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Royaume-Uni : discriminations anti-catholiques, anciennes et nouvelles

Gummer Une discrimination d’Etat contre les catholiques existe encore au Royaume-Uni, interdisant notamment à l’héritier du trône d’épouser une catholique. Un député Conservateur, John Gummer, a présenté mardi une proposition de loi devant la Chambre des Communes visant à y mettre fin.

Ce député, lui-même converti au catholicisme, ne s’appuie pas, pour s’opposer à cette discrimination, sur un laïcisme politiquement correct ("la religion n’a rien à faire dans la sphère publique") – mais au contraire sur la liberté religieuse. Voici des extraits du discours qu’il a prononcé devant les Communes.

Je l’avoue : j’ai honte de n’avoir pas déposé cette proposition de loi plus tôt, quand j’étais un anglican. […] Il est assez ridicule que le roi puisse être un scientologue […] mais pas un catholique […].

Quand on creuse, on trouve d’autres [discriminations] cachées. Par exemple […] donner à un diocèse catholique le même nom qu’un diocèse anglican n’est plus puni – mais reste illégal. […] Je ne pense pas que ce soit terriblement important, mais c’est insultant. […]

Je ne pense pas qu’un seul de mes honorables collègues puisse ne pas trouver étrange que le Premier Ministre n’arrive pas à expliquer qu’en 10 ans de lois anti-discriminations, il n’ait pas trouvé le temps d’ajouter en bas d’un de ses textes de loi "et à l’encontre des catholiques."

Le député affirme qu’au coeur de ces discriminations était l’idée qu’on ne pouvait être un bon citoyen que si l’on professait certaines idées (protestantes). Et il fait un parallèle avec le politiquement correct aujourd’hui, qui interdit aux oeuvres catholiques de faire une différence entre les "couples" de même sexe et les couples véritables :

[N]ous sommes en train de devenir à nouveau un […] Etat qui dit qu’il faut avoir certainesHenryviiikingofengland_14911547  opinions pour être un bon citoyen. […] [J]e supplie la Chambre de reconnaître que nous prenons le même chemin que Elisabeth [Ière] et Henri VIII, qui est de dire : "L’Etat sait ce qu’il faut penser de ces choses, et si nous n’êtes pas d’accord […], j’ai bien peut que vous soyez devenu un criminel." […]

Cette proposition de loi réunit les deux choses qui comptent à cet instant : le retrait d’une discrimination historique, qui défigure aujourd’hui notre pays; et une déclaration qu’à l’avenir nous serons le un pays qui permette aux personnes de toute dénomination d’organiser leurs églises, leurs institutions […] selon la foi de leurs pères, sans que d’autres personnes leur disent que la morale laïque prime et qu’ils doivent accepter une orthodoxie qui leur est étrangère.

Henri Védas (via Guido)

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3 commentaires

  1. Je trouverais cette intervention admirable… si demain, elle ne pouvait être reprise, dans sa conclusion, exactement dans les mêmes termes, par un député musulman. C’est toute l’ambiguïté de la notion de liberté religieuse, que je peine à distinguer du relativisme dénoncé par Benoît XVI.

  2. @ oxbridge
    La liberté religieuse s’étend à toute opinion religieuse.
    La seule limite à la liberté religieuse est
    “En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse, c’est surtout au pouvoir civil qu’il revient d’assurer cette protection; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et à l’injuste faveur d’un parti mais selon des normes juridiques, conformes à l’ordre moral objectif, requises par l’efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et de leur pacifique accord, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d’une vraie justice, ainsi que par le maintien, qui se doit, de la moralité publique. Tout cela fait fondamentalement partie du bien commun et entre dans la définition de l’ordre public. ”
    Dignitatis Humanae 7 limite à la liberté religieuse. Du site jesusmarie.com
    Les religions, toutes les religions sans exceptions, doivent toutes respecter la liberté religieuse et respecter les droits fondamentaux de l’homme.
    L’Eglise et elle seule a une mission particulière :
    “Parmi les choses qui concernent le bien de l’Église, voire le bien de la cité terrestre elle-même, et qui, partout et toujours, doivent être sauvegardées et défendues contre toute violation, la plus importante est, à coup sûr, que l’Église jouisse dans son action d’autant de liberté qu’en requiert la charge qu’elle a du salut des hommes (31). Elle est, en effet, sacrée cette liberté dont le Fils unique de Dieu a doté l’Église qu’il a acquise de son sang. Elle est si propre à l’Église que ceux qui la combattent agissent contre la volonté de Dieu. La liberté de l’Église est un principe fondamental dans les relations de l’Église avec les pouvoirs civils et tout l’ordre civil.
    Dans la société humaine et devant tout pouvoir public l’Église revendique la liberté au titre d’autorité spirituelle, instituée par le Christ Seigneur, et chargée par mandat divin d’aller par le monde entier prêcher l’Évangile à toute créature (32). L’Église revendique également la liberté en tant qu’association d’hommes ayant le droit de vivre, dans la société civile, selon les préceptes de la foi chrétienne (33).

    13 Dignitatis Humanae, “liberté de l’Eglise” ibidem (site jesusmarie.com)
    La liberté religieuse est un droit individuel et collectif qui est un droit fondamental de l’homme. Cela n’empêche pas que chacun doit, individuellement, chercher ce qui est juste et bon et être laissé libre de le faire par tous y compris sa communauté religieuse.
    L’Eglise a un rôle particulier, au sein de la vie religieuse sociale et individuelle.
    Ces vérités, en lien avec la Tradition, demandent beaucoup de réflexions subtiles et de méditations, mais vous verrez que cela n’a rien à voir avec le relativisme.
    On peut à juste titre être fier d’être catholique devant ces monuments de l’esprit que sont les textes de Vatican II, et, en particulier, Dignitatis Humanae.
    Ces textes condamnent implicitement le communisme et même certaines pratiques musulmanes. Ils distribuent leurs rôles aux diverses conditions. Dans la société ecclésiale et civile chacun doit avoir le sien et ne pas tout attendre de la hiérarchie ecclésiastique. L’Eglise n’est pas totalitaire, elle laisse la liberté à chacun, c’est une chance pour les conservateurs aussi, songeons-y.

  3. Ce serait sympa si Anglicans et Catholiques cessaient de se faire la guerre, au regard d’une religion allogène qui ne vise que leur destruction – ou du moins leur dhimmitude – mot que Mademoiselle Royal n’a pas inventé.

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