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Bioéthique

Recherches sur l’embryon : Jean-Marc Nesme dénonce le lobbying de l’industrie du médicament

N Le député UMP Jean-Marc Nesme a fait paraître une page complète dans le numéro de dimanche du Journal de Saône-et-Loire intitulé : "l'embryon humain ne peut pas être un matériau de labo." Il y expose clairement son opposition personnelle totale à la recherche sur l'embryon, opinion partagée selon lui par environ 70 députés.

Il dénonce également la vanité de l'acharnement de la recherche sur l'embryon alors que celle-ci "n'a rien donné depuis 20 ans" et alors qu'il existe des alternatives, en particulier la recherche sur les celulles souches adultes. Il s'élève vigoureusement contre la généralisation du dépistage prénatal en rappelant que :

"la médecine n'a pas pour but d'éliminer ceux qui ont un handicap ou une maladie, mais vise à soigner ces pathologies."

Dès lors il dénonce avec la plus grande fermeté le "lobbying des entreprises du médicament" dont l'appétit se trouve attisé par ce qui conduirait  à l'ouverture d'un "marché considérable". Dénonçant  éfgalement les "pressions" liées à  un "conflit d'intérêts financiers" patent, il invite ses collègues à ne pas y céder. (merci à MB)

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12 commentaires

  1. Pour ceux qui voudraient féliciter et encourager M. NESME pour cette remarquable et courageuse intervention, comme je viens de le faire moi même, voici son adresse courriel:
    [email protected]

  2. Bravo et merci à M. Nesme pour son courage. Prions pour que de nombreux députés le suivent et créent la surprise lors de l’examen prochain de la loi.

  3. “la médecine n’a pas pour but d’éliminer ceux qui ont un handicap ou une maladie, mais vise à soigner ces pathologies.”
    Si monsieur Nesme allait au bout de cette sentence, ce serait sans doute plus clair!
    Mais là, cela ne l’est pas du tout, c’est le moins qu’on puisse dire!
    Je complèterai donc sa formule par quelques questions:
    a) Qui parle là de “médecine”?
    b) Comment parler d’éliminer qui que ce soit à travers le “dépistage prénatal”, alors que l’émbryon n’a pas l’existence légale de “personne” à ce jour?
    c) La médecine ne “soigne pas de pathologies”, mais soigne ceux qui en sont atteints! C’est toute la différence entre une recherche biologique, physiologique ou embryologique, et une pratique médicale…
    Dès lors, comment associer la recherche biologique, comme l’industrie du médicament, à la pratique dite eugéniste du dépistage prénatal, et comment la condamner au titre de la médecine?
    Par ailleurs, petite (ou grosse?)erreur d’analyse dans l’argumentation: j’aimerai savoir ce qu’est, pour l’auteur, une cellule souche dite “adulte”, terme particulièrement mal choisi!
    En un mot, on a encore là la manifestation d’une position éthiquement courageuse mais aussi mal exprimée qu’elle est maladroitemment étayée…
    L’argument de base des “adversaires” étant bien entendu que le dépistage prénatal vise à déceler des a-nomalies, c’est à dire des organismes qui font exception aux résultats habituels attendus liés aux mécanismes ordinaires de la loi naturelle concernant la procréation.
    De ce fait, bien évidemment, nous ne parlons plus là de “patholologie” au sens médical habituel!
    Enfin, dénoncer la recherche sur l’embryon – comme n’ayant “rien donné depuis vingt ans” pour mieux justifier la recherche sur les cellules souches – ne manque pas de sel: comment justifier que la recherche sur des cellules souches serait plus “porteuse” du seul fait que la recherche sur l’embryon ne “donnerait rien”?
    Comme on le voit, l’emploi d’une argumentation rigoureuse et structurée en matière de bioéthique est encore loin d’être la règle chez ses défenseurs!
    C’est sans doute ce qui est le plus inquiétant!

  4. Il y a presque 30 ans mon Professeur d’embryologie Maurice MAROIS nous expliquait que la recherche sur l’embryon était difficile pour des raisons économiques car élever des grands singes coûtait trop cher aux laboratoires.
    Il ne savait pas encore que l’invention de la FIV allait régler ce problème : la Sécurité Sociale a financé la création de 150 000 embryons humains congelés. Pourquoi ne pas puiser dans ce stock gratuit pour les laboratoires tout en continuant à protéger les gentils primates ? Et cela sans aucune utilité thérapeutique !
    ” Parce que je suis un homme de science, je sais que le destin des hommes se joue aussi dans les laboratoires. Parce que je suis un biologiste, je sais la valeur de la vie et sa fragilité. Le biologiste a rendez-vous chaque jour avec le mystère de la vie. Il a appris à l’estimer, à la respecter, à l’admirer. Il en soupçonne l’histoire fabuleuse, héroïque et il voit bien qu’aujourd’hui c’est de l’homme, actuelle forme suprême de la vie, que viennent les menaces les plus graves. ” (M. MAROIS – http://www.mauricemarois.org )
    Une petite image pour illustrer : pendant que les médecins du Collège d’Echographie Fœtale (CFEF) apprennent à mieux dépister les fœtus humains “normaux”, les vétérinaires eux discutenet de la santé de leurs “patients” !
    https://picasaweb.google.com/gasman72/Bioethique#5606318363258586050

  5. @ Claude Timmerman
    Les cellules souches adultes sont des cellules souches qui se trouvent dans les tissus adultes (moelle, sang…)
    Elles existent donc bien, ont des facultés tout a fait intéressantes, et surtout leur prélèvement n’entraine pas la mort de celui sur qui elles sont prélevées.
    Le problème posé par la recherche sur les cellules souches embryonnaires est en effet qu’il implique la destruction de l’embryon.

  6. Ne soyez pas ridicules : vous saluez des *déclarations* de Jean-Marc Nesme, mais dans un autre post plus récent vous reprochez à Jean Léonetti (comme si c’était sa seule faute) que la commission spéciale de l’Assemblée ne soit pas revenue sur les votes du Sénat.
    Soyez cohérents : demandez-vous plutôt (et demandez-lui !) pourquoi Jean-Marc Nesme n’a pas jugé utile d’être présent aux séances de cette commission, et a donc directement contribué, par son absence, à NE RIEN FAIRE pour améliorer le texte…
    Que de belles paroles de la part de ce député (et certes, vraiment intéressantes par ailleurs), mais aussi quelle hypocrisie et quel manque de courage quand il s’agit d’aller défendre ses positions en commission ou dans l’hémicycle… Ainsi, bien sûr, il a voté contre le texte de la dernière fois, mais uniquement le texte final. Ce qui ne sert à rien, puisque les députés favorables à la loi seront de toute façon plus nombreux.
    On se demande plutôt ce qu’il faisait, ce député si courageux, quand il s’agissait de travailler le texte pour le rendre plus conforme à ses convictions… Déjà lors du premier examen, il a brillé par son absence lors de l’examen des articles.
    Mais visiblement, sa stratégie consistant à ne rien faire, voter a minima et publier de grandes déclarations solennelles est payante, puisque vous n’y voyez que du feu !!

  7. Merci à Hélène qui ne répond évidemment pas la question…
    Le terme de “cellule souche adulte” est particulièrement mal chosi et laisse supposer que lesdites cellules ont atteint un degré de “maturité” ce qui est par essence à l’opposé de leur caractéristique
    spécifique qui est la capacité de différenciation…
    CT
    Ancien Elève ENS
    Agrégé de L’Université
    Docteur ès Sciences

  8. @claude timmerman “l’embryon n’a pas l’existence légale d’une personne”: si la définition de la vie dépendait de la loi, on serait quand même mal barrés….. Votre argument ne tient pas. On a lu des analyses (pour ma part dans le livre “le professeur Lejeune à Maryville”) de scientifiques réputés qui prouvaient, scientifiquement, que dès la conception, on avait à faire à une personne.
    Une loi faite peut être défaite et refaite. Un embryon supprimé… n’est plus rien.
    j’aimerais savoir pourquoi le terme “cellule souche adulte” est mal choisi alors que les laboratoires de recherche l’utilisent? Si c’est que vous ne le comprenez pas, lisez l’explication d’Hélène.
    le dépistage prénatal entraînant la destruction de plus de 90% des embryons potentiellement porteurs de trisomie 21, je vois mal ce qui vous permet de parler de “pratique dite eugéniste”.
    “des organismes qui font exception aux résultats habituels attendus”. Mon fils est né avec deux doigts de pieds collés alors qu’ils auraient dû être séparés. Aurais-je dû l’éliminer pour cette anomalie? Il fait pourtant “exception aux résultats habituels attendus”. Si on pouvait éliminer tous les hommes politiques qui font “exception aux résultats attendus normalement” il n’y aurait plus grand monde à la fin du nettoyage. Bref… où est la norme et qui la décide? Le législateur? Pourquoi?
    C’est vous qui êtes mal documenté. Abonnez-vous à la revue de la fondation Lejeune, qui donne précisément dans chaque numéro les résultats étonnants apportés par la recherche sur les cellules souches adultes. ça vous évitera de croire que ce sont les autres qui sont mal informés.

  9. un grand merci à lui, puisse faire le Ciel que ses propos fidèles et raisonnables soient entendus par ses pairs !

  10. à swann,
    Je ne suis pas l’avocat du député Nesme, assez épris sur d’autres thèmes d’une “modernité” que je trouve parfois quelque peu désuète.
    Cependant il faut lui rendre grâce qu’il été constant dans ses positions sur le thème du primordial du respect de la Vie de son commencement à sa fin , même si, selon vous, il aurait déserté la commission dont il savait nécessairement, comme vous le laissez justement entendre vous-même, la parodie de débat ficelée d’avance.
    Par ailleurs, il ne s’est pas contenté de faire une “grande déclaration».
    On peut d’ailleurs regretter en passant que l’évêque de son diocèse, pourtant au moins aussi bien placé que lui pour cela, n’en ait pas fait autant au moment utile.
    Monsieur Nesme a invoqué de surcroît le risque du conflit d’intérêt pour tenter, ce qui serait plus que légitime, de bloquer les débats , ce qui donnerait prise alors à une réelle discussion argumentée tant sur le fond que sur la forme.
    Au moment du scandale ouvert du Médiator et des quelques 400 médicaments introduits sans précaution suffisante sur le marché, la méthode pourrait s’avérer payante pour peu que quelque autorité compétente ne saisisse l’occasion pour se rappeler au bon souvenir des électeurs en terme de prise en compte primordiale du bien commun…
    Vous me direz qu’on peut toujours “rêver”…je crois qu’en effet à vue humaine, il faut surtout espérer et combattre jusqu’au bout le langage duplice de Monsieur Léonétti, grand facilitateur, en effet,mais très exclusivement de “l’avancée” -à reculons- vers la barbarie.

  11. A Sancenay,
    Là où vous vous trompez, c’est qu’en commission les débats se jouent bien souvent à une ou deux voix près. La marge de manœuvre pour un député catholique est réelle. Si le texte est aujourd’hui en l’état, c’est parce que des voix manquaient pour le contrebalancer. Dont celle de M. Nesme, qu’il est un peu trop facile de féliciter ensuite pour des déclarations qui ressemblent davantage à de la tartuferie qu’autre chose…
    Le contenu de la loi est loin d’être joué d’avance. Seul le vote final (qui devrait l’entériner) l’est. Mais chaque article du texte peut être un lieu de combat en faveur de plus de respect de la vie.
    C’est là qu’on attend les députés. In fine, ils sont de toute façon payés pour ce travail-là !
    Je ne dénonce pas Jean-Marc Nesme comme le diable. Je refuse simplement qu’on l’encense pour des gesticulations inutiles, alors que quand on a besoin de lui concrètement il ne semble justement pas répondre à l’appel.
    Les risques de conflit d’intérêt qu’il dénonce sont justes. La constance de ses positions est à saluer. Mais aujourd’hui, il est aussi du devoir d’observateurs tels que le Salon beige, qui note les députés chaque année, de tenir compte de la réalité des actes de tel ou tel.
    Parce qu’une page dans un journal local, je ne vois pas bien l’impact que ça peut avoir. A part sans doute celui d’un très joli appel du pied en direction de ses propres électeurs. Mais ce n’est pas eux qu’il faut convaincre aujourd’hui.

  12. à swann,
    si j’en juge par la dénonciation quasiment menaçante de Monsieur Clayes que je viens d’entendre à l’assemblée sur les soupçons soulevés sur le risque de conflit d’intérêt , je remarque que la page publiée par Monsieur Nesme, qui se double d’ailleurs d’un appel à tous les députés ,signé également par Madame Bassot et Monsieur Breton, semble avoir un impact plus important que vous ne semblez l’appréhender.
    Il semble en tout cas peser fortement et peut-être durablement sur le débat, puisque Monsieur Clayes proclame à la tribune : “qu’il ne faut pas laisser de tels arguments venir dans le domaine public ” …
    comme si le phénomène du lobbying n’existait manière générale pas de manière générale autour des débats au parlement.
    J’ai du mal à croire en tout cas en l’état qu’il y ait pu avoir de grandes possibilités d’infléchir le cours des choses même en commission, mais peu-être avez-vous une meilleure connaissance que moi du rapport de force qui y pré-existait ?
    Je ne demande pas mieux que de comprendre exactement ce qui s’est passé sur un sujet d’une telle gravité.

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