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L'Eglise : L'Eglise en France

Privé de la foi, l’univers périt, prisonnier d’un sépulcre sans espérance

Lors de la messe en mémoires des victimes de la tempête Xhyntia, dans la cathédrale de Luçon, en présence du préfet, du président du Conseil Général, Bruno Retailleau, et du ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, Mgr Castet, évêque de Luçon a déclaré :

C "C’est dans le Christ, compagnon de nos vies et de nos détresses, que nous pouvons trouver la lumière. C’est en Lui que toute chose prend sens. Le Pape Benoit XVI nous invitait, au jour de la fête de la Toussaint à « regarder la mort et l’au-delà dans la lumière de la révélation ». En effet, le Christ n’est pas simplement celui dont la parole console et rassure en trouvant les justes mots pour mieux faire supporter les épreuves.

Le Christ, parce qu’il a passé la mort et a manifesté la victoire de la vie donne sens à chacune de nos morts, un au-delà à nos désespoirs. Avec l’apôtre, nous osons proclamer : « Si en effet nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts » (1 Ts 4.13-14). C’est dans ce mystère que nous fondons notre foi et notre espérance. […] Ce qui est singulier dans la passion du Christ, c’est le sens qu’elle révèle et l’avenir qu’elle dévoile : Le sauveur terrasse une mort qui n’a plus le dernier mot.

Cependant, entrer dans l’espérance n’est pas une réalité facile. Nous devons aux défunts le silence du vendredi saint. Comment ne pas évoquer ici la douleur et l’incompréhension de la Vierge Marie au jour où un glaive lui a transpercé le cœur. Au cœur de cette épreuve, Elle devient toutefois la figure de l’espérance qui avance comme si Elle voyait l’invisible. Elle invite chacun d’entre nous à entreprendre ce long chemin de conversion qui, sans faire l’économie des douleurs humaines, ose proclamer la victoire de la vie. Elle nous invite à voir plus loin et à habiter les paroles de Péguy : « L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera ».

Celui qui espère ne laisse pas les ténèbres l’envahir. Au cœur même de l’épreuve, il ne laisse jamais le dernier mot à la mort. Cette conviction prend tout son sens à l’heure des drames que constituent notre propre mort et celles des êtres aimés, mais elle ouvre également un chemin de bonheur sur cette terre. Animés par cette espérance de revoir un jour ceux que nous aimons, nous ne désertons pas le monde d’aujourd’hui. Avec courage et détermination nous regardons vers l’avenir et nous bâtissons pour nous-mêmes et pour ceux que nous aimons. […] En ce jour, je vous invite à prier pour tous ceux et celles qui ont été durement éprouvés mais aussi pour tous ceux et celles qui peinent à trouver un avenir. Puisse le Seigneur leur donner consolation et force. Je demande à Dieu de leur offrir la grâce de la foi afin que la phrase forte, proposée par le Pape Benoit XVI dans son message de carême, trouve écho en chacun de nos cœurs : « Dieu a créé l'homme pour la résurrection et la vie ; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l'histoire humaine, à l'existence personnelle (…) Privé de la lumière de la foi, l'univers entier périt, prisonnier d'un sépulcre sans avenir, ni espérance.»

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4 commentaires

  1. « …Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir, ni espérance.» Oui, mais alors comment renier le passé de la France, ce qui a fait la civilisation chrétienne c’est la grâce, la participation à la vie divine et toutes les vertus qui en découlent, c’est l’opposé de la civilisation du tout mercantile de Mammon.

  2. Tous, nous serons ressuscités ; mais les uns pour la vie éternelle auprès de Dieu, et les autres, pour une éternité de souffrance, dans l’Enfer. Ce n’est pas parce que l’on est mort que l’on est sauvé. Et ceux qui sont jugés dignes d’aller au Ciel doivent parfois rester, auparavant, un temps très long dans les terribles souffrances du Purgatoire.

  3. Ça c’est un beau sermon. Espérons que les désespérés hurlants du Hellfest à Clisson en reçoivent quelques échos : c’est écrit pour eux. Merci Monseigneur.

  4. Enfin une homélie digne d’un Eveque!

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