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France : Politique en France

Rendez l’argent !

Le Conseil économique et social est chargé par la loi de "conseiller les pouvoirs publics sur la base des avis de la société civile organisée". Troisième assemblée du pays, après l’Assemblée nationale et le Sénat, chargée de participer à l’élaboration de la politique économique et sociale, le Conseil a un rôle purement consultatif. Son activité essentielle est la production de rapports : toxicomanie, allocations familiales, congé parental, réforme hospitalière, ouverture des magasins le dimanche… Ces rapports ne connaissent souvent aucune application concrète.

Sur 231 conseillers, 163 sont désignés par les organisations socioprofessionnelles, 28 sont choisis par le gouvernement et 40 personnalités qualifiées, les ‘PQ’, sont désignées par le premier ministre. Ils se répartissent dans neuf sections qui vont des questions économiques aux relations extérieures en passant par les affaires sociales et les finances. Patrice Corbin, le secrétaire général, ancien membre du cabinet Mauroy, et le président Jacques Dermagne sont franc-maçons (dixit Le Monde). Corbin avoue que le CES a "un petit côté club" et que "la lutte des classes est là, mais sous la table". Alain-Gérard Slama, membre du comité éditorial du Figaro, cotoie l’ancien ministre Luc Ferry, le communiste drogué Fodé Sylla, ainsi que Guillaume Sarkozy et Jean-Jacques Aillagon. La CGT, la CFDT et FO disposent chacune de 17 sièges, l’Union nationale des associations familiales dix sièges.

Mais surtout, le CES est gangrené par l’absentéisme, qui dépasse 40 % dans les réunions de section ; lors des plénières, on ne dénombre que 161 conseillers sur 231. Le règlement intérieur prévoit que "les indemnités peuvent être réduites proportionnellement au nombre de séances auxquelles le conseiller n’a pas pris part sans motif". Il n’a jamais été appliqué. Et pour cause : le CES ne communique pas sa comptabilité à la Cour des comptes ni au Parlement. Et si le siège de conseiller est si convoité, c’est qu’outre l’entregent, la gratuité sur certains transports ou l’accès à un restaurant avec vue sur la tour Eiffel, il procure d’enviables indemnités qui absorbent les deux tiers des 33 millions d’€ du budget.

Pour une activité, souvent théorique, d’une demi-journée par semaine en section et de quatre par mois en assemblée plénière, un conseiller perçoit 1 761 €, et une indemnité de 1 867 € pour les frais qui échappent à l’impôt. Soit au total, 2 777 € net par mois pendant le premier mandat de cinq ans, et 3 062 € pour les suivants. Cerise sur le gâteau : tout ancien conseiller bénéficie d’une retraite mensuelle de 750 €. Les syndicats retiennent la totalité des indemnités de leurs permanents et le CES participe ainsi à leur financement.Ceci explique celà.

Michel Janva

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2 commentaires

  1. Bof, le resto avec vue sur le Tour Eiffel sert une nourriture passablement banale, vous savez ! On peut même dire que ça n’est pas terrible…
    Pour votre info, Patrice Corbin n’est plus SG du CES depuis qq jours…

  2. Exemple de post lu sur le blog d’un Député: http://www.nda2007.fr/blog/index.php/2006/01/03/21-plus-que-de-mots-la-republique-a-besoin-de-volonte-politique?cos=1
    “Monsieur le Député,
    Il est possible constitutionnellement de faire tomber le Gouvernement en refusant de voter tous les projets de loi proposés par le Gouvernement, qui se verra alors obligé de demander un vote de confiance que vous, Monsieur le Député et vos collègues, pourront lui refuser.
    Vu les posts sur votre blog, nous sommes nombreux à souhaiter que le Gouvernement tombe.
    Nous vous demandons d’agir en conséquence, en refusant votre confiance à ce Gouvernement scélérat qui au lieu de faire règner la paix, l’ordre public et la concorde met sciemment en danger ces concitoyens passagers du train Nice-Lyon en les jetant en pature à des voyoux multi-récidivistes. (Ce sont des requins assoiffés qui ont été mis dans le bocal de poissons rouges!)
    Il n’est plus temps de penser à votre salaire et mandat de Député mais bien à la sécurité de vos électeurs.
    Si vous n’agissez pas en votant d’abord contre tous les prochains projets de loi puis en refusant le vote de confiance, vous aurez gagné un répis temporaire mais vos électeurs victimes du Gouvernement et de votre inaction eux s’en souviendront au moment opportun et saurons ne pas vous réélire.
    Content sur votre sens des responsabilités et attendant votre action courageuse, recevez, Monsieur le Député, l’expression de mes salutations distinguées.
    Dov Chemla”
    Je m’empresse d’en faire autant (et vous devriez faire de même à mon sens!)

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