accepté
, à la fois pour continuer de prier pour
l’Eglise en attendant la fin de son pèlerinage terrestre, pour échapper
aux regards du public, et pour rendre tangible sa promesse de
« révérence et obéissance inconditionnelles » à celui qui lui succédera.

Révérence et obéissance inconditionnelles ? Voilà des notions bien oubliées, même dans l’Eglise…

Ne croyons pas que cela soit facile. Benoît XVI,
porté en hélicoptère jusqu’à Castel Gandolfo où il passera quelques
mois avant de pouvoir gagner le couvent en réfection dans les jardins du
Vatican, a demandé à survoler un peu longuement la Ville éternelle,
pour un dernier regard, un dernier adieu avant de s’isoler d’un monde
dont il a tant goûté la beauté.

Sa renonciation est aussi un renoncement.

Le professeur, l’intellectuel, l’homme qui a su en tant que pape, et
contre toute attente médiatique, attirer les foules et les charmer,
laisse derrière lui son œuvre pour se concentrer sur l’unique
nécessaire, le Christ, vers lequel il oriente tous les regards.

[…] Nous savons aussi que, de manière répétée, Benoît XVI
a déclaré répondre, en renonçant à sa charge de gouvernement de la
barque de Pierre, à une « demande » de Dieu. Ce n’est pas une révélation
qu’il évoque ou, si elle a eu lieu, il n’en parle pas, mais d’une
conviction intime, une certitude acquise en conscience et devant Dieu.
Il n’est pas interdit de la regretter, voire de la critiquer – comme l’a
fait le cardinal Pell d’Australie –, car la décision n’est pas
« infaillible ». Mais la manière dont tout cela s’est passé laisse
entendre que le pape, en pleine possession de ses moyens, a jugé que son
départ servirait l’Eglise.

Hilary White, de LifeSiteNews – une remarquable journaliste – souligne que Benoît XVI
est parti comme un escrimeur, prenant tout le monde de court, à la
stupéfaction de tous dans un Vatican où le secret avait été trahi
, la
confiance rompue, et où les intrigues – on ne peut pas ne pas le penser –
ont dû accélérer avec l’avancée en âge du pape. Le siège est vacant,
bien plus vite que prévu. C’est un homme fort qui est attendu, et qui va
faire face à des attaques sans précédent contre l’Eglise et contre
l’humanité tout court : nous les voyons déjà se concrétiser dans tout le
globe à travers la promotion nihiliste de l’homosexualisme.

CEt c’est un homme faible qui, pendant ce temps, veut intercéder pour l’Eglise qu’il a conduite. « Je
suis simplement un pèlerin qui entame la dernière étape de son
pèlerinage sur cette terre. Mais je voudrais encore, avec tout mon cœur,
avec tout mon amour, avec ma prière, avec ma réflexion, avec toutes mes
forces intérieures, travailler pour le bien commun et le bien de
l’Eglise, de l’humanité »
, a-t-il dit juste avant de franchir les
portes du palais de Castel Gandolfo qui se sont refermées, lourdement, à
20 heures jeudi soir. Puis, très simplement : Buona notte. Bonne nuit…[…]"

6 réflexions au sujet de « Sa renonciation est aussi un renoncement »

  1. ODE

    Cela me rappelle une très belle histoire entendue à Paray le Monial. Grosso modo, il s’agissait d’un aumônier d’université (la Sorbonne je crois) qui avait fait son travail comme il avait pu, avec de faibles moyens intellectuels et de faibles forces, mais qui avait offert tout cela. Il se sentait très humble devant son successeur, qui fut un homme d’autorité, reconnu, et homme d’action. Eh bien, ce dernier a affirmé qu’il n’aurait rien pu faire sans la faiblesse offerte du précédent.
    j’y ai compris que l’offrande de ses faiblesses, en définitive, est qch de très grand, où l’on remet tout son orgueil devant Dieu: la petitesse est bien la voie royale du royaume de Dieu. Voilà ce que ne comprendront jamais nos hommes politiques!
    Il est probable qu’en offrant maintenant totalement sa vie et ses prières, BXVI nous fasse un immense cadeau… et que le bon Dieu se réjouisse au Ciel.

  2. Jean Theis

    Il faudrait qu’on m’explique pourquoi Dieu demande tant de souffrances, et de plus en plus, comme s’il voulait nous punir sans fin du péché d’Adam et Eve, et que plus on est saint, plus il faut souffrir.
    Dieu pardonne, certes, mais il n’allège pas la punition.

  3. Gisèle

    @jean La punition ne vient pas de Dieu , mais des écarts orgueilleux des hommes .
    Et si nous souffrons , nous devons unir nos souffrances à celles du Christ , elles seront ainsi sanctifiées et seront utiles au salut du monde .
    C’est plus facile à dire qu’à faire car nous ne sommes que des humains imparfaits et fragiles . Dieu le sait et dans la prière et l’Adoration , il nous aide . ( je peux vous l’assurer , car ce que je vis me fait souvent pleurer , et pourtant j’arrive à avancer grâce à la Vierge Marie et à Jésus présent dans l’Eucharistie )
    Bon courage à vous !

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