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Pays : International

Quelques réalités sur la “nation arc-en-ciel”

L'africaniste Bernard Lugan est interrogé dans Minute de demain :

"la
police a été démantelée par l’ANC de
Nelson Mandela dès son arrivée au
pouvoir. Appareil sécuritaire du régime
blanc, la police a été africanisée. Les
policiers blancs les plus compétents se
sont rapidement reconvertis dans des
sociétés de protection privée, dont les
services ne sont accessibles qu’aux
plus fortunés.
Parallèlement, l’africanisation des
forces de l’ordre a rendu celles-ci
complètement inopérantes
, notamment
parce que des polices de troisième
ordre – celles des bantoustans –
ont été versées dans la police nationale
quand lesdits bantoustans ont été
réintégrés dans le cadre de l’Afrique
du Sud, en 1994.
Ce pauvre pays s’est retrouvé avec
une police dont 50 % des membres ne
savaient ni lire ni écrire
. Plusieurs milliers
de policiers « marrons » ont été
envoyés en prison pour des délits allant du vol jusqu’à l’assassinat. Une
interpellation au Parlement faisait état,
récemment, du fait que les policiers
sud africains ont « perdu » plus de
20 000 armes individuelles en quelques années
… Le trafic et la corruption
règnent en maîtres.
[…]

Je vous signale par ailleurs que les
zones les plus criminogènes sont les
grandes zones noires. Les riches
blancs et les riches noirs sont aussi
victimes de cette criminalité, mais ils
se protègent. Les victimes sont avant
tout les pauvres, blancs ou noirs.
A
telle enseigne que des milices privées
se sont créées et, quand leurs membres mettent la main sur un criminel,
ils lui placent un pneu autour du cou
et le font brûler vif.

Vous venez de publier une
importante somme sur
l’Histoire de l’Afrique du Sud.
Pensez-vous que la « Nation
arc en ciel » puisse survivre
encore longtemps ?

Mais elle est mort-née, cette nation arc en ciel ! En Afrique du Sud, il
n’y a pas de « nation arc en ciel », mais
une nation mosaïque, avec de grands
ensembles ethniques fondés sur des
bases régionales
. A l’exception des
blancs qui sont disséminés, les grands
peuples noirs – les Xhosas, les Sotos,
les Zoulous – ont des assises territoriales
; c’est le cas des métis également.
Toutes les réalités sud-africaines
sont fédérales ou confédérales. Mais
l’ANC, avec son schéma marxiste et
jacobin, a placé sur ces réalités une
idéologie centralisatrice
. D’où le grand
écart permanent, qui fait que la nation
mosaïque ne peut en aucun cas devenir
« nation arc en ciel » et qu’aujourd’hui,
nous voyons partout renaître
l’ethno-régionalisme.
Cela dit, je pense que la réalité finit
toujours par s’imposer. Partout en
Afrique, on est revenu de la démocratie.
Toutes les idéologies ont périclité.
Seule l’Afrique du Sud, sous contrôle
de l’idéologie dominante et mondialiste,
tente de maintenir à bout de bras le
mythe d’une nation post-raciale. Mais
c’est un cadavre.

Pour l’instant, la Coupe du monde
offre un entracte de quelques
semaines, mais tous les jours, des
grèves, des manifestations secouent
l’Etat pour protester contre la dégradation
fulgurante des conditions de vie.
Les gens constatent qu’ils vivaient
mieux du temps de l’Apartheid, quoi
que l’on pense de ce régime
. […]

Il n’y a pas de redressement possible.
[…] Au contraire, tous les problèmes
vont s’aggraver car le diagnostic
est posé mais le remède apporté
n’est pas le bon
. L’Afrique du Sud est
face au gouffre, mais au lieu d’opérer à
coeur ouvert, rapidement, pour préserver
ce qui peut l’être, ses dirigeants
se voilent la face pour sauver non pas
la population et le pays, mais le postulat
jacobin universaliste !
La seule solution, fort hypothétique
pour l’instant, serait qu’éclate une crise
majeure capable de forcer les autorités
à accepter la réalité. Quoique difficile à
envisager pour l’instant, ce n’est pas totalement impossible car l’ANC est en
train de se déliter et nous voyons émerger
des mouvements ancrés dans les
réalités régionales. Une chose est sûre,
la solution de survie pour l’Afrique du
Sud consiste à mettre en place ce que
les Blancs intelligents – je ne parle pas
des ségrégationnistes qui n’avaient rien
compris – avaient tenté d’instaurer : le
partage territorial.
L’Afrique du Sud ne peut exister
qu’à travers de grandes zones géographiques
reposant sur le principe d’une
terre, un peuple
. Après, l’on peut imaginer
un système politique à définir pour
coiffer tout cela. Mais tant que l’on
continuera à considérer que le pays est
habité par des Sud-Africains et non par
des Afrikaners, des Zoulous, des Sotos,
des Xhosas et des métis, l’on se trompera
et le pays continuera son chemin
vers le gouffre."

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8 commentaires

  1. Le partage territorial? Parfois je me demande si on ne devrait pas faire la même chose en France…

  2. “tant que l’on continuera à considérer que le pays est habité par des Sud-Africains et non par des Afrikaners, des Zoulous, des Sotos, des Xhosas et des métis, l’on se trompera et le pays continuera son chemin vers le gouffre.”
    La transposition en:
    “tant que l’on continuera à considérer que la région est habité par des Européens et non par des Allemands, des Français, des Italiens, des Luxembourgeois etc, l’on se trompera et le pays continuera son chemin vers le gouffre.”
    est-elle pertinente?

  3. Il faudrait au moins qu’ils accepte les bons cotés du système jacobin universaliste, en ne pratiquant justement pas de discrimination raciale.
    Les cadres blancs compétent seraient réstés en place, les cadres noirs auraient émergé au mérite, normalement.
    Sinon, on peut observer, encore une fois, que le système confédéral helvétique pourrait servir de modèle.

  4. si l’on divise le pays en plusieurs entités sur une base ethnique, la quasi-totalité finira comme les autres pays d’Afrique noire. Je ne sais pas si c’est mal, c’est juste un fait. C’est pour cela que l’ANC a tout fait pour empêcher les blancs de partir, tout en prenant le travail de certains. Ce qui n’a pas empêché un million parmi les blancs les plus qualifiés de quitter le pays, après la période euphorique Mandéla. Deux hypothèses, soit un pouvoir fort autoritaire qui remet de l’ordre, un parti mixte noir blanc par exemple, soit la spirale du racisme anti blanc encouragé par tous les intellectuels de gauches occidentaux, et la fuite en avant dans la violence et la démagogie. Pour le moment, c’est plutôt la deuxième solution qui se dessine. Troisième solution une partie des noirs, les zoulous par exemple, s’allie avec des blancs dans une guerre d’indépendance : outre que cela serait très sanglant, ce serait assez improbable, les blancs n’ayant pas vraiment de base territoriale, excepté peut-être Le Cap.
    Un désaccord avec l’auteur : “les dirigeants se voilent la face pour sauver non pas la population et le pays, mais le postulat jacobin universaliste” : en réalité leur seule obsession c’est leur compte en banque. La mondialisation, l’universalisme etc. ne sont rien d’autre que des slogans creux, ici et là bas.
    note amusante : les métis sont devenus une ethnie à part entière

  5. J’ai récemment entendu Bernard Lugan parler de l’Afrique du Sud sur Radio Courtoisie. Cela fait très, très longtemps que je n’ai pas entendu un professeur : quelqu’un qui connaît son domaine en profondeur, qui parle de la réalité au lieu de faire de la propagande, et qui est capable de vous transmettre son savoir en termes simples.
    J’étais collé au poste. J’en ai plus appris sur l’Afrique du Sud en un quart d’heure qu’en d’innombrables années de lecture des journaux dits sérieux et informés.
    C’est là qu’on mesure l’ampleur de notre perte. Il y a quelque temps, ce genre d’hommes allait de soi.
    A noter qu’au cours de la même émission, Bernard Lugan a dit son bonheur d’avoir quitté l’université française et son univers de terrorisme idéologique.
    Depuis, dit-il, il peut vraiment faire son métier. Quel aveu !

  6. “Nation arc-en-ciel”
    multicolore?
    “gaye”?

  7. “Une Terre, un Peuple”… et nous, nous voulons faire 27 Peuples, une Terre (sans compter les régions). La Russie a éclaté, la Chine ne tardera pas, mais nous non! Nous, nous allons réussir. Il est vrai que le grand ministre Besson a dit que nous n’étions ni un peuple, ni une langue, ni une religion … Effectivement, si nous ne sommes rien …..

  8. Oui, une terre, un peuple.
    Mais notre problème aujourd’hui (et quand je dis “nous”, je ne parle pas que des Français), c’est justement de définir ce qu’est un peuple.
    Aujourd’hui, le problème majeur n’est plus de définir nos frontières mais notre identité même. Une terre, oui, mais quel peuple?
    La France n’a pas encore répondu à cette question et ne pas vouloir y répondre, laisser faire, “utopiser” sur une nation multi-ethnique et multi-culturelle ne résoudra pas le problème….

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