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Religions : Eglise orthodoxe

Poutine salue la renaissance de la religion orthodoxe

Le président russe Vladimir Poutine a salué dimanche la "renaissance" de la religion orthodoxe "de la mer Baltique à l’océan Pacifique" en découvrant la toute nouvelle cathédrale du Christ Saint-Sauveur à Kaliningrad, enclave russe entre la Pologne et la Lituanie :

Kaliningrad_cathedral "C’est un grand événement pour la région, pour toute la Russie, parce que c’est un pas de plus vers la renaissance de notre culture religieuse nationale de la mer Baltique à l’océan Pacifique. Je suis certain que la cathédrale va devenir non seulement le centre de la religion orthodoxe à Kaliningrad et dans la région mais qu’elle va aussi contribuer au développement de l’amitié et de la compréhension mutuelle dans la région de la Baltique".

Le chef de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche Alexis II, bénissant la nouvelle cathédrale, a rappelé que dans les 40 années qui ont suivi la Seconde guerre mondiale, il n’y avait "pas eu un seul lieu de culte orthodoxe dans le district de Kaliningrad bien que les habitants en aient fait la demande aux autorités". Dans les années 80, deux églises ont été restaurées. La première pierre de la cathédrale du Christ Saint-Sauveur a été posée en 1996 en présence du prédécesseur de Boris Eltsine.

Michel Janva

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21 commentaires

  1. Il ne manque plus que la consécration de la Russie (faite explicitement comme l’a précisément demandé Notre Dame)et “un certain temps de paix” sera donnéau monde.
    Prions pour et avec le Saint Père.

  2. C’est bien là toute l’ambiguïté de l’époque actuelle. Benoît XVI a-t-il dans ses piorités la consécration d’un Pays qui retrouve sa religiosité à une vitesse déroutante ? Notre Dame à Fatima n’avait-elle pas demandé cette consécration pour une époque donnée, lorsque la Russie répandait ses erreurs de par le monde ?
    Ainsi de la demande que Notre-Seigneur avait faite à Louis XIV, réitérée auprès de Napoléon III, puis de Poincaré, demandes toutes trois refusées aux motifs sans doute que ces princes ne voyaient pas la nécessité d’obéir au Christ.
    Cette demande du Sacré-Coeur est dépassée. La consécration de la Russie ne le serait-elle pas, elle aussi ? Qui peut répondre ?

  3. Merci.
    Si je comprends bien, soeur Lucie affirme que la consécration de la Russie a bien été faite dans les formes demandées par Notre-Dame. Et ceci en 1984.
    Et qu’il s’est ensuivi un arrêt dans les guerres causées par le communisme.
    Gorbatchev, Eltsine, puis Poutine actuellement, sont donc les instruments du Ciel qui ont permis et permettent enfin à la Russie de se relever de ses fautes.
    Le constat est là.

  4. Ce n’est pas parce que Poutine fait du pan-orthodoxisme qu’il est un instrument du Ciel : il suffit de voir comment l’église Catholique est traitée dans la Russie actuelle (lire la dessus les bulletins de l’AED) : il est clair que la Russie est loin d’être convertie comme Notre Dame l’a demandée à Fatima !
    D’autre part le part ‘le temps de paix qui sera donné au monde’ ne peut se ramener à une simple paix des armes vis à vis de l’ex Bloc de l’Est’ puisque précisément cette paix est indiquée comme donnée ‘au monde’. Lequel est évidemment loin de la paix (proche orient, Congo, Tibet, corne africaine …)
    Enfin ce n’est pas des ‘armées’ ou ‘guerres’ ou ‘partis’ communistes que le Ciel dit nous délivrer par la consécration, mais du ‘communisme’ c’est à dire d’une certaine atmosphère intellectuelle, morale, sociale etc… imprégnée de naturalisme collectif, lequel en fait se développe à toute vitesse sous couvert de modernité libérale à l’échelle de la planète.
    Le constat est là.
    Quant aux déclarations posthumes, confirmées, infirmées, plus ou moins mélangées de gloses attribuées à la défunte soeur Lucie, il y en a eu trop depuis des décennies pour tirer quelqu’indice probant sur la portée des multiples consécrations faites par les différents Saints Pères, dont aucune n’a mentionné explicitement et à la fois la Russie, au Coeur Immaculé de Marie, en réparation des péchés faits contre lui, qui sont les trois points demandés par Notre Dame.

  5. Sr Lucie a bien confirmé, dans un entretien avec le Cardianl Bertone, que la consécration désirée par Notre Dame a bien été faite en 1984 et qu’elle a été acceptée par le ciel. Le document a été signé de sa main. Il s’agit d’un témoignage authentique de sr Lucie elle-même, écrit et publié de son vivant, et non d’une déclaration posthume.
    Sur le message de Fatima, “tout a été publié”, a affirmé Sr Lucie
    CITE DU VATICAN, Mardi 15 février 2005 (ZENIT.org) – Sur le message de Fatima, “tout a été publié”, avait déclaré Sœur Lucie en décembre 2001 à Mgr Bertone, qui était alors secrétaire de la Congrégation romaine pour la Doctrine de la Foi : elle mettait fin ainsi à des rumeurs persistantes. “La consécration désirée par Notre-Dame a été faite en 1984 et elle a été acceptée par le Ciel”, précisait la voyante.
    Le 17 novembre 2001, Mgr Bertone avait en effet rencontré sœur Lucie au couvent des carmélites de Coimbra, pour clarifier certains aspects de la publication du document “Le message de Fatima”, du 26 juin 2000. Ce document faisait lui-même suite à la publication du “troisième secret”, le 13 mai 2000, à Fatima, le jour de la béatification par Jean-Paul II des deux pastoureaux, Jacinthe et François.
    Le 20 décembre 2001, la salle de presse du Saint-Siège a ainsi publié un compte rendu de la conversation portant les signatures de Mgr Bertone et de Sœur Lucie (cf. ZF011220).
    Après l’attentat terroriste du 11 septembre 2001, des articles avaient en effet évoqué de soi-disant nouvelles révélations du Sœur Lucie, des lettres au Saint-Père, des ré-interprétations apocalyptiques du message de Fatima.
    “On a répété le soupçon que le Saint-Siège n’avait pas publié le texte intégral de la troisième partie du “secret” et certains mouvements “de Fatima” ont répété l’accusation que le Saint-Père n’avait pas encore consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, rappelle le compte rendu de cette rencontre.
    “C’est pourquoi on a estimé nécessaire de rencontrer sœur Lucie », en présence d’autres autorités ecclésiastiques, « pour obtenir certaines clarifications et informations directes de la [seule] voyante encore en vie ».
    “L’entretien a duré plus de deux heures. Il a eu lieu dans l’après-midi du samedi 17 novembre ».
    Sœur Lucie, alors âgée de 94 ans, semblait « en très bonne forme, lucide et alerte ».
    « Elle a avant tout affirmé son amour et sa dévotion envers le Saint-Père: elle prie beaucoup pour lui et pour toute l’Eglise ».
    Au cours de cet entretien, Sœur Lucie a également déclaré qu’elle était heureuse de la diffusion de son livre “Les appels du Message de Fatima”, traduit en plusieurs langues. Elle recevait « de nombreuses lettres de remerciement ».
    Pour ce qui est de la troisième partie du secret de Fatima, elle a affirmé avoir « lu attentivement et médité le fascicule publié par la Congrégation pour la Doctrine de la foi » et elle a « confirmé tout ce qui y est écrit ».
    “Tout a été publié, il n’y a plus rien de secret”, a-t-elle déclaré (…). Si j’avais eu de nouvelles révélations, je ne les aurais dites à personne, mais je les dirais directement au Saint-Père!”
    “Je me sens en sécurité sous la protection de Notre-Dame, qui veille tendrement sur l’Eglise et sur le pape”… insistait Sr Lucie avec ce détail inédit au récit de la fameuse vision prophétique du 13 juillet 1917: “Au cours de la vision, Notre-Dame, toute resplendissante, tenait dans sa main droite un Cœur et dans sa main gauche le chapelet”.
    Le cœur dans la main de la Madone « est un signe d’amour qui protège et qui sauve. C’est la Mère qui voit ses enfants souffrir et souffre avec eux, même avec ceux qui ne l’aiment pas. Parce qu’elle veut les sauver tous, et n’en perdre aucun de ceux que le Seigneur lui a confiés. Son Cœur est un refuge sûr. La dévotion au Cœur immaculé de Marie est le moyen de salut des temps difficiles pour l’Eglise et pour le monde. Elle est très appropriée la réflexion du cardinal Ratzinger à la fin de son commentaire de la dernière partie du “secret”: “Mon Cœur immaculé triomphera”, qu’est-ce que cela signifie? Le cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son Cœur, a changé l’histoire du monde, parce qu’elle a introduit en ce monde le Sauveur – parce que grâce à ce “oui”, Dieu pouvait devenir homme dans notre espace et il reste tel maintenant pour toujours. Le malin a du pouvoir en ce monde, nous le voyons et nous en faisons constamment l’expérience. Il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu. Mais depuis que Dieu lui-même a un cœur humain, et a ainsi tourné à nouveau la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n’a plus le dernier mot. Depuis lors vaut la parole: “Vous aurez des tribulations dans le monde, mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde . Le message de Fatima nous invite à nous confier à cette promesse”.
    A la question : “Que dites-vous des affirmations que la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie ‘n’a jamais été faite’?”, Sœur Lucie répondait: “J’ai déjà dit que la consécration désirée par Notre Dame a été faite en 1984 et qu’elle a été acceptée par le ciel”.
    Elle invitait à lire ses livres en disant : « Là, on trouve des conseils qui correspondent aux désirs de Notre-Dame. Prière et pénitence, avec une grande foi dans la puissance de Dieu, nous sauverons le monde”.
    ZF05021504

  6. Extrait (long) du dossier de Michel de Jaehere dans Spectacle du Monde de Juillet 2000
    […] Soucieux d’éviter au surplus tout geste susceptible de froisser le clergé orthodoxe, qu’il rêve de ramener à l’unité dans le cours de son pontificat, Jean Paul II hésite à proclamer ouvertement la nécessité de « convertir » la Russie. Le 13 mai 1982 il va à Fatima « remercier la Vierge de lui avoir sauvé la vie lors de l’attentat du 13 mai dernier ». Il se contente de renouveler « les deux actes accomplis par Pie XII » en consacrant, à son tour, le monde entier au Cœur Immaculé de Marie.
    Dans ces conditions sœur Lucie lui fait savoir que les demandes de la Vierge ne sont pas satisfaites. Parce qu’il n’a pas mentionné la Russie. Et parce qu’il n’a pas prononcé sa consécration « en union avec les évêques du monde entier », se contentant de les informer de son initiative.
    Jean‑Paul II ne reste pas indifférent à cette critique. Le 25 mars 1984, il procède à une nouvelle consécration, après avoir écrit aux évêques du monde entier pour leur demander de s’y associer par la prière. Dans son discours, il ne prononce cependant toujours pas explicitement le nom de la Russie, se contentant de l’évoquer par cette périphrase : « Nous te consacrons d’une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration. »
    Dans son aperçu historique des mystères de Fatima, Mgr Bertone affirme que « sœur Lucie confirma personnellement, (dans une lettre écrite en novembre 1989, dont il n’a pas précisé le destinataire) que cet acte solennel et universel de consécration correspondait à ce que voulait Notre‑Dame (« Oui, cela a été fait, comme Notre‑Dame l’avait demandé, le 25 mars 1984 »). C’est pourquoi toute discussion, toute nouvelle pétition est sans fondement. »
    Le problème est que cette affirmation fait l’impasse sur de nombreux témoignages antérieurs :
    Le 12 mars 1984, sœur Lucie avait ainsi déclaré à Mme Pestana, l’une de ses vieilles amies, après avoir lu le texte envoyé par le pape aux évêques et le texte de la consécration lui-même : « Cette consécration ne peut avoir un caractère décisif. »
    Le 25 avril 1986, à une cousine qui lui avait demandé, au parloir, si la consécration était faite, elle avait répondu, devant plusieurs témoins : « non ».
    En août 1988, une sœur tourière du carmel de Coimbra avait assuré à un groupe de pèlerins français que les carmélites estimaient que la consécration n’avait pas validement été faite.
    En mai 1989, sœur Lucie avait confirmé au cardinal Law, archevêque de Boston, qui lui rendait visite en compagnie du père Philip Bourret, de la Compagnie de Jésus: : « Non, cela n’a pas été fait. »
    UNE CLÉ D’INTERPRÉTATION
    Or la question ne relève pas de la seule querelle exégétique entre érudits. Elle conditionne toute l’interprétation du troisième secret,
    Au cœur de celle‑ci, se trouve en effet une phrase écrite par sœur Lucie dans une lettre adressée à Jean‑Paul II, le 12 mai 1982 : « la troisième partie du secret se réfère aux paroles de Notre‑Dame : « Sinon, la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint‑Père aura beaucoup à souffrir diverses nations seront détruites »
    C’est dire que, dans l’esprit de la voyante, il était clair que la vision contenue dans le troisième secret représente de façon allégorique les malheurs qui frapperaient l’Eglise si sa hiérarchie s’obstinait à ne pas obéir à ses demandes. Le cardinal Ratzinger et le cardinal Sodano, qui citent le document, s’abstiennent curieusement de préciser le contexte dans lequel cette lettre fut écrite, et que sa date permet de deviner sans peine : la veille de la consécration de 1982. Pour prévenir justement le Saint Père que, dans les conditions et dans les termes où cette consécration était faite, elle ne suffirait pas à satisfaire les exigences du Ciel, et donc à conjurer les malheurs annoncés par le troisième secret.
    Partant de l’idée que ces conditions ont été remplies en 1984, les plus hautes autorités de l’Eglise en sont arrivées à l’idée que « les situations auxquelles fait référence la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé », et que celui‑ci a donc uniquement consisté à décrire, à quelques mois du déclenchement de la Révolution bolchevique, les malheurs qui en résulteraient pour le monde et l’Eglise tout au long du XX, siècle : guerres civiles et étrangères, persécution des chrétiens, des prêtres, des évêques, qui aurait culminé avec l’attentat du 13 mai 1981. Mais le postulat sur lequel repose ce décryptage de la prophétie (la validité de la consécration de 1984) est fragile. Il s’appuie sur une unique phrase de Lucie dont le manuscrit n’est pas, à la différence des autres textes écrits de sa main, reproduit dans le document du Saint‑Siège, et dont on a vu qu’elle était en contradiction avec d’autres témoignages.
    Dans le doute, la prudence conduit à s’en tenir aux faits. Et à se demander si les consécrations ont donné le fruit promis par la Vierge. Autrement dit si la Russie s’est « convertie ». Pour spectaculaires que soient les événements qui ont secoué le bloc soviétique, ils ne constituent pas, à l’évidence, une conversion de la Russie au christianisme, et moins encore au catholicisme. Et que penser du « temps de paix » qui devait alors être accordé au monde, quand les conflits locaux n’ont jamais été, peut‑être, aussi nombreux et aussi meurtriers ?
    Or si la consécration n’a pas encore été faite, on n’a aucune raison de penser que la troisième partie du secret ne concernerait que le passé. Qu’il n’a rien à nous dire sur l’avenir.
    ANALYSE CRITIQUE
    On en a d’autant moins que l’interprétation donnée par le Saint-Siège soulève, du strict point de vue de la critique interne des textes, un certain nombre de difficultés.
    1. La première tient à ce que la vision qui consiste à présenter le siècle comme une longue suite de massacres et de persécutions dus au communisme est tout de même réductrice de la réalité historique. Elle laisse de côté le nazisme ou le fondamentalisme islamique comme fauteurs de guerres, de violences et de persécutions. « Le nazisme doit être inclus dans les erreurs qui devaient se répandre au cours du XX, siècle » a répondu le cardinal Ratzinger à cette objection, lors de sa conférence de presse. C’est prêter à l’apparition plus que la lettre de ce qu’elle a dit : « La Russie répandra ses erreurs… » On voit mal comment attribuer le nazisme à la Russie, sauf à donner aux thèses d’Ernst Nolte (selon lesquelles le nazisme fut avant tout une réaction outrée au bolchevisme) une ampleur qu’il n’a jamais songé lui‑même à leur faire prendre.
    2. Si Jean‑Paul Il a fait l’objet d’un attentat, celui‑ci n’a eu ni les circonstances, ni surtout l’issue fatale qui est évoquée (« il fut tué ») dans la vision. Les termes qu’a employés le cardinal Sodano ne se retrouvent d’ailleurs pas dans le texte du secret. « Lui aussi, avait‑il déclaré, marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres, religieuses, religieux, laïcs) tombe à terre, comme mort, sous les coups d’une arme à feu. » Sœur Lucie n’a écrit rien de tel. Dans sa vision, le Saint‑Père marche parmi les cadavres, sans qu’il soit spécifié qu’il s’agit de martyrs (il prie même pour le salut de leurs âmes, ce qu’il n’y aurait pas lieu de faire s’ils avaient donné leur vie pour leur Foi). Il ne « tombe pas à terre, mortellement blessé ». Il est « tué », alors qu’il est prosterné à genoux devant la Croix, et, après lui, de nombreux évêques, prêtres et fidèles. Il n’est, enfin, pas seulement frappé par des « coups d’une arme à feu », mais par des flèches qui ne peuvent certes qu’avoir un sens symbolique, mais qu’il est trop facile de passer par pertes et profits. Dans ces conditions, et même si la coïncidence des dates du 13 mai reste frappante, l’assimilation de « l’évêque en blanc » à Jean-Paul II paraît bien audacieuse. Le Vatican le sait si bien que, dépêché le 27 avril dernier auprès de sœur Lucie pour l’interroger sur son interprétation du texte, Mgr Bertone lui a demandé si « l’évêque en blanc », était le Saint‑Père. Question bien surprenante, puisque le texte y répond sans ambiguïté. Mais question qui en introduisait une deuxième, sur le point de savoir si l’on pouvait rattacher l’attentat de 1981 à la prophétie, et à laquelle la religieuse a répondu de façon évasive, en déclarant seulement partager la conviction que Jean‑Paul II avait fait l’objet d’une protection particulière. Le cardinal Ratzinger est d’ailleurs resté sur ce point assez en retrait des propos de tous ceux qui ont, depuis la cérémonie de béatification de François et Jacinthe, commenté le discours du cardinal Sodano en affirmant qu’il avait déclaré que le « troisième secret » avait annoncé l’attentat dont Jean‑Paul II a été la victime. « Dans le chemin de croix de ce siècle, écrit‑il, la figure du pape a un rôle spécial. Dans sa pénible montée dans la montagne, nous pouvons sans aucun doute trouver rassemblés différents papes qui, depuis Pie X jusqu’au pape actuel, ont partagé les souffrances de ce siècle et se sont efforcés d’avancer au milieu d’elles sur la voie qui mène à la Croix. Dans la vision, le pape aussi est tué sur la voie des martyrs. Lorsque, après l’attentat du 13 mai 1981, le Pape se fit apporter le texte de la troisième partie du secret, ne devait‑il pas y reconnaître son propre destin ? Il a été très proche des portes de la mort et il a lui‑même expliqué de la manière suivante comment il a été sauvé : « C’est une main maternelle qui guida la trajectoire de la balle, et le pape agonisant s’est arrêté au seuil de la mort » (13 mai 1984). »
    Conscient de l’étonnement que ne manquerait pas de susciter la discordance entre l’attentat et la vision, il souligne : « Qu’ici une main maternelle ait dévié la balle mortelle montre seulement encore une fois qu’il n’existe pas de destin immuable, que la Foi et la prière sont des puissances qui peuvent influer sur l’Histoire et que, en définitive, la prière est plus forte que les projectiles, la Foi plus puissante que les divisions ». La remarque est incontestable. Mais la vision consistait, justement, à montrer ce qui attendait le monde si l’on ne satisfaisait pas à des exigences qui, en 1981, n’avaient sans nul conteste pas été remplies. Elle n’annonçait donc pas « un destin immuable ». Elle menaçait le monde d’un châtiment précis, si les demandes de la Vierge n’étaient pas satisfaites. Or, c’est bien, dans toute l’histoire du Salut, parce qu’il est apparu que leurs prophéties s’accomplissaient comme ils l’avaient prédit que les prophètes ont été crus.
    Ailleurs, le cardinal Ratzinger affirme : « Dans (un tel) domaine on ne peut pas dire que chaque élément visuel doit avoir un sens historique concret, c’est la vision dans son ensemble qui compte, et c’est à partir de l’ensemble des images que les éléments doivent être compris. » Propos étranges ici, car ces « éléments visuels » constituent tout l’apport du troisième secret par rapport au deuxième, qui annonçait déjà « guerres et persécutions contre l’Église ». Sans les détails qu’ils évoquent, quelle utilité le troisième secret aurait‑il ?
    3. Interrogée par le cardinal Ottaviani, prédécesseur du cardinal Ratzinger à la tête du Saint‑Office, sur l’indication qu’elle avait donnée de la date de 1960 pour la révélation du troisième secret, sœur Lucie avait indiqué que la Sainte Vierge lui avait dit « qu’à cette date, il paraîtrait plus clair ». On voit mal en quoi la persécution de l’Église par le communisme, qui a culminé en Espagne durant la guerre civile, serait devenue plus apparente en 1960. A Mgr Bertone, qui lui reposait, le 27 avril, la question, la voyante aurait répondu: : « Ça n’a pas été Notre‑Dame mais c’est moi qui ai mis la date de 1960 car, selon mon intuition, avant 1960, on n’aurait pas compris, on aurait compris seulement après. Maintenant, on peut mieux comprendre. » Or comment la religieuse aurait‑elle pu avoir une telle « intuition » en 1944, sans une indication du Ciel ?
    4. La deuxième partie du secret s’achève sur la phrase : « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc. » Rajoutée par Lucie dans sa deuxième rédaction du texte, le 8 décembre 1941, cette phrase avait conduit la plupart des exégètes de Fatima à penser que le troisième secret concernait la Foi. « En l’écrivant, a confié sœur Lucie, j’ai en quelque sorte révélé le secret. » Incongrue dans le seul contexte du message contenu dans la deuxième partie du texte, elle semblait contenir, dans les trois lettres « etc. » la suite, restée encore secrète : en former en quelque sorte l’introduction. Elle paraît désormais incompréhensible. Au point que l’on en viendrait à se demander si la publication du troisième secret a vraiment été complète. Prenant soin de publier l’intégralité des deux premiers dans le document remis le 26 juin à la presse, le Saint‑Siège a retranché en tout cas du deuxième cette dernière phrase, la qualifiant d’« annotation », et se contentant de la mentionner dans une note en bas de page.
    HYPOTHÈSES DE RECHERCHE
    En intitulant son commentaire. Une tentative d’interprétation du secret de Fatima le cardinal Ratzinger semble avoir voulu lui‑même suggérer qu’il n’entendait pas engager, avec elle, son autorité. Il est donc permis de la discuter. Or est‑il prudent d’éliminer d’emblée l’hypothèse que les événements évoqués par le secret appartiennent pour partie à l’avenir, alors que l’on a vu qu’il faut en permanence biaiser la réalité pour les identifier à la description du siècle passé ? D’écarter l’idée qu’il puisse annoncer une persécution à venir ? S’agissant d’un texte allégorique, peut‑on, au surplus, éliminer sans discussion l’hypothèse selon laquelle les images de la vision pourraient être prises dans un sens spirituel ? Et si la grande ville à moitié démolie était l’Eglise atteinte, depuis les années soixante (date à laquelle le secret devait être « mieux compris »), par une crise sans précédent ? Si la Croix de troncs bruts illustrait un prochain retour au temps des catacombes ? Si les cadavres rencontrés par le Saint‑Père sur le chemin du martyre étaient ceux des nations chrétiennes qui ont apostasié leur Foi ? Ce ne sont là que des hypothèses de recherche, mais elles s’appuient sur le fait que, jusqu’à sa divulgation, le troisième secret n’était pas resté un mystère complet. Mgr Venancio, devenu évêque titulaire de Fatima, avait nommé un clarétin espagnol, le R.P. Joaquim Alonso, expert officiel de Fatima, et l’avait chargé de l’étude critique des documents écrits par sœur Lucie. Seul le texte du troisième secret lui demeurait inconnu. En 1976, il fit connaître ses conclusions : le troisième secret de Fatima annoncerait la perte de la Foi, précisément à notre époque, si les demandes du Ciel n’étaient pas suivies d’effet. Lucie ne démentit pas cette conclusion.
    Le 10 septembre 1984, l’évêque de Leiria‑Fatima déclara en Autriche devant un nombreux public : « Le secret de Fatima ne parle ni de bombes atomiques, ni de têtes nucléaires, ni de missiles Pershing ou SS‑20. Son contenu ne concerne que notre Foi (…) La perte de la Foi d’un continent est pire que l’anéantissement d’une nation; et il est vrai que la Foi diminue continuellement en Europe. » De même, le cardinal Ratzinger, qui venait alors de lire le secret, en parla au journaliste italien Vittorio Messori, lui déclarant en novembre 1984 : « Oui j’ai lu le troisième secret de Fatima. Le troisième secret n’a pas été divulgué parce que cela n’ajoute rien à ce qu’un chrétien doit savoir de la Révélation, c’est‑à‑dire : les dangers qui menacent la Foi ; l’importance des derniers temps. »
    Face à ces éléments, l’interprétation donnée par le Saint Siège tient sa force de la caution que lui a donnée sœur Lucie. Lors de son entretien avec Mgr Bertone, celle‑ci aurait, nous dit‑on, confirmé point par point la lecture qui allait en être faite par le cardinal Sodano et le cardinal Ratzinger. Mais la religieuse a aussi précisé: :. « J’ai écrit ce que j’ai vu. L’interprétation ne me regarde pas, elle regarde le pape. »
    La lettre dans laquelle elle affirme sa conviction que la Russie a bel et bien été consacrée en 1984 date quant à elle du 8 novembre 1989. Soit cinq années plus tard (pourquoi ?), et la veille même de la chute du mur de Berlin, alors que le printemps avait été marqué par le triomphe de Solidarité aux premières élections libres en Pologne, l’été par l’ouverture du rideau de fer en Hongrie, l’automne par le délitement du régime est‑allemand. Certains ne manqueront pas de se demander si des pressions n’ont pas pu, alors, être exercées sur la religieuse de la part de milieux ecclésiastiques partageant les préventions du père Dhanis (ce théologien ‑ antifatimiste ‑ que le cardinal Ratzmiger cite, sans plus de précision dans son commentaire comme un « éminent connaisseur de cette question ») à l’égard des révélations privées de Lucie, qui ont pu penser que l’ébranlement du bloc soviétique donnait à l’Eglise une occasion inespérée de sortir tête haute de l’impasse où la dévotion de Jean‑Paul Il pour la Vierge de Fatima l’avait enfermée. Pressions qui auraient fini par convaincre une religieuse âgée de quatre vingt deux ans que son obstination à nier la validité de la consécration était absurde, alors que l’Histoire qui se déroulait correspondait si évidemment à l’accomplissement de la prophétie de la Vierge. Comme le dit le cardinal Ratzinger, reprenant l’enseignement du pape Benoît XIV un assentiment de foi catholique n’est pas dû à des révélations privées quand même celles‑ci ont été approuvées par l’Eglise. « Ces révélations requièrent plutôt un assentiment de foi humaine conforme à la prudence qui nous les présente comme probables et crédibles dans un esprit de piété. » On peut donc, en pure doctrine catholique, ne pas y croire, et toutes les considérations qui précèdent sont, pour ceux qui sont dans ce cas, sans objet. Ce qui est impossible, c’est l’espèce de troisième voie qui consisterait à admettre l’existence des messages reçus par Lucie dans leurs grandes lignes, tout en considérant qu’ils ne doivent pas nécessairement être pris au sérieux dans leurs détails.
    Jean‑Paul II a béatifié deux des voyants. Sans être infaillible, cette décision engage l’autorité de l’Eglise. En cette année de jubilé, le Saint‑Père a choisi de ne faire que deux voyages : l’un en Terre sainte, sur les traces du Christ, l’autre aux pieds de la Vierge de Fatima. C’était plus qu’une indication de sa volonté de ne pas laisser l’apparition dans l’oubli. Mais de l’annonce sensationnaliste du 13 mai (qui a détourné l’attention du reste de la prophétie) au commentaire très minimaliste du 26 juin (qu’il a fallu, curieusement, attendre six semaines, comme si l’affaire n’était pas prévue de longue date), tout se passe comme si certains milieux de la Curie, peu convaincus de l’« actualité du fatimisme » mais contraints de « sauver les apparences » par la dévotion personnelle du pape, avaient mis en œuvre, à la faveur du climat de fin de règne que suscite la maladie de Jean‑Paul II un scénario qui a finalement conduit à accréditer l’idée que les mises en garde de la Vierge appartiennent à l’histoire et à faire passer ainsi à la trappe toutes les questions que Fatima continue de poser à l’Eglise.

  7. Vive la Russie éternelle, impériale et orthodoxe

  8. Le texte précédemment cité (entretien de Soeur Lucie avec le card. Bertone) était déjà une réponse au document (de Michel de Jaehere)que vous citez.
    On pourrait discourir des heures, mais tout se réduit, en fait, à une question de confiance. La mienne va aux écrits officiels et paroles du Card. Ratzinger, de Sœur Lucie, du Card. Bertone et du Pape Jean-Paul II sous le pontificat duquel tout cela a été publié. Ces personnes sont, pour moi, digne de confiance et je crois profondément que leur légitimité, leur sens de la vérité, et leur lucidité, exclut l’hypothèse d’une manipulation, même partielle, du message de Fatima.

  9. Je suis d’accord avec Noel : on peut choisir de faire confiance à des rumeurs (machin dit que Soeur Lucie a dit devant sa cousine que) ou aux protagonistes de l’affaire (Soeur Lucie, le(s) pape(s) (depuis la mort de Jean-Paul II), et les cardinaux chargés du dossier).
    Une difficulté en l’espèce, est que le pape s’étant prononcé officiellement, au moins par la voix des cardinaux mandatés pour cela, mettre en doute sa parole reviendrait à l’accuser de mensonge – et de persévérance dans le mensonge.
    Une autre difficulté est que, depuis la mort de Soeur Lucie, on ne voit pas trop qui pourrait confirmer ou infirmer la réalité de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie.
    Surtout quand on ne fait pas confiance au pape pour dire la vérité à ce sujet…

  10. En tant que catholique romain, je suis heureux pour la Russie qu’elle retrouve le chemin de sa foi nationale, l’orthodoxie.
    Qu’aurions-nous à y gagner, en tant que chrétiens, à propager en Russie l’universalisme émollient qui accompagne malheureusement trop souvent l’église catholique actuelle, dans son incarnation concrète?
    Oui, car un clergé catholique agissant en Russie, ce serait par exemple (à l’instar de ce qui se passe actuellement en Suisse) des prêches incessants pour ouvrir la Sibérie aux masses chinoises (la théologie de l’accueil sans frontières) ou encore des admonestations constantes à l’état pour encore plus de mosquées et de minarets sur le territoire de la confédération russe (la nouvelle religion de l’Autre, quitte à s’oublier soi-même).
    L’Europe catholique et la Russie orthodoxe sont les deux “poumons” de l’Europe. Laissons-les respirer comme ils doivent le faire!

  11. @ UnOurs
    “L’Europe catholique et la Russie orthodoxe sont les deux “poumons” de l’Europe. Laissons-les respirer comme ils doivent le faire!”
    Mille fois d’accord avec votre point de vue.

  12. @Noël. Puisque vous voulez des textes officiels il est bon de n’en négliger aucun. En voici un, le dernier à ma connaissance du C Ratzinger, avec sa présentation que j’en fis sur un site ami :
    Cardinal Ratzinger : Le Troisième secret de Fatima ne s’est pas encore réalisé.
    Qui ne se rappelle lors de la présentation officielle du 3° secret de Fatima à Rome le 26 Juin 2000, ces mots du Cardinal Ratzinger, dans l’avant dernier paragraphe de son intervention :
    « Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano : « Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du “secret” de Fatima semblent désormais appartenir au passé ».
    Il n’est pas inintéressant de noter que bien avant la parution du troisième Secret, l’abbé Laurentin dans un numéro de Chrétiens Magazine de 1990 affirmait que cette troisième partie du Secret concernait l’époque révolue 1960-1980 !
    Toujours est il que le Cardinal Ratzinger a changé récemment d’opinion sur l’interprétation de ce troisième secret, et qu’il est de la plus élémentaire justice de le faire savoir, notamment dans les milieux catholiques qui lui reprochent sa conférence de présentation de juin 2000, laquelle dorénavant ne peut honnêtement être jugée comme exprimant sa pensée sur le sujet du troisième secret. Voici le document.
    Extrait de la Conférence du P. Paul-Marie Sigl lors de la journée de prière de Cologne du 22 Juin 2002 :
    § Le Troisième secret de Fatima ne s’est pas encore réalisé.
    Il est fréquent d’entendre le point de vue selon lequel l’assassinat du Saint Père, tel que le prophétise le Secret de Fatima aurait déjà trouvé son accomplissement dans l’attentat du 13 Mai 1981 survenu sur la place Saint Pierre. C’est en réduire le sens de façon fallacieuse.
    Si le contenu du troisième secret de Fatima s’était déjà réalisé à l’heure actuelle, pourquoi le Saint Père aurait il jugé nécessaire de le publier en ajoutant un mot aussi significatif : « Me semblant que les temps sont mûrs à présent, j’ai jugé opportun de rendre public le contenu de ladite troisième partie du Secret » (Audience du mercredi 17 mai 2000).
    Dans ce contexte, nous ne pourrions manquer d’évoquer le songe qu’eut Don Bosco. Sous l’image d’une gigantesque bataille navale, il eut une vue prophétique de la persécution que traverserait l’Eglise. Don Bosco la décrit en ces termes : « Tout à coup cependant, le Saint-Père est touché par une balle ennemie. Ses aides le soutiennent et le relèvent. A peu de temps de là, un second projectile ennemi le percute et il tombe mort »
    Dans cette vue prophétique, Don Bosco a donc vu deux attentats contre le Saint-Père : il survit au premier, mais dans le second, il « tombe mort ». A la lumière de cette vision, il n’est donc pas possible de mettre sur le même plan l’attentat du 13 mai 1981 et la prophétie de l’assassinat du Saint-Père, faite dans le secret de Fatima. C’est d’ailleurs, ce que le cardinal Ratzinger a lui-même confirmé à Mgr Paul-Maria Hnilica, qui est aujourd’hui parmi nous. Quand en effet, ce dernier lui écrivit en lui faisant part de sa crainte de voir trop hâtivement reléguer dans le passé la douloureuse prophétie de Fatima, le Cardinal lui répondit : « Il n’était nullement dans mon intention, en en faisant le commentaire, d’attribuer superficiellement au passé la teneur du secret de Fatima. »
    Cette conférence a été publiée dans la revue de Pro Deo & Fratribus/Famille de Marie CoRédemptrice « Triomphe du Cœur » (Triumph des Herzens) n°19 sept-déc . 2003, pp. 10-11.
    Cette revue n’est pas n’importe quelle revue. C’est une revue plus qu’autorisée : c’est la revue de Mgr Hnilica sj, l’ami très intime du Saint Père, celui qui ordonnait clandestinement les prêtres et les évêques au dela du rideau de fer en collaboration avec Mgr Wojtyla, alors archevêque de Cracovie.
    Héli trottincas – Mars 2005
    Il faut savoir que cette journée de prière a rassemblé des dizaines de milliers de pélerins du monde entier avec des dizaines d’éveques, en l’honneur de la ‘Dame de tous les peuples’. Le texte du P. Sigl est loin d’être anodin.

  13. @un Ours
    Votre opinion a un intérêt évident mais ce n’est pas celle d’un catholique qui a la foi catholique telle que l’enseigne l’Eglise et il est bon de le rappeler sur ce blog.
    Ce n’est pas parce que la pastorale des pasteurs catholiques peut présenter (trop souvent certes) des déficiences que vous appelez émollientes que l’Eglise Catholique n’est pas l’Unique église du Christ.
    Il est donc faux du point de vue catholique de se contenter de penser qu’il suffit de laisser l’Europe respirer sur ces deux poumons, Eglise catholique à l’ouest et Eglise orthodoxe à l’est. Cela n’est qu’un point de vue politique, c’est l’oecuménisme promulgué par les Etats, c’est la logique de la tolérance maçonne qui veut promettre une religiosité universelle en faisant fi de la question de la Vérité.
    Ce qu’il faut espérer c’est non pas la seule coexistence pacifique entre l’Eglise Cathgolique et des confessions schismatiques ou hérétiques mais leur conversion à l’Eglise.

  14. Que d’abord la Russie revienne à la foi de ses racines, car là, il y a encore beaucoup à faire et Poutine quoiqu’en pensent certains y travaille… Ce serait déjà merveilleux de voir le retour de la Sainte Russie, en quelque sorte aussi une conversion, même si ce n’est pas celle que nous attendons.
    Le pas à franchir pour l’union avec nos frêres Orthodoxes sera sûrement plus difficile à beaucoup de Catholiques modernistes, qu’aux Orthodoxes, car eux n’ont aucune intention de jeter par dessus les moulins des siècles d’une foi fervente passée au feu du martyre pendant presque un siècle, ni la pompe d’une liturgie parfois exubérante quand on la compare à l’indigence de la nôtre.

  15. A Héli Trottincas,
    Vous me dites que le document de juin 2000 ne peut honnêtement être jugée comme exprimant la pensée du Card. Ratzinger sur le sujet du troisième secret. Je ne prétend pas connaître les pensées du saint Père, mais force est de reconnaître qu’aucun document du Vatican n’est venu remplacer ou modifier celui de juin 2000. Le Pape et la congrégation pour la doctrine de la Foi restent bien sûr libres de revenir sur la tentative d’interprétation du document de juin 2000 mais rien n’a été publié en ce sens jusqu’à présent.
    La confidence de Mgr Paul-Maria Hnilica est certes intéressante, mais ce n’est pas un document de la congragation pour la doctrine de la Foi. De plus ce qu’il dit du Card. Ratzinger ne contredit pas le commentaire de juin 2000. D’après lui, Cardinal Ratzinger aurait écrit : « Il n’était nullement dans mon intention, en en faisant le commentaire, d’attribuer superficiellement au passé la teneur du secret de Fatima. » Cette phrase ne remet pas en cause le contenu de son commentaire de 2000, elle en précise l’intention. Et cette intention était déjà évidente dans certains passages du document de juin 2000, quand le Cardinal développe le contenu toujours actuel du secret : “l’exhortation à la prière comme chemin pour le « salut des âmes » et, dans le même sens, l’appel à la pénitence et à la conversion”. Il y a donc une part du secret, liée à l’histoire,qui désormais appartient au passé, et une part qui met l’accent sur un message spirituel toujours actuel.
    Conclusion du document du 26 juin 2006 (par le card. Ratzinger) :
    “Nous sommes ainsi arrivés à une ultime interrogation: que signifie dans son ensemble (dans ses trois parties) le « secret » de Fatima? Que nous dit-il à nous? Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano: « Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du “secret” de Fatima semblent désormais appartenir au passé ». Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé. Ceux qui attendaient des révélations apocalyptiques excitantes sur la fin du monde et sur le cours futur de l’histoire seront déçus. Fatima n’offre pas de telles satisfactions à notre curiosité, comme du reste en général la foi chrétienne ne veut pas et ne peut pas être une pâture pour notre curiosité.
    Ce qui reste, nous l’avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du « secret »: l’exhortation à la prière comme chemin pour le « salut des âmes » et, dans le même sens, l’appel à la pénitence et à la conversion.
    Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du « secret » devenue célèbre à juste titre: « Mon Cœur immaculé triomphera ». Qu’est-ce que cela signifie? Le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l’histoire du monde, parce qu’elle a introduit le Sauveur dans le monde – car, grâce à son « oui », Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours. Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le voyons et nous en faisons continuellement l’expérience; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu. Mais, depuis que Dieu lui-même a un cœur d’homme et a de ce fait tourné la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n’a plus le dernier mot. Depuis lors, s’imposent les paroles: « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33). Le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse.”

  16. Concernant la troisième partie du secret qui décrit la mort du Pape (“il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches”), certains voudraient y voir une prophétie qui doit “encore” s’accomplir.
    Mais le card. Ratzinger a bien précisé, dans son commentaire de la deuxième partie du message, l’importance de la liberté de l’homme qui peut changer le cours de l’histoire :
    “La vision montre ensuite la force qui s’oppose au pouvoir de destruction – la splendeur de la Mère de Dieu et, provenant d’une certaine manière de cette splendeur, l’appel à la pénitence. De cette manière est soulignée l’importance de la liberté de l’homme: l’avenir n’est absolument pas déterminé de manière immuable, et l’image que les enfants ont vue n’est nullement un film d’anticipation de l’avenir, auquel rien ne pourrait être changé. Toute cette vision se produit en réalité seulement pour faire apparaître la liberté et pour l’orienter dans une direction positive. Le sens de la vision n’est donc pas de montrer un film sur l’avenir irrémédiablement figé. Son sens est exactement opposé, à savoir mobiliser les forces pour tout changer en bien.” (Card. Ratzinger. juin 2000)
    Et plus loin, une confirmation, à propos cette fois de la troisième partie du message, que “l’accomplissement” de la vision pouvait être entravée par la prière et la foi et qu’il n’y a pas de “destin immuable” :
    “Lorsque, après l’attentat du 13 mai 1981, le Pape se fit apporter le texte de la troisième partie du « secret », ne devait-il pas y reconnaître son propre destin? Il a été très proche des portes de la mort et il a lui-même expliqué de la manière suivante comment il a été sauvé: « C’est une main maternelle qui guida la trajectoire de la balle et le Pape agonisant s’est arrêté au seuil de la mort » (13 mai 1994). Qu’ici une « main maternelle » ait dévié la balle mortelle montre seulement encore une fois qu’il n’existe pas de destin immuable, que la foi et la prière sont des puissances qui peuvent influer sur l’histoire et que, en définitive, la prière est plus forte que les projectiles, la foi plus puissante que les divisions.” (Card. Ratzinger. juin 2000)
    Certains aspects d’une vision portant sur l’avenir peuvent donc être évité grâce à la prière (ainsi une tentative d’attentat contre un Pape). D’autres non (ex : la seconde guerre mondiale, annoncée par Notre Dame). Cela dépent de la liberté de l’homme et de sa volonté de s’en remettre en Dieu.

  17. “@un Ours
    Votre opinion a un intérêt évident mais ce n’est pas celle d’un catholique qui a la foi catholique telle que l’enseigne l’Eglise et il est bon de le rappeler sur ce blog.”
    Le catholique romain que je suis et que je veux rester ne peut être que désarconné, et le mot est faible, par l’inconscience ou la maladresse d’une grande partie des troupes de l’Eglise face aux impératifs civilisationnels qui conditionnent la pérennité de notre continent.
    Avant de vouloir convertir une Russie qui se relève et qui sera peut-être un jour le dernier bastion chrétien en Europe, il conviendrait d’abord que la hiérarchie catholique s’attache à solidifier ce qui est de son ressort immédiat. A ce sujet, je dois saluer les efforts dans ce sens de notre pape Benoît 16, efforts qui me semblent malheureusement peu suivis par les échelons inférieurs.
    Et quand à pratiquer l’exercice de la conversion, pourquoi l’Eglise a t-elle abandonné ses tentatives vis à vis de nos frères protestants et juifs qui sont aussi dans l’erreur, oui qui sont bien plus dans l’erreur que nos frères orthodoxes?

  18. “…ni la pompe d’une liturgie parfois exubérante quand on la compare à l’indigence de la nôtre.”
    Parfaitement, quand on assiste à des messes qui ressemblent à des réunions de cellule altermondialiste ou quand on souffre de ces liturgies filandreuses de modernisme et d’abstraction, on ne peut qu’envier les orthodoxes qui ont su conserver la matérialité mystérieuse de la seule religion incarnée et concrète qu’est le Christianisme.

  19. Bonjour UnOurs,
    Je suis évidemment entièrement d’accord avec votre point de vue. Il faut d’abord que la Russie puisse redevenir elle-même, c’est-à-dire pleinement orthodoxe, avant de pouvoir envisager un rapprochement entre les deux églises. La division entre les deux églises, mis à part la question du filioque, est presque purement une question de rivalité entre deux hiérarchies. Par miracle, les dogmes des deux églises sont restés quasiment identiques malgré mille ans de séparation. Je vois mal comment le catholicisme peut prétendre “évangéliser ” la Russie, pays chrétien depuis plus de mille ans. Le prosélytisme catholique vers la Russie vient tout à fait à contre-temps et affaiblit le christianisme dans son ensemble en perpétuant la rivalité entre ses deux membres. La levée mutuelle des excommunications sous Paul VI a mis de fait et de droit un terme au schisme de 1054. Il faut maintenant respecter cette réalité.

  20. Si notre Eglise avait été aussi persécutée en Occident par le Communisme athée ces dernières années que ne le fut l’Eglise Orthodoxe, nul doute que l’union serait faite depuis longtemps.
    Au lieu de cela, beaucoup chez nous, y compris dans les plus hautes sphères cléricales on voulu _ et veulent encore_ pactiser avec le diable.
    Le jour où le dernier de ces vendus à l’Ennemi aura enfin cessé de nuire, l’union se réalisera, comme par miracle.

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