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Religions : L'Islam

Réveil islamique en Tunisie

Dans son hebdomadaire, Yves Daoudal analyse la situation tunisienne :

T "La Tunisie était, comme la plupart des pays arabo-musulmans, dirigée par un clan qui s’en mettait plein les poches. La spécificité de celui de Ben Ali est qu’il avait modernisé son pays de façon spectaculaire et qu’il avait vigoureusement contenu l’islamisme (le seul autre exemple est celui de Saddam Hussein, en plus… rude). Malgré la politique « laïque » de Ben Ali, la montée de l’islamisme était visible ces derniers temps en Tunisie. Mais on fait semblant de ne rien voir. Pire, la désinformation bat son plein. Le Figaro, par exemple, affirme que le mouvement El-Nahda (renaissance islamique) de Rachid Ghannouchi (ne pas confondre avec le Premier ministre qui a le même nom) est un parti modéré, qui n’a jamais basculé dans la violence, dont le chef «estime l'Islam compatible avec un régime démocratique multipartite et prône le dialogue avec l'Occident». Et de toute façon l’islamisme n’était qu’un épouvantail brandi par l’ancien dictateur pour conforter son pouvoir… Preuve en est que El-Nahda n’avait obtenu que 14 % des voix aux législatives de 1989, avant d’être interdit.

La vérité est que El-Nahda fut directement impliqué dans un certain nombre de violences graves. Ghannouchi fut condamné à mort sous Bourguiba puis gracié par Ben Ali. En 1989 il partit en exil avec un passeport… soudanais. L’année suivante il participait au congrès islamique de Téhéran et disait : «Les premières lueurs de l'islam apparaissent, ainsi que les promesses d'un islam victorieux, avec un Etat islamique international (…). L'adversité est de nature à éveiller notre nation, et à l'inciter au jihad, à l'union et au combat contre ces régimes traitres qui nous oppriment.» Il n’a jamais varié sur ces positions, et en 2001, dans son livre Au nom dʼOussama Ben Laden, Roland Jacquard le comptait parmi les six principaux inspirateurs de la mouvance islamiste la plus radicale dans le monde. Enfin on ajoutera que lors des dernières élections libres au Soudan, en 1986, les islamistes qui prirent le pouvoir trois ans plus tard avaient recueilli 7 % des voix. El-Nahda est désormais légalisé comme tous les partis qui avaient été interdits, et Rachid Ghannouchi va revenir de son exil londonien dès que la loi d’amnistie sera promulguée (il fut de nouveau condamné, à la détention à perpétuité, en 1992). Certes, le pire n’est jamais sûr. Mais la vraie question qui paraît se poser est de savoir maintenant quel pays, de l’Egypte ou de la Tunisie, aura le premier un gouvernement islamiste. Sans oublier que l’on a appris à la faveur de ces événements qu’il y a au moins 600000 Tunisiens vivant en France…"

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2 commentaires

  1. Bonjour,
    Il ne faut sans doute pas négliger ce danger, dont beaucoup ici sont conscients, a l’inverse des médias français.
    Cela dit, travaillant et vivant ici depuis plusieurs années, je sens les tunisiens trop épris de confort matérialiste pour faire brutalement volte-face. Je souhaite vivement ne pas me tromper

  2. Les signes se multiplient: le danger se précise d’une forte poussée islamique générale.
    Face à cela nos gouvernants sont ou bien d’une confondante cécité, ce qui donne une piètre idée de leur intelligence, ou bien complices, autant dire criminels.
    Au choix m’sieurs dames!

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