Bannière Salon Beige

Partager cet article

Culture de mort : Euthanasie

Rapport Leonetti-Claeys : C’est une euthanasie à la française extrêmement pernicieuse

Extrait de l'analyse de Pierre-Olivier Arduin dans la Nef à propos du rapport Leonetti-Claeys sur la fin de vie en France :

Pierre-Olivier-ARDUIN_visuel"La lecture du rapport Leonetti-Claeys ne laisse place à aucun doute : par l’instauration de « nouveaux droits des malades » venant modifier en profondeur le code de la santé publique, il s’agit de permettre une « euthanasie à la française » extrêmement pernicieuse (…)

Dans le rapport Leonetti-Claeys, l’intention morale si précieuse pour discerner les actes en fin de vie disparaît ; aucun passage ne vient d’ailleurs rappeler que le médecin ne doit jamais provoquer délibérément la mort de son patient, pierre angulaire du serment d’Hippocrate et du code de déontologie (…)

Au final, en proposant de stopper toute « thérapeutique de survie » et d’administrer des cocktails médicamenteux puissants pour endormir le patient jusqu’à ce que la mort advienne, les deux députés ne font que transposer dans le droit français les protocoles de suicide assisté mis en place dans l’État de l’Oregon au début des années 90, associant eux aussi sédation et arrêt de l’alimentation.

La vocation des soignants et l’essence même de la médecine sont blessées mortellement. (…) Sédation terminale, retrait de l’hydratation et de l’alimentation, dispositions écrites dans les directives anticipées… autant de mesures rendues contraignantes à l’encontre du médecin qui sera sommé de les mettre en œuvre, même contre sa conscience. La relation médicale en serait dramatiquement bouleversée : le professionnel de santé devrait abdiquer sa responsabilité thérapeutique et sa conscience morale face aux prérogatives autonomistes du malade.

Ce qui compterait désormais, ce ne serait plus la sollicitude envers celui qui est malade, mais le respect scrupuleux de sa volonté même si celle-ci va à l’encontre de son bien. À côté du scandale de l’avortement, la prochaine marche pour la vie du 25 janvier doit aussi être l’occasion de dire non à cette « euthanasie à la française ».

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
Avec le Salon Beige voulez-vous participer à cette émergence ?

Le Salon Beige se bat chaque jour pour la dignité de l’homme et pour une culture de Vie.

S'il vous plaît, faites un don aujourd'hui. Merci

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

Partager cet article

5 commentaires

  1. J’ai bien lu:
    “La relation médicale en serait dramatiquement bouleversée : le professionnel de santé devrait abdiquer sa responsabilité thérapeutique et sa conscience morale face aux prérogatives autonomistes du malade.”
    Je ne rêve pas!
    La grande question est donc que, dans ce contexte, désormais le malade cesserait d’être un cobaye entre les mains des médecins et aurait le droit de l’ouvrir?
    Je rêve là…
    Mais quel aveu!
    J’en ai froid dans le dos!
    Une chose est sûre: il est décidément grand temps que les malades cessent d’être les otages de gens qui s’estiment autorisés à penser et à agir à leur place…et pire à dicter “ce qui est bon pour eux” et sans qu’on puisse faire appel!
    Car l’essence de la médecine ce n’est pas cela: sa raison d’être, c’est de soigner, cela n’a jamais été de condamner…même à vivre!

  2. Déjà que de moins en moins de médecin veulent avorter, s’il faut de surcroit euthanasier on ne va plus trouver beaucoup de médecins…
    Il ne reste plus à nos médecins qu’à se regrouper en système privé en tant que “guérisseurs” en dehors du système médical et de la sécurité sociale et créer ainsi une authentique médecine, avec une véritable déontologie et non ce corps infect qu’est devenue la “médecine” actuelle et cette abomination qu’ils appellent “Ordre des médecins”.

  3. @ Saint-Plaix
    Comme médecin je me suis battu, dès le début de ma pratique pour garder mon autonomie thérapeutique vis à vis des ukases financiers des administrations gestionnaires, des contraintes des chefs de service ou des grands professeurs, mais aussi vis à vis de mes patients.
    Désolé, Saint-Plaix, il ne suffit pas qu’un patient me dise docteur « j’exige » que vous me coupiez une jambe pour que je m’exécute. Si j’ampute une jambe il faut que j’estime, moi, avec mon expérience (forcément limitée) que c’est la moins mauvaise solution pour mon patient ET que celui-ci après discussion avec moi soit arrivé à la même conclusion que moi. Mais ne vous faites pas d’illusion, Saint-Plaix, nous ne sommes pas mon patient et moi à armes égales, pas plus que je ne le suis avec mon garagiste, moi qui n’y connais rien en mécanique ; mais si je choisi ce garagiste, c’est que je lui fait confiance.
    Je ne sais pas quel genre de médecin vous fréquentez, Saint-Plaix, mais un homme ou une femme n’est jamais un cobaye entre les mains des médecins. Lorsqu’on prescrit des médicaments le patient est toujours libre de ne pas les prendre et lorsqu’on envisage une intervention le patient doit toujours donner son accord verbal et écrit (il signe un permis d’opérer) après discussion avec son médecin. 
    Croyez bien, Saint Plaix, que même si un médecin avait envie de s’affranchir de ces impératifs déontologiques (qui lui tiennent plus à cœur que la prunelle de ses yeux), il ne le ferait pas pour des raisons de responsabilité civile et par crainte de procès en dommages et intérêts.
    Le patient est évidemment respecté; il est impossible de le guérir sans sa participation.
    Mais je réclame pour moi, et pour tout médecin, le droit inaliénable de ne PAS faire pour mon patient ce que MOI j’estime être nuisible pour LUI, en âme et conscience. 
    Mon métier est d’aider du mieux que je peux, pas de me comporter comme un larbin.
    Il m’est arrivé plus d’une fois de me trouver face à un suicidaire, je veux dire quelqu’un ayant fait une tentative ratée, par exemple en se tirant une balle dans la tête. Eh bien croyez moi, je ne lui ai pas dit « mon pauvre ami, vous vous êtes raté ; venez ici je sais comment faire, je ne vous raterai pas moi »  et je ne lui ai pas tiré une autre balle mieux ajustée. Vous ne me croirez sans doute pas, mais après un long travail de rééducation et de reconstruction psychologique et sociale, il a remercié, vraiment du fond du cœur, toute l’équipe qui s’est occupée de lui.
    Alors NON, Saint-Plaix, je ne serai pas à vos ordres, devrais-je pour cela aller en prison, devrais-je pour cela être radié de l’ordre. NON Saint-Plaix. Il y a assez de médecin, il y a même pléthore, pour que si l’un ne vous plaît pas vous puissiez en trouver un autre.
    Je vous salue, Monsieur .

  4. L’hôpital fait peur maintenant.

  5. @ jean Theis (19:29)
    vous avez raison, en tout cas en Belgique et en Hollande.
    Mais, dans ces pays, votre médecin de famille peut aussi bien solder votre compte, et s’il a des hésitations ou des états d’âme, des équipes volantes de “bénévoles” peuvent le remplacer au pied levé.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services