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France : Politique en France

Pourra-t-on licencier un fonctionnaire ?

C’est une des bonnes idées du rapport sur la fonction publique remis hier au gouvernement. Il suggère aussi de renforcer le recours aux contrats de droit privé et l’évaluation des fonctionnaires au mérite. Cette évaluation pourra conduire à un «licenciement» en cas «d’insuffisance» professionnelle. Il propose aussi que les collectivités territoriales développent l’externalisation de certaines tâches en confiant à des entreprises extérieures une partie de leurs missions, notamment de nature matérielle ou logistique.

Michel Janva

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9 commentaires

  1. Bonjour,
    Je suis un lécteur assidu du Salon Beige, et je vous félicite de votre travail.
    Cependant, je suis aussi fonctionnaire (Fonction Publique Territoriale), depuis quelques mois seulement, et la lecture de votre post sur la possibilité de licencier un fonctionnaire m’attriste.
    Je suis attristé que l’on puisse avoir une image aussi caricaturale de la Fonction publique (je partageais cette vision avant d’y travailler, mais j’ai travailler près d’un an à La Poste, fort décriée elle aussi et depuis bientôt 6 mois dans une grande collectivité, et ce que j’ai pû y voir ne ressemble pas à la caricature que l’on dresse parfois).
    Oui il existe des abus dans la Fonction Publique, inutile de le nier, oui un certain nombre de fonctionnaires attendent tranquillement que sonne 16h pour débaucher.
    Mais de manière générale beaucoup de fonctionnaires remplissent parfaitement leur mission.Dans une petite mairie le Secrétaire de Mairie fait “tourner la boutique”, quasiment seul pour le travail administatif, ce qui implique de gros horaires de travail, pour un salaire que la plupart des cadres du privé n’accépteraient pas (1200€ net par mois pour un Cadre B dans une petite mairie, or ce cadre à la résponsabilité de l’élaboration du budget et de la bonne marche de la mairie).
    Je précise également que si être fonctionnaire comporte des avantages, le recrutement est beaucoup plus difficile que dans le privé, puisqu’il se fait par concours. Pourquoi ne pas avantager des personnes qui, ayant un cursus universitaire solide ont décidé de passer des concours avec tout ce que celà comporte comme difficultées. Pour la Fonction publique d’Etat l’admission au concours vaut recrutement mais vous devez quitter impérativement votre région si vous êtes marié…), de plus la promotion implique souvent un déménagement. Pour la Fonction publique Territoriale, l’obtention du concours vous donne le droit d’être sur un liste d’aptitude pendant 3 ans maxi, à vous de démarcher les administrations pour trouver un poste dans ce laps de temps, où je précise vous n’êtes pas rémunérer.
    De plus le recrutement est compliqué par le poids des élus. Pour mon cas, après avoir obtenu le concours de Cadre B de la Territoriale, j’ai dû patienter 18 mois avant d’obtenir un poste.Quant aux lauréats qui ne trouve rien en 3 ans ils perdent le bénéfice du concours.
    Dans ses conditions vous comprendrez que je ne sois pas ravi de voir arriver des contractuels, bien souvent recruter par copinage politique.De plus, si cette solution est aujourd’hui étendue, c’est qu’elle satisfait les élus. En effet les contractuels, de par leur statut ne diront jamais non à un élu, or les dossiers sont souvent complexes est on ne peut tout maîtriser.Or les élus, focaliser sur leur réélection, ne veulent pas tenir compte des contraintes et des règlements, et ont donc tendances à s’entourer de contractuels.Le fonctionnaire, dans ce cas de figure est l’empêcheur de tourner en rond, celui qui rappelle les règles.
    J’espère que ces quelques lignes permettront de faire avancer le débat.

  2. Eh oui cher Lionel Dubos.Vos collegues qui ont été embauché bien avant vous ont deja largement profité du systeme .Mais rassurez vous, il vous reste bien des privilèges par rapport aux esclaves du secteur privé qui ont passé des concours tout comme vous!

  3. Je trouve cette idée de pouvoir licencier un fonctionnaire intéressante. Je suis d’accord avec Lionel pour dire qu’il existe des fonctionnaires qui font bien leur travail et qui le font avec passion. J’en connais beaucoup. Mais j’en ai croisé certains qui me donnent une bien triste image de la fonction publique. Et pourtant ils resteront à leur poste jusqu’à leur retraite.
    Une amie, enseignante dans le public, est favorable au mérite. Je pense qu’elle a raison.
    Je crois qu’il faut faire un peu le ménage mais avec justice. En tout cas, pour moi, un fonctionnaire ne s’arrête pas à commencer à telle heure et à finir à 16 h pétantes.
    Il me semble que beaucoup de gens attendent en effet un débat clair dessus, et sans faire du politiquement correct.

  4. Le licenciement existe déjà dans la fonction publique, cela s’appelle la radiation des cadres.

  5. Un quart de la population active appartient à la fonction publique. Sans vouloir insulter qui que ce soit, sans vouloir porter atteinte au gagne-pain de ces 6 millions de salariés, il faut tout de même avouer que c’est beaucoup trop.
    Il y aurait des coupes sombres à effectuer à commencer par l’administration. L’Etat doit recentrer ses activités sur ses tâches régaliennes uniquement. Police, justice, défense, et dans une moindre mesure la santé et l’éducation.
    Il paraît étonnant qu’à l’ère de la mondialisation, les seules personnes qui ne soient en rien impactées par ses effets nocifs soient les fonctionnaires.
    – Un service est défaillant ? L’Etat est là pour renflouer.
    – Le travail n’est pas fait dans les temps ou a été bâclé ? On fait avec et on affecte une personne supplémentaire afin de mener à bien la tâche qui aurait dû être achevée depuis belle lurette.
    – On n’est pas bien dans sa peau ? Hop ! La grêve (dont certains ont parfois le culot d’exiger qu’elle leur soit payée).
    Que les fonctionnaires travaillent, je n’en doute pas une seconde. J’ai de la famille ou des amis qui travaillent dans le public (santé, armée, éducation) et c’est vrai que ces personnes exercent à coeur leur activité.
    Cependant, il faut concevoir tout de même que les personnes du privé subissent délocalisations, licenciements, chômage… Il en coûte aux salariés du privé de faire grève, contrairement aux salariés du public.
    Alors bien sûr, je ne demande pas que les salariés du public aient les mêmes conditions de travail que les gens du privé. Mais ils pourraient tout de même consentir un minimum d’efforts !
    Les fonctionnaires abusent sérieusement du droit de grève. C’est pourquoi, j’estime qu’il est temps d’abroger ce droit pour les fonctionnaires (comme c’est la cas dans l’armée).
    – Il devrait être possible de licencier un fonctionnaire, s’il n’est pas opérationnel.
    – Il devrait être possible de muter un fonctionnaire dans un autre service, si son activité est négligeable.
    – Et surtout, il faudrait cesser d’embaucher des jeunes dans la fonction publique ! A l’heure où les vieux sont largués comme des vieilles chaussettes puantes au motif qu’ils ne sont plus dans le vent, il est temps de leur faire une plus large place dans la fonction publique. Les jeunes disposent du dynamisme que recherchent les entreprises privées. Les vieux disposent de l’expérience désirée par l’Etat.
    – Il faudrait nous séparer définitivement des fonctionnaires ou assimilés qui dépendent d’entreprises privatisées (Orange, La Poste…).
    – Il faudrait privatiser toutes les entreprises (SNCF, RFF, etc.) dont l’Etat peut aisément se passer ; et muter le statut de ses fonctionnaires vers un statut privé.
    – Il faudrait mettre un terme aux privilèges que détiennent toujours nombre de fonctionnaires.
    – Il faudrait que salariés du public et salariés du privé aient la même durée de cotisation pour toucher leur (désormais hypothétique) retraite.
    L’Etat est asphyxié. Ce n’est certes pas la faute des fonctionnaires. Mais c’est en tout cas la faute de la structure écrasante qui paralyse le pays à la moindre occasion (grève) et l’enfonce toujours davantage dans un gouffre financier toujours plus profond.

  6. “En effet les contractuels, de par leur statut ne diront jamais non à un élu,(…)Le fonctionnaire, dans ce cas de figure est l’empêcheur de tourner en rond, celui qui rappelle les règles.”
    C’est très juste, le statut légal des fonctionnaires est avant tout là pour les protéger des pressions opportunistes et politiciennes qui ne manquent pas dans les collectivités locales (et que dire ailleurs!). Cett garantie d’indépendance a un prix qu’il faut bien assumer.
    A droite, je regrette ce discours qui ruine systématiquement l’image du service public sous prétexte de faire le jeu de certains syndicats ou groupes idéologiques… La “bureaucratie capitaliste” (Zinoviev) est bien plus oppressante, mais beaucoup la serve et préfère peut-être détourner l’attention sur le service public…
    Bien à vous

  7. Ah bon, cher Vellini, on passe des concours pour travailler dans le privé ? La bonne blague ! Si vous pensez aux vrais concours (ceux des grandes écoles) les élèves qui les ont réussis gagnent énormément plus, à concours égal, dans le privé que dans la fonction publique. D’où le fort intérêt pour le “pantouflage” chez les élèves des grands corps de l’Etat. Pour l’anecdote, certains grands corps du ministère des finances viennent de voir leur niveau de rémunérations assez substantiellement revalorisé pour éviter une trop forte hémorragie des polytechniciens dans les paradis bien payés du privé.
    Si l’esclavage du privé vous pèse tant (incroyable d’utiliser le mot “esclave”, vous travaillez sans salaire mon pauvre ?) et si vous êtes déjà entraîné à la rigueur des concours par les concours incroyablement sélectifs qui vous ont ouvert les portes du privé, pourquoi ne pas tenter un petit concours facile du secteur public pour jouir des délices du fonctionnariat et de ses innombrables avantages. Pourquoi cet incompréhensible masochisme ?

  8. Je suis fonctionnaire et je gagne normalement ma vie sans plus (je n’ai pas un salaire de millionnaire), je consacre une partie de ce salaire à l’Eglise et à des associations en tant que croyant ainsi j’en ai marre de me faire insulter par des gens qui se disent chrétiens et qui passent leur temps à cracher leur venin sur une catégorie de la population et des chrétiens qui se réjouissent de l’instauration de licenciement, on aura tout vu, n’oubliez pas que derrière ces gens que vous méprisez, il y a aussi des croyants, des familles, des âmes… Vous enviez les fonctionnaires et bien vous aviez qu’à le devenir ? non ? c’est si facile à vos yeux… personne ne vous y empêche si comme vous dites, vous êtes esclaves du privé…
    [Qui crache sur les fonctionnaires ? J’affirme pour ma part qu’un travailleur qui ne fait pas son métier doit pouvoir être licencié. MJ]

  9. je suis catholique ET fonctionnaire. Mais surtout, je suis abasourdie en lisant les inepties écrites par certains.
    Que connaissez-vous, Messieurs, de la Fonction Publique ? rien, la plupart du temps. Des clichés, des lieux communs, des on-dit. Pitoyable.
    Un peu de rigueur et de sérieux, voulez-vous ?
    1/ le licenciement existe dans le statut de la Fonction publique. J’ai siégé et Conseil de discipline (je suis représentant du personnel) et je puis confirmer qu’il y a chaque année, des lienciements de fonctioonaires.
    2/ les Etats sans Fonction publique forte, intègre, équitable, neutre sont des Etats où règnent le désordre, la corruption, les trafics et la loi du plus fort.
    Je ne crois pas que des catholiques sincères puissent vouloir cela.
    3/ nos salaires en valeurs absolue et en pouvoir d’achat, ont été divisés par 2 depuis 20 ans.
    Et les réductions d’effectifs sont une réalité depuis 2000 : on ne remplace plus nos collègues qui partent en retraite.. C’est l’usager qui en fait les frais : les dossiers sont de plus en plus mal traités. Cela aussi c’est la réalité de l’Administration.
    4/ ce qui pose problème dans l’Administration, c’est la “gouvernance”. Le choix des agents promus, les objectifs (en général irréalisables) qui leur sont assignés, le manque de moyens, rien de tout cela n’est satisfaisant.
    5/Ce qui se sait peu aussi, c’est le nombre de dépressions nerveuses (environ 10%)…
    si l’administration tait un paradis de fainéants, il n’en irait pas ainsi.

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