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France : Politique en France

Pouvons-nous encore leur faire confiance ? (addendum)

Pouvons-nous encore leur faire confiance ? (addendum)

De Jean-Pierre Maugendre :

Dans la chronique du 3 avril dernier citée ci-dessus [publiée le 4 avril sur ce blog, NDMJ] je mettais en parallèle les modes de communication, sensiblement différents en temps de crise, du général De Gaulle et du président Macron. Ceci a été compris par certains lecteurs comme une approbation de la politique algérienne du revenant du 13 mai 1958. Bien évidemment il n’en est rien. L’histoire a désormais bien mis en lumière la duplicité, la rouerie et les mensonges du fondateur de la Véme République, trahissant la parole donnée, abandonnant au couteau des égorgeurs des dizaines de milliers de musulmans qui avaient cru en la parole de la France et conduisant à l’exil un million de pieds-noirs. Sur ce sujet il me semble que les mots définitifs ont été prononcés par le maréchal Juin, pied-noir natif de Bône, le 2 juillet 1962

« Que les Français en grande majorité aient, par référendum, confirmé, approuvé l’abandon de l’Algérie, ce morceau de la France, trahie et livrée à l’ennemi, qu’ils aient été ainsi complices du pillage, de la ruine et du massacre des Français d’Algérie, de leurs familles, de nos frères musulmans, de nos anciens soldats qui avaient une confiance totale en nous et ont été torturés, égorgés, dans des conditions abominables, sans que rien n’ait été fait pour les protéger : cela je ne le pardonnerai jamais à mes compatriotes : la France est en état de péché mortel. Elle connaîtra un jour le châtiment.”

Nous y sommes !

Puis-je d’autre part, à propos de la référence que j’avais choisie, me permettre une analogie historique ? Le 10 décembre 1919 le prix Goncourt est attribué à Marcel Proust pour son livre : A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Le candidat favori était pourtant Roland Dorgelès pour son ouvrage Les croix de bois. Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre. Le faiseur de roi a été Léon Daudet. Dans une formule virile celui-ci signifie à ceux qui lui reprochent d’avoir soutenu un Juif, homosexuel, riche, oisif et réformé contre un ancien combattant, décoré de la Croix de guerre que le jury du Goncourt couronne les qualités littéraires d’une œuvre et ne délivre pas un blanc-seing de bonne moralité. Analogiquement, en soulignant les qualités de communicant du général De Gaulle mon propos n’était pas de cautionner, de quelque manière que ce soit, sa politique, en particulier algérienne. Sans doute ai-je été maladroit et je prie ceux que j’ai, involontairement, blessé de bien vouloir me le pardonner.

Au début de cette semaine sainte m’est donnée l’heureuse occasion de nous souhaiter à tous une heureuse montée vers Pâques. Nous savons qu’après le temps de la Passion viendra l’heure de la Résurrection. Poursuivons le bon combat dans la bienveillance et la fidélité, pour que France continue et chrétienté ressuscite.

Jean-Pierre Maugendre

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4 commentaires

  1. Merci, cher Jean-Pierre Maugendre, de cette mise au point. Votre exemple est bien choisi. On peut aimer l’oeuvre de Proust sans aduler le personnage. Même chose pour le cinéaste Polanski dont les films sont particulièrement bien faits sans être édifiants. Il y a tout plein de films d’archives sur la guerre 39-45 qui passent à la télé en ce moment. On y présente Juin et de Lattre comme “ralliés à de Gaulle”. L’amiral de Gaulle, plus réaliste, les qualifiait de “généraux de Vichy”. Il n’y a pas que la guerre d’Algérie. Le parcours entier du bonhomme n’est qu’une longue imposture, comme l’a dit un autre général, Weygand, fondateur de l’armée d’Armistice qui, après avoir mis le genou à terre, a repris le terrain perdu, avec Juin et de Lattre.

    • Bonjour Monsieur Maugendre : vous savez bien que : Commander, communiquer, propagander c’est
      sensiblement différent et
      choisir un bon exemple est très difficile. De Gaulle toujours mauvaise pioche.
      “Ma croix de Lorraine” d’après Churchill.

  2. cette précision vous honore et gomme l’interprétation qui avait été faite des propos malencontreux ouvrant votre chronique du 4 avril. Sincèrement

  3. S’agissant de Macron, son talent oratoire est à la mesure du personnage : totalement artificiel en termes d’humanité. Il ne faut jamais oublier que, tout jeune, Macron a reçu de sa ‘dulcinée’, professeur de français, des cours d’art théâtral, d’où ses poses, ses mines et le calcul du ton qu’il doit employer dans ses discours. Tout est calculé dans son expression orale pour paraître sérieux, grave, voire faussement ému.

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