Bannière Salon Beige

Partager cet article

Bioéthique

Pour le président du CCNE, il n’y a ni bien ni mal

Président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), chargé de l’organisation des états généraux de la bioéthique, Jean-François Delfraissy a déclaré dans un entretien à Valeurs Actuelles :

"Entre les innovations de la science et celles de la société, il n’y a pas de bien et de mal. Il y a un équilibre à trouver qui doit s’inscrire dans la notion de progrès. […] Je ne sais pas ce que sont le bien et le mal, et vous avez de la chance si vous le savez vous-même ! En tout cas, le CCNE n’est pas là pour indiquer où se trouvent le bien et le mal. […] On a une société qui évolue, il y a donc une série de valeurs qui peuvent évoluer. La notion de valeur est relative. Il n’y a pas de valeur absolue. […]"

Curé de Saint-Cyr-l’École (Yvelines) et animateur du Padreblog, l’abbé Grosjean lui a répondu dans les mêmes colonnes. Extrait :

Unknown-11"J’avoue ma naïveté. J’imaginais que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et son président avaient pour mission de rappeler les grands principes éthiques fondateurs pour notre société et — à leur lumière — d’éclairer la réflexion des citoyens et du législateur sur les défis éthiques posés par les avancées de la science.

En quelques mots, M. Delfraissy détruit tout cela. Sa conviction est claire : il n’y a pas de principes intangibles, ni d’interdits fondamentaux : « Les lignes rouges sont relatives, elles aussi. » La preuve : en Chine, on accepte bien des milliers de transplantations réalisées à partir d’organes de condamnés à mort. Mais est-ce bien ? « Je ne sais pas ce que sont le bien et le mal. » Mais il y a pourtant des choses immuables, qui ont trait à la nature humaine ? « C’est vrai, mais il faut aussi relativiser », etc.

Pourquoi tenir de tels propos est-il dramatique ?

Parce que ces grands interdits fondamentaux (de tuer, de voler, de mentir, de marchandisation du corps humain, etc.) protègent les plus fragiles et rendent possible la vie en société. Ces principes forment une loi inscrite dans notre conscience, accessible à notre raison et qui rend compte de la dignité de chacun de nous. Cette loi, nous l’avons tous en commun, ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas. En la reconnaissant comme une loi commune, universelle, qui nous précède, nous pouvons vivre ensemble.

Qui protégera la dignité de toute personne humaine si tout est relatif ?

Si tout est relatif, alors c’est la loi du plus fort ou des plus nombreux qui s’impose. Si aucun principe universel n’est reconnu comme s’imposant à tous, il suffit qu’une majorité décide demain de ne plus reconnaître la dignité de tel ou tel pour que ses droits n’existent plus. L’histoire du XXe siècle nous l’a démontré de façon dramatique, au prix de millions de victimes.

Si tout est culturel, alors les droits de l’homme ne tiennent plus. Si nous voulons en effet promouvoir les droits fondamentaux de la personne humaine dans le monde entier, c’est que nous croyons justement qu’ils transcendent les cultures ou les époques. Ils sont la conséquence d’une dignité qu’on reconnaît à l’homme, dignité intrinsèquement liée à sa nature humaine, que nul — pas même une majorité élue — ne pourra nier et que nous avons tous en commun. Ainsi, l’égale dignité de l’homme et de la femme n’est pas une valeur relative, même si les peuples n’en ont pas tous la même conscience. Quand cette conscience grandit, il est raisonnable d’affirmer que c’est un bien objectif. Ne peut-on pas affirmer que l’esclavage est un mal objectif, et se réjouir quand il disparaît peu à peu dans toutes les cultures ? Ne peut-on pas au contraire dénoncer la régression éthique quand la conscience de la valeur de toute vie, même la plus fragile ou la plus diminuée, recule dans la culture occidentale ? […]

Ce relativisme tranquillement assumé et cette idéologie libertaire si décomplexée appellent à un véritable sursaut moral. Croyants et non-croyants peuvent et doivent se rassembler pour réaffirmer ce que nous avons en commun et ce qui fait l’honneur de la France : la certitude qu’il y a des principes immuables et des droits fondamentaux, pour lesquels des hommes et des femmes ont donné leur vie. Le relativisme insulte leur mémoire. Si tout est relatif, ils sont morts pour rien… On ne donne pas sa vie pour du relatif, pour ce qui demain ne sera plus vrai ! On se sacrifie pour ce qui fonde notre capacité à vivre ensemble. […]"

Vous souhaitez que votre patrimoine serve à défendre vos convictions, plutôt qu'être dilapidé par un Etat prédateur et dispendieux ?

Savez-vous que le Salon beige est habilité à recevoir des legs ?

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

Partager cet article

14 commentaires

  1. Une prétendue “éthique” qui serait donc à géométrie variable selon les puissances du moment? Cela s’appelle la loi de la jungle , le droit du plus fort à exploiter le plus faible, on reconnaît bien là les membres de la FM.e

  2. Maçon. Assurément.

  3. à ce Mr Delfrassy, si par exemple on le rouait de coups pour le plaisir, est-ce qu’il ne serait pas capable de nous dire si c’est bien ou mal, c’est curieux chez ces gens-là, si ça ne les touche pas, ils n’ont rien dans le cerveau qui leur dise si c’est bien ou mal

  4. Tribune magnifique de l’abbé Grosjean, tribune qui n’a pas l’aspect d’un sermon dans une Eglise mais qui est universel et qui s’adresse aux croyants comme aux incroyants.
    Tout est dit!!!
    L’abbé Grosjean met le doigt sur un des aspects les plus inquiétants de l’idéologie macronienne. Fric, relativisme, mondialisme, hédonisme, individualisme versus la France, le Français, les Français, la Culture Française, l’Histoire de France, la morale kantienne ou chrétienne ou simplement traditionnelle. Et va pour les petits arrangements clientélistes avec des crimes contre l’Humanité à géométrie politicienne. Et tant pis pour ceux qui ne sont rien, qui sont vieux et à la retraite. Macron, c’est le cynisme pète sec et sans scrupule de l’enfant gâté devenu “jeune manager financier” formé à l’Ecole des prestidigitateurs qui s’appelle l’ENA. Et comédien avec ça !
    l’incroyable c’est la veulerie des évêques …pas de réactions C’est insensé!!!!

  5. Merci M. l’Abbé. En effet c’est dramatique.
    Si tout est relatif, on peut dissoudre le CCNE : il n’a pas besoin de donner des avis, chacun a le sien qui vaut celui du voisin.
    Ca permettra toujours au pays de faire des économies et à ses membres d’être un peu moins hypocrites. Et si ça permettait aussi aux citoyens de réfléchir un peu au lieu de croire que ce CCNE le fait à leur place…

  6. Ainsi la “bioéthique” républicaine, que gère ce monsieur, ignorant les notions de bien et de mal et toute notion transcendante intemporelle, n’est qu’une besogne de gestionnaire qui ne s’occupe que du rentable à court terme, aux vues des modes du moment, tout comme un vulgaire boutiquier.
    On retrouve ici la mise en oeuvre la consigne du Dr. Simon (G.M. la GLF) : “La vie est un matériau qui se gère”.
    Par phobie du Créateur, les matérialistes, ne veulent reconnaître dans l’homme, que des matériaux diversement agencés.

  7. Quand un type vous dit qu’il ne sait pas si le bien et le mal sont distinguables, vous lui mettez une bonne claque dans la figure : pour lui cela est égal puisqu’il ne peut distinguer le bien du mal et pour vous cela vous fait du bien.
    Ainsi les deux parties sont gagnantes ! c’est une opération gagnant/gagnant avec de surcroît la satisfaction d’avoir procédé à une expérimentation philosophique et physique à la fois…

  8. Remarquable réponse de l’Abbé Grosjean, audible par un non chrétien! Bravo!

  9. “Si tout est culturel, alors les droits de l’homme ne tiennent plus.”
    Mais cette notion de ‘Droits de l’Homme’ qu’est-ce sinon des droits que s’octroie l’être humain sans tenir compte du droit naturel. Ainsi a-t-on vu, à un moment donné, quelqu’un exiger que les hommes urinent assis comme les femmes, sans tenir compte de sa nature.
    Les Droits de l’Homme sont artificiels et souvent malsains, car l’homme seul a tendance à l’être. Il a besoin comme garde-fou des principes naturels, qui pour les croyants ont été créés par Dieu.

  10. J’ai préparé une pétition pour demander la nomination d’un nouveau président du CCNE. Merci de la partager le plus largement possible si le contenu vous convient:
    http://www.citizengo.org/fr/signit/158687/view

  11. Affligeant, mais parfaitement cohérent avec le pilotage maçonnique de ce genre d’instances devenues des caches-sexes de la culture de mort : le relativisme éthique est le poison de nos sociétés qui ont perdu le sens.
    Benoît XVI a été un des plus clairvoyants à ce sujet, et n’a cessé durant son pontificat de dénoncer cet ennemi insidieux qu’est le doute sur tout et la négation de toute vérité, à commencer par l’occultation de Celui qui estla Vérité faite chair.
    Si les droits de Dieu étaient rétablis, ces nouveaux sophistes trouveraient d’autres occupations plus saines que les réformes pour réformer, les transgressions pour transgresser et la tentative de création d’un homme nouveau pour sa perdition finale.
    “Quand le Créateur disparaît, la créature s’évanouit”.

  12. Il y a le Neutre comme dans le triphasé, mais ce personnage ne le sait pas, il a pété un plomb, et son cerveau déconne.

  13. Dostoïevski: ” Si Dieu n’existe pas, tout est permis “.
    Nous y sommes, hélas.

  14. je viens d’envoyer ca sur le site du CCNE :
    ”’Monsieur le Président ,
    L’interview que vous avez donnée à Valeurs Actuelles est pour le moins étonnante .
    Pas de mal, pas de bien.
    Ainsi en est il de l’excision, du cannibalisme (avec directives anticipées bien sûr), de l’automutilation (alors que l’on déplore l’absence de repères chez les enfants qui jouent au jeu du foulard ou des ados qui se scarifient), de l’esclavagisme ou du génocide du moment qu’une Assemblée l’a dument ”validé” .
    Je vous invite à vous poser 5 minutes et méditer sur l’objectivité du bien et du mal .
    Oui, le mal, le bien s’imposent à nous. Cela bride notre liberté ? Oui, on peut dire ça comme ça, même si la vraie liberté consiste à choisir le bien en connaissance de cause. L’alcoolique est-il libre de boire ou esclave de sa bouteille ?
    Mais surtout, selon votre optique, qu’est ce que l’éthique pour le CCNE ? Et à quoi sert donc le CCNE ?
    Qu’il soit parfois difficile de discerner est une chose mais ne remet en aucun cas l’objectivité du bien et du mal. C’est une confusion fréquente mais étonnante venant du Président du Comité consultatif national d’éthique.”’

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services