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Bioéthique

Raisons juridiques, scientifiques, éthiques, et politiques contre la recherche sur l’embryon

A
l’heure où la proposition de loi levant l’interdiction de la
recherche sur l’embryon était discutée au sein de la commission des
affaires sociales à l’Assemblée nationale ce
matin, les députés Philippe Gosselin, Xavier Breton, Marie-Christine Dalloz,
Jean-Christophe Fromantin, Hervé Mariton, Philippe Meunier,
Jean-Frédéric Poisson
, Laure de La Raudière ont exposés, autour des professeurs
Alain Privat, (professeur en neurobiologie à l’EPHE, ancien directeur de recherche à l’INSERM, et spécialiste des cellules souches), et
Bertrand Mathieu (professeur de droit constitutionnel à l’école de droit de la Sorbonne, Université Paris I),
les raisons juridiques, scientifiques, éthiques, et politiques pour s’opposer à cette révolution votée en catimini :

Sur le plan scientifique : 

1. La thérapie cellulaire est déjà une réalité grâce à certaines
cellules souches non embryonnaires : les cellules souches adultes et celles du sang de cordon.     

2. Les cellules souches reprogrammées (IPS) du Pr. Yamanaka (prix Nobel de Médecine 2012), offrent des
perspectives plus prometteuses en matière de thérapie cellulaire
que les cellules embryonnaires. La rapidité du lancement du premier
essai clinique sur la DMLA, et les investissements massifs qui se
portent – à l’étranger – sur les iPS marquent l’importance
du potentiel de cette recherche. S’agissant de la modélisation des
pathologies et du criblage de molécules, les iPS peuvent déjà être
utilisées comme alternative à l’embryon.      

3. Le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon humain
ne limite pas les travaux  sur l’embryogénèse  qui se développent grâce à la recherche sur l’embryon animal.    

4. L’argument diminuant
l’importance des iPS (qui conserveraient 1 mémoire de leur tissu
d’origine) ne tient  plus scientifiquement :
le problème des altérations épigénétiques est résolu. 

Sur le plan juridique :

5. La protection de l'embryon humain est garantie par l'article 16 du code civil, la constitution, et le droit européen.

6. Passer d'un régime d'interdiction de principe à un régime d'autorisation de principe constitue un
changement de paradigme inédit au terme duquel le principe
fondateur de la protection de l'être humain deviendra une exception à la
règle nouvelle de sa non-protection.

7. Avant d'envisager
d'autoriser la recherche sur l'embryon, enjeu majeur qui concerne autant
les citoyens que les experts, les responsables politiques doivent
organiser des
Etats Généraux, rendus obligatoires depuis la révision de la loi bioéthique de 2011.     

Sur le plan éthique et politique :  

8. L'embryon est un membre
de l'espèce humaine, ce n'est pas une conviction ni une opinion mais un
constat scientifique. Or le respect de tout être humain,
particulièrement les plus fragiles,
est constitutif du pacte républicain et au fondement de notre
civilisation. Autoriser la recherche sur l'embryon nous fait quitter le
pacte républicain et
abandonner nos valeurs fondatrices.  

9. Les responsables politiques sont garants de
l'intérêt général. L'enjeu de la recherche sur l'embryon ne relève pas de l’intérêt général mais de
l’intérêt particulier – et financier – de l’industrie
pharmaceutique qui considère l’embryon humain comme un moyen simple et
peu onéreux de modéliser des pathologies, et cribler des molécules alors
que les cellules iPS peuvent rendre ce service.    

10. Avant d'engager une telle révolution juridique et éthique la moindre des choses est
d’exiger de l'Agence de la biomédecine qu'elle honore son obligation légale de présenter au Parlement un
bilan comparatif de la recherche sur les cellules souches. Les responsables politiques doivent se réapproprier leur responsabilité
en matière d'enjeux bioéthiques que l'Agence de la biomédecine a
captés depuis sa création (2004). Et ce alors même que dans ce domaine
de la recherche sur l'embryon l'ABM est juge et partie.

Pour éviter un passage en catimini le 28 mars prochain, la mobilisation est forte et la détermination entière !

De son côté, la Fondation Jérôme Lejeune, forte de 45 000 signataires de sa pétition, dénonce un scandale éthique.

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