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Culture : cinéma

Règlement de compte par le cinéma

Règlement de compte par le cinéma

A propos du film à charge contre le cardinal Barbarin, Arthur de Watrigant écrit dans L’Incorrect :

A la faveur d’un buzz profitable, l’éventuel report de sa sortie, Grâce à Dieu, le nouveau film de François Ozon débarque aujourd’hui dans nos salles. Nul doute que le faux suspense entretenu ces derniers jours augmentera ses entrées, tant mieux pour ses producteurs ; tant pis pour les autres : l’Église et ce qui lui reste de fidèles.

Lorsqu’on avance masqué – tourner dans le secret jusqu’à donner un nom de code pour les quelques jours de tournage à Lyon – c’est soit pour vous surprendre un bouquet de fleur à la main, soit pour vous poignarder dans le dos. Et on se doute que ce n’est pas pour la première option qu’on nous serine toute la journée que « Grâce à Dieu n’est pas un film contre l’Eglise ». L’ouverture est soignée qui nous présente le cardinal Barbarin dans son costume ecclésiastique, de dos, l’ostensoir à la main, surplombant Lyon depuis la colline de Fourvière. Scène brève mais hautement symbolique : « Primat des Gaules » n’est pas qu’un titre, mais l’incarnation de l’omnipotence et de l’autorité, nous suggère Ozon.

Grâce à Dieu retrace la naissance de La Parole Libérée, une association fondée à Lyon en 2015 par des anciens du groupe scout Saint-Luc, victimes d’agressions sexuelles par le père Bernard Preynat dans les années 1980 et 1990. S’il est précisé dès le générique qu’on a affaire à une fiction inspirée de faits réels, les sources du film sont directement tirées de l’association et si les noms des victimes ont été changés, le réalisateur français n’a en revanche pas jugé nécessaire de prendre la même précaution pour l’archevêque de Lyon, son directeur de cabinet (Pierre Durieux) et la chargée d’écoute aux victimes (Régine Maire). Manière à peine dissimulée de désigner l’ennemi.

D’ailleurs, le réalisateur ne tergiverse pas, il entre directement dans le vif du sujet par une voix off, celle d’Alexandre, qui lit ses lettres adressées au cardinal Barbarin. Le texte est factuel, décrivant comment il a été abusé sexuellement par un prêtre. Sans esbroufe  la mise en scène ambitionne d’épouser le réel, tandis que la narration s’articule en trois parties chacune incarnée par une victime différente, les trois se réunissant à la fin. Alexandre, le bourgeois catho déterminé ; François, athée et volcanique ; et Emmanuel, aussi flingué et intense que Patrick Dewaere. Ozon maîtrise son récit, use de la bonne distance pour révéler la profondeur saisissante de ces victimes, et c’est dans ces moments d’intimité que le film délivre une vérité.

Si Ozon nous touche en raison du regard qu’il pose sur ses personnages, la description précise des conséquences et le silence assourdissant des familles, il perd en revanche toute pudeur par ailleurs, et se vautre même dans l’ignominie lorsqu’il s’embarque dans un grand règlement de compte. Jamais frontal, le réalisateur attaque de biais, préférant suggérer par des recours cinématographiques perfides. Par exemple, quand Alexandre raconte les faits pour la première fois à Régine Maire, Ozon refuse le champs-contre-champs. Fixant la victime, la caméra prive l’interlocutrice de tout espace compassionnel.

La liberté qu’il offre à ses héros, il en prive ceux qu’il accuse. « Ça n’avait plus de sens de les rencontrer (cardinal Barbarin, Régine Maire) puisqu’il n’y a aucune révélation les concernant », prétend Ozon, alors qu’il ne cesse, justement, de vouloir révéler que ces personnes sont coupables : « Barbarin peut être blanchi par le juge mais ce qu’il a fait est immoral », fait-il dire à l’un de ses personnage.

Coupable de ne pas avoir pris l’affaire au sérieux, ainsi met-il dans la bouche de Barbarin cette phrase : « Je n’allais tout de même pas annuler le Liban », à la fin d’une conversation téléphonique avec François qui reste surpris de ne pouvoir rencontrer rapidement le cardinal. Coupable, aussi, d’avoir voulu étouffer le scandale : « Il était au courant », déclare Preynat lors d’une dernière confrontation avec Emmanuel, le prêtre semblant plus pathétique que prédateur.

Ils sont puissants », affirme l’un de ses personnages), il se révèle Goliath. La montagne suggérée en ouverture qu’il prétend gravir n’est qu’un dos-d’âne usé. Se réclamant du réel, sa représentation n’en est en fait que plus perverse. À l’interprétation intense des victimes, le réalisateur français oppose un Barbarin inexpressif déclamant son texte avec une froideur glaçante : « N’utilisez pas le mot pédophile, qui étymologiquement signifie « aimer les enfants » et notre Seigneur nous dit qu’il faut aimer les enfants », explique-t-il à Alexandre. 

Grâce à Dieu ne fonctionne que comme courroie de transmission de son idée préexistante, sans ambiguïté, sans la moindre recherche de vérité, le film est uniquement guidé par la conviction intime du réalisateur que l’unique coupable est l’Eglise elle-même, ici incarnée par Barbarin. […]

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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6 commentaires

  1. Rien qu’à voir sa tronche, il respire la haine et le mensonge cet ignoble crétin…

  2. Je n’irai certainement pas voir ce film. Je voudrais simplement dire ici que dès le début de cette affaire le cardinal Barbarin a été transformé par les médias et les différents acteurs en bouc émissaire. Je devrais dire en brebis émissaire tant il met de dignité (et peut-être de sainteté) à ne pas vouloir se défendre alors que, de toute évidence, il est totalement étranger à cette histoire. J’espère qu’il s’en sortira grandi. Je le souhaite ardemment. Prions pour lui. Quant à ceux qui l’accusent ils me font hélas penser davantage à la foule dans le prétoire de Pilate qu’à la cohorte des bienheureux de l’Apocalypse. Prions pour eux aussi.

    • Je doute qu’il en sorte grandi avec plus d’une dizaine d’affaires du même genre ou on lui reproche chaque fois la même chose, de plus ou moins protéger les coupables et de ne pas se soucier des victimes.
      La canonisation attendra aux calendes grecques !

  3. c’est curieux les actes de pédophilie dans l’église représentent à peine 1%, dans les familles 80% si mes chiffres sont exacts et 20ù dans l’éducation nationale, les clubs et les organismes de vacances, c’est curieux on n’en entend jamais parler ou parfois très épisodiquement. Cela me rappelle les animaux malades de la peste de La Fontaine. A croire que les frères la gratouille qui eux sont sans doute blancs comme neige noircie par les fumées des usines à charbon sont à la manoeuvre!

  4. Il est sans doute plus facile de faire un film sur la pédophilie dans l’Église (que je n’excuse pas) que de s’attaquer aux mariages islamiques avec des gamines de six sept ans, mais là, cela fait partie de leur “culture”, comme le viol alors, on glisse. À quand une étude sur ce sujet chez les politiques, mais là aussi, motus.

  5. Je suis étonné que ce texte qui n’exprime aucune compassion pour les victimes soit relayé sur ce blog. Il faut dire qu’il est bien difficile de se mettre à la place d’une victime dont la vie est bousillée…

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