Quelle sera la ligne du FN sur l’Union européenne ?

De Bruno Larebière dans l'Incorrect de janvier 2018 :

Couverture"[D]ans la perspective des prochaines élections, les européennes de 2019, le FN n’est pas plus crédible que LR. Même moins. « Quand on arrive sur un plateau télé, on sait qu’on va passer un sale quart d’heure dès qu’on va aborder la question européenne », nous confie un cadre du parti, qui attend que sorte au moins du congrès de mars prochain une ligne claire sur la construction européenne. « Pour le moment, on est dans l’entre-deux : tout le monde voit bien qu’on a changé de position du tout au tout, mais on doit continuer à faire croire qu’on est dans la continuité ; c’est intenable. »

La « feuille de route » fournie aux « ambassadeurs » chargés de porter la bonne parole de la « refondation » du FN dans ses fédérations, et de faire remonter les doléances, n’a pas aidé à y voir plus clair. Si elle concède qu’« une réflexion sur l’Europe a été ouverte », elle précise que ce n’est « pas pour remettre en cause notre opposition totale à l’Union européenne (comme cela a pu être dit faussement) », mais pour promouvoir une « Union des nations européennes qui s’opposera, projet contre projet, à l’Union européenne : UNE contre UE ». Que celui qui a compris quelque chose lève le doigt. « Comme quoi l’Une en est bien au stade de l’article indéfini et pas à celui du numéral cardinal », ricane, amer, un membre du bureau politique.

Dans cette même note interne décidément désespérante, il est précisé que ce nouveau projet qui n’est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, aura d’autant plus de poids qu’il sera défendu à travers toute l’Europe par « les partis frères ». Outre l’expression malheureuse qui renvoie à la phraséologie employée du temps de la glorieuse Union soviétique et de ses vassaux, il est à craindre que le frère autrichien ne manque à l’appel. Heinz-Christian Strache, le président du FPÖ, n’est devenu vice-chancelier du gouvernement de Sebastian Kurz que sur l’assurance qu’il ne se lancera pas dans une croisade contre l’UE ; l’Autriche doit assurer, au second semestre 2018, la présidence tournante de l’Union européenne. […]"

Laisser un commentaire