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Culture de mort : Avortement / L'Eglise : Le Vatican

Remous à l’académie pontificale pour la vie autour du piège de la “compassion”

Du 11 au 13 février, l’académie pontificale pour la vie, dont le président est l'archevêque Salvatore Fisichella, se réunira au Vatican. La réunion s’annonce orageuse. Certains membres de l'académie contestent que Mgr Fisichella convienne comme président. Parmi eux, Mgr Michel Schooyans, Belge, professeur émérite à l'Université Catholique de Louvain, spécialiste estimé en anthropologie, philosophie politique et bioéthique. Il est membre de trois académies pontificales : celle de sciences sociales, l’académie Saint Thomas d'Aquin et – précisément – celle pour la vie. En vue de la réunion, Mgr Schooyans a rédigé un réquisitoire sévère contre le "piège" dans lequel serait tombé Mgr Fisichella : l'utilisation trompeuse du concept de "compassion". dans un article paru dans "L'Osservatore Romano", traitant de l’avortement (lors de l'affaire de Recife), qui avait provoqué lors de sa parution un véritable tohu-bohu et a fini par obliger la congrégation vaticane pour la doctrine de la foi à publier un "Eclaircissement".

L'article de Mgr Schooyans est accessible ici. Il est très intéressant, car il démonte le principal argument des pro-morts, qui invoquent la compassion pour justifier l'avortement : compassion à l'égard de la mère qui ne pourra pas supporter ce "fardeau", à l'égard de l'enfant qui sera handicapé, à l'égard des médecins qui prennent une décision "difficile" en éliminant le bébé. L'auteur évoque même le projet de pass-avortement de Ségolène Royal et le refus de communion aux parlementaires favorables à l'avortement. Voici la conclusion :

"La pseudo-compassion, souvent invoquée en faveur d’auteurs d'actes en soi mauvais, tel l'avortement, conduit donc au scandale ; elle invite les autres à pécher gravement. Le scandale, c’est la première chose à éviter. La pseudo-compassion conduit aussi à l'hérésie, à la déchirure dans l'Église, car elle incite les fidèles à s'écarter d'un point non négociable de la doctrine de l'Église : le devoir de respecter la vie innocente. La pseudo-compassion renforce la dérive vers la "tyrannie du relativisme", que l'on observe chez certains pasteurs et/ou théologiens. A terme, la pseudo-compassion pourrait conduire à une situation dans laquelle la doctrine de l'Église et la morale naturelle résulteraient d'une procédure consensuelle et se formuleraient dans des compromis.

Certains, abusés par la pseudo-compassion vis-à-vis de ceux qui pèchent publiquement contre la vie, estiment que l'Église est, sur ces questions, fort sévère. L'Église, en effet, ne mâche pas ses mots: "Les excommuniés et les interdits […] et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion". Or si l'on se souvient du caractère mensonger et violent de la pseudo-compassion, on observera aussitôt que cette sévérité n'est qu'apparente, qu'elle est même une haute expression de la charité. Elle est un appel urgent au changement de vie. Le refus de donner la communion pour les raisons que nous avons rappelées n'est que l'expression de l'amour de l'Église pour les plus faibles, et l'invitation à la repentance adressée à ceux qui risquent de rester enchaînés dans leurs péchés, et d’y enchaîner les autres."

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3 commentaires

  1. Concernant l’excommunication, n’oublions pas que ce n’est pas l’Église qui excommunie, mais c’est l’individu concerné qui se met tout seul hors de la communion (de ses frères) par ses actions et son attitude générale.
    Si l’Église prononce une excommunication, elle le fait après coup, Elle ne fait alors que constater qu’un individu est sorti de lui-même de la communion : l’Église prend acte.
    L’excommunication est avant tout une forme pronominale de sens réfléchi.

  2. De quelle compassion s’agit-il ici ?
    Ces gens qui prennent des décisions sans réfléchir aux conséquences de leur pseudo-compassion me font blêmir pour ne pas dire plus.
    Ont-ils penser aux conséquences de l’assassina d’un bébé dans le ventre de sa maman ?
    Conséquence sur le bébé, bien sûr, qui ne verra jamais le jour.
    Conséquence sur le couple lui-même, qui ne s’en remettra jamais. Toute leur vie ils traîneront ce boulet.
    Conséquence sur les relations dans la famille propre, qui se détournera peu à peu des assassins conscients ou non
    Conséquences par le malaise post-avortement qui minera de l’intérieur les protagonistes victimes ou coupables de cette acte de barbarie.
    Enfin et surtout violation du 5ème Commandement de DIEU qui stipule: TU NE TUERAS PAS.
    Si après ça vous êtes toujours partant pour commettre ce crime abominable, il faut consulter, au plus vite un psychiatre.
    Ou directement vous enfermer pour vous empêcher de nuire. Ce que l’on devrait faire pour les vrais responsables de ces massacres. 7 000 000 de victimes en 35 ans rien qu’en France. ça suffit !
    Maranatha !
    Merci !
    JFL

  3. Pour l’instant il n’y a qu’une leçon à tirer de tout cela : arrêter de voir tout ce qui se dit ou s’écrit au Vatican (surtout dans l’OR) comme la parole “officielle” et définitive de l’Église ou du Pape.
    Et, mais ce n’est que mon avis personnel, faire confiance à Mgr Michel Schooyans.

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