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France : Société

Pouvoir d’achat et doctrine sociale de l’Eglise

Face à la baisse du pouvoir d’achat constatée par les Français, il n’est pas question ici d’en nier les causes certaines (hausse du prix de pétrôle et TIPP, hausse de la fiscalité et des cotisations sociales, augmentation des prix de matières premières…) ou possibles comme le passage à l’euro. Il s’agit seulement de nous interroger en tant que catholiques sur notre comportement face à la société de consommation.

La Doctrine sociale de l’Eglise nous dit (paragraphes 359 et 360) :

359 L’utilisation du pouvoir d’achat doit s’exercer dans le contexte des exigences morales de la justice et de la solidarité et de responsabilités sociales précises (…) Cette responsabilité confère aux consommateurs la possibilité d’orienter (…) le comportement des producteurs, à travers la décision — individuelle ou collective — de préférer les produits de certaines entreprises à d’autres, en tenant compte non seulement des prix et de la qualité des produits, mais aussi de l’existence de conditions de travail correctes dans les entreprises, ainsi que du degré de protection assuré au milieu naturel environnant.

360 Le phénomène de la société de consommation maintient une orientation persistante vers l’« avoir » plutôt que vers l’« être ». Il empêche de « distinguer correctement les formes nouvelles et les plus élevées de satisfaction des besoins humains et les besoins nouveaux induits qui empêchent la personnalité de parvenir à sa maturité ».Pour lutter contre ce phénomène, il est nécessaire de s’employer à construire « un style de vie dans lequel les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon (…) Il est indéniable que les influences du contexte social sur les styles de vie sont importantes: voilà pourquoi le défi culturel que pose aujourd’hui la société de consommation doit être affronté avec plus de détermination (…)."

Cette détermination ne pourrait-elle pas consister pour les catholiques à résister davantage à cette société de consommation et des loisirs. Nous avons tous des exemples chez nous ou autour de nous de dépenses superflues encouragées à longueur de journée par des publicités de plus en plus envahissantes : postes de télévision dans la chambre des enfants, plusieurs téléphones portables, scooter pour les adolescents, high-tech à la maison, playstation et autre jeux électroniques, vêtements de marque pour les enfants, crédits à la consommation etc…

Cette détermination, sans pour autant être un remède miracle, pourrait néanmoins permettre à certaines familles d’améliorer sensiblement leur pouvoir d’achat par un recentrage vers les dépenses obligées pour ce qui est indispensable ou nécessaire.

Philippe Carhon

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6 commentaires

  1. Paraphrase : lex vivendi, lex credendi. Bonald, sous la Restauration, avait déjà décelé que la démocratie matérialiste et voltairienne conduirait à diviser le facteur humain entre producteur et consommateur. Péguy, dans ”L’argent” et ”L’argent, suite” a analysé cela sous l’angle moral. Aujourd’hui, dans de nombreuses familles, pas toutes catholiques (militantisme écologique), ni catholiques de tradition, même aisées et favorisées, subsiste encore un esprit paysan, ou artisan, voire même de vertus bourgeoises, pour lesquelles la simplicité est une qualité et une forme de charité dans l’utilisation dominée de l’abondance. Vous avez raison de dire que ces familles peuvent éduquer leurs membres, mais aussi la société par leur exemple. C’est l’héritage maintenu de la civilisation catholique. Car seul l’Evangile donne un équilibre entre l’aspiration naturelle à posséder, et le sens du don, ce qui s’oppose aux théories de la décroissance.

  2. Au royaume de l’Argent,l’Evangile est classé “message indésirable”…Le “pain quotidien” doit être demandé, prié, tous les jours.Notre Père sait ce dont nous avons vraiment besoin,y compris le repos du Dimanche…Parce Domine

  3. On parle beaucoup du travail à temps partiel comme une des causes de cette baisse du pouvoir d’achat. On oublie de dire que très souvent il s’agit d’un CHOIX visant à être dispensé de l’impôt sur le revenu; et je connaîs beaucoup de catholiques qui l’on fait, ce choix. Grandes maisons, nombreux biens immobiliers et… impôts zero. Donc aides multiples, jusqu’au fond de solidarité du lycée par exemple. Ceux qui continuent à travailler 70 heures par semaines pour financer cette aide “sociale” le supportent de moins en moins.

  4. J’ose espérer que le SB ne va pas nous seriner la décroissance comme La Nef dans son numéro de novembre – le premier numéro illisible depuis 1996.
    J’espère que la décroissance ne va pas devenir le sujet à la mode chez les Cathos comme le fut il y a plusieurs mois le communautarisme.
    Encore une fois j’appelle à la liberté : selon ses moyens et les Commandements respectés, chacun doit pouvoir dépenser ce qu’il veut sans se triturer la cervelle au sujet d’idées devenues soudainement tendance.

  5. Même en consommant de façon raisonable et ordonnée, un ouvrier père de famille ne peut pas s’en sortir avec un seul salaire. Les prix de la consommation sont indexés sur les revenus et réciproquement, pour que tout, et même plus, soit dépensé à la fin du mois.
    Finalement heureseument qu’il y a des dépensiers pour que les économes s’en sortent à peu près.

  6. La décroissance ça veut dire aller moins vite.
    C’est une première étape avant de changer de direction.

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