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L'Eglise : Le Vatican

Pierre de Lauzun reçoit le Prix de la Fondation Centesimus Annus – Pro Pontifice

Ce matin, le Président de la Fondation Centesimus Annus – Pro Pontifice a présenté le bilan des deux dernières années d'activité, ainsi que l'attribution des prix du second concours Economie et Société. Ayant pour but de diffuser la doctrine sociale de l'Eglise, la fondation se prévaut de la collaboration d'économistes et d'experts financiers engagés dans la diffusion d'idées favorables à une économie de marché réformée.

LLe premier prix a été attribué à l'économiste français Pierre de Lauzun pour son livre: Finance, un regard chrétien. De la banque médiévale à la mondialisation financière, qui propose une réflexion à la lumière de la doctrine sociale de l'Eglise sur la moralité des acteurs du marché financier. Il invite à prendre en considération un ordre économique mondial qui ne serait plus fondé sur le profit et fonctionnerait en harmonie avec les réalités sociales et les exigences morales, non plus comme une fin mais comme un moyen.

Actuellement (depuis 2002) Délégué général de l’Association Française des Marchés Financiers AMAFI, qui regroupe les professionnels de la Bourse et de la Finance, Pierre de Lauzun, ancien élève de l’Ecole Polytechnique (1969) et l’Ecole Nationale d’Administration (1975), a travaillé principalement dans la banque et la finance.

Le deuxième prix couronne un chercheur autrichien, Alexander Stummvoll pour sa thèse intitulée: Une tradition vivante, le Saint-Siège, la doctrine sociale catholique et la politique globale, 1965 – 2000. Il y explique l'application de la doctrine sociale de l'Eglise face à la Guerre du Vietnam (recherche de la paix), la crise polonaise des années 1980 (face au monde communiste), les Conférences ONU du Caire et de Pékin (questions bioéthiques) et le Jubilé de l'An 2000 (critique du capitalisme sauvage).

Les deux récompenses seront remises par le Président du Jury de la Fondation Centesimus Annus – Pro Pontifice, le Cardinal Archevêque de Munich Reinhard Marx au cours de la prochaine conférence internationale qui se déroulera au Vatican du 25 au 27 mai (Repenser les références du système socio-économique).

En février 2014, Pierre de Lauzun avait répondu à l'objection de ceux qui demandaient pourquoi des manifs pour la vie ou le mariage, et pas sur les sujets sociaux ou économiques :

"Rappelons déjà qu’il y a des différences considérables entre ces domaines. La base légale d’abord : dans un cas on manifeste contre des lois bien précises, qui comportent une disposition inadmissible ; dans l’autre on conteste le dosage ou la pertinence de mesures qui ne sont pas manifestement immorales en soi. Les enjeux ensuite : dans un cas il s’agit d’affaires de vie ou de mort directe, au moins d’un principe de base de la société ; dans l’autre, c’est une affaire de degré mais il n’y a pas de désaccord franc sur les principes. […]

Dans quels cas d’ailleurs pourrait-on manifester pour ou contre des lois sociales ou économiques, sauf pour défendre des intérêts précis ? Dans la plupart des cas visés la décision ne se pose pas clairement en termes de principes, avec une réponse en oui ou non. Le smic, le déficit budgétaire, les retraites, la séparation des banques etc. où est la limite exacte ? Il y a certes des cas dramatiques comme celui des Sdf, et le besoin d’agir est alors indiscutable ; mais quelle est la loi qui donne une réponse ? On manifesterait évidemment contre une loi prévoyant leur euthanasie, ou même les classant comme citoyens de seconde zone. Mais ce n’est pas le cas. Il s’agit de leur éviter la misère et de les aider par un hébergement ou une prise en charge etc. Cela ne se traite normalement pas par des manifestations. […]

On peut objecter que d’autres ont moins de délicatesse. Ainsi les bonnets rouges sur l’écotaxe justement, les manifestations étudiantes contre le CPE du temps de Villepin, celles des taxis contre les voitures avec chauffeur, la contestation de la construction d’un aéroport à ND des Landes etc. Mais dans tous ces cas la manifestation ne procède pas d’une analyse de principe, du genre évoqué par la Doctrine sociale, et par la loi naturelle. Des personnes plus ou moins directement visées par une mesure la considèrent mauvaise, ou mal dosée, et ils manifestent pour le dire. Ce peut être légitime, mais pas par principe. Ni la Doctrine sociale de l’Eglise, ni la loi naturelle ne nous disent quelle est la bonne réponse en la matière. Quant à l’idée de manifester sur une idée générale, la lutte contre le réchauffement climatique ou la transition énergétique, cela n’aurait pas beaucoup de sens car ces objectifs en soi légitimes sont trop vagues.

[… ) En conclusion il y a donc bien à distinguer deux types de manifestations. Manifester dans le cadre des idées reçues du système, c’est utiliser ce moyen, qui est en fait une démonstration de force, pour soutenir des positions défendues par ailleurs par d’autres moyens : c’est la logique des innombrables manifestations sectorielles qu’on a évoquées. Souvent pas très justifiées, en tout cas limitées, elles ne nous intéressent pas ici. En revanche, manifester sur une position de principe est l’arme de qui n’a pas d’expression naturelle pour rappeler ces positions, ce qui conduit à revenir aux bases même du jeu politique, à l’expression d’une présence résolue qui ne se reconnaît pas dans les procédures installées, et proclame son attachement à des principes. Il n’est alors pas surprenant que cette expression s’impose là où la divergence avec le système politiquement dominant porte sur des questions essentielles, ce qui est à l’évidence aujourd’hui le cas en matière de mœurs, de famille et de respect de la vie.

Il est donc pleinement justifié de poursuivre ce combat sans état d’âme."

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