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L'Eglise : Le Vatican

Restrictions du culte public : le Saint-Siège s’inquiète

Restrictions du culte public : le Saint-Siège s’inquiète

Le 16 novembre, Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États, a pris la parole au « Ministerial to Advance Freedom of Religion or Belief » qui réunit chaque année les représentants de nombreux gouvernements à travers le monde, pour tirer la sonnette d’alarme et dénoncer le fait que de telles restrictions « mettent en péril la liberté religieuse ».

En effet – a expliqué Mgr Gallagher – pour l’Église catholique, l’accès aux sacrements ne constitue pas un simple corollaire de la liberté de réunion mais il dérive essentiellement du droit à la liberté religieuse.

En soutenant cela, Mgr Gallagher rejoint totalement aux deux dernières notes de la Commission Théologique Internationale, l’une sur la liberté religieuse et l’autre – publiée cette année avec l’approbation du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Luis F. Ladaria Ferrer, et avec « le consentement du Saint-Père François » – consacrée à la « réciprocité entre foi et sacrements ». Une réciprocité qui était à ce point indissoluble pour les premiers chrétiens qu’elle était digne du martyre – « Sine Dominico vivere non possumus », disaient les martyrs d’Abithène à leurs bourreaux. Voilà qui tranche avec les propos froids du cardinal fraîchement nommé, Mgr Mario Grech, dans une récente interview à « La Civiltà Cattolica » taxant d’ « analphabétisme spirituel » ces chrétiens qui souffraient du manque de célébration eucharistique.

Il y a quelques jours à peine, le Pew Research Center de Washington a publié une mise à jour détaillée en matière de restrictions des libertés religieuses. L’enquête mesure surtout les restrictions à la liberté religieuse imposées par les gouvernements, où la Chine caracole en tête, suivie – parmi les pays les plus peuplés – par l’Iran, la Russie, l’Indonésie, l’Égypte, le Vietnam et la Turquie.

Mais cette enquête mesure également l’hostilité envers telle ou telle religion qui se manifeste dans les comportements de la population.  Et dans ce classement, c’est l’Inde qui arrive en tête, suivie par le Nigéria, le Pakistan, l’Égypte, le Bangladesh et l’Indonésie.

L’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les régions dans lesquelles on enregistre les plus grandes restrictions à la liberté religieuse. Mais on retrouve également l’Europe dans ce classement, quoiqu’à des niveaux moindres. Chez nous, les restrictions des gouvernements y contribuent pour une part mais c’est l’hostilité sociale qui est plus importante. Le Danemark, l’Allemagne, la Hollande, la Suisse, le Royaume-Uni et la France sont particulièrement marqués par des actes d’agression antireligieuse. Le pays qui apparaît comme étant le plus « pacifique » dans tous les sens du terme s’avère être le Japon.

Un autre document de la Commission Théologie Internationale traitant de la liberté religieuse a été publié en 2019, l’approbation formelle du Pape. Ce document prend pour point de départ la déclaration « Dignitatis humanae » de 1965 sur la liberté religieuse. Dans le sillage de l’exégèse de Benoît XVI, ce document rappelle que « Dignitatis humanae » doit être lue dans l’optique de la « réforme dans la continuité », à la fois en accord avec les nouveautés de notre temps et dans une parfaite fidélité avec l’Église des premiers martyrs. Mais cela va bien au-delà puisqu’aujourd’hui – souligne le document – le contexte historique a bien changé par rapport aux années du Concile Vatican II. Le théologien jésuite Felix Körner, professeur à l’Université pontificale grégorienne, commente :

« Le premier changement important, c’est la croissance évidente de la pluralité religieuse (cf. n°9).  Si dans les années soixante ce phénomène était à peine visible, aujourd’hui la plus grande partie de l’humanité vit dans des environnements multiethniques et multireligieux ».

« Le second changement, que la religion est toujours plus considérée comme étant une question privée devant être exclue de la sphère publique ou abordée en marge de celle-ci ».

« En troisième lieu, et dans une mesure bien plus importante qu’il y a 55 ans, la religion est aujourd’hui considérée comme étant un problème (cf. n°2) ».

« Les auteurs de ce document reconnaissent que dans les sociétés actuelles, la religion est davantage crainte qu’acceptée.  Les gens sont profondément conscients des crimes commis au nom de la religion (cf. n°4 ; 35 ; 82). Et naturellement, cela alimente l’idée que la liberté religieuse elle-même représente une menace pour l’humanité.  SI l’État n’intervient pas pour domestiquer et civiliser ce facteur extrêmement dangereux qu’est la religion, personne d’autre ne pourra le faire ».

Le fanatisme peut-être aussi bien religieux qu’anti-religieux. Il peut revêtir la forme de la théocratie comme celle de l’athéisme d’État.  Le document taxe de monophysisme politique les modèles dans lesquels le pouvoir de Dieu et le pouvoir de l’État se substituent l’un à l’autre.

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8 commentaires

  1. Le Saint-Siège s’inquiète des restrictions du culte public, fort bien.

    Côté submersion migratoire de l’Europe, en revanche, ça peut continuer :
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-migration-n-est-pas-une-menace-pour-le-christianisme-selon-le-pape-francois-20201123

  2. Le fanatisme commence lorsque l’on parle « des religions » comme si on pouvait les mettre toutes dans le même sac.

  3. Espérons que nos Evêques lui emboite le pas…

  4. Les déclarations de Mgr Gallagher sont surprenantes par rapport aux propos tenus par la Pape, Mgr de Moulins-Beaufort ou Mgr Aupetit quant à la respectueuse soumission que les Catholiques doivent manifester vis-à-vis des diktats gouvernementaux…

  5. tiens tiens le pape se préoccuperait des catholiques français, il a terminé de recommandé l’accueil de migrants musulmans en priorité

  6. Il serait temps que le St Siège s’occupe de nous !!!! cela fait 9 mois que l’on est en dictature !!!! enfin avant c’était moins voyant…. Bien c’est bien encore un petit effort et enfin nous serons soutenus !

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