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France : Société

Prostitution : l’exemple vient de Norvège

Selon l'AFP, un peu plus d'un mois après l'entrée en vigueur en Norvège, le 1er janvier 2009, d'une loi interdisant l'achat de sexe sous peine d'encourir jusqu'à six mois de prison et/ou une amende, la prostitution de rue appartient au passé. Selon Harald Boehler, chef de la section chargée de lutter contre la prostitution et le trafic d'êtres humains au sein de la police d'Oslo, le bilan est positif : 

"La loi a un impact sur le nombre de clients. Les hommes d'ordinaire respectueux des lois refusent d'acheter des prestations sexuelles dès lors que c'est illégal"

Certes, comme le souligne le CPDH (Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine) :

"A chaque tentative de criminaliser le recours à la prostitution, des voix s'élèvent pour mettre en garde contre l'atteinte aux libertés, aux droits de l'homme, dans des discours qui se présentent comme soucieux du sort des femmes de ce commerce. Mais la question du consentement se pose, elle se pose principalement sous deux angles : la légitimité du consentement à bafouer sa propre dignité, et la validité de ce consentement."

C'est pourquoi cette initiative est intelligente car d'une part, ce sont bien les "clients" qui sont poursuivis et que, d'autre part, le gouvernement a mis en place des structures d'aide aux prostituées (cures de désintoxication, formations…) pour les aider à s'en sortir. Lorsque l'on sait ce qui se cache derrière la prostitution (drogue, immigration clandestine, trafic d'êtres humains, blanchiment d'argent…), il faut être bien hypocrite pour y voir une atteinte aux droits de l'homme…La Doctrine Sociale de l'Eglise est là pour nous le rappeler (n°158) :

La proclamation solennelle des droits de l'homme est contredite par la douloureuse réalité de violations, de guerres et de violences en tout genre, en premier lieu les génocides et les déportations de masse, la diffusion un peu partout de formes toujours nouvelles d'esclavage comme le trafic d'êtres humains, les enfants soldats, l'exploitation des travailleurs, le trafic illégal de drogues et la prostitution. Même dans les pays qui connaissent des formes de gouvernement démocratique, ces droits ne sont pas toujours entièrement respectés 

Philippe Carhon 

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12 commentaires

  1. C’est un domaine très délicat. On ne peut agir d’une façon idéologique, ou idéaliste.
    De tout temps la prostitution a existé. Y compris en Terre Sainte : la Bible en offre de nombreux exemples. La tolérance dans ce domaine est donc, a priori, la règle.
    D’un autre côté, il faut aider les prostituées, les dégager des réseaux, les installer dans un vrai métier etc.
    Mais c’est oublier que, en France par exemple, la prostitution est souvent volontaire. De plus en plus de jeunes femmes font « payer le service » une fois par semaine, pour se faire de l’argent de poche. A une époque de totale liberté des mœurs, la seule différence est dans la gratuité ou la vénalité.
    En outre, ce genre de loi aura un effet néfaste immédiat : la pauvreté de bien des femmes. Il y a un grand nombre de femmes qui, sans être des « prostituées », sont des « femmes entretenues » par un homme. Avec cette loi, cela ne sera plus possible : ces femmes vont se retrouver à la rue, car aucun homme ne prendra le risque de se voir accuser.
    Enfin, c’est la porte ouverte à des accusations massives contre les hommes : la « copine » qui voudra se venger de son « copain », l’accusera de l’avoir payée. Et v’lan !
    La loi doit être l’expression de la sagesse politique. Et la politique, c’est le réel, ce n’est pas l’idéal.
    [Je ne suis pas d’accord :
    1) Vous parlez de tolérance. Toléreriez-vous que votre fille se prostitue ? Moi, non ! Je ne crois pas qu’un catholique puisse tolérer la prostitution (au sens accepter)
    2) Vous dîtes que la prostitution a toujours existé. Oui, tout comme l’avortement. Remplacez dans vos phrases prostitution par avortement et vous vous rendrez compte que la pénalisation est une bonne solution. Condamner les avorteurs et aider les femmes en difficulté, voilà la solution.
    3) Quand au soit-disant volontariat dans la prostitution, je crois que, comme dans la pornographie, c’est une idée répandue mais fausse… En France, la grande majorité des prostituées sont des immigrées en situation clandestine. Si tous les pays d’Europe appliquaient cette loi, certes la pauvreté existerait toujours, mais le traffic d’êtres humains diminuerait.
    J’ai en tête l’exemple précis d’un commandant de gendarmerie qui expulsait de son département les prostituées étrangères vers le département voisin. Au début, elles revenaient. A force, elle avaient disparu. Si tous les commandant de gendarmerie etc…
    http://news.catholique.org/analyses/18977-prostitution-un-travail-comme-un-autre
    Philippe Carhon]

  2. Saint Louis avait essayé d’interdire la prostitution…en vain. Loin de moi l’idée qu’il ne faut stictement rien faire. Mais,il faut être cohérent. Si l’on interdit la prostitution,il faut alors lutter aussi contre tout ce qui y conduit : la précrité sociale,la criminalité organisée, la pornographie, etc.Ce n’est malheureusement pas la voie que l’on prend aujourd’hui !

  3. Oh! N’insultez jamais une femme qui tombe ! Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe ! Qui sait combien de jours, sa faim a combattu ! Quand le vent du malheur ébranlait leur vertu, Qui de nous n’a pas vu de ces femmes brisées, S’y cramponner longtemps de leurs mains épuisées ?…
    Encore une fois le « doux et sublime roublard » a dit l’essentiel… Et Saint Louis a fait le nécessaire, en rouvrant les bourdeaux.
    « Qui veut faire l’ange fait la bête »…

  4. La Norvège fait preuve une fois de plus d’obscurantisme : si elle faisait partie de la lumineuse Union européenne, elle devrait respecter la libre entreprise, la libre circulation des biens (au sens économique du terme) et des « services à la personne », les droits des consommateurs, le développement de la concurrence, et bien sûr l’épanouissement des femmes…

  5. @ Vapincum
    c’est là toute la finesse de cette loi qui cette fois-ci n’interdit pas la prostitution, mais l’achat de sexe/prestation sexuelle.
    Maintenant je suis d’accord avec vous il ne faut pas s’arrêter là et la cohérence voudrait que l’on s’attaque aussi à la pornographie.

  6. Vos propos consistent à tomber dans le piège des féministes. Cela rappelle aussi le discours des puritains des sectes extrémistes protestantes.
    Comme l’a rappelé ci-dessus un intervenant, la prostitution existait en Terre Sainte sous l’Ancienne Alliance. Le Christ n’a pas prêché l’abolition de la prostitution. Pas plus que Saint Paul un peu plus tard celui de l’esclavage romain. Dans ces domaines relatifs à l’ordre naturel et social, les Ecritures demandent certes que les hommes ne fréquentent point les prostituées, que les maîtres libèrent leurs esclaves ou au minimum les traîtent bien, mais Elles ne font pas injonction aux sociétés humaines d’adopter telle ou telle disposition régalienne pour les interdire. En cela la DSE innove et c’est pourquoi je suis beaucoup plus proche de l’Eglise orthodoxe grecque dans ce domaine qui n’ a pas originellement de DSE. C’est pourquoi Saint Loui a légiféré sur les maisons closes à un époque moin contaminée que la nôtre par les errements inspirés de l’humanisme laïc.
    En revanche pour ce qui est par exemple de l’avortement, de l’euthanasie, du laïcisme athéiste, de l’adultère comme faute civile ou pénale, le Décalogue doit s’imposer aux Etats car il s’agit d’ordre surnaturel.

  7. Pour ma part , je ne comprends pas qu’on puisse criminaliser une relation sexuelle entre un homme et une femme tout les deux consentants , à partir du moment personne n’impose quoique ce soit à la femme en question .
    Je pense qu’il y a des choses bien plus importante que de criminaliser les relations sexuelles entre homme et femme consentant , ou le seul reproche est en fait qu’il y ai de l’argent .
    Il est évident que le proxénetisme et l’exploitation d’être humain doit être éradiqué , mais après si des filles veulent avoir des relations sexuelles pour gagner facilement de l’argent , qu’elles soient libre de disposer d’elles mêmes et de choisir leur partenaire , ce n’est à mon sens pas plus grave et pas plus immoral que les clubs échangistes ,
    les garces des boites de nuit qui couchent avec le premier venu le soir même , voir encore les garces qui cherchent un homme uniquement pour son argent ou sa sitution professionnelle ….
     » je me souviens d’une de ces filles dire : pourquoi devrais-je me lever tout les matin a 6h pour gagner 5000 frs par mois alors que là je suis autonome , je travaille quand je veux , et je me fais 20 000 frs par mois ) .
    Dans ces cas là , la prostitution comme en Espagne , ou elle est déclarée , assurée , encadrée , sécurisée du point de vue médical , n’est a mon sens qu’un moindre mal ( à moins de vouloir une prostition souterraine qui répandra des maladie et qui sera nocive aux fille en question qui n’auront aucune sécurité ) .
    Beaucoup d’homme ont eu recour a la prostitution ( en Espagne c’est plus de 38% des hommes ) , et dans l’armèe dans les OPEX , n’en parlons pas ….en France c’était aussi le cas quand les jeunes hommes et bon nombre d’appelés du contingent , qui fréquentaient les maisons closes quand elles existaient ( ce qui ne les empechaient pas par la suite de trouver l’amour par la suite , d’être fidèle et d’être de bon père ) .
    La Suède et la Norvège qui sont des pays gaucho-bobo-féministe , interdisent la prostition par idéologie féministe , je rappelle que ces pays là autorisent le mariage homo et l’homoparentalité chose qui est bien plus grave , et que ces pays là n’interdisent pas les backrooms homosexuels….

  8. @Phlippe Carhon.
    1) la tolérance est une vertu politique. L’exemple cité de saint Louis le montre bien. Politiquement, c’est une vertu de tolérer un mal quand sa suppression engendrerait des maux plus grands (il ne s’agit pas de « sentiments de particuliers », comme le cas que vous citez : le père et la fille; mais de vertu POLITIQUE. Je vous renvoie à saint Thomas d’Aquin et à la DSE.
    2) Ne confondons pas avortement et prostitution. Une chose peut être valable dans un cas, et pas dans l’autre. La reflexion ne se limite pas à interchanger des mots. Exemple à outrance : on peut tolérer le fait que les gens crachent par terre, on ne peut pas tolérer le génocide. Chaque chose a son raisonnement propre.
    3) le volontariat : il existe à très grande échelle aujourd’hui en France. Je sais que les prostituées « dans la rue » sont des esclaves. Mais il existe aussi des filles « très bien » qui, une fois la semaine, se font payer la nuit pour avoir de l’argent de poche. Elles ne se considèrent pas comme prostituées, d’ailleurs; mais elles rentreraient sous le coup de la loi citée plus haut.

  9. C’est une mesure idéaliste, déconnecté du réel.
    Ne pas oublier que le mieux est l’ennemi du bien.
    Interdire la prostitution est en quelque sorte un moyen, une mesure curative, signe d’un échec.
    Si le but à terme est bien de la supprimer,
    (effectivement personne ne voudrait voir sa fille devenir prostituée, mais cette remarque me semble un peu démagogique), alors il faut agir préventivement :
    – interdire (là oui, interdire) la pornographie; celle-ci accroît trés fortement les pulsions des hommes.
    – améliorer l’éducation des enfants, en particulier des jeunes hommes … tout un programme !
    – éviter que des femmes en aient besoin financièrement …
    – et quelques autres.
    Interdire la prostitution sans prendre d’abord ces mesures préventives (en particulier la plus importante, la suppression de la pornographie), c’est exposer les femmes à des risques accrues de viols.

  10. L’exemple de saint Louis est en effet à méditer. En 1254 il interdit la prostitution. Le résultat étant catastrophique, deux ans plus tard il lève l’interdiction et cantonne la prostitution aux ruelles (restriction qui ne sera jamais appliquée). Lors de la 7e croisade, les prostituées font officiellement partie des personnels accompagnant l’armée, et sont rétribuées sur le trésor royal.
    Saint Thomas d’Aquin pensait de même qu’il fallait tolérer la prostitution pour éviter de plus grands maux. Il citait la phrase de saint Augustin: « Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus » (ce qu’on peut traduire à peu près ainsi: Enlève les prostituées des affaires humaines, tu bouleverseras tout par la violence des désirs sexuels).

  11. À tous ceux qui pensent que la prostitution ne peut être éradiquée…
    La première chose que fit Sainte Jeanne d’Arc en prenant le commandement de l’Ost fut de demander à ses soldats de virer les filles de joie qui accompagnaient alors l’armée…
    Et l’Ost reprit le chemin de la victoire.
    Tempérance et prière…

  12. Il est effarant de voir tous ces ‘bons catholiques’ prendre la défense de la prostitution !
    1°/ la loi en question ne criminalise pas les prostituées, mais les CLIENTS. C’est la grosse différence avec Saint Louis et tous les exemples que vous donnez.
    2°/ « C’est parce que vous êtes un peuple à la tête dure que Moïse laissait légal le divorce » (approximativement, je sais). Et bien par analogie, ce qui a été vrai dans le passé, y compris jusqu’à Saint Louis, ne l’est plus forcément aujourd’hui. Vous êtes très conservateurs non ?
    On s’enorgueillit de nos droits de l’homme contre l’obscurantisme du Moyen Âge, mais là on voudrait bien avoir le droit de rester un peu soudard ?
    3°/ une jeune fille qui monnaie son corps ne sera jamais une jeune fille très bien, avec ou sans guillemets.
    4°/ pour une prostituée heureuse et ayant soi-disant choisi d’être réduite à un objet sexuel, combien sont vendues ou enlevées à leur famille pour être embrigadées dans un réseau esclavagiste ? C’est cela le petit mal à tolérer pour le grand bien des premières ?
    5°/ on se croit si évolué et libéré du carcan moral de nos grands-parents, mais on est toujours incapable de gérer ses pulsions sexuelles sans avoir recours à une femme que l’on réduit à un objet sexuel ?
    @Marc : l’avortement, l’euthanasie, l’adultère et une bonne partie du décalogue ressortissent de la loi NATURELLE et non surnaturelle.

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