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France : Politique en France

Pour un juste libéralisme

La Nef publie une série sur le libéralisme réalisée en partenariat avec l’Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon, avec ce mois-ci une analyse de Charles Beigbeder, chef d’entreprise engagé dans la vie politique.

"Souvent décrié en France, le libéralisme reste largement méconnu, tant ses contours sont difficiles à cerner. On peut l’envisager à trois niveaux : philosophique, politique ou économique.
Le libéralisme philosophique postule l’équivalence de tous les choix humains, sans aucune hiérarchie de valeurs. Largement en vogue aujourd’hui, à droite comme à gauche, il ravale la notion de vérité au rang d’une opinion privée et instaure une mentalité relativiste, où chaque option philosophique est dotée d’une égale dignité dès lors qu’elle est librement voulue et ne porte préjudice à personne.[…]

Ce même principe niveleur de la philosophie libérale s’étend aux particularismes nationaux. Un vrai libéral ne reconnaît en effet aucune loi au-dessus de l’addition arithmétique des suffrages, ni celle tirée de la nature, ni celle léguée par l’histoire. C’est ainsi qu’il n’accordera aucune espèce d’importance à la tradition d’un peuple et à son identité. Pire, il en ignore même la notion, puisqu’il ne conçoit plus la nation comme un héritage à transmettre, mais comme la simple photographie passagère de la réalité d’un moment. La France n’aurait donc plus d’identité constitutive héritée de son histoire ; elle ne serait que l’addition des volontés de chaque individu à un moment donné.[…]

Ce double refus de la nature et de l’histoire porte en lui tous les germes possibles de déconstruction, de l’instauration de la GPA à la folie du transhumanisme.

Doit-on pour autant mettre le libéralisme aux oubliettes ? Oui, sur le plan philosophique, non sur le plan politique. […]

Car il est tout à fait possible de ne pas être libéral au niveau de la finalité recherchée – c’est-à-dire de croire en l’existence d’une vérité devant structurer les sociétés –, tout en se reconnaissant libéral quant aux moyens employés pour parvenir à faire triompher cette vérité : refus de la contrainte au service de la vérité, reconnaissance de la liberté de conscience et d’expression de tous, y compris celle de ses adversaires, et définition d’un cadre juridique stable à l’expression de l’opposition politique (liberté de la presse, multipartisme, etc.). C’est même une démarche moralement supérieure, car elle croit en la force intrinsèque de la vérité, qui n’a pas besoin de leviers externes pour triompher, conformément au principe établi par la déclaration Dignitatis Humanae du concile Vatican II : « La vérité ne s’impose que par la force de la vérité. »

La grande erreur du libéralisme philosophique consiste donc à avoir fait de la liberté une fin en soi, alors qu’elle n’est qu’un moyen pour parvenir à la connaissance de la vérité, laquelle, à son tour rend libre, si l’on en croit saint Jean."[…]

[article intégral sur le site de la Nef]

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6 commentaires

  1. Le “Libéralisme”?
    C’est une utopie que de croire pouvoir se servir d’un mot dont le sens et l’application sont communément compris soit comme un système de pensée, d’émancipation ou de progrès matériels ou économiques (sans freins), soit comme une idéologie destructrice.
    Vouloir insérer au milieu de ces deux conceptions une définition acceptable et honnête relève de la fantaisie et de la naïveté, le mot en lui-même revêt une acception démoniaque.
    De ce fait, ce mot ne peut servir deux Maîtres, l’ordre et son contraire car, dans tous les cas, c’est le mauvais qui domine. C’est une constante de notre nature humaine héritée du péché originel.
    A notre disposition il y a une autre formule qui regroupe deux notions combinées: Ordre et Liberté, et qui se nomme “le Libre Arbitre”.

  2. Le liberalisme est fils de Satan
    La Liberté est fille de Dieu.

  3. Il ne faut jamais oublier que tout le projet libéral s’est construit au sortir des guerres de religion pour « libérer » la société de l’influence de l’Eglise. C’est là une vérité historique. Le premier ennemi du libéralisme, c’est la religion parce que celle-ci veut donner à la société une fin spirituelle commune, parce que celle-ci veut l’ordonner selon le Bien, tel qu’elle le conçoit. D’où le refrain de la neutralité. Jésus, je pense, nous a mis en garde contre toute idée d’une troisième voie, entre le Bien et le Mal, ou en dehors d’eux : cela va du « Que votre oui soit oui… » à la parabole de l’arbre dont les fruits se révèlent soit bons, soit mauvais, en passant par le célèbre « Vous ne pouvez servir deux maîtres… ».
    La « neutralité » est aujourd’hui l’emballage dans lequel le Malin enveloppe sa quincaillerie. Il cherche à nous faire croire qu’il existe des chose neutres ; que l’argent, surtout, est neutre. Or le Christ nous a avertis : il est plus difficile à un riche d’entrer dans le Royaume qu’à une corde épaisse de passer par le chas d’une aiguille.
    Je conseille à tous ceux qui veulent comprendre le projet libéral l’excellente “Histoire intellectuelle du libéralisme” de Pierre Manent, publié chez Calmann-Lévy en 1987 dans la collection “Pluriel”. Cet ouvrage met bien en lumière le côté fondamentalement anti-religieux de cette idéologie.

  4. Je ne vois pas pourquoi une fin chrétienne ne pourrait pas être atteinte par des moyens chrétiens. Comme si la Bible ne disait rien sur la gestion juste des biens matériels. Les Actes des apôtres nous montrent que la première communauté chrétienne pratiquait la mise commun de tous les biens, c’est-à-dire une forme de communisme. C’est encore ainsi que fonctionnent les monastères, et cela marche plutôt bien. N’oublions pas non plus que l’Eglise a interdit durant la quasi-totalité de son histoire le prêt à intérêt. Il existe donc bel et bien une manière chrétienne de gérer la cité des hommes. Pourquoi faire appel au libéralisme ?
    Par ailleurs, si l’on acceptait deux sphères indépendantes, l’une où régnerait la vertu chrétienne (les âmes) et l’autre où ne serait admis que le rationalisme économique (le monde des objets qui doit croître constamment pour générer un profit croissant), il se produirait soit une contraction spectaculaire de l’économie à cause de la modération des désirs induite par la pratique de la vertu, soit un dérèglement moral croissant– et donc la fin du règne de la vertu–sous la pression du monde bigarré et aguicheur des objets et de leurs vendeurs et baratineurs. Le système Beigbeder ne peut tout simplement pas fonctionner à cause de la contradiction violente et irrémédiable entre les deux règnes, celui du Fric et celui de Dieu.
    En revanche, une économie de l’équilibre, régie par les principes de la justice divine et de la vertu, peut coexister avec le règne de Dieu. Mais alors, ce n’est plus une sphère neutre et autonome : c’est l’une des (nombreuses) demeures de la maison du Père.

  5. Qu’est-ce que libéralisme ?
    Il n’est je crois aucun théoricien du libéralisme qui fasse plus autorité que Frédéric Bastiat.
    Or sa pensée est à l’exact opposé de ce que croit Beigbeder.
    Lisez par exemple ceci http://bastiat.org/fr/propriete_et_loi.html
    “Il y a des publicistes qui se préoccupent beaucoup de savoir comment Dieu aurait dû faire l’homme: pour nous, nous étudions l’homme tel que Dieu l’a fait”
    Ou encore
    “Il n’est pas vrai que les grandes lois providentielles précipitent la société vers le mal.
    […]
    ce n’est pas seulement la mécanique céleste, mais aussi la mécanique sociale qui révèle la sagesse de Dieu et raconte sa gloire.”
    http://bastiat.org/fr/a_la_jeunesse_francaise.html
    L’article de Beigbeder et toutes les réactions ci-dessus se fourvoient absolument au sujet du libéralisme, et avec une obstination qui effraie par son déni de l’évidence: Tous les reproches faits ici au libéralisme s’appliquent en fait à son contraire, le socialisme.
    Le libéralisme consiste à pratiquer le décalogue. À refuser de contraindre, à l’exemple de Jésus.
    Voici un exemple de discours libéral à l’extrême (anarcho-capitaliste) qui vous permettra peut-être de comprendre en quoi le libéralisme consiste:
    http://lumiere101.com/2013/03/28/les-idoles-grimacantes-de-la-pseudo-democratie-socialiste/

  6. Règne du Fric ?
    Pour régner il faut être une personne.
    L’argent n’est qu’un objet utilisé pour simplifier les échanges.
    Ce n’est donc pas un pouvoir. Le pouvoir consiste à contraindre et le marché est la somme des transactions potentielles sans contrainte.
    L’emploi du vocabulaire du pouvoir et de la contrainte pour décrire ce qui se fait hors du pouvoir et sans contrainte est un mensonge destiné à justifier le pouvoir d’hommes sur des autres hommes.
    Il n’y a pas de liberté sans “fric”, la liberté c’est le marché, c’est l’échange librement consenti à quoi sert l’argent. C’est le libéralisme.
    Le libéralisme n’incite aucunement à chercher à amasser. Il demande que le pouvoir régalien se borne à empêcher de contraindre.
    Un tel pouvoir est le seul qui laisse toute sa place à l’Église.

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