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France : Politique en France

Pour Nicolas Sarkozy : mission impossible ?

Parmi les 10 enseignements du scrutin retenus par Polémia, on peut noter :

"4-Le niveau du « bloc patriotique » est élevé

Si l’on regroupe les électeurs par rapport au discours qui leur a été adressé, on peut parler d’un « bloc patriotique », au moins par le verbe, avec Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Nicolas Sarkozy et ses paroliers (Buisson et Peltier, Guaino et Emmanuelle Mignon). Ce « bloc patriotique » se situe à un niveau élevé et le tricolore fait recette avec 47% des suffrages. C’est plus qu’en 2007 où le score s’établissait à 45% (Le Pen père + Sarkozy + Villiers + Nihous). C’est plus aussi que le bloc de gauche en 2012 qui se situe à 43%. Mais s’ils sont importants par ce qu’ils révèlent de l’état de l’opinion, ces résultats ne permettent en rien de prédire un succès sarkozyste au deuxième tour.

5-L’équation impossible de Nicolas Sarkozy

A 20h15 dimanche, la gauche était déjà rassemblée. Et il est raisonnable de croire que 85% des électeurs de Mélenchon, des petits candidats trotskystes et d’Eva Joly se reporteront sur Hollande (28, 63%). A contrario, les électeurs de Bayrou et de Le Pen se partageront plus ou moins également entre Sarkozy, Hollande et l’abstention. Ainsi, pour gagner, Sarkozy (27,18%) devrait récupérer au moins les trois quarts de l’électorat lepéniste : un pari difficile, jamais réussi dans le passé ; et un pari qui sera d’autant moins facile à gagner cette année que Marine Le Pen appellera probablement à l’abstention dimanche 1er mai, Place de l’Opéra.

6-Le grand écart sarkozyste

Dans l’entre-deux tours, Sarkozy va poursuivre la stratégie Buisson : les oreilles des électeurs de Marine Le Pen vont être saturées de petite musique nationale et de flonflons patriotiques. Et le projet socialiste de droit de vote des étrangers aux élections municipales va être brandi devant leurs yeux comme un épouvantail.

Pourtant, comme l’a rappelé le directeur stratégique de Marine Le Pen, Florian Philippot, lors de la soirée électorale, il y a un fossé entre Sarkozy et Le Pen : l’un défend le système mondialiste, l’autre le combat, l’un accepte l’abandon de la souveraineté française, l’autre le refuse, l’un s’oppose à la préférence nationale (ou la priorité nationale), l’autre la promeut.

Comme en 2007, Sarkozy peut tout promettre en paroles à condition de n’en rien faire dans les actes (pour ne pas perdre l’appui des oligarchies qui le soutiennent). En 2007, il a été cru sur ses seules paroles. Mais après cinq ans d’expérience présidentielle son discours ne peut que se heurter à un certain scepticisme des électeurs. Chat échaudé craint l’eau froide ! Ce qui rend incertaine en 2012 la réussite du renouvellement de la manœuvre électorale de 2007 : tous les électeurs n’ont pas la mémoire-tampon du poisson rouge…"

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10 commentaires

  1. « tous les électeurs n’ont pas la mémoire-tampon du poisson rouge »
    Peut-être, mais en démocratie, un poisson vaut un éléphant.
    Ceci dit, le poisson rouge n’a pas une mémoire aussi courte qu’on pourrait penser.

  2. Concrètement, comment un discours droitisé de M. Sarkozy peut-il devenir crédible ? Comment peut-il assurer aux électeurs de droite qu’il va conduire la politique promise ? Et quelles garanties ces électeurs peuvent-ils avoir ?

  3. @VD
    « …Et quelles garanties ces électeurs peuvent-ils avoir ? »
    L’actuelle Constitution française indique dans son article 27, relatif aux membres du Parlement, que « tout mandat impératif est nul ».
    Pour les membres du Parlement et à fortiori pour le Président de la République.
    Ce qui a été traduit par les « Politiques » avec cynisme :
    « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient/les écoutent ». Voilà une phrase qui a été mise dans la bouche de nombreux élus (ou en passe de l’être).
    Il faut dire que l’activité favorite de nos hommes politiques de tous bords, c’est de faire des promesses inconsidérées, travail qui leur est facilité parce que l’Homme est faible et qu’il préfère entendre des fausses promesses de bonheur que des promesses de temps difficiles, même s’il sait que leur venue ou réalisation est bien plus probable.
    L’avantage pour les politiques, c’est que c’est un sport qui ne fatigue que leur langue et pas trop leurs méninges.
    Cette expression viendrait d’un barbier qui aurait mis à l’entrée de son échoppe une grande pancarte proclamant : « demain on rase gratis ». Mais notre artisan, pas totalement idiot et près de ses sous, l’y laissait tous les jours.
    Par conséquent, le benêt qui, le lendemain du jour où il avait vu la pancarte, venait se faire raser ou couper les cheveux et qui s’étonnait de devoir quand même payer, s’entendait répondre : « oui, mais il y a écrit que c’est demain que c’est gratuit ».
    Pourquoi cette histoire dont la véracité reste à prouver met-elle en scène un barbier ?
    C’est peut-être bien parce qu’autrefois il existait une corporation qui englobait les dentistes, les chirurgiens et les barbiers, et qui n’avait pas vraiment une bonne réputation. Ce qui explique qu’on disait : « menteur comme un arracheur de dents ».
    http://www.expressio.fr/expressions/demain-on-rase-gratis.php

  4. Pour l »électeur FN
    – l’un défend le système mondialiste, l’autre le combat : pas très grave, voire pas du tout
    – l’un accepte l’abandon de la souveraineté française, l’autre le refuse : pas très grave ou très peu
    – l’un s’oppose à la préférence nationale (ou la priorité nationale), l’autre la promeut : extrêmement grave. Et là-dessus, Nicolas Sarkozy n’a aucune crédibilité. C’est son vrai problème.
    60% des électeurs FN pensent voter Nicolas Sarkozy.
    Moi ce qui m’inquiète, ce sont les législatives. Si la gauche passe, cela m’étonnerait que Nicolas Sarkozy provoque d’utiles référendum, alors qu’il en aura le pouvoir, même si je le souhaite.
    @ VD : vous avez tout à fait raison. Mais avec l’un, le pire est possible, avec l’autre il est certain.

  5. …..et refaire l’ouverture à gauche,nous remettre la même clique des ministres UMP pourris (Chatel,Juppé,Morano,Bertrand,Bachelot …etc…etc…)…
    Franchement l’arrivée de la gauche est une catastrophe nationale , on va chuter très vite et dans tout les domaines ! Mais mettre un bulletin Sarkozy je ne peux m’y ressoudre …( d’ailleurs en 2007 je n’ai pas pu ,cela m’a évité d’être cocu…).
    Je comprends les sentiments et positions d’Yves Daoudal et de Bernard Antony( deux Messieurs que j’apprécie beaucoup) mais c’est trop dur de mettre un bulletin UMP !!!

  6. Sarko a raté hier soir l’occasion de rallier à lui les électeurs de MLP. Il eut fallu qu’il prononce ces simples mots: « je me suis trompé ». Qu’il avoue qu’il a été tenté par l’ouverture à gauche, croyant rallier à ses idées des « gens compétents », mais qu’il a maintenant compris que la voix de la France n’était pas là et que, désormais, il conduirait le pays selon la volonté exprimée dans les urnes. Une simple déclaration sur ce thème, reconnaissant comme une erreur d’avoir fait confiance aux Kouchner, amara, Hirsh etc… et promettant de ne pas recommencer et tout le monde plongeait. Mais voilà, un acte d’humilité, même susceptible de le faire gagner, ce bouffi d’orgueil inculte et grossier en est incapable. Oui, Hollande est nul. Oui, Hollande va précipiter la France dans une spirale infernale, comme son copain Blum en 36, aggravant la situation économique, aggravant la situation sociale, aggravant la faiblesse de la France envahie, même si l’invasion ne connaît pas le même visage, aggravant l’engagement de la France dans la machine OTAN (les socialistes en ont toujours été partisans), oui, tout cela est vrai. Mais quoi d’autre en face, si ce n’est le même programme? Sarkosy a commis toutes ces erreurs durant son premier mandat. Montre-t-il le moindre signe de regret? Nous savons, par des indiscrétions, qu’il regrette son engagement dans l’Otan, estimant qu’il a été floué par les Américains. Mais il ne le dit pas! Il ne le reconnait pas publiquement! Nous savons qu’il regrette d’avoir supprimer la double peine (regrets exprimés presqu’aussitôt après l’avoir fait, d’ailleurs…) mais il ne le dit pas, il ne le reconnaît pas! Alors, comment lui faire confiance? Errare humanum est, perseverare diabolicum. Pouvons nous prendre le risque de confier le pays à celui qui persévère dans l’erreur? En français du XXIième siècle, « se tromper un fois c’est une erreur, un deuxième c’est une co..n..rie! » Bref, l’ayant fait la dernière fois, (il me semblait qu’entre Sarkosy et Royale (bien que son nom me fut doux aux oreilles) il n’y avait pas photo) je n’ai pas l’intention de recommencer!

  7. Permettez-moi ici de vous faire part d’un phénomène observé qui, somme toute pourrait peut-être poser quelque interrogation utile à participer à la réflexion du patriote indécis , penché avec soin au chevet du pays blessé.
    Dans l’immédiate précipitation, si ce n’est le pugilat de prestigieux commentateurs partisans et « amis » du chef de l’Etat qui a suivi la publication des résultats (on a vu pour exemple Monsieur Coppé, plus voltairien que Voltaire couper mâlement la parole à Madame Kosciussko-Morizet) tout semblait se passer comme si certains « jeunes loups » aux dents longues avaient déjà, par avance, si ce n’est de longue date, sacrifié celui censé les représenter au second tour.
    Tels Monsieur Juppé,Monsieur Coppé déjà cité, ou encore la gracieuse « NKM » vitupérant contre l’épouvantail convenu de « l’extrême droite » que le Chef de l’Etat s’efforçait pourtant très vite , mais bien seul de son côté, de considérer avec « respect ».
    Tel également, et bien avant cela, « Super -Médiator », Monsieur Bertrand, qui avait choisi à quelques jours du premier tour d’agiter bien fort son drapeau noir fétiche du STO du dimanche pas vraiment bien choisi pour aller à la pêche au voix d’où qu’elle vinssent, mais surtout pas de celles dont il savait pertinemment que son candidat préféré allait en avoir bien besoin.
    Bien plus en avance pour le distribution de peaux de bananes, la sémillante Madame Bachelot n’avait-elle pas affiché bien avant l’heure sur les murs de France sa super prime à l’avortement ?
    Et si cela signifiait que tous ces gens-là bien davantage préoccupés, semble-t-il, par leur aimable destin que de celui de la France avaient pressenti avec effroi, ce qui s’est déjà vu:
    qu’un président réélu pour un second et dernier mandat (sauf à imiter le Président Poutine – mais la France n’a pas encore connu la glasnost), qu’un président ainsi réélu n’aurait pas nécessairement besoin de s’encombrer des coûteux services des un (es) et des autres?
    Dès lors, le bras de fer de ce second tour se passerait-il réellement davantage entre Messieurs Sarkozy et Hollande, entre l’UMP et Le Fn ou de manière plus décisive entre le chef de l’Etat et ses luxuriants boulets ?
    Alors, si , s’extrayant soudainement de quelques babines politiques ,et, faut-il le noter, conjointement médiatiques, par l’odeur du présumé cadavre alléchées,le chef de l’Etat pouvait en donner quelque signe concret et certain, peut-être trouverait-il là par lui-même, la clé du salut.

  8. @ Sancenay : intéressant , à vérifier plus tard

  9. Ma foi, si Sarko promettait de nommer Marine premier ministre ou s’il offrait 100 places éligibles de députés au FN, pourquoi pas…
    Sauf que les promesses de Sarkozy, même s’il faisait celle-là (et j’en doute fort!), ses promesses donc, telles celle du « karscher » mouillé, plus personne n’y croit.
    Sauf que l’UMP a déjà annoncé préférer voter Hollande que Le Pen (au moins c’est clair!).
    Sauf que Nathalie Kokiusko Morizet, la porte parole de Sarkozy, a commis un misérable ouvrage « le Front anti-national » contre le FN et Marine Le Pen.
    …et en plus ils voudraient qu’on vote pour eux? Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles.

  10. Vous allez voter pour quelqu’un qui dit que la France a eu l’idée de la shoah. Ce qui est une diffamation intolérable. Je ne tolère pas que l’on diffame ainsi les parents, grands-parents et arrière grands parents de mes enfants.
    C’est pourquoi je suis très déçu par MM. Antony et Daoudal. Ils m’ont trompé longtemps. J’ai enfin compris, lorsque à l’automne 2011, monsieur Daoudal a attaqué les manifestants qui défendaient la liberté religieuse. Je n’avais pas assez noté préalablement que monsieur Daoudal était un fan de Frédéric Mitterrand.
    Je suis non moins déçu par le silence de polemia sur ce sujet.

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