Raymond Aubrac, agent communiste

Lu sur Secret Défense :

A"Directeur de recherches au CNRS, l'historien Stéphane Courtois est un spécialiste du communisme. Elève d'Annie Kriegel, il a été le maitre d'oeuvre du Livre noir du communisme. Son dernier livre, "le Bolchevisme à la française" (Fayard) est paru en 2010. Historien engagé, mais grand connaisseurs des archives, il nous décrit la face caché d'un personnage aujourd'hui encensé.

Qui était vraiment Raymond Aubrac ?
Un agent soviétique, mais pas au sens où il aurait travaillé pour le services d'espionnage de l'Union soviétique. Il était plutôt un membre important du réseau communiste international, un sous-marin communiste si l'on veut ; en tout cas, beaucoup plus qu'un agent d'influence. Un homme comme lui avait évidemment un agent traitant à Moscou. […]

Mais Aubrac a toujours expliqué qu'il n'avait jamais été membre du PCF ?
(Rire). C'est exact, formellement, mais tout cela est cousu de fil rouge. Il faisait partie de ce qu'on appelle les "hors-cadres", des gens de haut niveau dont le PCF n'avait pas besoin qu'ils prennent leur carte. Ils leur étaient plus utile à l'extérieur. Aubrac était un ingénieur, sorti de l'Ecole des Ponts et Chaussées, et le PCF ne voulait pas le mettre en avant. Ce qui ne l'empêchait pas de participer à des réunions de cellules comme "observateur". Avant guerre, sa future épouse Lucie était elle-même communiste, proche d'André Marty – qui fut représentant du PCF au Komintern.

Ses biographes le présentent comme une sorte d'industriel à la tête d'une entreprise d'urbanisme. Qu'en est-il ?
La société qu'il dirigeait était le Berim – le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne. Placé sous la responsabilité de Jean Jérôme, l'und es hommes les plus importants et les plus secrets du PCF – cette société servait de pompe à finances au Parti. C'est, par elle, que passaient les financements en provenance de l'Est – sous la forme de contrats plus ou moins bidons. Même chose avec les maires communistes.

On apprend qu'il était à Saïgon lors de l'arrivée des chars du Nord-Vietnam en 1975. Qui faisait-il ?
Aubrac a joué un rôle très particulier dans l'affaire du Vietnam. Lorsque le dirigeant communiste Hô Chi Minh vint en France en 1946, il fut hébergé par les Aubrac à la demande de Jacques Duclos. Puis il servit de contact entre l'appareil communiste international et Henry Kissinger lui-même. Du sérieux, on le voit.

Son rôle durant la Résistance a fait l'objet de polémiques. On se souvient d'un procès contre l'historien Gérard Chauvy et d'une table ronde organisée en 1997 par Libération. Qu'en pensez-vous ?
Pendant longtemps, Aubrac et son épouse Lucie ont raconté qu'il s'était évadé à la suite d'une opération de la Résistance. Or, Arthur Kriegel – qui a participé à cette action commando – assurait qu'Aubrac n'était pas là quand elle eut lieu. Puis Aubrac a reconnu dans la biographie "autorisée" que Pascal Convert lui a récemment consacrée qu'il ne s'était pas évadé, mais qu'il avait été libéré.
Un autre épisode pose problème. A la Libération, il est commissaire régional de la République à Marseille. Or De Gaulle va le virer sans ménagement et sans explication. On sait aujourd'hui pourquoi : il avait couvert des lynchages politiques dans des prisons, notamment en Avignon ainsi que l'assasinat de militants trotskystes indochinois.  A Marseille, il créa des CRS (Compagnies républicaines de sécurité) dont on découvrit plus tard qu'elles étaient entièrement infiltrées par le PCF."

14 réflexions au sujet de « Raymond Aubrac, agent communiste »

  1. démocrate fatigué

    La seule responsable politique a ne pas avoir participé au concert de louange est Marine Le Pen.
    Les éternels manipulés de l’UMP sauront-ils ouvrir leurs yeux fatigués pour distinguer qu’elle est la seule candidate intrinsèquement anticommuniste…
    Et les abstentionnistes faire un effort pour saluer son courage!
    [Perdu : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/04/11/97001-20120411FILWWW00695-aubrac-le-pen-fait-un-parallele.php
    MJ]

  2. du boislouveau

    J’ai le souvenir d’avoir entendu dire à Radio Courtoisie que Raymond Aubrac n’était pas pour rien dans l’arrestation de Jean Moulin son soit-disant grand ami.Dommage que la question n’est pas été posée à Stéphane Courtois

  3. claude de rouen

    Toute la polémique tourne autour de son appartenance au communisme.Mais n’était-il pas un agent de l’étranger répondant à d’autres critères plus obscures ce qui expliquerait que De Gaulle l’ai ”viré sans ménagement et sans explication”.Encore une fois nos ”merdias” aux ordres veulent nous brosser un tableau lumineux d’un personnage qui n’était que zones d’ombres.

  4. Marin

    Si Aubrac était communiste et ami de Jacques Duclos, il faut poser une question :
    a-t-il, ainsi que Duclos et son parti, été partisan, jusqu’en 1941, de la collaboration ?
    On se souvient en effet que jusqu’à la rupture du pacte germano-soviétique, le PCF soutenait à fond la kollaboration avec l ‘Allemagne.

  5. démocrate fatigué

    @ Janva
    mea culpa… mais à moitié!
    Marine Le Pen a répondu à une question d’Apathie (ancien journaliste communiste?) qui voulait la faire entrer dans la polémique et a, assez intelligemment, rebondi sur la question pour montrer où se situait la résistance aujourd’hui.
    Mais je n’ai encore lu nulle part de panégyrique de Raymond Aubrac né Samuel dans un communiqué ou une déclaration de Marine Le Pen.
    Ce n’est pas le cas des autres…

  6. PK

    @ Michel,
    Diversifiez vous sources :
    – commencez par virer la télé
    – achetez des livres
    Vous verrez que vous serez totalement réinformé rapidement…
    Vous pouvez aussi vous abonner à des revues amis qui vous mâcheront une partie – seulement – du travail : Présent, l’Homme Nouveau, Lectures Françaises, etc.
    Les gens désinformés sont les gens PASSIFS : contre les actifs, on ne peut rien !
    Il en va de même pour la prière : « Prier comme si tout dépendait de Dieu, mais aussi agir comme si tout dépendait de nous » (Saint Ignace de Loyola)

  7. Papon

    M.Aubrac etait un agent à la solde de la patrie des travailleurs dont le siege social se trouvait place Djerszinsky à Moscou.
    Il recevait ses ordres de Staline dont l’objectif etait d’entrainer la population française dans le cycle provocation/repression à l’instar du groupe Manouchian, tous français de papier dont la “resistance” n’a commencé qu’apres le 22 juin 1941; avant cette date ils entretenaient les meilleurs rapports avec l’occupant nazi.

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