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Retour sur la Christianophobie

Le Forum Catholique nous livre l’entretien avec Michel de Jaeghere réalisé par le Choc du Mois sur la christianophobie.

"Les catholiques pratiquants constituent une minorité contre laquelle tout est permis. J’ai recouru au néologisme « christianophobie », car le ressort profond de ce mouvement est la haine du Christ (…). Cette christianophobie se manifeste à travers des comportements très divers par leurs procédés et leur gravité (…) mais aussi par un goutte-à-goutte, une infinité de petites vexations auxquelles nous finissons par nous habituer et qui nous inclinent à considérer notre condition de chrétiens pratiquants comme marginale. (…)

Cela va du ton de dérision qu’adoptent les commentateurs de la télévision dès qu’ils traitent de questions spirituelles aux campagnes de presse organisées contre Rocco Buttiglione, ce commissaire européen révoqué pour avoir dit que l’homosexualité est un péché, ou contre Mel Gibson, victime d’une chasse à l’homme pour avoir porté à l’écran la Passion du Christ. Des poursuites judiciaires contre le député Christian Vanneste aux églises taguées ou incendiées. De la promotion des pseudo-exégètes qui remettent en cause l’historicité des Evangiles aux films à grand spectacle qui présentent l’histoire de l’Eglise comme une succession de violences. De la promotion des mémoires de l’abbé Pierre à la diffamation de Pie XII. (…)

L’anticléricalisme du XIXe siècle semblait devoir se calmer à la suite de la séparation de l’Eglise et de l’Etat et, plus encore, après la renonciation de l’Eglise à régenter la société, scellée par l’adoption de la déclaration sur la Liberté religieuse au concile Vatican II. Cette apparente réconciliation reposait sur un malentendu, celui de la convergence de la morale laïque et de la morale catholique. Mais ce qu’on appelait la morale laïque était une morale chrétienne dont on avait enlevé la clef de voûte, c’est-à-dire la foi dans le Dieu Trinitaire. Faute de fondement et de principe directeur, elle s’est délitée au cours du XXe siècle. (…)

Aujourd’hui, l’affrontement oppose, d’une part, les lobbies qui tiennent les manettes de la société et se sont emparés à leur profit des moyens de coercition de l’Etat, et, d’autre part, ceux qui se réclament de la foi catholique (nos évêques étant parfois, à cet égard, aux abonnés absents). Le champ même de la confrontation s’est déplacé : les lois sur les mœurs, par exemple, n’ont pas été voulues par l’Etat mais préparées par les lobbies, imposées par les médias et finalement entérinées par un Parlement qui n’est qu’une chambre d’enregistrement de la pensée dominante. (…)

Le catholicisme est à la fois la religion de l’immense majorité des Français dans sa version culturelle (…) (plus de 60 % sont encore baptisés), et une minorité parmi d’autres dans sa version pratiquante, puisque l’on ne compte en France que 5 à 10 % de pratiquants. Cela donne bonne conscience à ses accusateurs : en le diffamant, ils ont le sentiment d’être des anticonformistes qui s’attaquent à une majorité alors même qu’ils épousent le courant dominant. En revanche, quand les catholiques demandent la parole pour répondre, on la leur refuse sous prétexte que les pratiquants sont minoritaires."

Michel Janva

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3 commentaires

  1. Vous n’avez pas reproduit ce qui est à mon sens le passage le plus intéressant de cet entretien : « Les “christianophobes” », dit De Jaeghere, « sont souvent eux-mêmes des catholiques d’origine ». Ce qui est parfaitement exact. La déferlante de haine contre l’Eglise catholique en France ne vient pas des musulmans, encore moins de ceux qui auraient des griefs historiques légitimes contre Rome (protestants, juifs notamment), mais bien de ces 90 et quelque pour cent de la population française qui sont de « culture catholique », comme le dit De Jaeghere. D’où un beau sujet de réflexion : comment les catholiques ont-ils pu engendrer tant de haine chez leurs propres enfants ? Voilà une pensée qui devrait, me semble-t-il en rendre certains peut être un peu plus humbles.

  2. On notera également que les adversaires de l’Eglise Catholique veulent avoir la liberté de broyer 240.000 bébés chaque année en France, et accusent leurs défenseurs d’intégrisme.
    Ils veulent aussi avoir la liberté de les brûler comme des déchets, au milieu des pansements usagés.
    Ca me rappelle les adorateurs de BAAL il y a 22 siécle …

  3. « La déferlante de haine contre l’Eglise catholique en France ne vient pas des musulmans, encore moins de ceux qui auraient des griefs historiques légitimes contre Rome (protestants, juifs notamment)… »
    Pas sûr du tout que cela soit tout à fait vrai. En effet, les guerres dites de religions n’ont de religieuses que l’alibi officiel. Elles étaient des guerres territoriales et économiques avant tout, donc des guerres de pouvoir contre le Roi, le Christ et partant celui de France. D’ailleurs, pourquoi exactement appelle-t-on ces guerres de religions comme cela, depuis quand et depuis qui ? Pourquoi le pouvoir français aurait-il voulu faire disparaître les réformés ? Partant quelles différences existent-ils entre les luttes contre les réformés et la croisade contre les Albigeois ?
    Quant aux juifs, même s’il est vrai que les cathos n’ont pas toujours été tendres avec eux, il faut garder à l’esprit que leur dernier rempart de protection n’est autre que le catholicisme. Sans les cathos, les juifs auraient disparu.
    Non, ceux qui ont de grief légitimes contre l’Eglise, le catholicisme sont, comme dit plus après dans l’article, des ex-cathos eux-mêmes. Mais soyons clairs, « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ! » Et peut-être serrons-nous un jour tenté de nous rebeller comme d’autres l’ont déjà fait avant nous.

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