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France : L'Islam en France

Quand La Croix fait un dossier sur « L’islam, pourquoi c’est compliqué » mais évite tout ce qui pourrait fâcher

Quand La Croix fait un dossier sur « L’islam, pourquoi c’est compliqué » mais évite tout ce qui pourrait fâcher

Le journal La Croix a accordé au thème « L’islam, pourquoi c’est compliqué » une série de reportages (trois pages pendant dix jours, du 25 janvier au 5 février) d’une bienveillance paresseuse, qui s’est inévitablement terminé par le thème du 10/10  « Quelle place en France. Aujourd’hui, la question de son adaptation culturelle à la société française » dont le titre majeur est  « Un islam « français », difficile mais pas impossible », sans point d’interrogation.

La bienveillance (au sens contemporain d’une sorte de naïveté bonnasse et de bonne volonté irréductible à l’exigence, paraît-il ingrédient indispensable au vivre-ensemble) sourd tout au long de ces trente pages et de ses dix thèmes, qui présentent un islam certes partagé entre différents courants mais avec au final un « coran qui porte des valeurs de solidarité, de respect de la parole donnée et d’éthique générale. Le Dieu qui y apparaît est foncièrement bienveillant, allié de l’homme, protecteur » (dans « l’explication de Jacqueline Chabbi, historienne de l’islam » 1/10), en se rappelant que « certains extraient des mots du coran mais en faisant cela, on peut lui faire dire tout et n’importe quoi. La violence, on peut la trouver dans plein de textes, comme la Marseillaise par exemple » (Abdel Foiraison, youtubeur, 6/10. Intéressant d’ailleurs de comparer le coran avec un hymne patriotique…), jusqu’à la femme musulmane qui « applique les valeurs de partage et d’amour de sa religion » (8/10).

Islam, des valeurs d’amour ? La dénomination de Dieu dans l’islam se fait par 99 noms. Parmi ces noms, et selon les traductions des termes arabes, un seul se rapprocherait de la notion d’aimer : Al-Wadüd, parfois traduit par « Qui aime beaucoup ». On le trouve aussi traduit par « Le tout affectueux », avec une précision du traducteur :

« Ce mot en arabe veut dire : Celui qui se rapproche de son aimé par la clémence, la pitié et le bienfait. Mais lorsqu’on lit ce nom dans le Coran, on sent chaque fois différents sens difficilement traduisibles en mots. On peut tenter de le traduire : Celui qui se rapproche de Ses serviteurs par pitié bien qu’ils s’éloignent de Lui et ne Le glorifient pas »

De toutes façons, c’est du 1%.

Pour ce qui concerne l’usage des mots aimer et amour dans le coran, il y a eu des études faites soulignant la très faible fréquence d’usage et toujours de façon pointilliste. Rien à voir avec le message évangélique dans l’ampleur de ses deux premiers commandements.

Ensuite, la première chose qui frappe, c’est le nombre de personnes qu’Allah n’aime pas (23 occurrences du mot aimer à comparer à 61 que nous avons considérées comme significatives au total) : ceux qui commettent des excès, les transgresseurs, les arrogants, le mécréant pécheur, le traître… Il y a ensuite les amours condamnées (des richesses, des choses, des idoles ; 16 occurrences) ; il reste 22 occurrences pour le mot aimer pris de façon positive : 17 sont des catégories de personnes qu’Allah aime : les bienfaisants, les pieux, les endurants… Et 5 sont pour des amours encouragées, en particulier l’amour pour Allah.

A aucun moment, il n’est demandé au musulman d’aimer son prochain ni de répandre l’amour sur terre (ce que pourrait sous-entendre la notion de « religion d’amour »). Bien au contraire : car l’étude un peu précise du verbe aimer permet de relever une dissimulation intéressante. Le verset 4 de la sourate 61 est traduit en français, usuellement, par « Allah aime ceux qui combattent dans son chemin en rang serré pareils à un édifice ». Or, le terme arabe traduit par combattre est celui de « qatala ». Verbe qui signifie tuer. Ce qui donne encore un éclairage contrasté sur cette soi-disant notion d’amour dans le coran.

Le chapitre 7/10 est sans doute celui qui montre de la façon la plus évidente les partis-pris de La Croix. Son thème :

« La politique au service de la religion ? Le lourd héritage de l’imbrication entre politique et religieux ».

Le premier reportages s’intitule « La Turquie est-elle encore laïque ? ». Le sous-titre annonce la couleur :

« Aujourd’hui, le président Erdogan puise abondamment dans le registre islamique mais dans une perspective surtout nationaliste ».

On comprend : il y a un danger turc, mais pas forcément un danger musulman. Pourtant le reportage commence ainsi :

« En matière de symboles, Recep Tayyip Erdogan a la main lourde. Chaque année, le 26 août, il célèbre la bataille de Manzikert qui vit, en 1071, l’armée byzantine mise en déroute par celle du sultan seldjoukide Alp Arslan. La vidéo postée cette année sur son compte Twitter offre comme d’habitude une reconstitution plus ou moins fantasmée des combats, sur fond d’ « Allah akbar » et autres slogans galvanisants. Sans craindre les anachronismes, elle s’achève par une entrée triomphale dans la basilique Sainte-Sophie, tout juste retransformée en mosquée. Et comme si l’allusion ne suffisait pas, le nouvel homme fort d’Ankara salue dans le même message l’idéologie de « la pomme rouge » alors en vogue dans l’Empire ottoman et qui lui fixait trois objectifs : la conquête de Constantinople, de Vienne et enfin de Rome ».

En plus, ce brave M.Erdogan refuse la charia et a gardé un régime quasi-laïque :

« Recep Tayyip Erdogan s’est bien gardé de remettre en question la laïcité « à la turque » parce qu’elle sert ses intérêts… Le droit séculier est demeuré en place : nulle place pour la charia en Turquie, pas même en matière de droit personnel… La communauté musulmane dans le monde intéresse Erdogan à condition que les Turcs la dirigent ».

[L’article datant du 2 février, La Croix aurait pu rappeler qu’en janvier, les deux fédérations musulmanes d’obédience turques, le CCMTF (Comité de coordination des musulmans turcs de France) et le CIMG (la Communauté Islamique du Millî Görüş görüs signifiant vision en turc), avaient refusé de signer la charte des imams demandée par le gouvernement français]

L’historienne de l’islam de service, Mme Chabbi, intervient encore :

« Le concept d’Etat n’a pas d’existence dans l’islam des origines. L’idée d’Etat, comme celle d’ailleurs de communauté musulmane idéale (oumma) que l’on nous sert aujourd’hui à toutes les sauces, ne correspond à rien durant la période initiale… Par rapport à ce type de notion, il y a malheureusement aujourd’hui un déficit de vision historique qui permet une manipulation idéologique incontrôlée. Les partisans du djihad actuel prétendent ainsi être en mesure de faire revivre le glorieux califat d’antan. Mais lorsque Atatürk décide en 1924 d’abolir le califat assumé par l’Empire ottoman, cette institution n’est depuis longtemps qu’un symbole ».

Et l’article suivant (« La difficile séparation entre loi civile et loi divine ») continue d’expliquer qu’il n’y a en plus rien à craindre sur le plan politique. Après tout :

« L’établissement précoce de l’islam comme empire a induit la confusion entre politique et religion. Et les faiblesses de l’Etat moderne dans le monde musulman expliquent qu’elle perdure aujourd’hui encore ».

Si l’on interprète correctement, la faiblesse de l’Etat moderne dans le monde musulman n’est pas vue comme le signe même de l’emprise suffisante de l’islam sur les structures de l’Etat, mais bien plutôt comme une (regrettable) confusion qui ne saurait sans doute tarder à s’estomper…

Et l’article de continuer sur ce que dit la tradition sur la politique :

« Si on ne trouve pas dans le Coran un équivalent du fameux « rendez à César ce qui est à César » de l’Evangile, certains passages peuvent permettre d’envisager une distinction entre loi divine et loi civile : la sourate 42, qui invite les hommes à soumettre « leurs affaires à la concertation mutuelle » (42-38) et, surtout, la sourate 4 : « Ô vous qui croyez, obéissez à Dieu et à ceux qui parmi vous ont le commandement » (4-59) ».

Le conseil de soumettre des affaires à la concertation mutuelle peut-il vraiment être compris comme la séparation du spirituel et du temporel telle qu’entendue en France ? Quant au verset cité, sa lecture précise (comme on gagne à le faire systématiquement avec les extraits proposés du coran) indique bien que le commandement n’est accepté QUE parmi ceux qui croient, c’est-à-dire ceux qui se déclarent musulmans. Ce qui réduit sensiblement la portée de l’argumentation.

Cette bienveillance a été qualifiée de paresseuse : ces différents chapitres sont une juxtaposition de reportages ciblés et d’entretiens (en ayant soigneusement évité tout intervenant qui aurait pu être considérés comme malveillants), un patchwork sans aucune mise en perspective ni critique, sans aucun texte d’analyse ni de synthèse qui eût permis d’offrir une réflexion structurée et argumentée du journal en réponse à la question qu’il avait lui-même posée.

Revenons sur quelques exemples autres que le chapitre déjà étudié.

Le thème du 6/10 sur la violence, s’intitule ainsi « La violence, comment s’en défaire. Aujourd’hui, le référentiel de la guerre sainte, dès les premiers temps de l’islam » et retrace la vie de Jawdat Saïd, « la voix d’un islam non-violent » ; personnalité certainement respectable mais dont on craint qu’elle ne soit totalement minoritaire. C’est un peu comme si la biographie de Pierre Rabhi devait fournir une explication à la violence des Black Blocks. Et en plus, voilà l’inévitable Mme Chabbi à propos du djihad :

« le mot n’a pas du tout le sens de guerre sainte. L’idéologisation du djihad va intervenir lors de la première attaque que subit le monde musulman au moment des croisades à la fin du XIème siècle. En fait, les premiers à avoir eu l’idée de guerre sainte, ce sont les croisés. Ainsi pourrait-on dire que cette idée est passée d’Occident en Orient ».

Aucune curiosité journalistique sur la violence originelle, alors qu’il est quand même rapporté :

« Affaibli, en butte à l’échec de sa prédication à Médine, Mohammed s’est converti à la lutte armée, pour être reconnu et diffuser son message ».

Et le propos de Mohamed Bajrafil, théologien français : « Tout ce que fait Daech est permis par la jurisprudence musulmane. Pour certains jurisconsultes, les musulmans doivent faire au moins un combat par an contre des non-musulmans, pour les convertir ou les soumettre » n’est pas relevé.

Manque vraiment cruel de curiosité de la part du journal. Parce que, quand même, au hasard des entretiens percent des affirmations qui auraient pu prolonger la réflexion de tout esprit curieux:

– Dans le 2/10 ( Les croyants, une unité de façade ? Aujourd’hui, le mythe d’une communauté vouée à être unie et uniforme), on apprend que « la jurisprudence musulmane n’a pas encore réglé la question de l’esclavage ».

– Dans le 4/10 (Hors de l’islam, point de salut ? Aujourd’hui, la conviction que l’islam est supérieur aux autres religions), on apprend que « même si des institutions comme le haut conseil des oulémas du Maroc ou la maison de la fatwa en Egypte considèrent que les apostats ne peuvent plus être condamnés à mort, cette peine reste appliquée dans une dizaine de pays ». On est content pour les marocains (tout en ignorant les peines de substitution…). Et les lecteurs du Salon beige n’ont pas oublié qu’un jeune imam français vient de condamner l’exécution pour apostasie mais seulement si elle est injuste ! Au 9/10, les évocations d’histoire personnelle d’anciens musulmans font toujours état de menaces de mort familiales.

– Dans le 2/20 encore, la citation fournie « Les musulmans sont durs envers leurs ennemis, miséricordieux entre eux » (48, 29) rappelle opportunément la séparation du monde vu par les musulmans, fondamentalement politique, entre amis et ennemis. Et aurait pu fournir matière au rappel de la stratégie de l’intimidation (coupeurs de langues, coupeurs de tête) si quotidiennement présente.

– Enfin, au 8/10 : « fidèle à son époque, le coran donne aux femmes un statut inférieur à celui des hommes dans la société » Le « fidèle à son époque » est visiblement là pour adoucir encore le propos ; les temps étaient arriérés, que voulez-vous. Pourtant, à son époque, cela fait déjà six siècles que le Christ a parlé à la Samaritaine (Jn, 4-5) et a intimé aux hommes qui se proposaient de lapider la femme pécheresse : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (Jn, 8-7) ; sans se soucier de la fidélité à son époque.

Et ceci nous amène à quelques rapprochements entre islam et christianisme, culminant au 9/10 (La conversion à l’islam qui paraît parfois facile et superficielle), dans une position personnelle de M.Kevin Devesa, converti à l’islam, qui explique : « Pour moi, c’est un prolongement du message de Jésus ». Sans aucune mise en perspective ou commentaire de La Croix sur cette affirmation pourtant bien intéressante.

Au chapitre 4/10 : « Selon la tradition musulmane, chrétiens et juifs font l’objet d’un traitement différent des autres non-musulmans : ils bénéficient [sic : par rapport aux athées encore plus maltraités] dans le droit islamique d’une protection juridique particulière (dhimma), toutefois [re-sic !] accompagnée d’injonctions humiliantes ». La dhimmitude n’est pas un sujet pour La Croix.

Au même chapitre 5/10, M.Kechaou, professeur d’histoire-géographie énonce : « Dès le Moyen-Âge, le christianisme a perçu l’islam comme un concurrent à combattre d’un point de vue religieux, en salissant [sic] par exemple l’image de son prophète ». Mme Crémieu, fondatrice d’une association, indique : « Pour moi, le principal handicap au vivre-ensemble est celui du rapport à la religion des musulmans, notamment chez les primo-arrivants : il ressemble à celui des catholiques au XVIIIème siècle ». Les musulmans, des catholiques du 18ème siècle ? On devrait donc y arriver.

Il y a enfin le couronnement dans le chapitre 10/10 déjà cité : Quelle place pour l’islam en France ? Voilà l’analyse d’Ahmed Jaballah (théologien, ancien président de l’Union des organisations islamiques de France, courant proche des Frères musulmans ») :

« La question de l’intégration des non-musulmans dans une société musulmane a été pensée théologiquement au cours de l’histoire : dès l’époque du Prophète, avec la « constitution de Médine », qui reconnaissait l’égalité de tous les musulmans ou non. Mais le contraire –être musulman dans une société non musulmane- est une notion assez nouvelle, qui n’a pas été étudiée jusqu’au 20ème siècle. Cet effort de la réflexion théologique et juridique est notamment fait aujourd’hui par le Conseil européen de la fatwa et des recherches (CEFR) qui a son siège à Dublin. Ce conseil a produit de nombreuses fatwas (avis juridiques) depuis sa création en 1997. Après d’intenses débats, nous avons par exemple autorisé les prêts bancaires pour l’acquisition d’une résidence principale ».

On y retrouve le poids ubiquiste du code, de la législation, qui pèsent sur les musulmans.

Et le discours d’un autre théologien, Mohamed Bajrafil, fait écho à cette constitution de Médine :

« Pour moi, l’islam de France doit être un laboratoire médinois, en référence à cette ville de Médine où le prophète Mohammed a signé un pacte avec les tribus juives pour leur proposer ensemble une communauté de destin. Par ce geste, il a décrété à mon sens la laïcité, assurant aux juifs la judaïté et aux musulmans l’islamité ».

Forcément, vous vous dites (et La Croix aurait pu se dire) : Késaco ce pacte de Médine cité par les deux intervenants ?

Il faut alors se plonger un peu dans l’histoire (sources parfois confuses et contradictoires) de Mahomet à Yathrib (devenueMédine) à partir de 622, date de son arrivée, jusqu’en 627.

Le site Wikipedia (qui vaut ce qu’il vaut) apprend que Mahomet arrive à Médine avec ses premiers fidèles :

« Il est question d’une Constitution de Médine, qui établit une alliance au sein d’une oumma entre les musulmans, les juifs et les autres. Néanmoins, les historiens modernes doutent que tous les points de cette constitution datent de l’époque de Mahomet ».

Certains considèrent qu’il y avait bien trois tribus juives. Certains suggèrent que ce document (dont l’authenticité et la date réelle prêtent donc à discussion) présenterait « une communauté multi-culturelle, sans contrainte religieuse, réunie pour combattre sur le chemin de Dieu ». C’est ce paysage quasi idyllique auquel se réfèrent les deux théologiens. Notons toutefois que la finalité d’une telle communauté est de l’ordre de la pratique de la guerre…

Allons maintenant sur le site de herodote.net, site web consacré à l’histoire universelle (et qui vaut ce qu’il vaut). L’article sur le fuite de Mahomet à Médine se termine par la phrase suivante :

« Pour pacifier les relations entre les deux clans de l’oasis, l’un autour de la tribu Khazraj, l’autre autour de la tribu (juive ?) Aws, le Prophète édicte une « constitution », la Sahifa. Elle autorise la liberté de culte, y compris des juifs, chrétiens et autres sabéens. Mais la présence de plus en plus envahissante des musulmans irrite les tribus juives. Il va s’ensuivre un conflit violent entre les deux communautés ».

L’article suivant est intitulé : 11 février 624, Mahomet rompt avec les juifs de Médine. On y apprend encore que seule la tribu des Aws s’est ralliée à Mahomet (il est d’ailleurs possible que les Aws aient été arabes et non juifs…). Les trois autres communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi. En février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples de modifier la prière rituelle : elle se fera désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba, à La Mecque. Au printemps de la même année, un incident oppose les juifs de la tribu des Banu- Kainaku aux musulmans. La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d’émigrer. Et d’une !

Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors d’une bataille (encore) entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque. Elle est chassée vers le nord. Et de deux !

Enfin,  dans la guerre menée par les musulmans contre les habitants de La Mecque (toujours), Mahomet s’irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard. La crise arrive à son terme en 627. Mahomet décide d’en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu’il accuse (ce qui est vrai) d’avoir soutenu les assaillants. Au terme d’un siège de 25 jours, les juifs sont contraints de se rendre. Mahomet confie à l’un de ses compagnons, un membre de la tribu des Aws, le soin de les juger. Ce dernier recommande de mettre à mort les hommes selon l’ancienne loi hébraïque ! Les musulmans décapitent 600 à 700 hommes et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants. Et de trois ! Place à l’umma entièrement musulmane.

Cette situation citée comme exemplaire d’une umma multiculturelle a donc sombré assez rapidement sous l’effet des guerres et agressions menées par des musulmans de plus en plus nombreux et plutôt belliqueux. Toute ressemblance avec toute autre situation ne saurait être que le fruit du hasard.

Au-delà de l’attente impatiente d’une mise à jour argumentée de La Croix, il apparaît avec netteté qu’on gagne toujours à étudier avec précision les textes et l’histoire fondateurs de l’islam. Pour remplacer une omerta ô combien habituelle, ou même une affirmation comme celle faite dans le 8/10 : « le fond du problème n’est finalement pas le verset coranique ». Car le fond du problème est bien souvent le verset coranique. Mais, évidemment, cette dispute est fréquemment évitée pour cause d’intimidation déjà évoquée. On sait malheureusement ce qu’il peut en coûter à ceux qui s’approchent de trop près de ce que les musulmans considèrent comme sacré.

Remarque additionnelle concernant la distinction entre l’islam comme religion et l’islam comme politique : M. Julien Freund, philosophe, lors de la soutenance de sa thèse en 1965 (L’essence du politique) avait rappelé :

« Il est naturel pour l’être humain d’organiser par la force la société dans laquelle il vit afin d’en assurer la concorde et la sécurité ; et quelle que soit la forme que prend cette organisation politique, on est certain d’y repérer une relation entre les éléments suivants : le commandement et l’obéissance ; le public et le privé; l’ami et l’ennemi ».

Il faut bien reconnaître que commandement/obéissance d’une part, ami/ennemi d’autre part s’adaptent parfaitement bien à l’islam. L’islam est par essence politique. Tout se jouera au final dans le choix concernant la mise en oeuvre du troisième diptyque : public/privé.

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1 commentaire

  1. “En fait, les premiers à avoir eu l’idée de guerre sainte, ce sont les croisés. Ainsi pourrait-on dire que cette idée est passée d’Occident en Orient » (sic)
    https://www.youtube.com/watch?v=XpvTqm7N1jE

    Tant que le mensonge ne relèvera pas du pénal on n’en sortira pas !

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