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France : Politique en France

Réforme des retraites : le tabou de la capitalisation

Puisque le gouvernement se penche sur la douloureuse réforme des retraites, voici ce qu'écrivait Michel de Poncins il y a quelques jours :

"Nicolas Sarkozy a promis de réanimer la grande parlotte sur ces retraites et de cette parlotte il ne sortira rien de nouveau, sinon l'habituel bricolage entre les durées de départ à la retraite, les cotisations et le niveau des pensions. Rien ne sera résolu et la patate chaude sera passée aux suivants qui seront d'ailleurs peut-être les mêmes. Tous les financiers et économistes savent que la retraite par capitalisation améliore d'une façon spectaculaire les perspectives. Nous avions nous-mêmes établi les calculs pour un smicard et le résultat était étonnant. Le fait nouveau est que le Figaro vient de donner des chiffres concernant les cadres supérieurs. C'est intéressant car très souvent ce journal, très attentif aux ventes d'avions, donne des informations inexactes pour être simplement dans le sens de la propagande gouvernementale. Le journaliste qui cite ces chiffres est Yves de Kerdrel. Voici le résultat du calcul d'ailleurs relativement simple à faire.

«Un cadre qui commence sa carrière autour de 25 ans sur la base d'un salaire de 40 000 € peut estimer la terminer à 65 ans avec une rémunération de 200 000 €. Pendant ces 40 années de travail lui et son employeur ont versé des cotisations Agircc-Arrco qui devraient à terme lui assurer une pension plus décente que celle que promise par la sécurité sociale. On estime à 30 000 € par an en moyenne le montant ainsi délivrés à ces organismes. Il recevra sur les bases actuelles de la part de ces organismes de retraite complémentaire une pension de 60 000 € par an lorsqu'il aura liquidé ses droits. Imaginons maintenant que ces 30 000 € de cotisation annuelle aient abondé dans un fonds de capitalisation le plus prudent qui existe par exemple un fonds placé en obligations d'État à 4%. Difficile dans ce cas de parler de spéculation. Au bout de 40 années de cotisation, il aurait droit à un capital de 2 850 000 €. Placé de nouveau à 4% ce capital assurerait une rente annuelle de 114 000 € soit près du double du montant versé par les régimes de retraite complémentaire»

Le journaliste remarque que non seulement ce cadre aurait une retraite bien plus importante mais qu'en plus il aurait fait fortune, observation qui s'applique aussi avec des chiffres différents à un smicard. La démonstration est spectaculaire. Voyons maintenant quelques compléments. Si beaucoup de ces personnes acceptaient librement de prendre certains risques capitalistiques en gérant bien ces risques, l'accumulation de leur richesse serait encore plus grande. En outre la société tout entière en tirerait des bénéfices très élevés car l'effet richesse sur l'ensemble de l'économie serait tout à fait considérable par le développement des investissements productifs. Et, si l'on allait plus loin, les bénéfices pour tous s'amplifieraient davantage. Aller plus loin cela veut dire libérer complètement l'épargne qui devrait pouvoir s'investir où elle veut hors impôts et charges sociales. Il y aurait des placements diversifiés en dehors des fonds de pension comme par exemple les commerces, les immeubles, les brevets etc. Tout le monde étant bien au courant, une question fondamentale se pose ; comment de telles évidences énoncées à présent par un grand journal ne sont-elles pas reconnues par les pouvoirs publics ? En effet, ces derniers se se refusent de les voir et d'agir en conséquence. Il y a plusieurs explications. L'une d'entre elles est que le président Sarkozy a donné à maintes reprises plein pouvoirs aux chef syndicalistes. Si ceux-ci refusent la vérité, c'est qu'ils tirent gloire et richesse du malheur des autres."

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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17 commentaires

  1. La répartition était un moyen en 1946 de payer des retraites à ceux qui n’avait pas cotisé.
    63 ans après c’est devenu un dogme pour la classe politique.
    Pourtant il faudra bien un jour y venir à la capitalisation. Ceci dit, la toute première capitalisation est l’achat de son logement. Heureusement la majorité des français font cet investissement le plus rapidement possible. Pour le reste rien n’empêche de souscrire un contrat d’assurance vie. Mais évidemment c’est une cotisation de plus.

  2. Un cadre débutant à 40 k€ et finissant à 200 k€.
    Je ne sais pas où le Figaro rencontre ses cadres mais la fracture sociale doit exister déjà dans le monde des cadres…
    Je connais un paquet de cadres qui FINISSENT leur carrière à 40 k€.
    Nos gouvernants n’ont vraiment plus aucune notion de la réalité…
    (Ça n’enlève rien à la véracité du propos sous-jacent…]

  3. Ce raisonnement fait penser à du Ponzi : personne ne peut prédire de situation 40 ans à l’avance ! Cf Histoire, excepté nos 40 dernières, sans doute très exceptionnelles : à venir, nous avons la balance commerciale déficitaire, la démographie et son corollaire, la catastrophe de la culture et des valeurs.
    Sur les bons, prêter à l’Etat revient à lui accorder un blanc-seing déjà accordé par le système actuel.
    Par contre, la capitalisation se défend dans un cadre de renouvellement du pacte social : que voulons-nous partager ? La solidarité doit-elle être étatique (modèle actuel) ou de proximité et choisie ? Quel homme voulons-nous : un être purement social ou un être de volonté et de construction de soit ?

  4. Je crois qu’en tant que chrétien et économiste, il n’est pas possible de souscire ainsi sans nuance aux propos de M. de Poncins sur ce sujet:
    * La retraite par capitalisation favorise les couples ou les deux conjoints travaillent, l’apport inestimable de la mère au foyer n’étant pas pris en compte.
    * Sur le plan purement économique, il faut bien comprendre que le fait que l’on soit en capitalisation ou répartition change peu de chose: on touche à la retraite les richesses produites à l’époque de la retraite. Cela peut paraître curieux, aussi je propose de raisonner par l’absurde. Imaginons que tout le monde cotise et que personne n’ait d’enfant. 30 ans plus tard, tout ceux qui ont cotisé sont à la retraite, avec un beau capital, mais celui-ci ne vaut plus rien car il n’y a plus aucun travailleur actif, donc plus aucune richesse produite. Leur épargne est donc théorique, les quelques biens restant s’arranchant à des milliers de fois leur valeur, vu la rareté: tout le monde est ruiné.
    On voit que la défense à tout azimut de la capitalisation ne tient pas.
    Alors comment faire ? Ce qui est criticable dans notre système actuel n’est pas la répartition, c’est le fait que le système dissocie les cotisation versée des pensions versées. Il faut donc introduire un véritable système de retraite à points (celui qui existe déjà sur certaines retraites complémentaires comme Agirc Arcco) où l’on ne distribue aux retraités que ce qui est possible financièrement et non pas des promesses faites par des hommes politiques peu courageux.
    Dans un tel système, il est évident que des points devraient être accordés aux mères qui élèvent des enfants, car elles préparent les cotisations qui permettront de payer les retraites de demain.
    Il faut bien comprendre que la nature des cotisations payées pour un système de retraite: c’est la dette envers nos ainées qui nous ont éduqué.
    Sur tous ces sujets, lisons J. Bichot, chrétien et économiste, qui sait de quoi il parle.
    Il propose que le système de retraite soit homogénéisé par un système de points généralisé. Cela aurait aussi comme effet d’éviter les retraites artificiellement élevées (régimes spéciaux, députés…).
    La capitalisation reste possible mais ne peut être qu’un complément marginal pour certains.

  5. Interessant, mais le fait que cela touche à la retraite de nos députés,je doute qu’on adopte cette réforme^^

  6. Peu sérieux.
    Aucun cadre même sorti de Polytechnique ne commence à 40000 euros.
    Quant au raisonnement sur les 4% il oublie tout simplement l’existence -probable sur 40 ans- de l’inflation.
    De toute façon opposer capitalisation et répartition, c’est oublier une réalité démographique de base: c’est toujours les actifs qui payent pour les retraités.

  7. Il y a un paquet de cadres et de non cadres qui finissent au chômage les 10 dernières années de leur carrière.
    Cette idée de retraite par capitalisation est une idée égoïste et non solidaire.

  8. Sur ce sujet il faut être très prudent:
    – au sujet de la capitalisation, personne n’est capable de dire ce qu’il en sera dans 40 ans (posez la question aux salariés d’ERON)
    – pour la répartition, ou on fait des gosses pour avoir un rapport actif/retraité de 1 sur 4 ou 5, ou on part à la retraite à 70 ans, voire plus si on veut un bon niveau de retraite.
    Enfin, comparer des chiffres monétaires dans 40 ans à ceux d’aujourd’hui, ce n’est pas très sérieus.
    En fait, il n’y a pas de véritble solution, soit tout capital, tout solidarité intergénérationnelle ou mélange des deux.
    Dans tous les cas :
    . le risque financier est trop important pour que les “spécialistes”, du haut de leur chaire campent le personnage du corbeau dans la fable de La Fontaine “le corbeau et le renard”.
    . et pour la solidarité, avec 200000 avortements par an (il y aurait ainsi aujourd’hui un manque de 7 ou 8 millions de personnes), il faut partir à la retraite vers peut-être 75 ans et encore.
    On ne peut pas se foutre de tout comme on le fait depuis de nombreuses décennies et s’imaginer que cela va durer éternellement.
    Les retraites ne pourront tout simplement plus être financées, non pas à cause d’un aspect technique qui au fond est peut être discutable mais complètement subalterne, mais par suite d’un aveuglement stupide démagogique de fuite en avant.
    Une grave crise style Argentine nous pend au nez, et peut-être pour un avenir pas si lointain. Avec à la clef un risque de change si l’allemagne sort de l’euro.
    conclusion
    . dire qu’avec la capitalisation le problème aurait été résolu est un mensonge. C’est de la foutaise. Le problème, comme toujours, est dans la qualité du sens de responsabilité d’une population certes, mais aussi et surtout de celle de ses “élites” car ce sont bien ces dernières qui tiennent le “manche”.

  9. je voulais dire “renard” et non “corbeau”, mais tout le monde aura compris
    …..
    . le risque financier est trop important pour que les “spécialistes”, du haut de leur chaire campent le personnage du corbeau dans la fable de La Fontaine “le corbeau et le renard”.

  10. toutes ces solutions miracles de la capitalisation seraient aussi un prétexte pour diminuer les acquis de la repartition .reformer sans revolutionner éviterait la misére pour bien des retraités .le système de point déja en vigueur dans plusieurs régimes est le plus juste ,encore faut il un état non rapace et une politique familiale d’inspiration chrétienne.dans ce domaine l’etat corporatif serait un garant des biens des salariés .

  11. C’est peut-être simpliste, mais ne pourrait-on pas imaginer une retraite minimum garantie, comme une sorte de SMIC, et le complément en capitalisation effectuée librement par chaque individu ?

  12. @schtroumpf grogno :
    vous venez de décrire le système anglais
    Je vis à Londres, et si je veux une retraire correcte je dois capitaliser par ailleurs avec une société privée. Et franchement leur résultat est très impressionnant pour le peu qu’on contribue.

  13. Dans les années 60, il était fréquent de calculer la retraite d’un salarié, en tenant compte des périodes de travail avant 1945, sans bulletins de paie; il suffisait de produire des attestations de personnes certifiant sur l’honneur que tel (ou telle) avait travaillé dans un commerce ou une entreprise disparue.Ce n’était pas grave, car l’activité économique était bonne, le taux de chomage faible.
    Le problème, c’est que les retraités d’aujourd’hui, qui ont servi les retraites de leur ainés, et cotisé toute leur vie, sont payés, en partie, avec les réserves des caisses.
    Et que dire de ceux qui sont au travail, ou font des études.Il serait temps que les entreprises créent (certaines le font déjà) des systèmes destinés à compenser la baisse de rendement de la répartition.

  14. Ce qui est terrible, c’est de savoir que les débats vont s’appuyer sur des simulations optimistes :
    le COR a pris 2 hypothèses de taux de chômage en 2024 : 7% et 4,5% !!!
    Pourquoi imaginer le plein emploi, me direz vous ?
    On a déjà atteint en 2009 les déficits prévus pour 2020 dans les simulations présentées lors de la dernière réformette de 2007 !!! Alors pourquoi changer de méthode ?

  15. @PK et J-Y Le Gallou
    Il s’agit de 40 K/€uros annuels, selon la méthode que connaissent tous les cadres qui travaillent dans le privé. Une évolution de salaire annuel passant de 40 K€à 200 K€ en 40 ans de carrière, soit un coefficient multiplicateur de 5, compte tenu de l’inflation et de l’augmentation mécanique des salaires qui en résulte, ainsi que l’évolution d’une carrière, cela n’a rien d’irréaliste. Les cadres finissant actuellement à 40 K € ont commencé à combien il y a 40 ans ?
    @ Ludovic
    Etre chrétien ne suppose pas de s’opposer à la retraite par capitalisation, ainsi que le fait remarquer Jean T. : la solidarité commence par la responsabilité, sans quoi elle n’est plus que redistribution étatique de prélèvements obligatoires.
    Capitalisation favorisant les couples où les deux travaillent ? C’est un faux argument, car il en est de même idem pour la retraite par redistribution dite par répartition. Une mère de famille qui n’a jamais travaillé ne reçoit que miettes.
    Ce que dit cet article du Figaro repris par Michel de Poncins, c’est que la répartition est un leurre, une fausse sécurité, qui a pus avoir une justification provisoire dans l’immédiat après-guerre, mais qu’il aurait fallu panacher avec de la capitalisation, progressivement, afin que les deux méthodes soit disponibles.Or la ckasse politique de la Vème république, et particulièrement ses énarques et syndicalistes, qui vivent de l’Etat et du clientélisme syndical et de la démagogie politique, ont préféré mentir : le rapport Rocard sur le sretraites avait déjà annoncé la nécessité de la capitalisation dans les années 80. Qu’a fait la droite ? Même la droite nationale a renoncé à l’idée de la capitalisation sous l’influence d’un quarteron d’énarques et de polytechniciens attachés à l’Etat tout puissant.
    Il faut revenir sur ce mythe de l’Etat nounou,maman et papa de chacun. Les citoyens doivent être traités en adultes. La DSE indique que la subsidiarité devrait permettre aux corps sociaux, aux professions, aux entreprises, etc… de créer des systèmes autogérés de protection maladie et de retraite. L’exemple cité d’Enron est une imposture : la caisse de retraite d’Enron a été victime d’une escroquerie, ce qui est le cas du système français de répartition. Aux USA actuellement, les caisses de retraites privées paient les retraites autant que le fait notre système : et si leur situation est tendue, elle est plus saine que celles des systèmes par répartition français et européens.
    En Europe actuellement, il va manquer pour les 40 prochaines années 400 à 450 milliards d’€uros pour payer les retraites des Européens. L’Euro est mal parti : car il était facile de partir dans les années 70_80_90 et 2000 en vacances à crédit en remettant la question des retraites aux générations futures. Maintenant la ”douloureuse” se présente : il va falloir trouver l’argent. Et deux générations vont être plombées.
    Jacques Bichot propose dans son dernier livre de favoriser la natalité dans le calcul des points de retraite : une part pour les sommes économisées, une autre pour le nombre d’enfants. Car ce sont toujours les enfants nés qui paient les retraites par leur travail et leur consommation, leur créativité et leur inscription dans la durée. 2 emplois créés pour une naissance dans les sociétés industrielles.
    On en revient toujours à la Vie.

  16. Donnez-nous vite la recette pour avoir, en toute sécurité, un intérêt NET de 4% ! Surtout s’il n’y a plus d’enfants pour faire tourner l’économie lorsque nous arriverons à l’âge de la retraite.

  17. et maintenant venons en aux vrais questions :
    Est-ce qu’un dhimmi a droit à la retraite ?
    LOL!!

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